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Full text of "Kitab el-istiqça li akhbar doual el-Maghrib el-Aqça: (Histoire du Maroc)"

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* 



ARCHIVES 



* 



MAROCAINES 



PUBLICATION 



DE LA 



MISSION SCIENTIFIQUE DU MAROC 



Volume X 



PARIS 

ERNEST LEROUX, EDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, VI* 
1U07 



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TABLE DES MATIERES 

(1007) 



CHRONIQUE DE LA DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 

Pages. 
Histoire de Moulay Hicham ben Mohammed a Morrakch et dans le 

HoOz, et faits qui s*y rattachent 1 

Revoke de Moulay 'Abdelmalek ben Dris a Anfa et ses motifs. . 3 
Les 'Arabs Errhamna se rendent aupres du sultan Moulay Sliman, — 

qui marche sur Morrakch et s'en empare 6 

As?(l et son gouverneur, le qa'id 'Abderratmian ben Naser El'abdi, 
se placent sous l'autorite du sultan Moulay Sliman (Dieu lui 

fasse misericorde !) 7 

Essoueira et la region environnante font leur soumission au sultan 

Moulay Sliman (Dieu lui fasse misericorde!) 9 

1 Le sultan Moulay Sliman reprend aux Turcs Oujda et la region 

voisine 12 

; Troubles causes par le faqir Abort Mohammed 'Abdelqader ben 
* Echcherif Elfeliti, qui prdte serment de fidelite au sultan Moulay 

Sliman : motifs de ces faits 18 

L'abondance, la paix, le bonbeur et la bonne fortune marquent le 
^ milieu du regne du sultan Moulay Sliman (Dieu lui fasse mise- 

^ ricorde!; 22 ^** 

Commencement de la revolte des Berbers et ses graves conse- 

- quences 26 

Le sultan Moulay Sliman amasse des contingents contre les Ber- 
bers GuerouAn, puis abandonne ceux-ci a Azrou : consequences 

de ces faits 29 

x • Correspondance echangee entre le possesseur de Tunis, Hammotida 
""* Bacha, Ills de f Ali Bey, et le sultan Moulay Sliman (Dieu lui fasse 

' misericorde !) ; ses resultats 31 )C*C 

^ Arrivee a Fes d'une lettre du possesseur du Hedjaz, 'Abdallah ben 

Sa'oud Elouahhabi, et avis £mis a son sujet par les 'oulama . . 32 ^* 
Pelerinage de Moulay Abou Isfoaq Brahim, (lis du sultan Moulay 
Sliman (Dieu lui fasse misericorde!) 34 ^ 



II ARCHIVES MAROCAINES 

Pages. 
Expedition du sultan Moulay SlimAn dans lc Rlf et scs motifs . . 42 
Le sultan Moulay Sliman se rend dans le Houz, le pacifle et rentre 

a Morrakch 44 

Le sultan Moulay Sliman razzie les tribus du SafrArA et chAtie les 

Ait \Atta : motifs de cette expedition 45 

Affaire de ZayAn ; ce qui arriva au sultan Moulay Sliman (Dieu lui 

fasse misericorde !) dans cette affaire 51 

Explications sur la famille de MhAouch, sur ses debuts et sur la 

situation qu'ellc parvint a occuper 57 

La sedition delate a Fes doct les habitants se rdvoltent contre 

leur gouverneur FXseffar 59 

Le Sultan quitte M6knes pour se rendre a Fes; ce que lui firent les 

insolents Berl>ers en cours de route 62 

Recitdes troubles qui eclaterent a Fes ct dans les environs apres 

le depart du sultan Moulay Sliman pour Morrakch €4 

La population de Fes se revolt* contre le sultan Moulay SIfmAn et 

pr£le serment a Moulay Brahim ben Vazid ; motifs de cette conduite. 69 
Depart de Moulay Brahim ben Yaztd pour Tetouan : sa mort dans 

cette ville 73 

Proclamation de Moulay Sa 'id ben Vazid a T<Mouan ; son retour 

a Fes 75 

Le sultan Moulay SIImAn vient de Morrakch a Elqsar, puis se rend 

a Fes et assiege c^tte ville 76 

Moulay 'AbderralimAn ben HichAm vient d'Essoueira dans le Nord, 

et regoit les fonctions de khalifa a Fes : ^v^nements qui se pas- 

serent pendant ce temps 79 

Affaire de la Zaouyat EchcherrAdi : difficultes qu'y rencontra le 

sultan Moulay SliroAn (Dieu lui fasse misericorde!) 86 

Mort du Prince des Croyants Moulay Sliman ben Mohammed (Dieu 

lui fasse misericorde I) 92 

Details complementaires sur le sultan Moulay Slim An; monuments 

qu'il flt&lifier; sa politique 97 

Hegne du Prince des Croyants Moulay WbderrahmAn hen HichAm; 

debuts et adolescence de ce prince 105 

Prestation du serment de fidelite au Prince des Croyants Moulay 

*Abdcrrahman ben HichAm (Dieu lui fasse misericorde!). . . . 106 
Les Berbers s'accordent tous pour proclamer le sultan Moulav 

*Abdcrraftman ben Hicham; causes de cet evenement 107 

Le Sultan se met en route pour examiner les affaires de ses sujets 

et arrive a Ribat Elfetfo 109 

Le sultan Moulay 'AbderrahmAn se rend a Mlknes, transfere les 

Ait Yimmour dans le Houz et part ensuite pour MorrAkch . . . 112 

Exces et fin de Ben ElgAzi Ezzeromouri 114 

Nomination du cbertf Sidi Mohammed ben Ettayyeb an gouverne- 

ment de TAmesna, DoukkAla et pays circonvoisins H6 



CHRONIQUE 
DE LA DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 



Histoire de Moiilay Hicham ben Mohammed & Morrakch et dans 

_ • 

le Ho&z, et faits qui s'y rattachent l . 

Nous avons deja raconte que les habitants de Morrakch 
et les tribus du Iiouz avaient abandonnc le sultan Moulay 
Yazid, pour prdter serment a son frere Moulay Hicham 
ben Mohammed. Apres le meurtre de Moulay Yazid, l'in- 
fluence de Moiilay Hicham demeura predominantc a Mor- 
rftkch et chez les tribus du Houz qui lui obeissaient. Les 
deux vizirs qui soutenaient sa cause etaient le qdi'd c Ab- 
derrafrm&n ben N&ser El'abdi, gouverneur d'Asfi, qui 
eta it un homme brave et genereux, et le qAi'd Mohammed 
Elh&chmi ben El'arousi, gouverneur de Doukkala et du 
Hoiiz, qui etait puissant par son esprit de parti et par les 
hommes qui etaient sous ses ordres. Ces deux qaids avaient 
to us pouvoirs dans le gouvernement de Moulay Hicham, 
le premier par sa fortune et sa gcnerositc, le second par 
son parti et sa puissance; ce fut grace a eux que les tri- 
bus de Doukkala, de 'Abda, de Ahinar, d'Echchiadma, de 
i^Afrd, etc., s'etaient rapprochees de Moulay Hicham. II en 

1. Teste arabe, IV* partic, p. 134. 

ARCH. MAROC. 1 



U ARCHIVES MAROCA1NES 

droit appele Miat Bir ou Bir, entre 'Abdaet Doiikk&la, lui 
jura fidelite, ainsi que ses contributes, volontairement, 
comme l'attendaitle Sultan. Moulay Slim&n, convaincu que 
WbderrahmAn n'avait tarde a venir qu'a cause de sa mala- 
die, tint ses engagements envers lui et lui donna une nou- 
velle marque de sa faveur en Temmenant avec lui a Asfi 
et en y logeant dans sa propre maison, malgre les efforts 
faits par les chefs de Tarmee pour le detourner de des- 
cendre chez lui. 

II le confirma dans le commandement de ses tribus et 
le chargea de percevoir leurs impdts. L'auteur du Dji'ich 
ajoute que le Sultan le remercia d'avoir donne Thospitalite 
a son frere Moulay Hich&m. II partit ensuite pour Morr&kch, 
oil il entra victorieux et triomphant. 

Cette annee-la, la peste eclata au Magrib, et ravagea les 
villes et les campagnes. Quand elle se futrepandue &Mor- 
r&kch et dans les environs, le Sultan revint a Meknes, 
laissant son frere Moulav Ettavveb pour le representer 
dans cette ville. En route, il apprit le decesde son secre- 
taire Abou 'Abdallah Mohammed ben^O tsm&n q u lTaVait 
laisse a Morr&kch et avait ete atteint de la peste. « Lors- 
que le Sultan arriva a Meknes, dit TauteuFclu Boustdn, il 
me fit venir de Fes. Quand je fus rendu aupres de lui, il 
me designa comme son secretaire ; il m'avait retire ces 
fonctions depuis un an. » En m£me temps, le Sultan apprit 
coup sur coup la mort de ses quatre freres, Moulay Et- 
tavveb son khalifa, Moulav Hich&m, Moiilav Housein et 
Moulay Wbderrahm&n, tous quatre victimes de la peste, 
le premier a MorrAkch et le quatrieme dans le Sous. Moii- 
lav Hicham et Moulay Housein furent enterres sous une 
coupole attenant au Cheikh Elguezouli (Dieu soit satisfait 
de lui!). Leur tombeau est connu a Morr&kch. 

« Le Sultan me chargea, dit l'auteur du Boustdn, d'aller 
a Morr&kch, recueillir les heritages de ses freres morts 
dans cette ville, et celui du secretaire Ben c Otsm^n. II 



24> ARCHIVES MAROCAINES 

dans le Hff. Canipe a Win Zoura, il envoya dans le6 -di- 
verses tribus du Hif des troupes qui leur livrerent cam- 
hat, les mirent en deroute, tuerent leurs guerriers, firent 
captifs les enfants, incendierent leurs villages, et les obli- 
gerent a se soumettre. Elles vinrent alors exprimer leur 
repentir au Sultan qui leur pardonna, sous condition de 
verse r Targent qu'elles devaient. Le Sultan, apres avoir 
designe des Oumana* charges de percevoir entierement 
ces contributions, s'en retourna victorieux et triomphant. 
Toute celte periode fut pour la population une epoque 
de tranquillito et de paix, de securite, de fertilite, de bon 
marche, de joie et de cahne. Ce temps-la fut comme une 
{ etoile sur le front du siecle, comme une statu gj sur le 
mihrab de ce palais. Dans la suite, tout fut bouleverse, 
la terreur fut continue, la crainte regna, et la revolte prit 
une etendue considerable, si bien que ce glorieux Sultan, 
ce savsint genereux, se trouva a la fin de sa vie dans une 
situation comme n'en connut pas un seul des rois issus 
deson pere. Tout appartient a Dieu au commencement et 
a la fin. 



Commencement de la rgvolte des Berbers et ses graves 

consequences'. 

En 122(5, la revolution eclata parmi les tribus berberes. 
Elle commencad'abord entre les Alt Idrasen et Guerou&n 
et leurs ennemis les Ait Ou Malou du Djebel F£zz&z. Pais, 
des que la lutte fut engagee, les (iuerouftn, trahissant 
leurs allies les Ait Idn\sen, se joignirent aux Ait On 
Malou. Les Ait Idrasen furent battus et passes au fil de 
Tepee par les A it Ou M&lou, qui mirent leurs campements 
au pillage et ne les abandonnerent qu'apres en avoir de- 

1. Texte arabe, IV # partie, p. 142. 



DYNASTIE AT.AOUFE DU MAROC 27 

truit toute trace. Seuls, les cavaliers purent s'echapper 
avec leurs chefs et vinrent, en se lamentant, porter plainte 
au Sultan. Le Sultan bond it a cette nouvelle, car Dieu lui 
imposait l'obligation de s'interesser a ces gens qui etaient 
ses sujets, ses partisans, et qui avaient ete les partisans 
de son pere avant lui. II prepara done une armee pour les 
secourir et faire de nouveau la guerre aux Guerou&n. 
Ceux-ci, soutenus par les Alt Ou M&lou, les battirent en- 
core une seconde fois. 

Apres cela, les Berbers se mirent tous d'accord pour 
combattre les Ait Idrdsen, dans lebut de faire de la resis- 
tance au Sultan et par haine pour leur q&i'd, Mohammed 
OuWziz, qu'il leur donnait comme gouverneur. lis pre- 
vinrent leur dejjdl Mh&ouch, qui etait chez eux toujours 
pret pour des affaires de ce genre, et jurerent, chez lui, de 
se revolter contre le Sultan et d'obeir a Satan. lis se 
livrerent alors au brigandage sur les routes et maltrai- 
terent la population, si bien que le desordre s'etendil e! 
que la discorde augmenta. De la porte du palais du Sul- 
tan, des troupes se mirent en marche et vinrent cani[ er 
dans le voisinage de Sefrou. Ces soldats etaient comman- 
des par le q^i'd Mohammed Esseridi, que les Berbers de- 
testaient autant et meme plus que Mohammed Ou 'Aziz. 
Decouvrant le voile de la revoke, ceux-ci marcherent 
contre Tarmee cam pee alors autour de Sefrou, la cerne- 
rent et la livrerent au pillage. Ceux qui purent echapper 
prirent la fuite ; les autres se fortifierent dans la ville. Les 
bourgs voisins furent devalises. Les routes du Sahara 
furent coupees, et quiconque allait et venait etait pille. Le 
mal empirait : il fallait y porter un remede. Le Sultan, 
qui etait a Meknes, combattait ce fleau sans en trouver le 
specifique. Les Berbers devenaient de plus en plus auda- 
cieux, et chaque fois qu'il envoyait une armee, ils la met- 
taient en deroute ; chaque fois qu'il leur depechait un 
corps de troupes, ils le pillaient. 



28 ARCHIVES MAROCAINES 

On a pretendu que Torigine de tout cela etait l'obstina- 
lion du Sultan i.Dieu lui fasse misericorde !) a les forcer a 
obeir a Mohammed ()u 'Aziz qui leur inspirait de la repul- 
sion par sa mauvaise attitude envers eux. Mais ce qu'on 
sait des principes du sultan Moulay SlimAn (Dieu lui fasse 
misericorde ! ) est en disaccord avec cette assertion, car 
ce prince n'hesitait pas, dans un sentiment de justice, a 
destituer un gouverneur des (|ue ses administres portaient 
la moindre plainte contre lui, si bien que, dans certaines 
circonstances, on le lui reprocha, au point de vue poli- 
tique. 

Fatigue de cette situation, le Sultan abandonna les Ber- 
bers a leur anarchic, et, apres avoir charge le q&i'd Wyy&d 
ben Bou Chefra de prendre les mesures necessaires, se 
mit en route pour Morrakch, mais le qiVid Wyy&d n'etait 
pas a la hauteur de cette afl'aire et ignorait la politique a 
tenir vis-a-vis d'eux. II chercha a les attirer par des ca- 
deaux : a tous ceux qui venaient aupres de lui, il donnait 
la mo&na, nourrissant les homines et les betes. Ces proce- 
des ne firent qiraccroitre Taudace des Berbers, qui venaient 
jusqu'aux portes de Fes s'emparer de Targent et des mar- 
chandises des habitants, entraient nit>me dans la ville 
pour se faire payer des droits de protection et prendre des 
provisions. Si quelque habitant de la ville venait porter 
plainte a ce qftid, il repondait qu'il avait re^u du Sultan 
Tordre de laisser faire. Peiit-etre meme punissait-il quand 
on lui posait des objections. En realite, le Sultan Tavait 
charge uniquement de composer avec les Berbers dans 
des conditions qui ne seraient prejudiciables ni au gou- 
vernement, ni a la population. i.Dieu sait quelle est la 
verite !) 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 21) 



Le sultan Moulay Slim&n amasse des contingents contre les 
Berbers Guerou&n, puis abandonne ceux-ci & Azrou : conse- 
quences de ces faits 1 . 

Arrive a Morr&kch, le Sultan convoqua en expedition 
toutes lestribusdu Houz et les ainena a Meknes. II convoqua 
aussiles Qabilasdu Garb, Elahl^f et Elhayaina, les gens du 
Fahs, les gensdu Garb, les Beni Hsen, et les habitants des 
ports. 11 demanda des contingents aux gueichsdes Wbids, 
des Oud£ya, des Chrdga et des OulAd Dj&ma c . II se fit ac- 
compagner egalement des Berbers qui lui etaient restes 
lideles, de sorte qu'il ne restait plus personne dans tout 
le Magrib. A la t4te de cette force imposante, il marcha 
contre les Gueroudn qui etaient alors a TasmAkt. Arrive a 
l'endroit appele Azrou, qui n'etait plus qu'a une demi- 
etape de leur campement, car il pouvait Fapercevoir de 
meme qu'ils apercevaient le sien, il changea d'idee et re- 
vint sur ses pas pour s'attaquer aux Ait Vousi. Cette re- 
traite amena la debandade. Le voyant s'en retourner, les 
sentinelles Gueroiuin crurent a une lAchete de sa part et 
nen furent que plus audacieux. 

Les Gueroudn suiyirent Tannee et, quand ils eurent re- 
joint les trainards, les attaquerent, les tuerent et les pil- 
lerent. L'avant-garde etait a une demi-etape, ignorant le 
sort fait a Farriere-garde. Le Sultan etablit son camp chez 
les Alt Yousi, pres dW'lil, ayant devant lui les Beni 
Mguild et derriere lui les Guerou&n. II n'eut connaissance 
du pillage et de la mort de ses soldats que dans la nuit, a 
l'arrivee des debris des Wbidsqui rinformerent de ce qui 
s'etait passe, et lui apprirent le meurtre du qakl Eraskar, 
Abou \Abdall&h Mohammed ben EcchAhed, tue avec d'au- 
tres qdids. Cette nouvelle le jeta dans Tabattement, mais il 

1. Texte arabe, IV° partie, p. 148. 



DYNA8TIE A LAO LIE DU MA HOC 31 



Correspondance 6changee entre le posseaseur de Tunis, Han* 
mouda B&cha, fils de e Ali Bey, et le sultan Moulay Sliman 
(Dieu lui fasse misSricorde ! ) ; ses rSsultats l . 

Durant cette periode, ou approximativemcnt, le rei's 
Hammouda Bdcha, fils de *Ali Bey, possesseur de Tunis, 
envoya, aupres du Sultan, le savant, le distingue et ce- 
lebre, le cheikh Aboii Ish&q Br&him ben Wbdelq&der Er- 
riy&hi. Ce personnage arriva a Fes porteur de presents et 
(Tune lettre demandant des vivres, a titre de secours, en 
raison de la famine qui sevissait dans le royaume de Tu- 
nis. Le Sultan fit une glorieuse reception a ce cheikh dont 
larrivee provoqua a Fes une grande emotion. II celebra le 
Sultan dans une qasida en vers excellents, dont voici le 
debut : 

« De m^me qu'il est glorieux de visiter la meilleure des 
creatures, c'est une bonne fortune pour inoi que de visi- 
ter son descendant. » 
En voici uu autre passage : 

« Le voila ce khalife, ce fils du plus genereux des en- 
voyes, ce rejeton de celui vers lequel ont niarche les 
peuples. 

« Le plus pur d'entre les cherifs et les khalifes de la 
famille d'Elbatoul, gloire a ces princes si purs ! 

M Le plus noble heritier du trdne d'Ism&'il, le heros 
dont la renommee odorante se repand comme le muse. 
« Le Sultan le plus glorieux, le roi le plus noble sous 

la main duquel les hommes libres se glorifient d'etre sou- 
mis. 

« Le plus digne qui soit sous les cieux d'etre considere 
comme le roi de la terre et des creatures. 
« Mais si tous les ccrurs Taflectionnent, les corps 

l.Te.Uearabe, IV* partie, p. 143. 



32 ARCHIVES MAROCAINKS 

restent la chose d'autres maitres qui sont cependant pour 
cux un objet de repulsion. 

« (Vest lui, Sliman, Telu, fils de Mohammed, dont le 
front brille delumiere, 

« Qui a releve le Khalifat de son declin, qui s'est fait le 
phare des Musulmans, 

« Qui a glorilie la religion de Dieu, car c'est pour lui 
que les oiseauk des forets gazouilient leur chant de recon- 
naissance. » 

Le Sultan et tous ceux qui ecouterent ce poeme en 
ftireut charmes. Moulay Sliman lui accordd les provisions 
qu'il demandait et lui fit un riche cadeau. Le cheikh re- 
vint de son amhassade dans les nieilleures conditions. 



Arrivfte & Fds dune lettre du possesseur du Hedj&z, Abdallah 
ben Sa'o&d Elouahh&bi et avis 6mis & son sujet par les 
'oulamft *. 

(Vest a la inline epoque que parvint a Fes la bien gardee 
une missive envoyee par 'Abdullah ben Sa'oud Elouahhabi, 
qui \enait defaire son apparition en Arable et s'etaitr^ndu 
maitre des deux nobles sanctuaires ou il avait preche sa 
doctrine. 

Yoiei Torigine de la secte ouahhahic. telle qu'elle est 
rapportee par lantern* il'tt/anW/ Echchdfiya et par 
d\uitres ecrivains. I'n fat/tr arabe du Nedjed. appele Sli- 
iik\ii % ax ait vu en songe une langue de feu sortir de son 
ventre, grossir et devorer tout ce quelle rencontrait. II 
raconta ses visions a un dexin. qui lui en donna Implica- 
tion en lui prodisant qirun de ses enfants etablirait une 
dxnastie putssante. tVtte prediction se realisa dans la 
personne de son pctiMtls % lcchcikh Mohammed ben Wbdel- 

1. tV\t* junUmn l\ ' jMrno. |», u* 



84 ARCHIVES MAROCAINES 

ce qui a et£ invente pour leslorner. lis n 'honorent pas l es> 
im4ms, ni les saint^. lis ensevelissent leurs morts sans 
ceremonie et£&ns pomp^ lis mangent du pain d'orge, des 
dattes, des sauterelles, du poisson, et tres rareuient de la 
viande et du riz. lis ne boivent pas de cafe. Leurs vdte- 
nients et leurs maisons sont d'une extreme simplicite. » 

Apres s'etre empare des deux nobles sanctuaires, Ben 
Sa'oud envoya dans toutes les contrees, comme le 'Ir&q, 
la Syrie, l'Kgypte, le Magrib, des messages invitant les 
populations a suivre sa doctrine et a enibrasser son parti. 
Quand sa lettre parvint a Tunis, le mufti de cette vilie 
en (it parvenir une copie aux 'oulamft de Fes. Ce fut le 
chei'kh tres docte, le distingue Aboulfei d Hamdoun ben 
Elhdddj, qui se chargea de la reponse. Suivant l'auteur 
du Dj dich* « le chei'kh Aboulfeid composa la reponse sur 
Fordre et au nom du Sultan, qui la fit porter par son fils 
Moulay Brfthim ben Slimfln quand celui-ci partit en pele- 
rinage ». Cette assertion permet d'etablir que la lettre de 
Ben Sa'oud parvint directement an sultan Moulay Slfm&n, 
et non pas sous forme d'une copie envoyee par Finterme- 
diaire des 'oulamA de Tunis. Dieu sait quelle est la ve- 
rite ! 



Pderinage de Moulay Abou Ishaq Br&him, fils du sultan Moulay 

Sliman (Dieu lui fasse mis6ricorde !) . 

Cette annee-la :'(1226\ le sultan Moulav Sliman (Dieu lui- 
fasse misericorde D envoya son fils, Fhabile et vertueux 
Moulay Abou Ish&q BrAhim ben Sliman, dans le Hedjaz 
pour y accomplir Fobligation du pelerinage, en compa- 
gnie de la caravane prophetique. La sortie de Fes de 
celte caravane se faisait habituellement en grande ponipe. 

1. Texte arabe, IV* parti e, p. 145. 



<X±\t) - \as 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 35 

On plantait des tentes a Fexterieur de la ville, on fai- 
sait resonner les tambours, et on se mettait en habits de 
fete. Les rois veillaient au maintien de cette coutume, et 
designaient, parmi toutes les classes de la population, des 
oulaimk, des notables, des negociants, le qi\di et le chei'kh 
du rekb qui egalait, entre autres, la caravane du Caire et 
celle de Damas. Le Sultan fit accompagner son fils par un 
certain nombre de 'ou lamA et de notables du Ma&iib, 
coninie le fqih tres docte, le q&di AboulfadI "ETabb&s Ben. 
Koran, le fqih, le cherif beni Moulay Elaniin ben Dja'far 
E lhasani Erretbi^ le fqih t res docte , Tillustre Abou Wbdal- 
I&h M ohammed ETarbi Ess&hli, et bien d'autres savants 
et professeurs du Magrib. Arrives au Hedj&z, ces person- 
na ges accomp lirent les formalites du pelerinage et liren! i 

i leur visit e aii tombeau gtorifie, a urieTSpnqtie du ce" voyage " 
etait difficile, et ou on ne pouvait reffectucr convenable- 
ment,a cause de Tempire grandissant pris alors dansleHed- 
jaz par les Ouahh&bis qui traitaient avec rigueur les pele- 
rins de toutes les contrees qui ne se conformaient pas aux 
regies de leur doctrine dans les ceremonies du pelerinage 
et dans leur visite. 

« Moulay BrAhim, raconte l'auteur du Dji'ich, em porta 
avec lui en pelerinage la reponse d u Su ltan quilui facilita, 
ainsi qu'a tous les pelerins de l'Orient et de TOccident 
qui s'etaient joints a lui, raccomplissement des prescrip- 
tions et de leur visit e au to mbeau du_Prop]iete, dans les 
meilleures conditions de securite, de tranquillite et avec 
tous les honneurs voulus. Un grand nombre de ceux (|iii 
effectuerent le pelerinage avec Moulay Br&him cette annee- 
la m'ont raconte, dit-il, que ce dont ils ont ete temoins de 
la part de ce Sultan, c'est-a-dire de Ben Sa'oiid, n'esl pas 
en contradiction avec ce qu'ils savaient des preceptes de 
la Loi Sainte. Tout ce qu'ils ont vu pratiquer par lui et 
par ses adeptes est entierement conforme aux prescriptions 
de risl&m, comme la priere, la circoncision, le jeune, Tin- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 30 

pour interdire a ses disciples la zidra aux saints. C'etait 
aussi, en partie, ljayisdu sultan Moulay Sliman (Dieu lui 
fasse misericorde !) qui a ecrit, a ce sujet, unejettre dans 
laquelle il a traite la question des pretendus /ay/V _de 
Fepogue, exhorte (Dieu soit satisfait de lui !) au respect de 
la Sounna et a la moderation dans les innovations, indique 
les convenances a observer dans la zidra aux saints et 
fletri les exagerations du vulgaire en des termes tres rigou- 
reux pour donner plus de force a ses conseils aux Miisul- 
mans(Dieu Ten recompense !). Voici d'ailleurs des passages 
de cette lettre : « Un exemple d'exageration extraordi- 
naire est cet enthousiasme stupide des gens de Morrakch 
pour Texpression sebalatou ^rijdl. 

«... Ce qu'il importe, c'estd'imiter ces sept personnages, 
mais non de les. considerer comme des dieux, ce qui 
aurait lesmemes consequences qu'autrefois le culte de 
Yagouts, de Ya'ouq et de Nesr, etc. » Quelle verite il a 
exprimee ! (Dieu lui fasse misericorde!) Combien d'er- 
reurs et d'impietes n'ont eu d'autre origine que l jexagera- 
tion de la vejx&cation. Les Chretiens ne sont dans Ferreur 
que par suite de leurs exagerations en ce qui concerne 
Jesus et sa mere (sur eux soit le salut !). Dieu Tres-Haut 
a dit: « O gens qui suivez le Livre, n'exagerez pas votre 
religion et ne dites de Dieu que la verite... » Telle est 
encore Thistoire de Yagouts, de .Ya'ouq et de Nesr qui est 
citee plus haut et qui se trouve dans le §ahih et dans les 
livres d'exegese. * 

Ibn Ishaq raconte dans Essira que Tadoration des pierres 
en Arabie vient de ce que le peuple d'Isma'il (sur lui soit 
le salut !) ayant augmente autour du temple sacre et se 
trouvant a Tetroit dans les vallees de la Mekke, se repan- 
dit dans diverses contrees, emportant avec lui des pierres 
du temple pour en conserver la benediction. Chacun pla- 
cait sa pierre dans sa maison, en faisait le tour, s'en 
oignait et la venerait. Dans la suite des temps, ils finirent 



DYNASTIE ALAOUIE DU MA ROC 43 

Le qdid Mhammed Esslaoui avait pour instructions dVm- 
pecher ce commerce. 

Le Sultan l'avait nomine, dans ce but, gouverneur de 
ces tribus qui avaient ete adjointes a son commandement 
e tend u dej& sur les tribus du Djebel et des ports, inais il 
n'exercait pas de surveillance sur elles. II niettait, dit-on, 
en liberte, pour de l'argent, les mauvais sujets qui se 
livraienta ces agissements quand les braves gens les arre- 
taient et les lui envoyaient. Aussi le desordre avait pris 
de grandes proportions et tous y participaient. Des qu'il 
acquit la certitude de leur conduite, le Sultan donna 
Pordre aux capitaines de ses corsaires de se rendre sur les 
cdtes et dans les ports du Rlf, et d'y capturer tous les ba- 
teaux chretiens qu'ils y rencontre raient. Les corsaires se 
mirent en route et apprehenderent un certain nornbre de 
chretiens qu'ils firent prisonniers. Non content de ce suc- 
ces, il decida de reunir une expedition pour razzier le Rif 
et resolut de s'y rendre en personne. II donna les ordres 
voulus aux populations et fit preparer les troupes par son 
q«Vid Mhammed Essl&oui, en compagnie duquel il fit partir 
son (ils Moiilay Br^him a\ ec les soldats des ports et les 
'Arabs SefiiVn et Beni M&lek. Ces troupes suivirent le che- 
min du Djebel, tandis que le Sultan quittait Fes, au cours 
de cette annee, a la t6te du plus fort contingent et suivait 
la grande route jusqu'a T^za et au CiAret. A peine avait- 
il penetre dans le Rif que les soldats cernaient les tribus 
de tous cdtes, les livraient au pillage, incendiaient les vil- 
lages et s'emparaient des mers et des silos. Le Sultan 
donna comme gouverneur a ce pays Ahmed ben c Abdess&- 
deq Errifi, etl'y laissa avec un corps de soldats pour s'em- 
parer des biens des habitants. Puis il revint a sa capitale, 
apres avoir affirme son autorite et completement triomphe. 



40 ARCHIVES MAROCAINES 

fiterent pour introduire dans leurs qsoitr, comme ils vou- 
lurent, des combattants, des armes, des vivres et recom- 
mencerent le combat. Mecontent, Moulay Br&hlm voulut 
user de represailles. Comme il avait avec lui plusieurs 
notables de la tribu comme otages, il en tua quelques-uns 
et emmena les autres, qui etaient au nombre d'une cen- 
taine environ, a Fes, ou il les egorgea a Bab Elmahrouq. 

Quand il apprit laconduite des Berbers, le Sultan desap- 
prouva son fils d'avoir ecarte d'eux l'armee, d'abord, et 
tue les otages, en second lieu. Ceux-ci lui envoyerent une 
deputation, pour lui exprimer leur desir de rester dans les 
qsoilr, mais il repoussa leur demande par cette reponse : 
« II faut, dit-il, que je me rende en personne dans ces 
qsoAr* si Dion le veut ! car ils me reviennent plutdt qu'a 
vous. » 

A peine, le ramadAn de cette annee-la termine, le Sul- 
tan eut-il celebre la fete de la rupture du jeune, qu'il se 
mit a reunir les troupes qui devaient partir pour le Sahara 
et reprimer les exces des Ait *Atta. II fit partir d'abord 
une avant-garde nombreuse composee du gu&ich Elabid, 
commandee par son negre distingue, le q^iifd Ahmed ben 
MbArek, intendant du Sceau : il expedia avec lui les artil- 
leurs avec les canons et les mortiers et tout Tappareil de 
siege et de bombardement. Ce corps de troupes quitta 
Fes en brillant cortege, donnant l'impression d'une force 
invincible. 

Apres leur depart, le Sultan recutd'un des ports la nou- 
velle que Tescadre de Tennenii parcourait la mer et devait 
se reunir a (libraltar: nous ne savions pas ou elle devait 
se rendre. Le Sultan attendit, pour se mettre en route, 
des informations sur cette escadre. II apprit, dans la suite, 
quVlle avait fait route vers le port d'Alger, que les Euro- 
peons avaient pu y commettre des deg&ts considerables 
en detruisant des forts, demolissant des mosquees et des 
maisons et brulant des arbres, mais qu'ils s'etaient nean- 



60 ARCHIVES MAROCAINES 

trouble eclata dans la ville. Les portes furent fermees. 
Tous les Ouddya qui furent trouves dans la ville furent pris 
et devalises. On s'arma. Les marchandises et les richesses 
furent transportees des marches dans les maisons, en pre- 
vision du pillage. Les notables se reunirent pour desi- 
gner des gens pour les administrer. Les Lemtivin choi- 
si rent pour les commander un d'entre eux, nomme Elh&ddj 
Ahmed Elhartsi ; les habitants du quartier d'El'odoua 
prirent un nomme Qaddour Elmqarraf ; ceuxd'Elandalous 
elurent un des leurs, Wbderrahman ben Fares. Ces dele- 
gues retablirent Tordre dans la ville. 

Sur ces entrefaites, une deputation envovee par les 
Oudeya vinrent negoeier avec les habitants de la ville, et 
prirent lengagementde rendre les troupeaux qu'ils avaient 
voles et, en meme temps, les marchandises confiees aux 
Juifs pour des travaux, et qui avaient ete enlevees avec 
les biens de ces derniers. Le feu de la sedition hit ainsi 
eteint en partie. 

Les lettres de Fepoqueont compose, sur les evenements 
qui se suceederent durant cette periode, un grand nom- 
bre de poesies, parmi lesquelles le poeme du secretaire 
brillant Abou Wbdallaii Mohammed ben Dris Elfesi. 

A la suite de eesfaits, une autre revolution eclata a Fes, 
provoquee par un diflerend bien connu, survenu entre le 
qa\li de la ville, le fqih Aboulfadl 'Abbas ben Ahmed 
EthUuidi, et le moufti, lefqih Abou 'Abdallah Mohammed 
ben Brahim Eddoukkali, au sujet de Taflaire de deux che- 
rifs do la ville. Tun Chefclukmni, Tautre 'Iniqi. La ques- 
tion hit portee au Sultan, qui destitua le fqih Abou Wbdal- 
l&h do ses functions de moufti. Mais un certain nombre de 
profvsseurs et dVtudiants prirent le parti de oe personnage, 
le defendirent avec aeharnement et se liguerent contre le 
q;Uli, lis redigerent un document dans lequel temoignage 
etait drosse de son injustice et de son ignorance, et le 
revtMiivnt de leurs signatures, Vneqasida* con tenant Tex- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 07 

pose de leur plainte et des details sur ce magistrat, fut 
onvovee au Sultan avec le document. 

Voici le texte de cette qasida : 

« Roi dont les actes de justice onl fait revivre Fcruvre 
cl'Essiddiq ou de 'Omar ! 

« Roi dont les vertus nous eclairent a Taurore du siecle 
oomme la pleine lune ! 

« C'est toi qui as mis toutes choses a leur place, et qui 
os restaure les sciences en decadence ! 

« Cest toi qui as fait rentrer la religion inebranlable 
clans la voie recommandee par celui qui domine les rois 
ot le genre humain. 

« Cest gnice a toi qu'elle est restee glorieuse et respec- 
tee, et que ceux qui out la connaissance peuvent cueillir 
les fruits de son jardin. 

« Tu la defends avec des sabres et par un esprit qui en 
maintient les regies et les svmboles. 

« Aussi quiconque veut la renverser, est terrasse par la 
foudre de tes mains et disparait sans laisser de traces. 

« La religion se plaint aujourd'hui de 1'oppression, de la 
tristesse qui la frappe et, defaillante, verse des larmes. 

« Elle a ete attaquee par le ([adi dont les traits dinjustice 
snbmergent la campagne et la ville. 

« II a, par injustice, efface ses prescriptions et Fa transfor- 
mee en une ignorance qui aneantit les cauirs et les esprits. 

« Entre en fonctions des sa jeunesse, il considere sa 
magistrature comme un metier propre a lui rapporter 
<les biens materiels. 

« Une proie a devorer n'a jamais etc que son seul souci, 
ou bien un orgueil qui laisse le faible sans forces. 

« Les droits des humains sont inexistants, ignores ; ils 
sont meprises comme de la fiente. 

« Puisses^tu done delivrer la religion de l'Elu, ton an- 
<etre, de cet homme qui ne sait pas, qui ne sait rien. 

« II rend ses jugements avec un visage renfrogne et con- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 69 

pistolet et le dechargea, mais sans l'atteindre. Terrorise, 
le q&di resta chez lui, et ses ennemis nommerent a sa place 
le fqih Abou 'Abdall&h Mohammed ben 'Abderrahm&n 
Eddilai, puis le revoquerent et le remplacerent par le fqih 
Abou Wbdalldh Mohammed El'arbi ben Ahmed Ez- 
zerhouni. 

En dernier lieu, quand le pouvoir fut aux mains du sultan 
Moulay 'Abderrahm&n ben Hich&m (Dieu lui fasse miseri- 
corde !), ce q&di fut envoye en exil a Essoueira. Dieu sait 
quelle est la verite ! 



La population de F6s se r6volte contre le sultan Moulay Slim&n 
et pr&te serment & Moulay Br&him ben Tazld ; motifs de cette 
conduite 1 . 



Le sultan Moulay Slim&n (Dieu lui fasse misericorde !) 
prolongeait son sejour a Morr&kch. Pendant ce temps, a 
Fes et dans tout le Garb, les revolutions avaient depasse 
toutes bornes et le mal qui en resultait s'etait generalise. 
De partout, de Fes, notamment, des plaintes lui parve- 
naient, temoignant du malaise considerable et de la tris- 
tesse dans lesquels se trouvait la population. Dans ces 
circonstances, il ecrivit de sa propre main aux habitants 
de Fes une lettre par laquelle il leur conseillait, dans leur 
propre interet, de s'allier avec les Berbers et de s'appuyer 
sur eux en vue d'assurer la securite de leur pays et de 
toutes leurs usances, comme ils Tavaientdeja fait autrefois 
lors de la treve qui eut lieu sous le regne du sultan Mou- 
lay Wbdall&h. Ils attendraient ainsi, qu'ayant termine les 
affaires du Houz, il put se rendre aupres d'eux. C'est du 
moins ce qu'assure Tauteur du Boustdn. 

1. Texte arabe, IV* partie, p. 159. 



78 ARCHIVES MAROCAINES 

le tir au mortier, et Moulay Sa'id l'avait amene avec lui 
de Tetouan pour faire le siege de Fes Eljedid. Mais le 
Sultan avait charge quelqu'un de le tuer. Pendant la nuit, 
cet envoye vint lappeler au moment ou il se trouvaita la 
mhalla avec ses compagnons. « He, Ahmed ! viens parler 
a notre maitre le Sultan ! » Pensant qu'il etait convoque 
chez Moulay Sa'id, il repondit : « Me voici ! » et il sortit 
de sa tente. A ce moment-la, une balle envoyee par celui 
qui Tappelait letendit raide mort. 

Le Sultan resolut ensuite d'assieger Fes jusqu'a ce que 
les habitants se decidassenta executer les ordres de Dieu. 
Mais il se contenta de bloquer la ville en interceptant les 
communications. Les Oiideya Tengagerent a lancer des 
bombes, mais il refusa, Dieu lui fasse misericorde ! « Si 
les bombes que je jetterais, dit-il, devaient tomber sur la 
maison d'un Ben Slimdn, d'un d'Ettayyeb Elbevvaz, ou 
chez d'autres chefs de la revoke, je n'hesiterais pas. Mais 
olles ne tomberont que sur les maisons des veuves, des 
orphelins, ou des malheureux, contraints par leur impuis- 
sance de rester avec eux. » Cependant les habitants de 
Fes prirent Inoffensive, lis avaient avec eux un habile 
tireur, Sa id ETeuldj. lis visaient le palais du Sultan. 
Une bombe vint tomber a Tendroit ou s'asseyaitle Sultan 
pour lire ; une autre, dans la mdersa qui se trouve a la 
porte du palais, et oil se tenaient un certain nombre d'ar- 
tilleurs de Sale et de Ribdt Elfeth. Quatre d'entre eux 
furent tues, parmi lesquels etait le bacha Abou \\bdallAh 
Mohammed ben Mohammed ben Housein FennichEsslAoui. 
Alors le Sultan s'irrita et fit amener les grands mortiers 
de Tanger, dont le calibre variait de 80 a 100. Quand on 
les eut amenes, il les fit braquer sur la ville. Le combat 
dura jour et nuit : les boulets et les bombes se croisaient 
constamment entre les habitants des deux villes. La lutte 
dura pres de dix mois, et personne ne pouvait entrer a 
Fes, ni en sortir, sans les plus grands dangers. 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 79 

Pendant ce temps, le Sultan se rend it a Tanger, pour 
s'occuper de Tetouan qui restait revoke contre lui, lais- 
sant aux Oudeya l'ordre d'assieger Fes et de continuer le 
blocus jusqu'a son retour. Des qu'il se fut etabli a Tanger, 
il envoya des negociateurs a Tetouan, pour sollicker les 
habitants de faire leur soumission, mais ils refuserent et 
s'obstinerent dans leur revoke. Ilenvova alors contre eux 
une forte armee sous les ordresduqdid Homman Esseridi 
Elbokhari. Celui-ci campa a l'Oued Bou Sfiha et les 
assiegea pendant quelque temps. Mais la lutte ou il avait 
tant6t le dessus, tantot le dessous, demeura indecise. Un 
grand nombre d'habkants de Tetouan et d'autres peri- 
rent. 



Moulay 'Abderrahman ben Hicham vient d'Essoueira dans le 
Nord, et regoit les fonctions de khalifa k F6s : 6venements qui 
se pass6rent pendant ce temps l . 

Moulay 'AbderrahinAn ben Hichdin avait ete d'abord a 
Tafilelt. Ses qualiteset son merite Tavaient fait distinguer 
de son oncle Moulay Slim5n, qui Tavait fait venir pour 
Tinvestir du gouvernement d'Essoueira et des environs. 
II avait assure ladministration de la ville qu'il avait bien 
dirigee. Moulay Sliinan, au cours de son sejour, voyant 
qu'il n'arrivait pas a trionipher de Fes et de Tetouan, 
ecrivit, aussitot que Thiver fut terinine et que le printemps 
approcha, a son neveu Moulay 'Abderrahman pour Tin- 
viter a se rendre aupres de lui avec les tribus du IIouz et 
a le joindre a RibAt Elfeth. L'intention du Sultan etait 
bien de se servir de ces contingents pour marcher sur 
Fes, mais la politique exigeait que les choses fussent ainsi 
presentees. 

1. Texte arabe, IV C partie, p. 1G2. 



DYNASTIE ALAOUIE D(J MAROC 93 

« par Dieu,etait preferable. » Le Prophete de Dieu (surlui 
soient les prieres de Dieu et le salut !) disait au sujet dWbou 
Bekr : « Dieu le dedaigne et les Musulmans ragreent. » 
et Thonora de la premiere place a la priere,qui est la base 
de la religion. Abou Bekr disait aux Musulmans: « Pro- 
« clamez 'Omar ! » et il fitreconnaitre ce dernier, pendant 
qu'il vivait encore, de sorte que le serment qui lui fut 
prete fut obligatoire et valable, quand il mourut. Omar 
disait: « Les six que voici sont les meilleurs d'entre les 
« Musulmans. » Le Prophete de Dieu (Dieu lui accorde ses 
benedictions et le salut!) a dit: « Le meilleur des servi- 
ce teurs de Dieu est Soheib. » Il a dit: « Abou 'Obeida est 
Fhomrne loyal par excellence de ce peuple. » 

« Il a dit encore : «Le ciel n'a pas abrite,la terre n'a pas 
« porte une langue plus sincere que celle de Abou Derr. » Il 
a dit plus que cela encore sur Abou Bekr et sur 'Omar. 
Leloge est done necessaire pourfaire connaitre quelqu'un 
et pour montrer ce qu'il vaut, afin qu'on puisse en pro- 
liter. Aussi, voici ma declaration : Dieu la fasse assez 
pure pour son genereux visage ! 

« Je ne pense pas que parmi les descendants de Moulay 
'Abdall&h notre ai'eul, ni parmi les (ils de notre pere Sidi 
Mohammed (Dieu lui fasse misericorde !), ni parmi ses 
petits-fils, il s^en trouve un plus eminent que Moulay 
Abderrahm^in benjiich^m et plus digne dupouvoir (Dieu 
le conserve !). ll[ ne se livre pas a la boisson, il ne commet 
pas d'adultere, il ne ment p as, il ne vole pas, il ne fait 
couler _le~sanff et ne prend Targent d'autrui que pour des 
raisons serieuses, quand bien meme il serait maitre du 
royaume de TOrient et de TOccident ; il est d'une piete de 
Soheib ; il observe le jeune obligatoire et surerogatoire, 
etTI elfectue ies prieres obligatoires et surerogatoires. _ 

« Mon but, en le faisant venir de Essouei'ra, a ete de le 
faire voir et connaitre par les populations : e'etait aussi 
pour le leur montrer que e lui avais fait quitter T&fileit. 



. u 



! - &c 



98. ARCHIVES MAROCAINES 

legitimes, comme Y'achours et la zekdts des tribus, la 
zekdis percue sur les biensdes marchands, Vac hours pris 
aux marchands chretiens et aux Juifs dans les ports. 

Quant aux Musulmans, il leur intcrdit d'aller faire du 
commerce sur le territoire de rennemi, dans la crainte 
quil n'en resultdt une taxation de leurs biens, ou des con- 
flits avec les nations. C'est du moins ce qu'on m'a raconte : 
Dieu sait quelle est la verite ! 

Sous son regne, les tribus s'enrichirent et leurs trou- 
peaux augmenterent ; sa justice et sa bonne administration 
amenerent la prosperity. Une tribu, qui, du temps de son 
pere, donnait 1.000 mitsqdls, xersdlt, en suivantstrictement 
la Loi sainte, 30.000 mitsqdls. Ce resultat etait du a l'aide 
que Dieu lui pretait, a son respect de la justice, a sa cle- 
mence, a sa bonte, a son respect humain, a sa patience, 
a sa bonne politique, a sa moderation dans les affaires et 
Inattention avec laquelle il evitait tout ce qui est contraire 
a ces qualites. 

La clemence fut le fond principal de son caractere. Ses 
contemporains s'accordent a dire qu'il etait 1'homme le 
plus clement de son temps ; celui qui savait le mieux se 
contenir dans un moment de colere pour ne pascommettre 
de faute. Il avait pour principes de repouSser les chdti- 
ments corporels prononces dans les cas de culpabilite 
incertaine, de toujours rechercher la conciliation et d'ac- 
cepter les excuses. Ce fut a tel point qu'on raconte qu'il 
n'a jamais use de violence avec personne, ou qu 7 il s'exposa 
au malheur dans un but personnel ou dans un interet 
terrestre. D'ailleurssa clemence est suffisamment prouvee 
par la fa^on dont il traita ceux qui se revolterent contre 
lui. 

L'auteur A'Eldji'ich dit : « Avant de partir de Fes, lors 
de la revolte, pour me rendre aupres du sultan Moulay 
Sliman a Qsar KeUma, j'allai faire mes adieux au q&di 
Abou If adl l Abb^s Ett&oudi, qui me fit, entre autres recom* 



106 ARCHIVES MAROCA1NES 

du pelerinage. A son retour, il avait rapporte ces mar- 
chandises a son oncle en lui disant: « Voici, 6 mon sei- 
gneur, ce que vous m'aviez donne : je ne l'avais pris que 
pour m'en servir, au cas ou j'aurais epuise les marchan- 
dises que j'avais emportees moi-m&me pour en depenser 
le prix, etqueje n'avaispas voulu melanger avec d'autres. 
Les miennes m'ont sufii, grace a Dieu ! » Son oncle avait 
ete surpris de cette conduite, et Fen aiina davantage. II lui 
rendit cette marchandise considerablement augmentee, et 
lui exprima des vceux de bonheur. 

II resida d'abord a TAfilelt, puis le sultan Moiilay Slim&n, 
a la fin de ces jours, le fit venir pour lui donner le gouver- 
nement de la place d'Essoueira et de la region avoisinante, 
qu'il exerca d'une maniere remarquable. Au moment de 
la revolte provoquee par les iils de Yazid, il le cboisit 
commc khalifa pour la ville de Fes, capitale et premiere 
ville du Ma&rib. Son administration rafraichit les veux et 
consola les ca^urs. Le Sultan avait fait tout cela pour le 
former au pouvoir et pour Ten rendre plus digne que Zeid 
et 'Omar. 



Prestation du serment de fidelite au Pxince des Croyants Moii- 
lay 'Abderrahman ben Hich&m (Dieu lui fasse mis6ricorde !) *. 

Nous avons vu que le sultan Moiilay Slim&n, sur le point 
de mourir, avait confirm e l'acle par lequel il leguait le 
pouvoir a son neveu Moulav Wbderrahm&n ben Hicham 
et Tavait envoye a Fes. Un peu plus tard survint sa mort : 
la nouvelle en parvint dans cette ville le 26 rabi* I cr 1238. 
Le cherif Moulav Ahmed ben 'Abdelmelik, qadi ; le tres 
docte Aboii Wbdall&h Mohammed ben Br&him, moufti ; 
Yamin Elhdddj Ett&leb ben Djelloun, tous les 'oulamd, les 

1. Texte arabc, IV partie, p. 172. 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 107 

cherifs et les autres notables cle la ville se reunirent aus- 
sitot, ainsi que les notables et les q&itls des Oudeya. Lec- 
ture ayant ete donnee du K ahd, ils appelerent la miseri- 
oorde de Dieu sur le sultan Moulay Slim&n et preterent 
serment de fidelite au sultan Moulav 'Abderrahman ben 
Hicham q if ils saluercnt du litre de khalife. Toute la popu- 
lation, petits et grands, se livrerent a l'allegresse. Puis 
les gens du Diouan et les autres corps de troupes lui ayant 
successiveinent apporte leur bei'a, il commence Texercice 
de la rovaute cherie sur un firmament de bon augure, et 
les lettres annoncant la bonne nouvelle furent envoyees 
dans toutesles contrees. Hientot arriverent les beta et les 
cadeaux des habitants des villes ; pas une seule ne s'abs- 
tint d'envoyer le serment legal. La population du Magrib 
se rejouit de son avenement, et vit une preuve de sa bene- 
diction et de sa felicite, dans les pluies qui tomberent, 
dans le bon marche des denrees, et dans la tranquillite qui 
regna aussi bien la nuit que le jour. 

Lorsque cette bi'Ca benie fut terminec, et que s'etablit 
cette securite, cette paix, cette prosperity dont nous avons 
parle, le Sultan (Dieu lui fasse misericorde !) prit pour 
vizir le fqih tres docte et tres (in Abou c Abdalk\h Moham- 
med ben Dris Elfesi. 

Le Sultan recut ensuite les felicitations ducheikh Abou 
Ish^q 13 rd him ben WbdelqAder Erriyahi, le savant, le mufti, 
le lettre de Tlfriqiya. 



Les Berbers s'accordent tous pour proclamer le sultan Moulay 
'Abderrahm&n ben Hicham ; causes de cet evenement l . 

Nous avons vu qu'apres l'aflaire de Zay&n les Berbers, 
coalises pour resister au Sultan et s'en separer, s'etaient 

1. Texte arabe, IV* pai tie, p. 173. 



DYNASTTE ALAOUIE DU MAUOC 111 

Deux ou trois jours apres, le Sultan partit pour Ribat 
Elfeth, ou il fit sejour. II y recut les delegations dcstribus 
du Houz et leurs chefs, puis apres avoir celebre la fete tie 
la rupture du jeune dc l'annee 1238, il retourna a Fes, 
accompagne des tribus du Houz venues pour le saluer. 

A son arrivee a Fes, il recut son oncle Moulay Mousa 
ben Mohammed qui etait accompagne d'un certain nombre 
de gens de Morrakch, parmi lesquels se trouvait Moulay 
AbdelouAhed ben Sliman, qui avait ete proclame a Tafilelt. 
II les traita tous genereusement et les recut avec hon- 
neur. II ne fit de reproches a aucun des partisans de Mou- 
lay 'AbdelouAhed ; au contraire, il leur pardonna et leur 
donna des cadeaux. II confera ensuite le gouvernement 
de Morrakch a son cousin Moulav MbArek ben 'AH ben 
Mohammed, qui se mit en route en compagniede ces visi- 
teurs, et administra cette ville jusqu'au moment ou il advint 
de lui ce que nous allons raconter. 

Le Sultan (Dieu lui fasse misericorde !) fit, apres cela, 
acheter la maison de Abou Mohammed Wbdesselam Cheq- 
chaqElfesi, qui etait voisine de la coupolede Moulay Idris 
(Dieu soit satisfait de lui !) et se trouvait entre ce monu- 
ment et la qai'sariya. Ilia fit demolir pour en annexer le 
terrain a la mosquee de Moulay Idris (Dieu soit satisfait 
de lui !). II reunit pour cela des artisans et des ouvriers qui 
se mirent a Tceuvre et edifierent une mosquee plus belle 
que Tancienne. Celui qui fut charge de s'occuper de ces 
travaux fut le cherif Moulav Elhaehim ben Mellouk Elbel- 
giti. En peu de temps, cette construction fut terminee, 
reunissant toutes les conditions desirables de beaute et de 
solidite. Dieu inscrivit la recompense de cette ceuvre sur 
la page du Sultan. 

Durant cette periode, mourutle grand cheikh, qui con- 
nut Dieu, le celebre Abou Wbdallah Sidi Mohammed El- 
'arbi ben Ahmed EdderqAoui (Dieu soit satisfait de Jui !). 
Sa inort eut lieu dans la nuit du lunxli au mardi 23 safar 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 129 

Morr&kch, et envoya son frere Moulay Elm&moun ben 
Hichdm dans la region du Sous pour y percevoir les im- 
pdts. 

Au mois de cha'b&n 1245, le Sultan conclut lapaix avec 
la nation « N&peri&l » qu'on appelle TAutriche : le traite 
contient douze articles ayant trait aux transactions coinmer- 
ciales, et stipule la securite et le respect reciproques 
des deux parties contractantes. Le dernier article etablit, sur 
lobservation des stipulations du traite, une paix durable 
que ne pourra ebranler aucun evenement posterieur, et 
qui ne sera susceptible ni d'augmentation ni de diminu- 
tion. Peu de temps apres ce traite, se produisit, cepen- 
dant, la grave a (la ire que nous allons rapporter. 



Attaque d'Erargich par la nation « N&peri&l », et ses motifs '. 

Nous avons rapporte que, vers la fin deTannee 12/j3, le 
sultan Moulav Wbderrahman fDicu lui fasse misericorde !) 
avait fait une tournee dans les places avancees et les ports 
du Magrib, dans le but de faire revivre la tradition de la 
guerre sainte sur mer que le sultan Moulav Slimdn (Dieu 
lui fasse misericorde !) avait fait cesser. Moulav Wbder- 
rahmdn avait donne Tordre de construire des flottes, qui 
dcvaient etre reunies a celles qui existaient encore prove- 
nant de son aieul Sidi Mohammed ben 'Abdall&h, et avait 
autorise les capitaines de bateaux des deux rives de Sale et 
de Ribclt Elfeth a croiser avec les corsaires de guerre sur les 
cotes du Magrib et sur les rivages voisins. Dans une de 
ces croisieres, les reis Elh&ddj 'AbderrahmAn BArg&ch et 
Elhftddj Wbderrahman Brital rencontrerent des voiliers au- 
trichienset sen emparerent, ces navires n'etant pas munis 

1. Tcxle arabc, IV* parlic, p. 183. 

ARCH. MAROC. 9 



ISO ARCHIVES MAROCAINES 

du papier de passeportqu'ilsavaienthabituellement. lis y 
trouverent une grande quantite de marchandises, speciale- 
ment de l'huile. Certains de ces bateaux furent amenes dans 
le port des Deux-Rives, les autres dans celui d^ETare'icli. 
« Six corsaires autrichiens vinrent mettre le siege devant le 
port d'Erareich le mercredi 3 doulqa'da 1245, et lancerent 
un grand nombre d'obussurla ville depuis laube jusqu'au 
coucher du soleil. Pendant ee temps, ils firent debarquer 
sur le rivage, vers Tendroit appele Elmaqsara, 500 soldats 
environ qu'ils avaient embarques dans six alleges dont ils 
s'etaient empares. lis marchcrent dans la direction des 
navires du Sultan qui etaient ancres dans la riviere, bat- 
tant du tambour et jouant du clairon, tandis que leurs 
croiseurs langaient des boulets tout le long de la riviere, 
pour empecher qu'on ne les rejoignit en la traversant. 
Arrives aupres des navires du Sultan, ils y mi rent le feu, 
en guise de represaillcs pour ce qui leur avait ole enleve. 
Mais, au bout de peu de temps, ils furent cnveloppes par 
les Musulmans qui venaient de toutes les directions, gens 
du Sdhel ou autres. Les gens d'El'areich et des environs 
franchirent bientot la riviere a la nage et dans des barques, 
et jetant le desordre parmi eux, en firent un violent 
massacre. Des moissonneurs qui etaient en train de cou- 
per les recoltes dans les champs, et qui voyaient de loin 
laflaire, prirent a leur tour une belle part au massacre 
en coupant les tetcs des Autrichiens avec leurs faucilles. 
Manuel, qui raconte cette allaireen detail, pretend que les 
Autrichiens eurcnt '|3 tues, sans compter les prisonniers. 
Ils laisserent sur le rivage un canon et un grand nombre 
darmes, et senfuirent vers leurs bateaux en regardant 
derriere eux. 

Cette affaire determina le sultan Moulav Wbderrahman 
a renoncer aux expeditions maritimes et a y prendre inte- 
ret. En edet, le moment ou il voulait ressusciter cette 
tradition etait precisement celui ou la puissance des Eu- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 131 

ropeens commencait,ou leur nombre augmentait ainsi que 
leurs forces navales. De plus, les expeditions maritimes 
faisaient naitre des conflits, des discussions et des contes- 
tations, et creaient entre le gouvernement eleve et les 
gouvernements des nations ses voisines une haine qui 
risquait de rompre les traites etablissant la treve. Enfin, 
la prise d'Alger par les Frangais qui venait de se produire 
confirinait le bien-fonde de ces craintes. Le Sultan (Dieu 
lui fasse misericorde !)se recueillit et, apres un examen 
approfondi, pensa qu'il etait sage de renoncer aux ail aires 
de mer, en consideration des necessites du moment et du 
peu de profit resultant des expeditions des bateaux mu- 
sulmans. A tout cela vint s'ajouter un avis public par de 



grands Etats europeens, comme TAngleterre et la France, 
et suivant lequel les navires ne devaient apparlenir qu'a 
ceux qui etaient en mesure d'observer les reglemeiits ma- 
ritimes, dont le but est d'assurer le bon fonctionnement 
des affaires de mer et de produire les resultats desirables, 
et dont Fobservation maintient Famitie etablie par les 
traites. Parmi les importants resultats de ces mesures, se 
trouvent d'abord retablissement de consuls envoves dans 
les ports par les gouvernements, quels qu'ils soient, qui 
veulent y introduire leurs navires et leur commerce, puis, 
entre autres choses, empreintes dune grande legerete et 
que ni la Loi sainte, ni les usages ne peuvent admeltre, 
la question des quarantaines et tout ce qui en decoule. 
Tout cela ne fit qifencourager le Sultan (Dieu lui fasse 
misericorde ! ) dans sa resolution d'abandonncr une chose 
qui amenait de telles consequences; trop de raisons le 
determinaient a s'en al>stenir. Et vraiment les grands 
avantages de Tabstention ne peuvent echapper a celui qui 
examine la question : seuls peuvent la comprendre ceux 
qui savent. 

Ouant a TafTaire des Autrichiens, elle fut reglee gr^ce 
a Intervention des Anglais, qui envoyerent leur ambas- 



DYNASTIE ALA0U1E DU MAROC 133 

le qdkl Aboul'ould Dris ben Ilomm&n Eljerr&ri, et lui pro- 
poserent de s'entremettre aupres du Sultan pour lui faire 
accepter leur serment, et le determiner a rechercher les 
moyens de defendre leurs interets et de les proteger 
contre leurs enneinis. lis designerent un certain nombre 
d'entre eux pour aller aupres du Sultan soutenir cette 
demande et hater la realisation de leurs desirs. Arrivee 
chez le Sultan a Meknes, le l er rabf I er de cette annee-la, 
la deputation fut reeue avec beaucoup d'egards et de res- 
pect. Lorsqif Hs eurent expose leurs desiderata, le Sultan 
ne leur donna pas de suite satisfaction, car, malgre son 
desir de les accepter pour ses sujets, il voulait, suivant la 
regie qu'il s'etait tracee, baser sa decision sur les pres- 
criptions de la Loi. II consulta a ce sujet les 'oulanu\de Fes, 
qui, presque tous, rendirent un avis defavorable, tandis 
que quelques-uns consideraient la demande com me reali- 
sable. II s'en tint a Tavis de ces derniers, d'autant plus 
que les gens de Tlemsen, a la reception du feloua des 
savants de Fes, le refuterent en ces termes : 

« Sache notre Seigneur, le poleet le siege de la gloire, 
le sejour et lasile de Thonneur, la base et la source de la 
Here noblesse, le tapis et le centre de la vertu ties haute, 
le Sultan grand, illustre et glorieux, rejeton des grands 
rois, notre Seigneur et notre Maitre '.Abderrahman ben 
Hicham (Dieu conserve aux Musulmans ce tresor quest 
notre Seigneur et lui accorde son amitie et sa recom- 
pense ! i que le feloua rendu par nos seigneurs les *ou- 
lania de Fes n'est pas fonde sur une base solide, parce 
qu'ils n'ont envisage que le serment de (idelite qui nous 
engage en vers rimam ottoman. Ce serment est bien un 
argument contre nous, mais il ne s'accorde pas avec la 
realite des fails, car il n'a du serment que le nom. En efFet, 
le gouverneur dWlger etait un usurpateur, il jouait avec 
la religion, et Dieu Tafaitperir pour le punir de son injus- 
tice, de ses vexations a l'encontre des serviteurs de Dieu, 



134 ARCHIVES MAR0CA1NES 

de sa violence et de son libertinage. Dieu laisse du repit 
a l'injuste avant de le saisir, mais quand il le saisit, il ne 
le laisse pas echapper. Or ce qui prouve Tusurpation et 
les actes d'independance de ce gouverneur, c'est sa deso- 
beissance aux ordres de l'Ottoman ; iln'avait pour lui aucun 
respect et ne suivait ni ses paroles, ni ses actes. Ainsi 
rOttonian lui avait ordonne de conclure la paix avec les 
Chretiens : mais il n'a accepte ni ses ordres, ni ses con- 
seils, et quand il lui a demande de l'argent pour Taider a 
resister centre les malheurs amenes par les Chretiens, l'Ot- 
toman le lui a categoriquement refuse et, loin de se mon- 
trer genereux, ne lui a pas remis la moindre chose. C'est 
ainsi que Tennemi infidele a pu prendre la ville. Telle est 
la recompense des libertins prevaricateurs : tout bien 
gagne d'une maniere illicite, Dieu en rend maitres les 
ennemis les plus vils. Tout ce que nous disons de cet 
usurpateur est connu de tous, perceptible a la lumiere des 
yeux, et na pas besoin de preuves ni d'arguments. Les 
homines sont tous des serviteurs et des esclaves de Dieu, 
et le Sultan n'est que Tun d'entre eux a qui Dieu a rein is 
le pouvoir pour Teprouver et le faire souflrir : s'il gou- 
verne les autres avec justice, clemence, equite et droi- 
ture, comme not re Seigneur ^Dieu le secoure ! il est le 
lieutenant de Dieu sur sa terre, Tombre de Dieu sur ses 
serviteurs, et son rang est eleve aupres du Tres-Ilaut ; si, 
au contraire, il gouverne avec injustice, tyrannic, oppres- 
sion et corruption, com me cet usurpateur, il nest qu'un 
revolte contre Dieu dans son empire, un detenteur du pou- 
voir supreme, un superbe qui regne sur la terre sans 
droit, voue aux plus terribles chatiments de Dieu et a sa 
cole re. 

« Dailleurs, en admettant nieme que nous soyons lies 
envers TOttoman par notre serment, ce nest pas un argu- 
ment contre nous, car le pays ou il reside est tellement 
loin de nous, que sa royaute ne nous est d'aucune utilite, 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 135 

a cause des plaines, des deserts, des mers, des villages, 

des bourgades et des villes qui nous separent de lui. Et 

si le lieu de sa residence est plus rapproche par mer, les 

infideles l'cmpechent aujourd'hui de s'y embarquer. De 

plus, il est etabli par des informations successives, re- 

pandues de tous c6tes, qu'il est si occupe de lui-meme et 

de son tr6ne, si impuissant a defendre son pays voisinde 

sa capitale, qu'il a du acheter aux Chretiens line tr£ve de 

cinq annees pour des sommes formidables, et leur en 

donner un garant, afin d'avoir pendant ces cinq annees la 

securite pour sa personne et son entourage. Comment, 

dans ces conditions, lui serait-il possible de prendre la 

defense de notre contree, de notre province, de notre 

ville ? La preuve la plus evidente de cette impuissanceest 

dans TEgypte et la Syrie, qui sont restees pendant plus 

de cinq ans au pouvoir des ennemis de la religion, sans 

qu'il ait pu trouver, pour leur resister et proteger ces 

pays, d'autre moyen qu'un recours a l'appui de Tennemi 

infidele. Dieu Tres-Haut fortifie parfois cette religion au 

moyen des pervers. 

« Aussi bien, Elabi, dans le commentaire de Moslim, a 
propos dun cas semblable au notre, declare formellement 
que, si rim&m ne peut faire executer ses ordres dans un 
pays, il est permis den choisir un autre et de le procla- 
nier, et que tout retard dans sa proclamation est une 
cause de mort. Or, cette proclamation, tous les cous sont 
tendus vers elle, les yeux, les prunelles la convoitent 
ardemment de tous cotes. Nous avons echappe par le si- 
lence a toutes les solicitations, nous avons rompu avec 
toutes les propositions, pour venir au seuil de la porte de 
notre Seigneur (Dieu le secoure et le dirige!) pour entrer 
sous son obeissance, pour nous engager a le servir, d'ac- 
cord avec les tribus et les villes, et les gens avises et 
reflechis, parce que nous savons que notre Seigneur(Dieu 
le secoure !) est seul digne de cette mission genereuse, 



136 ARCHIVES MAROC VINES 

est seul le veritable im&m, lui qui a merite cette dignite 
de ses ai'eux successifs, et a qui aboutissent toutes les 
gloires et tous les honneurs. 

« Aussi, nous demandons a notre Seigneur (Dieu le se- 
coure !) de daigner s'engager a agreer notre serment, par 
Intercession de son ancetre le Prophete (Dieu prie pour 
lui, pour sa famille excellente et pour ses coinpagnons 
elus et leur donne le salut !j. 

« Notre dernier voeu est: louange a Dieu, le Maitre 
des mondes ! » 

La lecture de cette piece decida le Sultan (Dieu lui fasse 
misericorde !) a accepter leur beta et a prendre Tengage- 
ment de la respecter. II donna le commandement de Tlem- 
sen a son cousin, Moulay c Ali ben Sliman, qui etait aussi 
son beau-frere, et lui fournit un detachement du gueieh, 
compose de 500 hommes d'Oudeva et de Wbids notables. 
II les envoya tous a Tlemsen, accompagnes des delegues 
de cette ville, qu'il combla de cadeaux et de bienfaits. En 
nieme temps il ecrivit a songouverneur le q^Vd Drispour 
lui recommander cette mission dont il devait s'occuper, 
et l'associa a Moulay e Ali dans radniinistration et les deci- 
sions a prendre : en realite, celui-ei devait seul en avoir 
la responsabilite. J'ai eu entre les mains la lettre auto- 
graphe que le vizir Aboii Wbdallah ben Dris lui envoya 
a ce sujet. Voici ce qu'il lui ecrivait : 

« Louange a Dieu seul. 

« Dieu prie pour notre Seigneur Mohammed et sa fa- 
mille ! 

« A notre ami, a Toncle de notre Seigneur, Si Dris ben 
Homman Eljerrari. 

« Que le salut, la misericorde de Dieu et ses benedic- 
tions soient sur vous, en participation aux bienfaits de 
notre Seigneur, Dieu le fortilie ! 

« Ensuite : 

t Jai rec-u votre lettre qui ma etc apportee par les no- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 137 

tables cle Tlemsen et des tribus voisines do cette ville. Je 
leur ai donne tout l'appui que j'ai pu, et j'ai fait pour eux 
tous les efforts possibles. Notre Maitre les a agrees et les 
a traites, a leur arrivee eta leur depart, avec la plus grande 
generosite, suivant son habitude. Notre Maitre les renvoie 
maintenant combles d'honneurs. II a designe, pour le re- 
presenter aupres deux, son cousin Moulay 'All, dont il 
connait rintelligence, Inexperience, lhabilete et le c(Hur 
haut place. (Test qu'il ne faut dans ce pays que des homines 
jouissant de ces qualites, pour savoir distinguer la situa- 
tion du moment de celle qui la precede. Notre Maitre 
vous a egalement designe pour servir d'intermediaire 
entre son cousin et les gens de Tlemsen, car vous posse- 
dez aussi les qualites, enumerees plus haut. Justifiez done 
votre reputation, gardez-vous bien de vous laisser aller a 
lavidite : « abstenez-vous du bien dautrui ». Tout ce dont 
vous aurez besoin et qui vous sera indispensable, vous le 
recevrez : vous n'aurez qu'a nous prevenir. Ne nous cachez 
al)solument rien. Sachez que notre Maitre vous a distin- 
gue parmi vos contribules et vous a rapproche de lui. Main- 
tenez toujours votre rang aupres de lui. Dieu est Dieu ! 
Justifiez votre bonne reputation : Dieu vous benisse, ainsi 
soit-il ! 

« Notre Seigneur a ^ratilie chacun d'entre eux d'un cos- 
tuine approprie a son rang. Dans toutes les villes ou ils 
sont entres, il leur a donne. 

« Il leur a fait voir Tinterieur de son palais, tous ses jar- 
dins et tous les locaux royaux, ou ne sont admis que les 
favoris. Href, ils onlobtenu des egards incsperes, et je les 
ai servis an dela de ce que vous desiriez. ITailleurs, e'est 
assez deux pour vous renseigner. 

« Cest a vous maintenant de vous acquitter envers nous ; 
justifiez lespoir que nous meltons en vous, et n'oubliez 
pas que notre Seigneur en a mis d'autres a I'epreuve avant 
vous et les a sacrilies. Voici : je demande a Dieu quelle 



138 ARCHIVES MAROCAINES 

soit en or pur. Ce que vous a promis notre Seigneur vous 
parviendra des que vous aurez fixe votre residence dans 
le pays et que tous, citadins et campagnards, auront pu 
constater votre bonne administration. A cet egard, il vous 
suffit des recommandations contenues dans la lettre che- 
rifienne de notre Seigneur. 

« Amitie et salut. 

« Le 13 rabi* II de Tannee 1246. 

« Mohammed ben Dris, Dieu le favorise. » 

Moulav 'AH arriva a Tlemsen : le Sultan lui envova* 
apres son depart, 500 cavaliers, 100 fantassins et un grand 
nombre d'artilleurs d'elite pris parmi ceux de Sale et de 
Rib&t Elfeth, et au nombre desquels se trouvait le fils du 
gouverneur de Sale, Mohammed ben Elhaddj Mohammed 
Bou Jmi'a, qui etait un des plus habiles. L/arrivee et l'eta- 
blissement de Moulay 'Ali a Tlemsen remplirent de joie 
les harfar dela ville, chezlesquels ildevinttres populaire. 
Les delegations de toutes les regions vinrent le saluer, 
et, aide du qdkl Dris, il reeut d'elles leur serment de fide- 
lite au Sultan. S'y refuserent les Kourouglis turcs, qui 
formaient depuis tres longtemps la garnison de la qasba. 
Mais, apres les avoir assieges et combattus pendant 
quelque temps, il en triompha et s'empara de tout ce qu'ils 
possedaient. II eut aussi a vaincre la resistance de deux 
tribus arabcs du pays, les Douair etles ZmAla, issues, dit- 
on, des reguliers que Moulay Ism&'il (Dieu lui fasse inise- 
ricorde ! ' avait envoyes dans cette contree pour y tenir 
garnison, et qui, demeures dans le pays, y avaient fait 
souche. Moulay Wli les subjugua egalement, et Tarmee 
mit leurs biens au pillage comme elle l'avait fait pour ceux 
des Kourouglis. Cette repression amena de grands troubles 
que nous rapporterons plus bas, s'il plait a Dieu ! 

Des les premiers jours de ramacUii, le qdid Dris sortit 
de Tlemsen a la t£te d'une troupe prise parmi le gudich qui 
raccompagnait, dans le but de soumettre les tribus du 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 139 

pays et de faire prater le serment a celles qui Tavaient 
refuse, car seuls avaient fait leur soumission Jes habitants 
de Mascara, lestrihus d'Elhechem, d'Elmchdchel, des Beni 
CheqrAn, les Mrabet de Geris et d'Ouargiya, les Tahallit, 
les Hamiv&n, et d'autres, dans leur beta dont voici le 
texte : 

« Louange a Dieu qui a fait hriller a la face de cette 
nouvcllc epoque deslumieres du Khalifat, quia manifeste 
sur la page de son aurore les signes precurseurs du bon- 
heur, de la l)onne fortune et de la securite, et qui a con- 
duit les creatures de son choix a se ranger sous Tetendard 
de notre Maitre l'lmam. 

« La priere et le salut soient sur notre Seigneur Moham- 
med qui a ete envoye par misericorde pour les mondes, 
sur sa famille et sur ses compagnons excellents. 

« Ensuite : 

« Toutes les tribus inscrites a droite du present ont 
envoye leurs delegations aupres de notre Maitre le khalifa 
Aboulhasan Moulav C AH, fils du Prince des Crovants 
Moulav Slim&n, (jui leur a donne lecture de la lettre de 
notre Maitre victorieux, dont Tetendard est deploye, et 
Tepee illustre, le Prince des Croyants Moulay Wbder- 
rahm&n, fils de Moulav Hich&m (Dieu lui perpetue sa 
protection et dirige ses efforts vers ce qui peut le satis- 
faire ! ;, en presence de son khalifa, le taUb plein de droi- 
ture, Tillustre et fortune q&id Si Dris Eljerr^ri. Lesdele- 
gues ont accueilli cette lettre avec respect et veneration ; 
ils ont requis de temoigner co litre eux qu'ils pretaient 
serment de fidelite a notre Maitre PlmAm (Dieu le fortifie 
et perpetue sa puissance et sa majeste !) ils ont pris Ten- 
gagement de Tobserver et de lui obeir, et se sont ranges 
sous sa loi. Cette beta est complete et remplit toutes les 
conditions; elle comporte tous les engagements et etablit 
toutes les obligations. Tous Font acceptee et approuvee et 
s'engagent a Tobserver. 



140 ARCHIVES MAROCAINES 

« Ceux qui ont entendu ce qui precede des susdits ont 
dresse acte, le premier djoum^da II de l'annee 124G. » 

Suivent les signatures des deux 'adel qui ont recu la 
declaration des notables des tribus precitees. 

Le sennent de fidelite avait ete prete par ceux que nous 
avons nommes : les dissidents etaient ceux contre lesquels 
niarcha le qftid Dris, afin de recueillir leur b£ia, corame 
nous 1'avoiis dit plus haut. 

En resume, le Sultan (Dieu lui fasse misericorde ! s'oc- 
cupa dune facon tres active des affaires de cette contree, 
et ne negligea aucun effort pour la pourvoir petit a petit 
de tous les secours dont elle avait besoin en fait dhommes, 
d'armes et dargent. II envoya aussi aupres des popula- 
tions de ces regions, pour les engager a Tobeissance et 
les inviter a se ranger dans la loi commune, le chc ; rif 
baraka Sidi ElhiWldj ETarbi ben Wli ElouezzAni, qui jouis- 
sait aupres dellcs, comme ses ancetres, dune entiere 
conliance. II lit partir aussi pour Tlemsen, afindV exercer 
lesfonctionsde mohtaseb, le cherif excellent Abou Moham- 
med Wbdesselilni ElboiVin&ni. II expedia egalement, en 
grande quantite, des costumes, des etendards, des pavil- 
ions, des canons, des mortiers, de la poudre et du ploinb. 
Tout cela nVmpecha pas la volonte de Dieu de sexercer. 
Les * Arabs de ce pays se separerent du Sultan, a cause de la 
faiblessede leur foiet de leur incurie, et presque tous pri- 
iv nt parti pour les Chretiens, desqueceux-ci eurent enleve 
Oran. La division gagna ensuite les qaids du gueich du Sul- 
tan, parini lesquels eclaterent de violentes rivalites, dont 
les echos divers arriverent jusqif au Sultan. Enfin ces qaids 
tiniivnt par piller les effets des Kourouglis, sans vouloir 
les iv nd iv, et par voler ensuite, a proximite meme du 
cherif Sidi Klhaddj Elarhi ben Wli Elouezzani, Targent et 
le hetail des /mala et des Hoiiair. Tout allait mal et les 
esperances etaient detruites. Le Sultan pensa alors qu'il 
valait uiicux rappeler ces troupes, sur Lutilite desquellcs 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 141 

il nV avait plus a compter, et ordonna l'arrestation du qAid 
Dris qui lui fut denonce comme ayant participe au pillage 
des Kourouglis, des Zm^la et des Douair, et ayant refuse 
de leur restituer leurs biens les plus precieux. La Mhalla 
se mit en route et fut de retour a la fin de ramad&n. 

Le 15 djoum&da II de la meme annee, il y eut un trem- 
blement de terre qui detruisit de fond en comble une des 
bourgades de Tlemsen, appelee Elblida, et lit perir des 
habitants. 

Tout appartient a Dieu : il fait ce qui lui plait. 



Re volte des Oudeya contre le sultan Moulay 'Abderrahm&n 

et ses causes l . 

La revoke du gudick Eloudeya contre le sultan Moulay 
Wbdcrrahm&n (Dieu lui fasse misericorde !) eclataau mois 
de moharrem 1247. Voici ce qui la provoqua : 

Les principaux q&jfds et les personnages les plus en vue 
de ce gue'ick etaient Ett&har ben Mes'oud Elmgafri Elhas- 
sdni, Elh&ddj Mohammed ben Ett&har Elmgafri ETaqili 
et Elhikldj Mohammed ben Ferhoun EljerrAri. Le Sultan 
(Dieu lui fasse misericorde !) leur confiait les missions 
importantes et les envoyait dans lescontrees les plus loin- 
taines de TEmpire. Eux, de leur cdte, sous les apparences 
de l'obeissance, n'avaient que des sentiments hostiles pour 
le sultan Moulay Wbderrahm&n, parce qifil avait fait ces- 
ser la familiarite avec laquelle ils traitaient le sultan Mou- 
lay SlimAn. A chaque instant, ils manifestaient leur deso- 
beissancc, mais le Sultan les laissait faire et negligeait de 
relever leurs fautes. Quand vint l'expedition de Tlemsen, 
il les fit partir avec les chefs et les notables du gueich qu'il 
envoya. Ils continuerent leurs attaques contre le gouver- 

1. Textc arabe, IV" parlic, p. 187. 



142 ARCHIVES MAR O CAIN ES 

nement, et leurs menees devinrent plus etendues et plus 
audacieuses. lis prirent une large part au pillage des Zm&la 
et des Douair, assistes du qdid Dris ben Elmahjoub Elbo- 
khdri qui leur servit de complice, et laisserent voir qu'ils 
ne tenaient aucun compte ni du Sultan, ni de son khalifa, 
ni de son gouverneur. Commc une haine secrete regnait 
entre eux et le qaid Dris Eljern\ri, celui-ci, craignant que 
s'il s'opposait au pillage organise par eux, sa tete ne leur 
servit a « fermer, cette dechirure », ceda et pilla avec eux. 
Aussi, lorsque le Sultan, com me nous lavons rapporte, 
rappela cette armee, un emissaire envoye par lui alia arre- 
ter le qdid Dris a Oujda, d'oii il fut amene a Taza ou il fut 
mis en prison. Quand Tarmee de Tlemsen fut arrivee a 
'Ouq Eldjemel, pres de Fes, le q&id Ettayveb Eloudini 
ElbokhAri, gouverneur de cette ville, se rendit aupres 
d'elle. Suivant les uns, il devait arreter ces qAids sur Tordre 
du Sultan; suivant les autres, il voulait leur enlever les 
charges de leurs animaux qui etaient pleines du produit 
du pillage. Mais les Oiideya et les 'Abids, au moment de 
commettre leur crime, s'etaient promis et jure de faire 
cause commune contre quiconque leur voudrait du mal. 
Aussi, quand ils virent arriver le qdi'd Ettayveb Eloudini, 
ils lui firent un accueil des plus rudes, si bien qu'il retourna 
sur ses pas et alia rendre compte de sa mission au Sultan 
qui en fut tres irrite. 

Quelques jours apres, le Sultan decida larrestation de 
Elh^ddj Mohammed ben Ettahar Eraqili. Pressentant ce 
qui rattendait, celui-ci se rendit aupres d'Ettdhar ben 
Mesoud et se jetant a ses pieds : « Je vais etre emprisonne 
sans aucun doute, lui dit-il. Si le Sultan te donne le 
moindre pouvoir sur moi, montre-toi genereux et ne te 
venge pas de ce que je t'ai fait. » Ettahar ben Mes'oud 
avait ete auparavant gouverneur deTaroudant etle Sultan 
Tavait deslitue pour mettrea sa place Ben Ettahar qui lui 
avait fait subir de mauvais traitements. C'est pourquoi il 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 143 

lui tint pareil langage. « Vas-tu vraiment <kre arrete ? » 
lui repondit Ettahar ben Mes'oud, cjui, sur sa reponse 
affirmative, lui dit : « Moi vivant, il ne t'arrivera rien de ce 
que tu redoutes. » Le Sultan convoqua ensuite Elhftddj 
Mohammed ben Ett&har et Ahmed ben Elmahjoub, et les 
fit arreter apres leur avoir reproche leur conduite. Les 
sbires des Oudeya s'emparerent de leur contribute, et 
ceux des 'Abids du leur, puis les conduisirent le soir a la 
prison. 

Ettahar ben Mes'oud faisait le guet a la porte du palais 
<lu Sultan pour delivrer ElhAddj Mohammed ben Ettdhar 
et son compagnon. Quand il les vit sortir, ildemandaaux 
gardes de les relAcher, mais ceux-ci refuserent en disant 
qu'ils etaient emprisonnes sur l'ordre du Sultan. EUahar 
ben Mes'oud ne voulut rien ecouter et, tirant son poi- 
gnard, frappa le portier Dris Eloudevi qu'il entama a 
Tepaule, et lui enleva son prisonnier. Il s'avanca ensuite 
pour delivrer Ahmed ben Elmahjoub, mais celui-ei s'y 
refusa et le repoussa severement, en lui disant quil ne 
voulait pas enfreindre les ordres du Sultan. Les Oudeya 
pensaient, en eflet, en raison de leur serment anterieur, 
que les 'Abids etaient avec eux, mais Dieu avait seme la 
division entre eux. EttAhar et Hen EttAhar se preeipiterent 
alors vers leurs chevaux et senfuirent a cheval dans la 
direction de DAr EddebibajV. Les MijAfra assaillirent alors 
la porte du palais du Sultan, ceints de leurs amies, et se 
mirenta charger leurs fusils et a tirer a balles. Le parti du 
Sultan voulut leur resister, mais les Oudeya, plus nom- 
breux qu'eux, les battirent et fermerent sur eux la porte 
du Mechouar. Le Sultan sinforma de ce qui se passait et 
fut mis au courant de la nouvelle. Elhasan ben Hammo 
OuWziz, qui se trouvaitavec lui, lui dit : « O notre Maitre! 
si ces gens ont eu Taudace de commettre de pareils actes 
a votre porte, c'est qifils sont resolus a faire plus. » Le 
Sultan fit aussit6t venir un cheval, et sortit, au coucher du 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 147 

Fatma, fille de Moulay Slim&n. II alia trouvcr Yamtn pre- 
cedeinment charge des depenses, et le pria de lui dresser 
une liste des quantities journalieres de farine, de viande, 
de graisse, etc., qu'il remettait auparavant au palais du 
Sultan. Quand cet amin lui eut ecrit cette liste et la lui 
eut envoyee, ilfournit chaque jour au palais du Sultan les 
quantites qui y etaient portees. Un jour l'eau du palais du 
Sultan fut coupee : le q&id Dris fit porter tous les jours 
des outres d'eau au palais, repara les conduites, et tra- 
vailla jusqu'a ce que l'eau cut repris son cours. 

Peu de temps apres, le Sultan convoqua toutes les tri- 
bus du Magrib, celles du IIouz, connne celles du Garb, et 
des ports. Elles arriverent toutes a Meknes. Apprenant 
cela, les Oudeya firent venir d'une province ou il se trou- 
vait le cherif Sidi Mohammed ben Ettavyeb, se masserent 
autour de lui et le proclamerent. Les tribus qui les avoi- 
sinaient, et qui leur avaient promis de faire cause com- 
mune avec eux, les abandonnerent. Toutes les tribus du 
Magrib etaient prevenues, en eflet, contre ce Sidi Moham- 
med ben Ettavyeb, depuis que, gouverneur de T&mesna 
et de Doukk&la, il avait maltraite les habitants de ces 
contrees : aussi etait-il univcrsellement deteste. 

Le Sultan marcha sur Fes Eljedid pour y assieger les 
Oudeya. Il fit braquer contre eux les canons et les mor- 
tiers. On tira sur eux sans discontinuer de la Mhalla du 
Sultan, de Win Qftdous, du bastion de Boiiljeloud, du 
bastion de Bdb Elguisa et du bastion de Bill) Elftouh. Le 
siege dura sans repit pendant quarante jours. Les Oudeya 
repondaient aussi par des boulets et des bombes. Au 
cours de ces journees-la, les Beni Hsen se distinguerent 
par leurs exploits. Puis le Sultan resolut de les emmurer 
et fit venir des charpentiers qui se mirent a travailler. 

Mais, fatigues de la guerre, les Oudeya reclamerent la 
paix. L'amin Ellulddj Ettaleb ben Djelloun leur servit 
d'intermediaire aupres du Sultan, qui leur accorda Yamdn 



158 ARCHIVES MAR0CA1NES 

de Francais a cette affaire. II me demandesi je voulais un 
compte approximatif, ou bien tres large. Comme je le priai 
de compter approximativement : « Je suis officier supe- 
« rieur de Tarmee,me dit-il, et comme telj'ai 1.800 hommes 
« sous mes ordres : depuis cette bataille, je n'en ai plus 
« que 18! » 

Les Zm&la et les Douai'r persisterent a £tre les auxi- 
liaires des Francais, qu'ils soutinrent de leur mieux. lis 
se choisirent comme chef un homme appele Elmoustafa 
ben Isma'il, qui fut le principal agent de la prise du Ma- 
grib moyen par les Francais, et fut l'dme de presque toutes 
les guerres qui eurent lieu pendant cette periode entre 
les Musulmans et les Chretiens, jusqu'au jour ou il fut 
tue, vers le milieu de l'annee 1259. Que Dieu redouble de 
colere et de vengeance contre lui ! 

En apprenant la maniere dont Elh&ddj Wbdelqader 
menait la guerre sainte contre Tennemi de la religion et 
soutenait l'independance des Musulmans, le sultan Moiilay 
'Abderrahman (Dieu lui fasse misericorde !) admira sa 
conduite, lui assigna, dans son estime, une haute situation, 
car il voyait en lui un ardent champion de l'lslam dans un 
moment ou la religion manquait de defenseur. Plusieurs 
fois, il lui envoya des secours en chevaux, en armes et en 
argent, notamment par rintermediaire de Yamin Elhaddj 
Ett^leb ben Djelloun Elfesi. 

La guerre dura longtemps entre Elhaddj Wbdelqader 
et les Francais. A un certain moment, ceux-ci ayantreussi 
a s'emparer de Tlemsen, Elhaddj 'AbdelqAder les y assie- 
gea et les fit sortir de la ville. Puis ceux-ci la reprirent, 
apres de terribles engagements et des sieges penibles. 
Mais le mal que leur faisait Elh&ddj 'Abdelq^der consis- 
tait seulement a leur tuer des gens et a les piller, tandis 
que les Francais mettaient h mal les Musulmans en s'em- 
parant de leur pays et en le reduisant progressivement. 
Cette situation dura pres de seize ans. 



DYNAST IE ALAOU1E DU MAROC 169 

En resume, Elh&ddj 'Abdelqader fut irreprochable au 

debut, dans son application a faire la guerre sainte et a 

repousser l'ennemi, mais peu a peu ses ambitions evo- 

Juerent dans un autre sens, et le pays resta aux mains des 

Francais : Dieu fait toujours triompher ses decrets. 

En Tannee 1250, naquit l'auteur de ce livre T Ahmed ben 
Khaled Enn&sin Essl&oui. Ma mere, la dame Fatma, filie 
du fqth Si Mohammed ben Mohammed ben Qasem ben 
Zerrouq Elhasani Elidrisi Eljebbari, ma raconte que je 
naquis a l'aurore du samedi 22 doulheddja de cette annee- 

Au mois de moharrem 1251, mourut a Morrakch I'll— 
lustre vizir Si Elmoukht£r ben Abdelmelik Eljam "\. Le 
Sultan le remplaca par lefqib Aboii Abdallah Mohammed 
ben *Ali Elhahi Enneknafi qui exerca ses functions peu de 
temps, et nomma a sa place Tancien vizir Abou 'Abdal- 
lah Mohammed ben Dris Dieu leur fasse jni.^rioorde ! . 
Cette annee-la eclata dans le Magrib un** epidemie carac- 
terisee par la diarrhee, les voniissenienfe. lenfo&oeiuettt 
des yeux et le refroidissement des inenibres. 

En 1252, les 'oulamd de Fes rerurent d"ElL»dd; ~Ai>- 
delqader ben Mahi Eddin le questionnaire *uh*nt : 
« Louange a Dieu. 

« A nos doctes seigneurs, les guides de \z ^*.n+r c/*>jt*- 
et les lampes qui brillent dan> les tenebre*. !*-* jtifW;/**- 
sultes de la capitate Idrisienne. « cibb-s * d*- towt*-* U** 
demandes et « halte des aniiuaux au poilgri* *. iiied'-'rir** 
qui administrez les remedesde la religion. qui faite-* Iri'OU' 
pher sa justice et aneantissez rinju-tke. et qui re**d%ex 
les questions difficiles. vides ou -t^rile^ 

« Quelle est votre reponse Dieu sou* t:<9i%wr\*\ an 
sujet de la question si grave et <\ tnnAU'tiwut i$nri*touUt 
de la pa tried' Alger, partagee tMmV nnul *'t* \$\n*U'nr*\\»% 
dans le criblede Imfidelit^- I>-*<-ijijeiiii» intiM"* %"uUt$l 
devenir les maitres de# MomiIhi**** « t l'-> **»»r*tr Uuu,\ 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 165 

soumises, et a prendre l'engagement de se bien conduire 
et de servir de leur mieux. lis se sont executes dans les 
nieilleures conditions et ont donne des gages du paiement 
de Targent au bout de quelques jours. Alors nous leur 
avons accorde le pardon du triomphe et la force. Souvent 
le ch&timent amene une belle soumission, et le repentir 
sincere repare les fautes et les pertes passees. Parmi les 
hommes, il y en a qui ont besoin d'etre maltraites pour 
£tre bons : Votre Maitre cree ce qu'il veut et fait ce qu'il 
lui plait. 

« Wtiya ne s'est pas rendue de son plein gre, c'est la 
force qui l'a amenee dans la bonne voie. 

« Nous avions voulu Tepargner, mais sa fatuite n'a fait 
qtVaugmenter, et c'est la rigueur, la violence et la capti- 
vite qui l'ont corrigee. » 

« S'ils avaient lie ensemble les bienfaits et la recon- 
naissance, ils eusspntete siirsde nepas perir. Quand Dieu 
v eut du mal a un peuple, personnene peutl'en emp£cher, 
^t ce peuple n'a pas d'autre protecteur que lui. 

« Salut. 

« Le l cr du mois sacre de rejeb, l'unique de l'annee 
1259. » 



Rapture de la trfcve avec les Frangais, revers des Musulmans 
& Isly, pr&d'Oujda, et causes de ses 6v6nements *. 

La tr£ve regnait entre le gouvernement cherifien et la 
nation fran^aise depuis le regne du grand sultan Sidi 
Mohammed ben c Abdall&h (Dieu lui fasse misericorde !). 
Nous avons vu qu'a la suite des differends survenus entre 
les Turcsd'Alger et les Frangais, ceux-ci s'etaientempares 
de leurs ports, les habitants de Tlems^n s'etaient rendus 

1. Texte arabe, IV* partie, p. 195. 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 173 

relations et leurs points de contact avec les indigenes aug- 
nienterent. lis se livrorent surlout au eohunerce des niar- 
chandises dont ils ifavaient pas en jiisqtfalors le droit de 
soccuper, et ainsi se trouva ouverte pour eux une porte 
qui leur etait fermee auparavant. Les consequences de 
cetle nouvelle situation se manifesterent dans la monnaie 
et les marchandises. Pour ce qui concerne la monnaie, la 
leur etant la plus repandue et ayant une circulation supe- 
rieure a celle de la monnaie du Magrib, elle devait force- 
ment faireautorite et avoir la preference; les cominercants 
devaient aussi Festimer en raison des excedents et des 
benefices resultant de la difference des cours, benefices 
que nc pouvait leur concurrencer le commun des nego- 
tiants. Les cominercants musulmans les suivirent dans 
cette pratique. 

Pour ce qui concerne les marcbandises, conune les 
negociants cbretiens les vendent plus cber que les autres, 
ainsi que cela est prouvo, quensuite pendant que les pays 
francs progressaient en civilisation, se reorganisaient et 
realisaient plus de securite et de justice, nos monnaies et 
nos mercuriales continuaient a rencherir proportionnelle- 
meiit a la croissance des relations et a Pextension du com- 
merce. Vous pouvez, a la reflexion, apercevoir les conse- 
quences de cet etat de cboses. 

(Vest de Dieu que vient Passistance. 

Durant cette annee-la, la population de RibAt Elfeth se 
revolta contre son gouverneur ElhtUldj Mohammed ben 
Elh&ddj Mohammed Essousi. Elle fut provoquee par 
Elhaddj Mohammed ben ElhAddj EttAbar Ezzebdi, un des 
personnages importants de cette ville, ou se trouvent 
encore de ses descendants. II etait en relations tressuivies 
avec le gouverneur et lui temoignait des sentiments sin- 
cerement amicaux. On pretend qifil interceda un jour 
aupres de lui en favour d'un habitant de la ville, et que, 
le gouverneur n'ayant pas cede a ses sollicitations, il s'en 



DYNASTIE ALA0UIE DU MAROC 187 

de la resistance soutenue en vue de glorifier la parole cle 
Dieu. Vous avez bien rempli votre devoir a cet egard, 
vous avez justifie la confiance placee en vous et vous avez 
fait ce qui vous etait demande. Dieu vous ameliore et soit 
satisfaitde vous ! Ceux qui ont ete tues, Dieu les a grati- 
fies d'un bonheur sans fin. Quant aux biens qui ont ete 
perdus, Dieu les remplacera, car il se charge de rempla- 
cer ce qui a ete perdu pour l'amour de lui. Veillez done 
plus que jamais et soyez patients : Dieu vous soit en aide! 
« Nous avons ordonne a nos serviteurs les oumand des 
Deax-Rives de vous envoyer les ouvriers les plus habiles 
pour fabriquer des aftYits et, conformement a votre de- 
mande, nous avons invite notre serviteur Belhefr&n a eta- 
blir des tentes ou ils pourront s'abriter. Rien de ce qui 
vous est necessaire ne vous fera defaut, s'il plait a Dieu. 
« Vous nous avez rendu compte, d'autre part, de la reu- 
nion qui a eu lieu chez vous, des habitants de la ville avec 
le qddi et Yamin pour vous demander d'ecrire a Notre Ma- 
jeste elevee en Dieu afin que nous leur donnions de quoi 
reparer leur sqdla, leurs mosquees, leurs maisons et leur 
nuiraille. Nous avons ecrit aux ouniand des Deux- Hives de 
se rend re aupres de vous, de visiter tous les immeubles, 
maisons ouautres, qui ont ete demolis, en votre presence 
et accompagnes du qddi et des 'adodl, et de faire line es- 
timation des frais qu'entrainera la reparation convenable 
de chaque immeuble. Pour la grande mosquee et Sidi 
Hen Wcher, ils prepareront les materiaux voulus et, des 
quils seront reunis, ils commenceront la reparation. Des 
maintenant ils devront reparer la sqdla nouvelle et la 
nuiraille le plus solidement possible avec du pise excel- 
lent, inattaquable aux boulets, et les muniront d'un abri 
construit de facon que le tireur soit en surete. Ne pro- 
cedez pas lentenient a ces travaux. Nous avons de plus 
l'intention d'etablir, s'il plait a Dieu, un solide bastion a 
Fextremite de la muraille, du cote de la nouvelle sqdla. 



V*f ARCHIVE* NAROGU?fE5 

car leurs vivres etaient epuises. Iinirent par se soumettre 
l>ori ;jre m a I gre. 

Kn quittant les Zemfuour. lors de cette premiere ex- 
pedition. le Sultan envoya une letlre dont voici le texte : 

" Kn^uite : 

" II n v a personne qui ignore la malice des Zemmoiir: 
elle e>t plus noire que la nuit. et assez forte pour etre 
comparee a un torrent. Depuis longtemps. nous les avons 
rappeles an devoir, nous les avons exhortes au bien, nous 
les avons prevenus et menaces, et nous nous sommes abs- 
teims de leur fa ire du nial. repondant a leur audace par la 
douceur, a leurs provocations par le calme. Mais leur infa- 
tuation les a enhardis et rendus plus insolents. et le mal 
leur a bouche les veux et les oreilles. Celui dont Dieu veut 
la revoke est desarrne pour lui resister. Vovant que le 
matin du depart ne dissipait pas les tenebres de leur ega- 
renient, et qu'iine main destructive s'etait appesantie sur 
les rites de I'lslam, nous avons leve contreeux les troupes 
victorieuses devant lesquelles sont toujours deploves, 
aver laide de Dieu, les etendards de la vietoire, et nous 
avons fait venir de Morrdkch notre fils vertueux Sidi 
Mohammed (Dieu le conserve ! a la tete d'une arniee pre- 
cedec de la bonne fortune et des heureux auspices, et 
poussee par la felicite dans ses repos et dans ses marches. 
Nous avons quitte nous-nieine Meknaset Ezzeitoun avec 
une armee qui remplissait les plaines et garnissait les can- 
tons et les districts avec ses cavaliers et ses fantassins, 
ses colonnes legeres et ses bagages. Jusqu'alors, nous 
avions livre combat a ces mauvais sujets dans Tendroit 
appele Klkhamisat, mais les colonncs n'etant pas suffisam- 
inent a faise pour les titer, les piller, les disperser et les 
f rapper, nous avons decide, cette fois, de prendre position 
coutre (Mix, d'aborda Win El'arima, le point ou leur sou- 
levement et leurs depredations avaient tout envahi. Nous 
avons campe la quelques jours, puis, levant le camp, nous 



DYNASTIE ALAOLIE DU MAROC 193 

arrive, et ne revinrent tie leur frayeur qu'au bout de 
quelque temps. 



Revolte de Brahim Isemmour Elizdegui dans le Sahara ». 

Vers le milieu de 1'annee 1271, la revolte de BrAhim 
Isemmour Elizdegui lit son apparition dans le Sahara de 
Tdfilelt. Voici comment elle fut amenee. 

Les Berbers du SahAra etaient alors divises en deux par- 
tis : celui des Ait Atta, qui etaient les plus nombreux et 
les plus forts de la region, et celui des Ait YafelmAl qui 
etaient plus faibles. Les Ait Atta mettaient a mal les che- 
rifsdu pays et leurs voisins. Ce BrAhint prit le commande- 
ment des Ait YafelmAl et, prenaiit la defense des cherifs, 
leur lemoigna tous les egards et la generosite possibles. 
II invitait ses contribules a fa ire le bien, les detournait 
du mal, faisait Teloge du Sultan et les invitait h lui obeir. 
II devint bient6t celebre dans le pays, ou on se repandit 
en eloges sur son compte. 

Or, il arriva sur ces entrefaitesqirune discussion s'etant 
produite entre les Ait YafelmAl et les Ait 'Atta, Br&him 
marcha contre ces derniers et leur iniligea unedefaite ter- 
rible. Ses contribules raimerent davantage et s'attache- 
rent a lui de plus en plus, en meme temps que les cherifs 
mirent en lui leurs esperances, car triompher des Ait 
Atta, a cette epoque, etait un fait surprenant. II faisait, 
avec cela, les plus grandes largesses a ses proches et aux 
etrangers. Le Sultan ne tarda pas a entendre parlerde lui. 
Son caractere (Dieu lui fasse misericorde !j le portait k 
aimer les gens de bien eta se montrer bienveillant envers 
eux. 11 alia done au-devant de BrAhim et, pour lui donner 
plus de consideration, il lui confera le gouvernement de 



1. Texte arabe, IV« partie, p. 204. 

ARCH. MAROC. 13 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 201 

plus etendues. Le fqth Sidi Elmehdi ne doit negliger aucun 
ofTort ni aucun conseil pour vous instruire et lire avec 
vous. Fixez aussi un moment a passer avec son frere, qui 
est actuellement un des meilleurs tolba enseignants. Si 
vous vous laissez aller a la negligence et a l'oisivete, vous 
ii'aurez pas d'excuse. 

« Tous les serviteurs et suivants qui partent avec 
vous sont sous votre garde : « Vous etes tous des pas- 
teurs », dit le hadiis, « et vous etes tous responsables 
cle votre troupeau ». Enseignez-leur les choses de leur 
religion et les rites de leur pcderinage, et tenez-leur en 
cela un langage qu'ils puissent comprendre, afin que 
votre oeuvre soit inscrite sur votre page. Le meilleur 
parmi vous, dit le hadits, est celui qui a appris et ensei- 
gne. Si Dieu conduit par vous dans la voie droite un seul 
homme, c'est encore mieux pour vous que ce sur quoi le 
soleil se leve. 

« Que votre exterieur soit celui des gens vertueux et 
parfaits, et soyez toujours polis avec les creatures et le 
Createur. Perfectionnez vos vertus : soyez aflables etaima- 
bles dans vos rapports avec les gens, et rendez a chacun 
ce qui lui est dii. On parle encore la-bas de votre frere 
Moulay Slim^n (Dieu le conserve !j et Ton fait encore des 
vii'ux pour lui dans ces contrees cherifiennes, parce qifon 
se souvient de ses nombreuses qualites, de sa bonte et 
de sa douceur. 

« Nous avons confiance que vous ne nous oublierez pas 
dans vos prieres dans tous les lieux saints ou vous arri- 
verez, surtout a Elmoultezem et au Maq^im, dans tous ces 
points ou les prieres sont exaucees. Faites acte de peni- 
tence pour nous en baisant la pierre noire, en visitant le 
tombeau du Prophete (Dieu prie pour lui et lui domic le 
salut!), en le saluant et en saluant ses deux compagnons 
Abou Bekr et 'Omar (Dieu soit satisfait d'eux!;. 
« Soyez pleins de droiture dans toutes vos actions, pra- 



DYNAST1E ALAOUIE DU MAROC 205 

le Moukhlasar du chei'kh Khelil. Sa mort fut penible sur- 
tout pour les etudiants, car il ne laissa apres lui personne 
daussi fort que lui dans la redaction des questions de ju- 
risprudence. (Dieu lui fasse misericorde et nous le rende 
utile I) 

Dans la nuit du 6 cha'bAn de la meme annee, apres le 
deuxieme *achd, il se produisit une legere secousse de 
tremblement de terre. 

Le 4 chouwd de cette annee-la, le guerrier de la foi 
Aboii Mohammed 'Abdall&h ben Mohammed ben El'arbi 
Fennich Essl&oui arriva au port de Sale, venant de Lon- 
dres, et ramenant un bateau charge, ou se trouvaient dix- 
sept canons, deux grands mortiers en bronze et de nom- 
breux instruments de guerre. Il etait alle chercher tout 
cela sur Tordre du sultan Moulay 'Abderrahm&n pour ar- 
mer le nouveau bastion de Sale, dont nousavonsprecedem- 
nient parle. Dieu sait quelle est la verite ! 

La mdme annee, la comete apparut de nouveau, pour la 
troisieme fois durant cette periode. 



Mort du Prince des Croyants, Moulay 'Abderrahman ben Hich&m 

(Dieu lui fasse misericorde i) 1 . 

Le Prince des Croyants, Moulay 'Abderrahm&n (Dieu lui 
fasse misericorde!), s'etait rendu a Morr&kch au commen- 
cement de l'annee 1270. 

Des son arrivee, il destitua le vizir Aboii 'Abdall&h El- 
j&m'i et etablit a sa place, pendant quelques jours, le fqih 
Aboii 'Abdall&h Garrit; puis il prit comme vizir le fqih 
Aboii 'Abdallfth Esseflar Ettet^ouni. II resta a Morrakch 
jusqu'a la fin de 1273. De la, il fit une expedition contre 
les Zemmoiir Echchleuh, assistc, comme d'habitude, par 

1. Texte arabe, IV* partie, p. 209. 



208 ARCHIVES MAROCAINES 

feth. II construisit aussi aux abords de cette ville, poursa 
protection et pour la securitede ses routes, deuxgrandes 
qasbas, celle d'EssekhirAt et celle de Boil Zniqa : grAce a 
ces deux constructions, la tranquillite fut assuree, et la 
libre circulation etablie entre elles. 

11 restaura les parties deinolies des forts d'Essouei'ra et 
s'appliqua, par les sommes considerables qu'il dcpensa 
pour cela, a les rend re aussi solides et aussi puissantes 
que possible. Les travaux qu'il fit executer a MorrAkch 
furent le celebre AgdAl, la recodification de la rnosquee 
d'Elmansoilr, dont il ne restait plus que le nom, et qu'il 
retablit dans son etat primitif, avec toute sa majeste, son 
etendue et la hauteur de ses constructions, deux restau- 
rations de la rnosquee d'Elkoutbiyin, la reparation de la 
qoubba du cheikh Bel WbbAs Essebti (Dieu soit satisfait 
delui!), Tagrandissenient de la niosquee du cheikh Aboil 
IshAq Elbelfiqi, dans le soilq EddcqqAqin, la demolition 
de la rnosquee d'Elousti qui fut remplacee par un bel edi- 
fice d'une superbe apparence, la construction de la nios- 
quee d'Aboil flassoun, ou fut retablie, comme autrefois, 
la priere du vendredi, la reconstruction et Tagrandisse- 
ment de la niosquee d'Elqan&riya. A Fes, il fit restaurer 
le pare d'Amina Elmerfniya. « Ce pare, dit Akensous, etait 
abandonne : les betes sauvages en avaient fait leur ha- 
bitation, bien qu'il fut a la porte du palais du Sultan et au 
C(rur de la capitale. Du temps de la dynastie merinide, 
e'etait un pare superbe, qui temoignait de son luxe et de 
sa magnificence. La se trouvaient. leurs terrasses, lours 
pavilions tres eleves et les lieux oil ils se tenaient et qui 
avaient vue sur les jardins iVElmousiaqa, » « En resume, 
ajoute cet ecrivain, ces jardins realisaient toute la magni- 
ficence qu'on peut rever dans ce bas monde : e'etait un 
paradis depassant les plus hautes limites de la beaute. 
Mais Taction du temps avait fini par les ruiner et par efla- 
cer toutes les lettres des documents qui constiluaient ses 



DYNAST1E ALAOUIE DU MAROC 225 

regarderent du cdte du borj. Des qu'ils y virent flotter le 
drapeau de l'ennemi, ils s'enfuirent sans plus faire atten- 
tion a ce qui se passait, tels des autruches. Le pouvoir 
appartient a Dieu ! 11 n\ r a de force et de puissance qu'en 
Dieu ! Quel malheur pour la Religion et ses sectateurs ! 

Une fois etabli dans la ville, l'ennemi en determina les 
fonctionnaires. 11 fit cesser les actes de brigandage et 
nomnia, comme gouverneur des Musulmans, Elhaddj Mo- 
hammed Ab'ir, dont nous avons deja parle. 

Lentree de rennemi dans Tetouan et la prise de la 
ville eurent lieu le lundi 13 rejeb 1276, vers 9 heures du 
matin. 

Le lettre delicat, le cherif Sidi Elmofaddal Afilal a 
pleure cet evenement dans un poeme, ou il dit : 

« Temps, dis-moi pourquoi tu as brise notre tranquil- 
lite, pourquoi tu Tas expose aux malicieux, sans craindre 
(|u'on puisse te le reprocher. 

« Tu as abaisse le rang d'une [)lace qui etaitle symbole 
mome de Televation, et tu Tas mise au pouvoir d'ennemis 
qui ne valent meme pas une rognure d'ongle. 

« La Heligion verse des larmes, semblables aux averses 
que repand le nuage, sur ses mosquees ou maintenant le 
vin se vend en plein jour. 

« Dans combien de mausolees de saints, d'ou les mira- 
cles jettent des eclats, le moine n'a-t-il pas attache sa croix 
et sa bride ! 

« Que de demeures de cherifs et de savants pleins de 
droiture sont devenues les latrines d'infideles qui n'ont 
pas eu egard a leur venerabilite ! 

« Que de choses, que de choses encore, qui sont une 
profanation pour la Religion, et qui font verser des larmes 
de tristesse et de regret ! 

« Tetouan, parmi toutes les villes, tu etais comme une 
colombe, ou comme un predicateur qui revet son manteau 
apres avoir coiffe son turban. 

ARCIi. MAROC. 15 



226 ARCHIVES MAR0CA1NES 

« Non, tu etais un parterre magnifique, dont souriaient 
les fleurs ecloses, tu etais comme le visage d'un fiance dont 
la joue porte un grain de beaute. 

« Tu depassais en eclat et en beaute Fes, Le Caire et 
Damas ! Un temps est venu qui t'a lance le mauvais onil 

« Et qui a disperse tes habitants, dont il ne reste plus que 
les traces. Comme le temps y etait doux, comme la pas- 
sion y etait delicieuse ! 

« Nous y avons passe tant de temps en compagnie de 
savants a l'esprit delie et distingues, a reciter des poesies 
et a composer des « seances ». 

« Nous formions de nombreuses societes, car la gaiete 
aime les reunions nombreuses. 

« O la beaute de ses nuits ! ne passent-elles pas comme 
un reve? 

« O Tetouan, 6 demeure de la compagnie agreable, pe- 
piniere des hommes courageux. 

« Est-il un moyen de retourner a toi ? Notre separation 
dure depuis plus d'un an. 

« Notre cceur s'est fondu de desir, d'ardeur et de fol 
amour. 

« La tristesse a desseche notre corps et presque ronge 
nos os. 

« Patience, gens de Tetouan ! rien n'est perpetuel. 

« line situation continue est impossible. L'ombre dure- 
t-elle toujours ? 

« Si l'etoile du bonheur a disparu, et si celle du malheur 
a brille, 

« Bientot paraitra la pleine lune, dont Teclat dissipera 
les tenebres. 

« Raffermissez-vous dans Tesperance. 

« Ayez bon espoir, vous ferez votre salut dans ce bas 
monde et au jour de la resurrection, 

« Remettez votre sort entre les mains de Dieu, pour 
qu'il ecarte de nous sa vengeance. 



2J8 ARCHIVES MAR0CA1NES 

pect, sans leur faire subir d'humiliations, ni leur imposer 
des corvees, ni leur reclanier de taxes. II cherchait a se 
les concilier par ce moyen, et, chaque fois qu'il achetait 
quelque chose, payait le double du prix. II en usa de 
nieme avec les gens des villages qui entourent la ville. 11 
etablit un marche au lieu appele Koudiat Elmetfa\ en 
dehors de Tetouan, et quand les tribus du Djebel en cun- 
nurent Texistence, elless'empresserent d'y venir de toutes 
les directions. La population y (it de grands profits. 

Dans la suite, ODonnell envoya dans les tribus du Djebel 
une lettre oil il leur faisait des promesses ties allechantes, 
si les gensdeces tribus venaient aupresde lui pournouer 
des relations cominerciales, et ou il leur faisait des me- 
naces dans le cas contraire. II vint alors des gens de par- 
tout. Le prix des denrees s'eleva et nieme atteignit plus 
du double de ce qu'il etait auparavant ; ilnapas descendu 
depuis. 

O'Donnell s'occupa aussi de regler dans la ville ce qui 
concerne les constructions et d'en adapter le plan aux habi- 
tudes suivies par les Chretiens dans leurs villes. Il deinolit 
doncce qui ne concordait pas avec ses idees, notanmient 
en separant les maisons du niur de la ville, de telle sorte 
qu'il ne resta plus une seule inaison appuyee sur la mu- 

raille. 

II se passa ainsi une vingtaine de jours. 

Enfin ODonnell entra en |)ourparlersavec Moulay El'ab- 
b^s au sujetde la paix : la nouvclles'en repandit etrejouit 
aussi bien les Chretiens que les Miisulmans. II est facile 
de deviner les causes de la joie de ceux-ci. Les Chretiens, 
quoique victorieux, n'avaient pas obtenu ce resultat sans 
difficulte : ils avaient eu un tres grand nombre de tues, 
beaucoup de blesses, et avaient eu a surmonter des obs- 
tacles considerables. Le Tres-Hauta dit : « Si vous souffrez^ 
ils souflrent aussi comme vous, mais vous, vousavez en Dieu 
des esperances qu'ils n'ont pas. » II faut ajouter a cela 



DYNASTIE ALA0U1E DU MAROC 229 

Tabandoii du pays auquol ils etaient accoutumes, et des 
habitudes dans lesquelles ils avaient ete eleves, et penser 
surtout que, pour les simples soldats, leur mort assura la 
victoire et que leur sang fut le prix du triomphe. « C'est 
avec une tete de chameau, dit le proverbe, qu'on sauve le 
sabot d'un cheval. » Un temoin oculaire ma raconte que la 
nouvelle d'une paix prochaine causa aux soldats chretiens 
une joie double de celle qu'elle procura aux Musulmans : 
ils allaient et venaient aupres de ces derniers et leur de- 
mandaient a chaque instant des nouvelles. Des qu'on leur 
disnit quelque chose ayant trait a la paix, ils bondissaient 
d'allegresse. C'est que les (Chretiens combattaient tous a 
contre-caMir. II n'etait pas possible au fantassin de s'enfuir 
pendant lattaque au moment du combat, car il etait pousse 
par les cavaliers et les porteurs de sabres qui etaient der- 
riere lui : sil reculait et laissait un vide dans le rang, sa 
tete tombait sur-le-champ. Sa mort etait certaine s'il 
senfuyait, et probable seulement s'il allait de Tavant : il 
preferait la probabilite a la certitude. Cependant, si la 
guerre avait ete plus acharnee, si la fournaise avait ete 
chauflee, et qu'il y ait eu une melee, la fuite aurait ete 
possible, parce qu'alors chefs et subordonnes n'auraient 
plus ete occupes que d'eux-memes. Mais c'est grace a cette 
discipline qu'ils ne subirent pas une seule defaite depuis 
leur sortie de Ceuta. 

En campagne, Tennemi a Thabitude, quand il marche 
au combat, d'emporter avec lui tout ce qui compose son 
armee, comme s'il etait en voyage. C'est ainsi qu'on voit 
leurs soldats marcher au combat portant tout ce qui lui est 
necessaire : eau, nourriture, poudre, plomb et meme un 
couteau, des ciseaux, un miroir, du savon, etc. Ils placent 
le tout dans de jolis sacs, attaches sur eux, qui ne sont pas 
trop lourds parce qu'ils ne contiennent de tous ces objets 
que le strict necessaire. Quant aux tentes, il suffit de trois 
hommes pour en porter une : de cette fagon leur transport 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 233 

avait refuse d'adherer a ces conditions sans consulter son 
frere le sultan Sidi Mohammed. Les generaux rentrerent 
chacun chezeux, et tout le monde attendait, se demandant 
quelle serait la reponse du Sultan. Peu de jours apres, la 
nouvelle arriva que le Sultan repoussait cette paix. Rien 
no fut change a la situation respective des deux camps. 
Larmee ennemie resta partie a Tetouan et partie a Texte- 
riour de la ville, a lest et a louest, et la mhallade Moulav 
El'abbds demeura a environ une demi-journee de distance 
de la ville. 

Un beau jour, il y eut une concentration desMusulmans, 
a la suite de laquelle ils marcherent de nuitsur le campe- 
ment de Tennemi fixe en dehors de la ville (c'etait dans 
les derniers jours de cha'ban 127(5) et rattaquerent. La 
nuit etait tres noire et les Chretiens etaient endormis. Les 
Musulmans les surprirent et passerent toute la nuit a les 
tuor, et continuerent le lendemain jusqifau soir. Les Chre- 
tiens se defendirent aussi ce jour-la vigoureusement, mais 
la victoire resta aux Musulmans. Si Tennemi ne setait pas 
senti encourage par la force que lui donnait son appui sur 
la ville et la presence de son chef a linterieur des murs, 
il aurait subi une complete deroute. Dans cette aflaire, il 
y eut pres de 500 Chretiens tues et plus de 1.000 blesses. 
Les Musulmans n'eurent, aucontraire, que peu de tues. 

Le lendemain matin, ODonnell, voyant ce qui etait 
arrive a son armee, se montra tres severe envers les 
habitants de Tetouan et remplaca la bienveillance avec la- 
quelle il les traitait par la durete, et la bonte par la rigueur. 
Il profana la mosquee du cheikh Aboulhasan *Ali Barakat 
(Dieu lui fasse misericorde !) et en fit un hopital pour ses 
blesses, qui y furent transportes pendant la journee. \\ 
imposa aux habitants de la ville Tobligation de fournir des 
couvertures et des tapis : les gens de Tetouan lui en appor- 
terent une grande quantite, qui servirent a amenager cette 
mosquee pour les blesses. Les soldats chretiens qui etaient 



236 ARCHIVES MAROCAINES 

pement a Oued Agr&z. Maisrennemi les en chassaa coups 
de boulets et d'obus, et s'avanca en me me temps direcle- 
ment vers eux. lis renoncerent a cet endroit et sinstalle- 
rent a une autre place, ou leurs tentes et leurs hagages 
etaient en surete. Puis ils marcherent contre rennemi et 
le combattirent si vigoureiisement qifils le forcerent deux 
ou trois fois jusqu'au lieu appele Ams&l el lui tuerent un 
nombre d'hoinmes incalculable. Le gouverneur des Soli&n 
etdes Heni Malek, Abou Mohammed \\bdesseli\m ben \-Yb- 
delkerim ben Wouda Elh&rtsi, niourut pour la foi ce jour- 
la. L'ennemi passa la nuit a Oued \gn\z, ou les Musul- 
mans avaient voulu camper, et Tarmec des Musulmans 
la passa a Elfenidiq. Les volontaires se disperserent cha- 
cun de leur cote, suivant leur habitude. II pleuvait et il fai- 
sait tres froid, et le temps ne me plaisait guere. Le len- 
demain, qui etait un samedi, Tennemi resla au camp et les 
Musulmans firent de meme. C'etait, au contraire, le me* 
merit pour eux de se hdter d'engager une seconde action, 
de le terrasseret d'epuiser ses forces, pendant qu'il souf- 
frait encore de ses pertes, au lieu de le laisser se reposer 
et reprendrede la vigueur. C'est ce que les Musulmans ne 
firent pas. 

« Ce jour-la, les pourparlers pour la paix reprirent. Les 
deux generaux, celui des Musulmans et celui des Chre- 
tiens, la desiraient egalement. Ils etaient fatigues de la 
campagne et las de combattre. Le lendemain, dimanche, 
ils s'inviterenta une conference. Auparavant, rennemi leva 
le camp, groupa ses forces et se retira rapidement, pour 
montrer qu'il avait encore la force voulue pour se dispo- 
ser a combattre et a preparer une bataille, et que si la 
paix n'etait pas conclue, il etait pret a se battre. C'etait 
un stratageme de sa part. 

« Enfin, Moulay ETabb&s se rendit a la conference, en- 
toure des chefs de Tarmee, et O'Donnell s'approcha de lui 
avec un certain nombre de ses compagnons. II avait fait 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROG 237 

tl cesser une petite tente ou la conference devait avoir lieu. 
O' Donnell fit de nombreux pas en avant pour saluer Moll- 
is* v El'abbAs et lui temoigner de la politesse. Quand il 
Pc*ut salue, ils revinrent ensemble a la tente ; l'interprete 
et deux autres personnes assisterent a la reunion. Ilscon- 
clurent la paix, et, apres avoir echange leurs signatures, 
S€> separerent. » 

Ainsi finit la guerre entre les Musuhnans et les Espa- 
g-i^ols. 

La nouvelle de la conclusion de la paix causa parmi l'ar- 
ivic^e espagnole une joie sans exemple. Les soldats se mi- 
ronta crier : El paz ! El paz ! cest-a-dire : la paix ! la paix ! 
Ilss. rentrerent a Tetouan en chantant. Quand ils rencon- 
ti*s*ient des Musulmans, ils leur tenioignaient de la joie, 
co mine pour les feliciter de la paix. 

la paix entre les Musuhnans etles Espagnols fut conclue 
i**«nvennant diverses conditions: le Sultan devait verser 
20 millions de douros aux Espagnols, qui s'engageaient a 
^Vcicuer Tetouan ettout le territoire dont ils s'etaient em- 
pales entre cette ville et Ceuta, sauf une bande de terrain 
d^sstinee a etendre leur frontiere. 

lia conclusion de la paix fut faite dans les derniers jours 

"^ cha'bdn 1276. Le Sultan (Dieu lui fasse misericorde!) 

to t* da a verser l'argent, et Tennemi continua a occuper Te- 

t°vian en attendant le paiement. Une annee apres la paix, 

il i'ecut 10 millions en acompte : il restait encore 10 mil- 

"^>ns a payer. II fut convenu que renneini percevrait cette 

s °tiime sur les revenus des douanes du Magrib. Des com- 

m issaires espagnols s'installerent done dans les ports 

po*ir encaisser tous les mois la moitie des entrees. Ils y 

s °rit encore aujourd'hui. Dieu se chargera de resister a 

' e vtrs malices et a celles de tous les mechants. Apres cet 

ac cord, les Chretiens livrerent Tetouan aux Musulmans et 

1'^ vacuerent dans la matinee du vendredi 2 doulqa'da 1278, 

a pt*es y avoir sejourne deux ans et trois mois et demi. 



238 ARCHIVES MAROCAINES 

Cette affaire de Tetouan a determine la chute du pres- 
tige du Magrib et l'invasion du pays paries Chretiens. Ja- 
mais pareil desastre ne s'etait abattu sur les Musulmans, 
les protections ont augmente et il en est resulte un mal 
considerable. Demandons a Dieu de nous pardonner et 
de nous accorder la tranquillite, dans la religion, dans ce 
monde et dans l'autre ! 

Le Sultan (Dieu lui fasse misericorde !), apres la fin de la 
guerre de Tetouan, s'occupa activement de creer Tinfante- 
rie reguliere suivant Torganisation qui existe aujourd'hui. 
Ce fut le premier souverain du Magrib qui prit cette ini- 
tiative. II avait deja commence du temps de son pere 
(Dieu lui fasse misericorde !), a son retour de la campagne 
d'lsly avec les Fran^ais. II sV appliqua desormais et reu- 
nit d'abord tout ce qui fut possible. II etablit ensuite les 
taxes a payer aux portes et sur la vente des marchandises. 
II ecrivit, a ce sujet, dans toutes les provinces. Voici le 
texte de la lettre qu'il adressa a ce propos aux Oum&na du 
port d'Kddar ElbaidA : 
« Knsuite : 

« Nous avons entrepris de former une armee reguliere 
qui repond a un besoin evident et reel, et dont l'utilite est 
etablie aux yeux de tous, grands et petits. Nous n'avons 
encore reuni qu'un petit nombre d'hommes, et nous avons 
constate que les sommes depensees pour eux dans un mois 
formaient un total considerable. Que serait-ce lorsque 
nous aurions reuni unnombreux contingent repondant au 
but propose et susceptible d'aveugler les revoltes ? Nous 
avons decide alors dentretenir de cette question les nego- 
tiants notables, et de les inviter a examiner les movens 
propresa nous aider a subvenir a la solde des troupes qui 
est indispensable, sans quoi ('organisation en vue de la- 
quelle ils ont ete groupes nVxisterait plus, et il en resul- 
terait des consequences qui ne peuvent echapper a qui- 
conque possede un pen d'intelligence et aime la religion. 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 239 

lis ont conseille d'imposer a la population une contribu- 
tion legere et en ont dresse les conditions clans un regle- 
ment. Cette contribution n'est, pour ainsi dire, rien en 
comparaison de celles qu'ont imposees en pareille circons- 
tance les autres souverains pour etre a income de faire face 
aux besoins de leurs sujets. La necessite a ses rigueurs: 
c'est bien connu et reconnu, et ecrit dans plus d'un ou- 
vrage. Nous avons decide ensuite de confier cette ques- 
tion aux gens de science pour qu'ils expliquent a la popu- 
lation la sagesse de cette mesure, qui est de nature a re- 
jouir les coeurs et a laquelle ils doivent se soumettre en 
tout temps; d'ailleurs, presque tout le monde sait que la 
population dun pays ne peut prosperer que grace a une 
arniee forte par Dieu, qu'il ne peut pas y avoir une armee 
sans argent, et qifon ne peut pas avoir d'argent sans la 
population, mais dans des conditions qui ne lui portent 
pas prejudice. Depuis quelque temps deja, dans notre ca- 
pitale elevee en Dieu, a Meknes, a TAza, aux Deux-Rives 
et a MorrAkch, on a commence a se soumettre a cette con- 
tribution et on l'a fait d'une facon digne d'eloges. Nous 
ne doutons pas que les habitants de cette ville ne soient 
ben is dans leurs biens, dans leurs families et dans leurs 
personnes. 

<( En consequence, au recu de cette lettre, mettez-vous 
resolument a percevoir cette contribution sur la popula- 
tion a la porte de la ville, dans les conditions stipulees par 
le reglement precite. Les Chretiens ne sont pas compris 
dans cette mesure. 

« Je demande a Dieu de benir les Musulmans dans 
leurs biens et de leur rendre ce qu'ils paieront. Ainsi 
soit-il. 

« Salut. 

« Le 22 rejeb unique et sacre de Tannee 1277. » 

Comme nous sommes arrives a parler de la creation de 
Tarmee reguliere et de son organisation, il est necessaire 



240 ARCHIVES MAROCAINES 

de traiter cette question utilement par une etude profi 
table. 



fitude sur la creation et l'organisation de l'arm6e reguliere, 
et sur certaines regies a observer en cette mature *. 

L'Im&m a le devoir de defendre le territoire de Plslam, 
de vciller sur ses sujets, de les preserver contre des 
mains oppresseuses, de leur donner de bons conseils, et 
de rechercher ce qui petit leur etre necessairc et utile dans 
leur foi et dans leurs biens de ce monde. 11 ne lui est 
possible de remplir celte obligation que s'il possede une 
armee forte et une puissance parfaite, qui lui permettent de 
triompher de tous et de doinpter tout le monde. La crea- 
tion dune armee reguliere est done necessaire : il faut, 
en consequence, que I'lmAm etablisse un dioudn ou seront 
inscrits les noms des soldats et ou il sera inventorie leur 
nombre, afin dassurer la regularity et ecarter la fraude. 

Le premier prince qui etablit le dioudn fut le Prince 
des Crovants 'Omar ben Elkhatt&b iDieu soit satisfait de 
lui!) qui (it dresser par Wqil ben Abi T&leb, Makhrama 
ben Naufel, et Djobeir ben Mout f im, secretaires de la 
tribu de Qoreich, le dioudn des soldats islamiques par 
ordre de families, en comniencant par les proches du Pro- 
phete de Dieu i Dieu prie pour lui et lui clonne le salut !) 
et en continuant par ceux dont la parente avec lui etait 
plus eloignee, et ainsi de suite. 

L'Imam doit, sur cet exemple, inscrire dune fa^on re- 
guliere ses troupes dans un dioudn ou elles seront main- 
tenues, dans un registre qui les comprendra toutes. II 
convient, avant tout, qu*il possede entre ses mains un 
grand dioudn, qui sera le registre original et qui contien- 

1. Tcxle arabe, IV e partie, p. 222. 



244 ARCHIVES MAROCAINES 

remplacer un homme de Fes, et reciproquement ; 4° il no 
devra pas etre esclave noir, sauf s'il existe un corps spe- 
cial de noirs dans l'armee, auquel cas il sera aflecte a ce 
corps, de sorte que le remplacant pourra dtre un es- 
clave blanc ; 5° il ne devra pas avoir ete incorpore dans 
l'armee, puis en etre sorti pour une raison de sante ou do 
conduite, commeune affection corporelle ou un delit infa- 
mant, vol, etc. ; 6° le remplagant ne pourra plus etre pre- 
sents apres un delai de trois mois, et en casde desertion, 
s'il ne se presente pas au bout d'un mois, celui qu'il rem- 
place sera pris a sa place. 

Le recrutement militaire une fois regie, on enseignera 
tout d'abord aux homines les connaissances indispensa- 
bles de leur religion, et cela d'une facon abregee. lis de- 
vront bien comprendre la facon de prononcer les deux 
chahrlda, et on leur en expliquera le sens en termes gene- 
raux, car la plupart desgens du commun, principalement 
les gens de la campagne et des bourgs qui payent la ndiba* 
ne connaissent pas les principes essentiels de leur re- 
ligion. On leur apprendra a faire l'ablution et hi priere 
qu'ils seront obliges de pratiquer. Tout homme qui ne 
sera pas present au moment de l'appel a la priere, qui 
ne repondra pas au son de la trompette, ou quand il 
entendra un appel quelconque au culte de Dieu, sera se- 
verement puni. Cestla premiere chose qu'ils apprendront 
afin qu'ils puissent recueillir les graces de la reli- 
gion. 

On developpera chez eux le zele a proteger les Musul- 
mans. La creation de cette armee n'a, en eflet, pasd'autre 
but que de conserver la religion ; si larmee etait la pre- 
miere a lui porter prejudice, elle ne pourrait pas la pro- 
teger contre des attaques et £tre utile aux Musul- 
mans. 

Apres cela, on leur apprendra les choses qui denotent 
la grandeur d'dme et Televation des sentiments, comme la 



250 ARCHIVES MAttOCAINES 

sis et Wlaouis se masserent autour de lui, fermerent les 
j:ortes de la qoubba, et un cherif Wlaoui s'avanca sur lui 
et le tua, debarrassant ainsi la population de ce fleau. Les 
cherifs couperent sa tete et ses mains, et les poi terent an 
Sultan qui les envoya a Morr&kch, oil elles furent exposees 
k Jdma* ElfenA pendant quelque temps. La foule stupide 
ne voulut pas croire a sa mort et attendit pendant deux ou 
trois ans son retour. Celui que Dieu egare reste sans 
guide. 

Le meurtre d'Errougui eut lieu vers le milieu de 
cha'b&n 1278: cette affaire ne dura pas plus de trente 
jours. 

Voici une lettre que le Sultan ecrivit a ce sujet : 

« Ensuite : 

« Un agitateur de SefiAn s'est ecarte de la voie de la re- 
ligion et a souleve par ses diableries des Musulmans qui 
se sont laisses aveugler. II a reuni autour de lui des mau- 
vais sujets de ses pareils, de ses freres et de ses sembla- 
bles. II les a conduits a la maison de notre serviteur Ben 
'Oiida et ils Pont tue. 

« II les a conduits ensuite chez les Cher&rda qui Pont 
battu, puis a la ZAouya de Moulay Idris. Les gens de cette 
Zdouya lui ont livre un combat agreable a Dieu et a son 
Prophete, mais sans pouvoir le tuer. Puis ils Pont empri- 
sonne, Tont mis a mort et ont suspendu sa t£te au-dessus 
de la porte de la ZAouya appelee B&b Elhejar. Ensuite, ils 
ont ferine la porte sur ses compagnons, ses auxiliaires et 
partisans qui etaient entres avec lui, les ont emprisonnes 
et leur ont mis des chaines et des carcans. 

« Nous avons Tintention de leur infliger, s'il plait a Dieu, 
un chfttiment repondant aux crimes et aux actes honteux 
qu'ils ontcommis. Et alors ceuxd'entre eux qui se seront, 
a ce moment, mis hors la loi, tomberont sous le coup de 
la justice et recueilleront les fruits de la revolte et de Pin- 
justice auxquelles ils ont travaille. Ainsi, ils seront exter- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROG 251 

mines jusqu'au dernier. Louange en sbitaDieu qui merite 
d'etre ioue et de qui vient toute faveur. 

« Nous avons tenu a vous eclairersur cette affaire, dans 
la crainte que quelques agitateurs ne vous le rapportent, 
suivant leur habitude, sous un jour different. 

« Salut. 

« Le 18 cha'ban glorifie de l'annee 1278. » 



Le sultan Sidi Mohammed ben 'Abderrahm&n (Dieu lui fasse 
misericorde !)ch&tie les 'Arabs Errh&mna 1 . 

Au moment ou le sultan Sidi Mohammed ben 'Abder- 
rahm&n (Dieu lui fasse misericorde !) etait, dans le Nord, 
occupe a la guerre de Tetouan avec les Espagnols, les 
'Arabs Errh&mna se revolterent dans le Houz. lis vinrent 
jusqu'au Soiiq Elkhamis de Morr&kch, Tenvahirent, le 
livrerent au pillage, devaliserent les caravanes, les jardins, 
et bloquerent si etroitement les habitants de la ville qu'ils 
les empecherent de s'approvisionner. Les communications 
furent interceptees, et les denrees devinrent cheres. Les 
Rhamna couperent m^me tous les arbres qui etaient autour 
des murs de la ville pour faire du bois, moissonnerent les 
recoltes dans les champs et les emporterent. Le siege 
devint tres rigoureux et les habitants furent abandonnes 
par leurs auxiliaires. II en fut ainsi jusqu'au moment oil 
le Sultan (Dieu lui fasse misericorde !), ayant termine la 
guerre avec les Espagnols et mis fin a Terneute d'Errougui, 
se mit en route pour Morrakch. 

A son approche, les Rhamna se coaliserent pour lui 
faire la guerre tous ensemble et se retirerent dans la re- 
gion d'Erremila, d'Elaoudiya et de Zdouyat Ben Sasi, afin 
de lui barrer la route et Tempecher d'entrcr a Morrakch. 

1. Texte arabe, IV - partie, p. 226. 



252 ARCHIVES MAROCAINES 

Mais le Sultan les attaqua et dirigea contre eux une poussee 
si violente q.u'une heure apres ils etaient conduits a Mor- 
r&kch, attaches deux a deux, etque les prisons furent trop 
petites pour les contenir. Et meme si le Sultan n'avait 
pas retenu ses troupes, elles les auraient completement 
aneantis. Peu apres il leur pardonna, mais leur retira les 
terrains d'Ai't Sa'&da, de GouAtem et d'Elaoudiya, qui sont 
excessivement fertiles. 

Le Sultan ecrivit au sujet de cette affaire a son frere 
Moulay Errechid. Sa lettre portait le grand sceau appose 
entre les invocations et le protocole. Sur ce sceau etait 
grave, au centre : 

« Mohammed ben 'Abderrahmdn (Dieu lui pardonne !). » 

Sur le pourtour : 

« Celui qui attend son secours du Prophete de Dieu, les 
lions eux-m^mes s'inclineront devant lui s'ils le rencon- 
trent dans leurs fourres. Notre assistance ne peut venir 
que de Dieu ; c'est en lui que j'ai mis ma confiance et c'est 
a lui que je reviendrai. » 

Et dans les angles : 

« Dieu, Mohammed, Aboii Bekr, 'Omar, 'Otsm&n, 'Ali. » 

Le texte de la formule du debut etait : 

« Louange a Dieu qui dans sa sollicitude a attribue a 
son peuple la tranquillite de son pays etraccomplissement 
de ses desirs. 

« Dieu prie sur notre Seigneur Mohammed, sur sa fa- 
mille et ses compagnons qui ont secouru la Religion de 
leurs poitrines et de leurs lances, et ont eclairci les regies 
de la sounna ! 

« A notre frere cheri et devoue, Moulav Errechid I'Dieu 
t'ameliore et f aide !^. 

« Le salut soit sur toi ainsi que la misericorde du Tres- 
Haut et ses benedictions ! 

« Ensuite : 

<c Des nouvelles d'abord douteuses, puis cerlaines, et 



2o4 ARCHIVES MAROCAINES 

depouilles de leurs biens et avoir tranche leurs t£tes, tout 
cela, parce qu'ils out voulu tenir tdte a Dieu et a son Pro- 
phele. Or, celui qui se separe de Dieu et de son Prophete, 
Dieu lui inilige un ch&timent severe. Nous cherchons en 
Dieu un abri contre les pensees tortueuses, les voluptes 
a contre-sens, les crimes qui conduisent aux causes de 
mort, et la malchance qui met le clairvoyant dans les 
tenebres de la nuit noire oil il erre comme un aveugle. 

« Vous recevrez les te*tes qui ont ete coupees sur les 
cadavres des Illjuhnna. Vous les suspendrez a la porte de 
la \ ille, pour qu'elles y servent d'enseignement et iixent 
le souvenir. 

« A Dieu je demande de ne pas nous abandonner a 
nous-memes en nous quittant des yeux un seul instant et 
meme moins, d'etre pour nous et pour les Musulmans ce 
qu'il est pour ses proteges, ses amis et les elus de son 
choix, de nous soulenir ainsi que les Musulmans en vue 
de ce qu'il aime et le satisfait, et nous accorder a tous une 
bonne fin. 

« Saint. 

<c Mois sacre de doulheddja 1278. 

« Quand les tetesauronl ete exposees un jour, remettez- 
les aux porteurs, qui les conduironl a Meknes. » 

En 1279, notre professeur le fqih ties docte et emerite 
Abou ( Abdalldh Mohammed ben 'Abdel'aziz Mahbouba 
Essiaoui partit pour le Hedjaz, alin dV accomplir Tobliga- 
tion du pelerinage. Sa derniere heure sonna a Medine 
Paiioblie quand il termina son pelerinage et la visite des 
lieux saints, et il fut enterre a Elma'la. II avait une bonne 
memoire et une intelligence tres vive. II enseigna beau- 
coup, nota beaucoup et copia nombre de livres remar- 
quables. Son style elait clair et il avait une belle voix. II 
connaissaitbien le hadils, qu'illisait tres frequemment, la 
grammaire, la jurisprudence et la musique instrumen- 
tale. Nous Tavons assidument frequente, et nous en avons 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAHOC 25£ 

retire de nombreux fruits, car nous avons participe a sa 
benediction. Dieu lui fasse misericorde et nous fasse par- 
ticiper a ses merites ! 

J'avais compose a son sujet un poeme elegiaque, que 
j'ai oublie comme toutes mes autres poesies, car je ne me 
souciais pas de les ecrire. II commencait ainsi : 

« L'evocation constante des chagrins emporte la rai- 
son. Elle rallume Tancienne passion de l'homme eperdu 
d'amour. » 

En l'annee 1280, le saniedi 14 cha'ban, il y eut une explo- 
sion de poudre a MorrAkch. Dans une des chambres d'un 
fondaq situe a Jama' ElfenA se trouvaient pres de 400 quin- 
tauxde poudre, ainsi que du « charbon de plume » pour la 
fabrication de la poudre. Le feu prit dans cette piece, se 
communiqua a la poudre qui fit explosion au coucher du 
soleil, au moment oil il y avait beaucoup de gens autour 
du fondaq. Ce batiment vola en eclats ainsi que tout ce 
qu'il contenait, et tous les gens qui se trouvaient la furent 
projetes en l'air. II y avait, dit-on, trois cents personnes. 
II y en eut dont on ne trouva pas traces, d'autre&dont on 
ne retrouva qifune partie, une main, une jambe, etc. 
Toutes les maisons de MorrAkch furent demolies r les 
cadenas furent arraches des portes, les plafonds et les murs 
se lezarderent; bref, ce fut une aflaire epouvantable. 

(]ette annee-la, un Juif de Londres vint aupres du Sul- 
tan a Morr&kch, |>our lui demander remancipation de ses 
coreligionnaires du Magrib. A la suite de TaH'aire de 
Tetouan, les protections avaient ete, comme Ton sait, tres 
recherchees, et c'etaient surtout les Juifs qui les avaleiit 
obtenues. Mais ce resultat ne leur suffisait pas, ils vou- 
laient etre libres comme les Juifs d'Egypte ou des pays 
similaires. Ils s'etaient done adresse pour cela a un de 
Ieurs coreligionnaires qui s'appelait Rothschild et qui etait 
le negociant juif le plus considerable de Londres : e'etait 
le Qdroiin de son epoque. Il etait de plus en grande faveur 



260 ARCHIVES MAROCAINES 

un mauvais sujet, arme d'une des plus grosses pierres 
d'ahlution seche de la mosquee, I'assomma, puis, prenant 
un poignard, se precipita sur lui et lui coupa la peau du 
ventre. Ce negociant bondit sur lui, inais il ne lui restait 
plus de force. Au bruit de ce vacarme, les gens interroni- 
pireut leur priere et sortirent de la mosquee, abandonnant 
derriere eux leurs vetements, leurs chaussures, leurs 
moushafs, etc. Les uns disaient que PimAm Elmehdi etait 
arrive, les autres qu'on s'entr'egorgeait dans la mosquee. 
La ville tout entiere fut en emoi, puis, au bout d'un ins- 
tant, les gens revinrent a la priere. Quant a Fassassin, il 
sorlit de la mosquee, son arme a la main, mais, a la porte, 
la foule Fenveloppa, s'empara de lui, lui enleva Panne de 
la main, et releva ses vetements : il etait completement 
couvert en dessous de cordes enroulees autour de son 
corps pour le proteger. On le mit a mort sur-le-chanip. Le 
negociant Ben Djelloun continua a panser ses blessures, 
mais il expira a la fin de la nuit. Sa famille accusa des no- 
tables de Fesd'avoir inspire son assassinat, mais ce ne fut 
pas ctabli. 

Cette annee-la, c'est-a-dire en 1282, le Sultan (Dieu lui 
fasse misericorde !j envoya a Paris un des qAids du gueich, 
Aboii Wbdallah Mohammed ben 'Abdclkcrim Echchergui, 
et le gouverneur de Sale, Abou 'Abdalldh Mohammed 
ben Sa id Esslaoui, conime ambassadeurs aupres du gou- 
vernement francais. Le qdkl Abou 'AbdallAh ben Sa*id m' a 
raconte les motifs de cette ambassade. 

« Noire Seigneur, le Prince des Croyants, Sidi Moham- 
med ben Wbderrahman (Dieu lui fasse misericorde !) ,n^ 
dit-il, nous avait charges de reinettre une lettre au despot 
des Francais et de nous entretenir avec lui de la question 
de ces agents consulaires qu'il envoie au Magrib, en lui 
demandant de les choisir dans les families des notables et 
parmi les gens se distinguant par leur moderation, leur 
bonne conduite et leur reserve. Arrives a Paris, nous ex- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 261 

pos&mes la question par ecrit au despote, qui nous fit bon 
accueil. II nous fit une reception qui depassa en amabilite 
tout ce que je pourrais decrire. L'hospitalite que nous leur 
donnons est, toutefois, grace a Dieu, bien superieure au 
point de vue des depenses. Nous avions emrnene avec nous 
des chevaux et d'autres presents. Nous resumes a Paris un 
mois. Nous demeurions dans une maison amenagee avec 
une profusion de meubles et de tapis, et un amin etait char- 
ge de payer toutesles depenses qu'il nous plaisait de faire. 
Des domestiques s'occupaient du nettoyage de la maison, 
des chambres, etc., et nos gens et notre cuisinier, que nous 
avions fait venir avec nous, avaient leur local special. 

« Tousles jours, le gouvernement nous invitait au spec- 
tacle, le soir, dans un endroit appele The&tre, ou il y 
avaitdes discours, des enseignements utiles pour ceux qui 
savent comprendre et un plaisir intellectuel pour les spec- 
tateurs. Le despote nous donna une reception dans sa mai- 
son; nous fumes recus de meme le soir par les ministres, 
le gouverneur de la ville, les principaux personnages qui 
reunissaient, a cette occasion, les personnes notables du 
gouvernement et de la ville, homines et femmes. L'usage 
chez eux, quand on entre dans une maison, est de saluer 
d'abord la femme du maitre du logis et les gens qui sont 
avec elle, puis le maitre de maison. Le despote et son mi- 
nistredes Affaires etrangeres nous temoignerent une ama- 
bilite et une courtoisie bien pres d'etre extremes. Le des- 
pote nous demanda notamment de chercher dans les 
livres d'histoire du Magrib si nous ne trouverions pas 
Thistoire de la fondation de Home, la date de cet evene- 
ment et le nom du fondateur, et de la lui envoyer. » 

Voila ce que m'a raconte ce gouverneur, qui estun de 
hommes les plus parfaits, les plus justes et les plus pieux 
que je connaisse : il jouit d'ailleurs d'une grande conside- 
ration de la part du Sultan et de la population. Dieu pre- 
serve son prestige et lui accorde la paix et la sante ! 



382 ABCHIVES MABOCAINES 

Voici le texte de la lettre que le Sultan Dieu lui fasse 
misericorde ! leur avait remise, et qui portait son nom ins- 
crit dans le sceau cherifien : 

« Au nom de Dieu, le clement, le misericordieux. 

<r II n'y a de force et de puissance qu'en Dieu le grand, 
le sublime. 

it De la part du serviteurde Dieu, qui place sa confiance 
en lui, qui met ses affaires entre les mains de Dieu, le 
Prince des Crovants, fils du Prince des Crovants, fils du 
Prince des Crovants, fils du Prince des Crovants de FEx- 
treme-Magrib. Mohammed ben 'Abderrahm&n Dieu le pro- 
tege, lui perpetue son secours, et orne son regne de toutes 
sortes de bienfaits). 

« A rami qui est arrive au glorieux faite du pouvoir, qui 
a reuni les marques les plus hautes comme les plus simples 
de 1'autorite, si bien que les autres princes n'ont qu'une 
seule voix pour le celebrer, et pour reconnaitre les heu- 
reux ouvrages de son intelligence, le roi du royaume de 
France, rempereur Napoleon III Bonaparte. 

« Ensuite : 

« En vous ecrivant cette lettre, nous nous sommes pro- 
pose de vous exprimer la sincere amitie et la fidele affec- 
tion de notre coour, en meme temps que la joie que nous 
causent les occasions qui se presentent a nous en tout 
temps d'en resserrer les liens et s'offrent, a tout instant, 
d'en fortifier les bases et d'en ouvrir les issues. Notre ami- 
tie personnelle pour vous depasse celle qui existait du 
temps de nos ancetres, en raison de la sincerite et des bons 
procedes que vous manifestez. Par raflection,en effet, les 
conurs se vivifient Tun Tautre, et tout edifice eleve sur 
une base solide ne pent que grandir et s'achever. 

« C'est dans ces sentiments que nous avons designe, pour 
se rendrc en ambassade aupresde vous, notre oncle agree 
et magnanime le qAi'd Mohammed Echchergui, qui est biU 
cha de notre gudich, et qui, tout en etant des grands per- 



264 ARCHIVES MAROCAINES 

courir le bruit tie sa ruort, un grand trouble se nianifesta 
dans la population. Les * Arabs de la campagne recommen- 
cerent a exercer leurs brigandages sur les routes et a de- 
pouiller les voyage urs. Les 'Arabs \\mer assiegerent la 
ville de Sale, devaliserent les jardins et intercepts rent 
toutes communications avec Texterieur : on dut meme fer- 
mer les portes.Cette situation dura jusqu'a la fete des Sa- 
crifices. On sut ensuite, d'une facon certaine, que le Sul- 
tan etait sauve et qu'il etait gueri. II avait ete atteintd'une 
angine qui avait failli etre mortelle, mais Dieu, dans sa 
bonte, protegea les Musulmans et rendit a leur Imam la 
sante. Des fetes et des festins furent celebres dans toutes 
les villes. 

Abou Wbdall&h Akensous raconte qu'apres la guerison 
du Sultan (Dieu lui fasse misericorde !) les chambellans et 
les vizirs de Sa Majeste ecrivirent a son fils, le khalifa qui 
attend son secoursde Dieu, Abou Wli Moulav Klhasan ben 
Mohammed, pour le feliciter du retablissement de son pere. 
Ce khalifa (Dieu le glorifie !) ordonna de tirer des salves 
d'artillerie qui ebranlerent les montagnes. II invita en- 
suite (Dieu le fortifie!) la population a une fete brillante a 
laquelle pas un seul habitant raisonnable de Morr&kch ne 
manqua. II avait fait amenager, pour cela, le Djendn Ri- 
douan « dont les portes furent ouvertes, les pavilions et 
les salles meubles, et les eaux lichees, ce qui fit eclore les 
(leurs. Tous les hauts personnages du gouvernenient et 
les chefs des tribus sV trouverent reunis. Cette rejouis- 
sance eut lieu apres la fete des Sacrifices, au moment ou 
les deputations venues pour y assister n'avaient pas en- 
core quitte la capitale. De la maison imperiale furent ap- 
portes des « torrents » de tables portant des plats succu- 
lents, de quoi rassasier les unset les autres. ceux-ci desti- 
nes aux gens du commun et aux humbles. Pour les hauts 
personnages et les notables, ils furent Tobjet des plus 
grands egards, on leur souhaita la bienvenue, on les fit 



266 ARCHIVES MAROCAINES 

les gens durent vendre leurs efiets et leurs bijoux a vil prix: 
les pauvres furent tres malheureux. 

Au mois de doulqa'da de la m£me annee, niourut le 
q&i'd distingue Abou Mohammed 'Abdall&h ben 'Abdelmd- 
lek ben Bihi Elh&hi, qui etait un des plus grands qdidsdu 
Magrib, de qui Ton cite de nombreux traits de generosite 
et de bienveillance (Dieu lui fasse misericorde !). 

En 1285, il regna dans le Magrib une epidemie se ma- 
nifestant par des vomissements et de la diarrhee, a peu pres 
dans les conditions que nous avons exposees dans les epo- 
ques precedentes. 

Dans I'apres-midi du 11 djoumftda I er , expira le q&di de 
Sale, le fqih tres docte, le scrupuleux Abou Abdall&h Mo- 
hammed El'arbi ben Ahmed ben Mansour, qui fut enterre 
dans le cimetiere contigu an mausolee du cheikh Aboul- 
'abbas ben 'Acher (Dieu soit satisfait de lui !). Ce magis- 
tral se distinguait par sa belle conduite, sa justice dans les 
jugements qu'il rendait, sa prudence et en meme temps 
sa dignite et sa reserve (Dieu lui fasse misericorde !). La 
ville resta sans qAdi pendant quarante jours. Enlin, le 
choix du Sultan se porta sur notre professeur, le fqih tres 
docte, le qAdi Sidi Bou Bkeur, fils du fqih tres docte du 
qAdi Sidi Mohammed 'Aouou&d (Dieu lui fasse miseri- 
corde !). 

Cette annee-la, le Sultan (Dieu lui fasse misericorde !) 
fit f rapper des dirhems legaux et tenta de reglementer la- 
monuaie par la circulation de ces pieces. II exhorta la po-^ 
pulation a ne plus mentionner dans les operations com — 
merciales, les contra ts de mariage, dans tous leurs actesv 
enfin, que le dirhem legal; il donna meme, a ce sujet, dess- 
instructions tres severes, et ecrivit aux gouverneurs des*- 
villes la lettre que voici : 

« Ensuite : 

« La question de la monnaie est une de celles qui meri- 
tent le plus d'attention, et dont il faut le plus se preoccu- 



268 ARCHIVES MAROCAINES 

de Dieu et ratifiees, de punir quiconque commettrait line 
contravention a ces dispositions, et de montrer le plus de 
severite en vers les contrevenants, en leur indigeant un 
chAtiment exemplaire pour avoir violc ces prescrip- 
tions. 

« Toutefois, toute transaction, de quelque nature qu'elle 
soit, passee avant la date de cette lettre, reslera soumise au 
regime monetaire precedemment en vigueur, sans qu'au- 
cune niajoration puisse etre imposee a personne. Les det- 
tes anterieures a cette lettre seront payees en douros et 
en dirhems, suivant lescalculs monelaires suivis jusqu'ici. 
Les dispositions que nous avons arretees entreront en 
vigueur a partir de ce jour, et pour l'avenir, sil plait a 
Dieu, et, grace a elles, les difficultes qui s'elevaiententre 
les particuliers, a Toccasion des transactions, ne se repre- 
senteront plus. 

« Nous demandons a Dieu de considerer cette mesure 
comme une opuvre pie pratiquee dans sa voie et pour lui 
6tre agreable, et de recoinpenser, par sa bienveillance et 
sa generosite, le hut poursuivi et les intentions sin- 
ceres. 

« Salut. 

« Le 8 chouw^l 1285. » 

Le vendredi 10 chouwAl de la nieme annee, lhoniine de 
benediction, Thornine de bien et de noble origine, Sidi 
Elhaddj Mohammed ben LTarbi LddhVi Errel)ati, mourut a 
Eddar Elbaidi\ etfut enterre le nieme jour dans la zdouya 
qui lui est dediee en cette ville (Dieu lui fasse misericorde 
et nous fasse participer aux graces qu'il lui a accor- 
dees !). 

Cette annee-la, se tint, a Paris, en France, le « marche 
du palais de cristal ». Le despote Napoleon III, dont la 
puissance et Tautorite avaient atteint un degre que peu de 
nations aient acquis, avait encore de plus hautes visees. II 
voulut attirer aupresde ses sujets etdanssacapitale toutes 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 2(59 

les merveilles chi monde, afin de reunir chez lui tout ce 
qui etait epars cliez les aulres souverains. II ecrivit a lous 
les rois de la terre, pour leur faire savoir qiTil avait resolu 
d'ouvrir un marche a une epoque qu'il indiqua, et leur de- 
mander d\ envoyer leurs negociants et d'y apporter leurs 
marchandises et leurs merveilles. Sou pro jet etait d'une 
utilite generate, et les peuples devaient s'instruire reci- 
proquement de leurs cruvres et de leurs metiers. Les rois 
repondirent a son invitation suivant les usages etablis entre 
gouvernemenls et l'habitude fixee depuis les rois les plus 
anciens, et tous, de[>uis le plus fort jusqu'au plus faible, 
envoyerent leurs negociants, leurs tresors et leurs curio- 
sites. 

Le sultan Sidi ^lohammed (Dieu lui fasse uiisericorde !) 
fit parlir pour ce niarche un negociant de ses sujels, 
Elhaddj Mohammed ben El'arbi KhjabbAdj Klfesi, surnom- 
me Elfransdoui, qui connaissait bien le francais et etait 
an courant des habitudes de cette nation : c'etait, d'ail- 
leurs, la raison de son surnom AElfransdoui. Le Sultan 
(Dieu lui fasse misericorde !) expedia par lui toutes les cu- 
riosites particulieresau Magrib, comnie des selles brodees 
d'or, des ceintures tissees d'or, des lapis a grands dessins 
et toutes sortes dautres ol>jets, depuis les plus riches jus- 
qu'aux plus sini[)les, et meine jusqu'a des zoulleijsdeYes, 
que des ouvriers, partis pour cela, devaient mettre en 
place. 

Ce marche fut visite par les rois et les peuples de tous 
les pays de la terre et meme par le sultan ottoman *Ab- 
del'aziz (Dieu lui fasse misericorde ! . C'elait bien la situa- 
tion qui fait dire a Abouttavveb Elmoutanabl)i : 

« Toutes les langues et tous les peuples y sont reunis, 
et, seuls, les interpretes peuvent comprendre celui qui 
parle. » 

Ce marche dura trois mois ; apres, chacun rentra dans 
son pays. 



272 ARCHIVES MAROCAINES 

Le Sultan (Dieu lui fasse misericorde!) se mit ensuite en 
route pour MorrAkch, viveinent irrite contre les habitants 
de cette ville, qui, cependant, etaient, a ce qu'ondit, dans 
leur droit, car le Sultan avail ete trompe sur leur comple. 
( v )uand il fut en presence de la ville, les 'Oulamft, les lec- 
teurs et les cnfants des ecoles allerent le flechir, maisil ne 
voulut pas s'arreter el ne lit pas attention a eux. Son Ills et 
khalifa Moulav Klhasan, qui etait present, s'avanca alors 
vers les habitants de la ville et leur adressa des paroles bien- 
veillantes. (let incident eul lieu dans le inois de ramadan. 
Peu de temps apres, Hon IMoud niourut et « Tceuf futdebar- 
rasse du poussin ». Le pardon de Dieu est attendu ensuite. 

En 1*290, rincendie sedeclara dans de nombreuses con- 
trees du Magrib et brula les recoltes, les fruits et les jar- 
dins. De nonibreux diflcrends survinrenl au sujet des 
recoltes vendues a 1'avance et on dutetablir des mofijibs. 

Les premieres annees du regno du sultan Sidi Moham- 
med i Dieu lui fasse misericorde ! furent malhoureuses par 
suite de la victoire de reonemi sur los Musulmans, de la 
cherte des vivros ot do l'cpidemie qui la suivit, mais, 
dans la suite, la prosperity levint, la securite se retablit, la 
puissance des tribus arabes du Magrib ayant diminue, les 
routes furent purgeos de lours brigandages, la vie devint 
plus facile et les prix baisserent sensiblement. Les gens 
gagnaiont beaucoup dargent sous son regne. Les maisons 
et les proprietes devinrent tres chores, si bien que, pen- 
dant quelques annees, on ne vendit pas les maisons aux 
encheres et que, pour on aeheter, il fallait se h&ter de 
choisir et se soumettre au prix exorbitant demande par le 
propriotaire. Les gens riches montaient des mules de prix, 
portaient des costumes riches, possedaient des tresors 
precieux, et se mirenta adopter, pourleurs constructions, 
les zoulleijs, le marbre et les sculptures reeherchees, sur- 
tout a Feset a Itibat Elfeth. Sur tons brillait la marque du 
raflineinent etranger. 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 273 

Le sultan Sidi Mohammed (Diou lui fasse misericorde !) 
avait, dans toutes les villes, des ospions qui lui faisaient 
part des actes des gouverneurs et de leurs subordonnes : 
aussi, avait-il tous ses sujets dans la main. Ces espions 
etaient des gens du commun, qui lui ecrivaient « du mai- 
gre et du gras » ; il ecoutait tout, conservait le vrai et 
repoussaitl'inutile. (Test ainsi quele bien-£trede la popu- 
lation fut retabli. 



Mort du Prince des Croyants Sidi Mohammed ben 'Abderrahm&n 

(Dieu lui fasse misericorde I) 4 . 

La mort du Prince des Croyants Sidi Mohammed ben 
Wbderrahm&n (Dieu lui fasse misericorde !) eut lieu dans 
Tapres-midi du dix-huitieme jour du mois sacre et unique 
de rejeb de l'anneel290. II expira dans son palais de Mor- 
r&kch, dans le pare appele Ennil. II fut malade pendant un 
jour ou une demi-journee, et mourut, dit-on, d'une purge 
qu'il avait avalee. Dieu sait quelle est la verite ! II fut en- 
terre dans le mausolee de son ai'eul Moiilay *AIi Echche- 
rif, qui est voisin du mausolee du q&di Wyy&d. 



Derniers details sur le sultan Sidi Mohammed ben 'Abderrah 
m&n (Dieu lui fasse misericorde !), sa vie et les monuments 
qu'il a laissgs 2 . 

Le sultan Sidi Mohammed ben 'Abderrahm&n (Dieu 
lui fasse misericorde !) avait la crainte du Tres-Haut et 
prenait comme fondement de ses actes la loi sainte, 
dont il ne s'ecartait jamais. Quand il fit construire son 

1. Texte arabe, IV« partie, p. 233. 

2. Texte arabe, IV* partie, p. 233. 

ARCH. MAROC. 18 



274 ARCHIVES MAROCALNES 

palais de RiMt Elfeth, un certain nombre de gens du 
pays lui demanderent justice au sujet de leurs jardins sur 
lesquels le palais devait s'elever. II consentit (Dieu lui 
fasse misericorde !) a ester en justice avec eux, designa un 
avocat, ceux-la designerent le leur, et Faflaire vint devant 
le qddide Sale, \efqih Abofi 'Abdall&h Mohammed Erarbi 
ben Ahmed ben Mansour. Enfin, l'ailaire se regla par un 
compromis, aux termesduquel le Sultan leur paya le prix 
total oirpartielde leurs proprietes. lis se retirerent satis- 
faits. 

II etait (Dieu lui fasse misericorde !) energique dans ses 
commandements et rempli (Inspirations elevees quiinspi- 
raient ses vues les plus hautes. Mais Fepoque ne le favo- 
risa pas completement, car ses aspirations valaient inieux 
que son temps. Habile politique, calme, modere, prudent, 
plein de dignite, il etait lent a se mettre en colere et fa- 
cile a contenter. II etait charitable pour ses sujets, repu- 
gnait a verser le sang, et etait toujours anime de la crainte 
de Dieu. Dieu lui fasse misericorde et nous fasse partici- 
per aux graces quil a accordees a lui et a ses ancetres ! 

II a laisse des ceuvres durables en Magrib, les unes 
remontant au moment ou il etait khalifa du vivant de son 
pere, les autres posterieures a son avenement. 

Les opuvres creees du vivant de son pere sont, conime 
Fa dit Akensous, Fouverture de canaux et le degagenient 
de sources que les rois precedents n'avaient pas pu eflfec- 
tuer. II acheva la plantation d'Agddl a MorrAkch. Ce pare 
souflrait de la secheresse en ete par suite du manque d'eau. 
Les bassins, oii Feau devait s'accumuler, etaient remplis 
de terre et de vase apportees par les ruisseaux qui lesali- 
mentaient, et etaient hors d'usage. Le plus vaste de ces 
bassins est eclui de DAr ElhanA, qu'on appelait la « petite 
mer ». II a 1.200 pieds de longueur et900piedsde largeur, 
au dire de quelqu'un qui Fa mesure. Lemur qui borne ses 
quatre faces est comme une muraille de qa$ba, et on a 



278 ARCHIVES MAROCAINES 

sait remarquer aussi par sa vertu et sa piete, et par tous 
les autres caracteres du bonheur et les voies qui condui- 
. sent a la verite. De plus, son pere l'avait pris coinme kha- 
lifa pendant sa vie, etlui avait confie toutes les affaires im- 
portantes. II avait ete a la hauteur de la situation et avait 
visite les recoins les plus obscurs et les plus ombrages 
des demeures de lafelicite. 

« Quand il etait khalifa de son pere, Moulay Elhasan, dit 
Abou WbdallAh Akensous, ne se laissait detourner, ni 
par les affaires de TEmpire qui ne cessent ni la nuit, ni le 
jour, ni par les charmes des jardins et des fleurs des pa- 
lais imperiaux, des obligations religieuses et des voies de 
la verite, com me la priere, le jeune et la recitation du Co- 
ran, ainsi que me l'a raconte un de ses familiers. II trou- 
vait, au contraire, a les pratiquer, dans ses moments d'iso- 
lement, beaucoup de jouissance et de douceur. » 

A la mort de son pere, Moulay Elhasan (Dieu le fortifie !) 
etait, nous l'avons dit, a Boii Hiqi, en HAhA, oil il recut la 
lettre des grands de l'Empire lui annoncant la mort du 
Sultan et sa proclamation unanime. Il arriva a MorrAkch 
le 27 rejeb 1290. A son approche, les vizirs, les qAdis, les 
cherifs, les notables et tous les habitants de MorrAkch, les 
hommes, femmes et enfants se rendirent a sa rencontre, si 
nombreux quails couvraient la plaine et que la place ne 
pouvait pas les contenir. lis lui presenterent leurs condo- 
leances et leurs felicitations. Lui (Dieu le fortifie !) s'arre- 
tait devant chaque groupe pour les recevoir, meme devant 
les femmes et les enfants, temoignant ainsi de sa sollici- 
tude et de sa bienveillance. Aussi, le jour de son entree 
dans la capitale de MorrAkch fut-il une journee de spec- 
tacle, une fete comptee ail nombre decelles qui attirentles 
benedictions. 

Aussit6t qu'il fut etabli dans le palais de TEmpire, il 
recut les deputations de toutes les villes, de toutes les 
provinces et de toutes les regions, apportant chacune leur 



280 ARCHIVES MAROCAINES 

Ce fut une emeute tres grave, qu'il serait trop long de 
rapporter en entier. 

A Keisef, le Sultan apprit aussi que les gens d'Azein- 
moiir s'etaient revokes et avaient tue Ahmed ben Elmoued- 
din Elfarji d'Azemmour, khalifa dugouverneur de la ville, 
qui etait AboiiTabbas Ahmed ben 'Omar ben Bou Setta 
ElmorrAkchi (19 ramadan). 

Quelque temps apres, les gens de Fes ecrivirent au Sul- 
tan (Dieu le glorifie !) qui se trouvait encore dans le Ta- 
mesna, une lettre eloquente par laquelle ils desavouaient 
les actes dont Bennis avait ete victime, et en rejetaient la 
responsabilite sur la populace, les mauvais sujets et les 
gens sans aveu. 

Voici le texte de cette lettre : 

« Louange a Dieu seul qui ne se hate pas de punir celui 
qui a commis une faute. 

« La priere et le salut soient sur Notre Seigneur Moham- 
med, le grand intercesseur, celui a qui Notre Maitre, dans 
son livre, dit : « Tu es, certes, une grande creature. » 

« Sur sa famille envers qui Dieu commande Taffection et 
l'amour, et au sujet desquels il a revele : « Dis : je ne vous 
« demanderai pas pour cela d'autre salaire que Taflection 
« des proches. » 

« Etsur ses compagnons, qui etaient intraitables avec les 
chretiens, mais compatissants les uns pour les autres, et 
dont les anges, dans la journee de Honein, etaient les ap- 
puis et les soutiens. 

« Ensuite, nous saluons la Majeste dontle rang est eleve, 
dont la lumiere et Taube brillent, que la gloire et la gran- 
deur anoblissent, que la splendeur eleve et illustre, et 
que le Prophete a rev^tu du manteau de la noblesse au 
jour ou *Ali et Fatima et les deux Hasan etaient sous sa pro- 
tection, celui qui s'est eleve, est parvenu au faite et est de- 
venu le maitre, celui qui sert de guide et d'appui au kha- 
lifa, dont les eloges font Tornement des livres jusqu'alors 



282 ARCHIVES MAROCA1NES 

role est un begaiement, nous nous sommes empresse de la 
baiser et nous Tavons placee oil se placent la couronne et le 
diademe. Elle a etelue ensuite devantune grande foule et 
son arrivee a rejoui le petit et le grand. La nouvelle a re- 
tabli le calme dans les couirs et a fait cesser les meconten- 
tements et les peines. Les assistants etaient avides d'en- 
tendre son contenu, et rhomme de bien, comme le polis- 
son, 1'ont ecoutee avec attention. La mosquee etait trop 
petite pour contenir tous les auditeurs, car tous y etaient 
venus. Quand on lut la lettre, on constata qu'elle debutait 
par des eloges et finissait par des blames et des reproches, 
qu'elle contenait, a la fois, de la gaiete et de la colore, et 
qu'elle etait, en meme temps, instante et menacante. 
Aussi les gens soupconneux s'en inquieterent. La lecture 
achevee et finie, et le contenu de la lettre etant expose et 
connu, les groupes se retirerent et la ville fut extr^me- 
ment agitee. La population etait vivement emue de cette 
lecture et remplie de crainte et de terreur. L'ordre que 
contenait la lettre de reparer ce qui etait arrive en etait la 
cause, car on avait compris qu'il s'agissait de rendre ce 
qui avait ete perdu et qui, disperse de tous cdtes, ne peut 
se reunir. Or, ceci est impossible, ainsi qu'il apparaitra, 
car la verite est trop claire et trop evidente pour ^tre 
expliquee, d'autant plus quele but poursuivi est de couper 
court au mal, afin de faire cesser les actes oppressifs de 
quelques mauvais sujets et (rempecher declater le feu de 
la discorde qu'on ne pourrait plus eteindre. 

« En ce qui concerne les incidents de l'ailaire d'ElhAddj 
Mohammed Bennis, qui ont oblige celui-ci a se refugfer a 
Moulay Idris ou se sont commis des faits regrettables pour 
lesquels des reproches ont ete adresses aux chefs et aux 
subordonii( ; s, rargument sera dctruit par un expose exact 
et com pie t de faflaire, ou la verite ne sera pas deguisee et 
ou le droit chemin sera suivi. 

« Notre Seigneur genereux sail, en cflTet, que rhomme 



284 ARCHIVES MAROCAINES 

ordonner des choses defendues ? Un Musulman peut-il 
approuver la profanation de risl&m, et des Musulmans, 
une parole ou un acte qui seme la desunion ? Et quand 
on connait le ch&timent reserve au temoin silencieux, que 
doit-il advenir du participant ou du commandant? Mais, 
gr&ce a Dieu ! la porte du repentir est ouverte a celui qui 
vient y frapper. Nous prions Dieu de leur accorder la 
gr&ce du repentir de leurs actes. 

« Au moment ou nous ecrivons cette lettre a notre Sei- 
gneur, la securite regne dans la ville, les esprits sont 
calmes et rassures, Toppression a cesse et les communi- 
cations ont repris sans danger sur les chemins, car rien 
n'a ete neglige pour eteindre le feu de la revolte. Les 
grdces de Dieu se repandent sur nous avec abondance et 
sans discontinuer ; auparavant, la revolte etait allumee, 
brulait, et les cauirs etaient plonges dans le desespoiret 
Tangoisse. II n'est pas un seul homme de bien, de piete, 
de ceux qu'on regarde comme marchant dans la voie droite 
qui n'ait travaille au bien des Musulmans et use de tous 
les moyens de conciliation en son pouvoir. Notre q&di 
(Dieu le benisse !) a la plus large part dans cette oeuvre : 
il n'a rien neglige ni dans la premiere affaire, ni dans la 
seconde. 

« Vous n'ignorez pas, d'ailleurs, que le veritable souve- 
rain est celui qui sait maitriser sa passion, qui ne se laisse 
pas emouvoir par ces accidents passagers, qui sunnonte 
sa nature dans les moments de colere et qui recherche les 
moyens de se rapprocher de Dieu. L'homme genereux 
pardonne quand il a examine, et absout quand il le pent, 
meme si le mechant a depasse toutes les bornes dans ses 
malices. Que Notre Seigneur daigne nous faire la grace de 
ceder aux intercessions des *oulam^ et des cherifs signa- 
taires de cette lettre, qui desapprouvent entierement les 
actes commis par les mauvais sujets. On ne s'etonne pas 
de voir le bien venir de sa source et la bienveillance de sa 



286 ARCHIVES MAR0CA1NES 

que nous soyons freres, que nous secourions l'lslam, que 
nous le protegions, que nous le defendions et que 
nous n'ayons d'ardeurs que pour lui. 

« Que Dieu nous aide a faire ce qui peut le satisfaire et 
dirige nos efforts vers les choses quil aime et agree. 
Ainsi soit-il. 

« Salut ! 

« Le io du mois glorifie de ramadan 1290. » 

Le sultan Moiilay Elhasan i'Dieu le glorifie !) entra 
ensuite a Ribat Elfeth dans la matinee du ieudi 29 ramadan. 
La fete eut lieu le samedi suivant : le Sultan la celebraa 
Ribat Elfeth. II fit faire a cette occasion la lecture hahi- 
tuelle du Sahik d'Elbokhari. Le fqih qui presida a cette 
lecture, fut le tres docte Sidi Elinehdi ben Ett«\leb hen 
Souda Elfesi. Les delegations du Magrib assisterent a cette 
seance ainsi que les qadis et les oalania des Deux-Rives: 
je nie trouvais paruii ces derniers. Le Sultan fut celebre 
dans des poemes eloquents et donna un eclat tout parti- 
culier a cette ceremonie en ofiVant un repas, des boissons 
et des parfuins, et en distribuant de Targent a tous les 
assistants. II fit egaleinent les cadeaux habituels aux 
'oulania, aux lecteurs, aux moueddins. aux artilleurs et aux 
marins des Deux-Rives. 

U recut une deputation des habitants d'Azeinmour, qui 
vinrent tenioigner leurs regrets de la conduite de la popu- 
lace envers Mohammed ben Elmoueddin. II leur temoigna 
de bonnes dispositions et leur pardonna, se reservant de 
reL-hercher plus tard les coupables, auxquels il infiigea un 
chatiment merite. 

Le Sultan (Dieu le glorifie !) ;demeura a RiMt Elfeth 
jusqu'au samedi 22 chouvval, puis il se mit en route pour 
Meknes. Il franchit la riviere accompagne des troupes du 
Gouvernement et des contingents fort nombreuxdes tribus. 
Son depart fut precipite par les mauvaises nouvelies quil 
avait regues touchant Moulav Abdelkebir ben Wbder- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 287 

rahm&n ben SliinsUi, dont le pere s'etait deja revolte peu 
de temps apres Taveneinent du sultan Sidi Mohammed 
ben 'Abderrahman. Le fils suivait l'exemple de son pere 
et s'etait laisse entrainer a convoiter la royaute par les 
demons berberes qui Tavaient entraine dans le chemin de 
la perdition, ou il s'etait laisse conduire, et qui avaient 
jete ainsi Taveugle dans la gueule du loup. 

En arrivant sur le territoire des Beni Hsen, le Sultan 
(Dieu le glorifie !) apprit son emprisonnement. 11 envoya 
alors aux villes la lettre dont voici la teneur : 

« Ensuite : 

« Wbdelkebir ben 'Abderrahm&n, egare par les sugges- 
tions trompeuses et les passions subversives de son esprit, 
a fait cause commune avec des demons et des gredins 
des Berbers Beni Mguild, qui Tout amene jusque chez les 
Ait 'Ayyach dans le voisinage de Fes. En apprenant cela, 
nos serviteurs les gens de Fes, nos oncles maternels les 
Chr&ga, et d'autres gens du gueich de Ehl Sous et des 
tribus raisonnables out deploye tous leurs eflbrts pour le 
repousser, Teloigner et le chasser de leur territoire en 
jetant aux vents les cendres de ses campements. lis lui 
ont donne la chasse et lui ont inttige de mauvais traite- 
nients auxquels il ne sattendait guere, si bien qu'il a du 
s'en retourner entierement decu. Get echec et ce depart 
force ne Font pas rappele cependant au sentiment de sa mau- 
vaise situation ; il n'a pas renonce a Timpossible qu'il 
convoitait, il ne s'est pas reveille de son sommeil et il 
n'est pas revenu de son ivresse. II a continue a circuler 
chez les Berbers, et ses allees et venues Font conduit chez 
les Ait Yousi. La, Dieu a fait mettre la main sur lui, et 
on Ta fait prisonnier. La fortune l'a abandonne, et Techec 
a ete complet pour les Berbers qui s'etaient joints k lui et 
qui n 7 y ont gagne que ruine, confusion et abandon. L'agi- 
tateur est maintenant entre les mains de notre frere 
integre Moulay Isma il (Dieu le garde!). Dieu soit loue ! 



288 ARCHIVES MAROCA1NES 

il rneritequ'on lui rende graces. 1 1 est la source cle tout bien- 
fait. Nous lui demandons par son Prophete, sur lequel il 
repand ses benedictions et sapaix. de recevoir Thommage 
de not re reconnaissance et de celle des Musulmans, et de 
nous trailer comme toujours avec bonte et generosite. 

« Nous vous ecrivons cette lettre du territoire d EssefaTa, 
chez les Beni Hsen, oil nous avons etabli notre camp avec 
Faide de Dieu. Notre mhalla, victorieuse par Dieu, est 
enveloppee grace a Dieu !) de la victoire et de la puis- 
sance, nos etendards triomphants par Dieu flottent aux 
vents de la bonne fortune et du bonheur, et les benefices 
v entretiennent le marche. 

« Nous avons tenu a vous prevenir, afin que vous ayez 
voire part de la joie que nous cause cette marque de bien- 
veillance inepuisable de notre Maitre, qu'il soit glorifie et 
exalte ! Dieu soit loue : c'est a lui qu'appartient la bonte ! 

« Salut ! 

a Le 26 chouwal 1290. » 

Le Sultan (Dieu le glorifie !) se rendit ensuite a D^r Ben 
El'amri. II infligea aux Ouled Yahya, fraction des Beni 
Hsen, qui s'etaient revokes contre leur gouverneur 
'Abdelqdder ben Ahmed Elmahrouqi, avaient detruit et 
pille sa maison, et s'etaient livres au brigandage sur les 
routes, un chatiment qui faillit les reduire a neant. lis le 
supplierent, se jeterent a ses pieds, manifesterent leur 
repentir et leur soumission, et il accepta leurs regrets. 
Apres leur avoir impose trois gouverneurs, et les avoir 
taxes de sommes importantes, il partit (Dieu le glorifie!) 
pour Mekn&set Ezzeltoun, le 7 doulqa'da, et fit dans cette 
ville une entree triomphale. Des son arrivee, il envoya 
(Dieu le fortifie !) dans les villes la lettre suivante : 

« Ensuite : 

« Apres avoir termine les affaires de la tribu Yahy£ouiya, 
les avoir retablies sur des bases serieuses, avec Taide de 
Dieu, et y avoir retabli Tordre desirable (grftce a Dieu !), 



290 ARCHIVES MAROCAINES 

meneurs, et leur enleverent un grand nombre de prison- 
niers, que le Sultan (Dieu le glorifie !) envoya dans les 
villes pour servir d'exemple. 

La repression des Beni Mtir eut lieu au milieu du mois 
de moharrem 1291 { . 

Le Sultan demeura a Meknes jusqu'au l cr rabi' I cr . Lc 
lundi 3, il partit (Dieu le fortifie!) pour Fes, et y entra le 
jeudi 6. A Oued Ennej&, les cherifs de la ville, les 'oulamd, 
les notables, les tirailleurs et meme les femmes et les 
enfants, accompagnes du gouverneur et du qadi, vinrent 
a sa rencontre. II les recut avec aflabilite et leur temoigna 
beaucoup de bonte pour calmer leurs apprehensions. 

La premiere chose qu'il fit en arrivant en ville fut de se 
rendre au mausolee de Moulay Idris (Dieu soit satisfaitde 
lui !) d'y faire sa zidra et d'en recueillir la benediction. 
Les pauvres, les femmes et les enfants se presserent au- 
tour de lui pour baiser les pans de ses vStcments et s'en 
essuyer. II fit immoler des victimes au sanctuaire Idrisi 
et a d'autres lieux saints, et fit distribuer aux pauvres et 
aux malheureux des aumdnes qui depassent tout calcul. 
Bref, le jour de son entree dans la ville fut un jour celebre 
et compte parmi les mousems pleins de benedictions. 

Le Sultan celebra a Fes la fete du Mo&loild. Les deputa- 
tions de toutes les contrees arriverent aupres de lui, et les 
notables des tribus des montagnes et de la plaine se reu- 
nirent a la porte de son palais. CTetait une epoque magni- 
fique, la victoire et le triomphe etaient complets, toutes 
les affaires etaient en bon ordre et le heraut de la joie lan- 
cait aux uns et aux autres sa proclamation. 

La fete terminee, le Sultan (Dieu le glorifie !) ordonna a 
son amln, Ahoid'abbAs Ahmed ben Mohammed ben Che- 
qroun Elmorrdkchi, d^organiser la perception des taxes, 
qui etaient payees aux portes et sur les marches de Fes, 

1. Tcxte arabe, IV* partie, p. 239. 



892 ARCHIVES MAR0CA1NES 

Voyant que ces stupides gens persistaient dans leur 
mauvaise querelle et leur entgtement, malgre la douceur 
et la mansuetude extremes dont il avait fait preuve, notam- 
ment en s'appliquant a garder le silence sur l'affaire Bennis, 
le Sultan (Dieu le fortifie !) ordonna d'assieger la ville et 
de la tenir etroitement bloquee, dans Tespoir d'obtenir un 
revirement dans la conduite des habitants. Mais ceux-ci 
s'obstinerent dans leur rebellion, et, montes sur le mina- 
ret de la mosquee El'in&niya et sur ceux des autres mos- 
quees qui dominent Fes Eljedid, ils se mirent a tirer, et 
atteignirent inline des gens qui etaient a Boiiljeloud. En 
presence d'un pareil exces d'insolence, le Sultan (Dieu le 
fortifie !) donna l'ordre de les traiter comme ils le meri- 
taientpour leur crime. Des soldats cernerent la ville et la 
bombarderent dans toutes les directions. Un bataillon 
parvint a escalader le mur de Fes, du cdte de la T&l € a, et 
se mit a tuer et a piller. 

L'aflaire prit aussit6t de grandes proportions, et la tris- 
tesse arriva a son comble. Sur ces entrefaites, le Sultan 
(Dieu le glorifie !) envoya son vizir Aboil 'Abdall&h Essef- 
fdr pour adresser des avertissements aux gens de la ville 
et leur proposer Vamdn, a condition qu'ils manifesteraient 
leurs regrets et rentreraient dans Tobeissance. Ils accep- 
terent cette proposition, cederent, et le feu de la revoke 
fut eteint, en me me temps qu'il etait coupe court aux repre- 
sailles. Le Sultan se hAta d'adresser une proclamation aux 
populations, fit preuve declemence, etjustifia sa conduite 
sur la provocation des gens de Fes, car le plus coupable 
est celui qui commence. D'ailleurs, des qu'ils cederent, il 
leva le siege par compassion pour eux. Cetevenement eut 
lieu le mardi 4 rabi* II. 

Voici le texte de la lettre du Sultan (Dieu le glorifie !), 

« Ensuite : 

« Nous vous avions fait part de Taccueil joyeux et en- 
thousiaste que nous avions regu des gens de Fes, et de 



294 ARCHIVES MAROCAINES 

depouille les uns, fait prisonniers les autres, et le chati- 
ment de la vie future et de celle de ce monde commcn^a 
pour eux. Mais des que la force victorieuse de Dieu eut 
triomphe, et que la victoire fut decidee, nous avons fait 
proclamer le pardon, et fait cesser le meurtre et Tempri- 
sonnement, par egard et par compassion pour eux, et pour 
voir quelle serait leur attitude, et si leur penible aveugle- 
ment cesserait. Au 'asar de ce memo jour, les 'oulamd, 
les chorfa, les notables et les experts sont venus inter- 
ceder pour que nous leur pardonnions, a condition qu'ils 
paieraient les droits, executeraientles conventions, et que 
les charges et impositions dont ilsetaientgrevesdu vivant 
de Notre Maitre sanctifie ne seraient pas augmentees. 
Nous nous sommes Laisse flechir a ces conditions, etnous 
avons accede a leur demande, moyennant Fobservation 
des reglements prescrits. 

« Nous vous faisons part de ce qui precede pour que 
vous vous rejouissiez de la victoire de Dieu et afin que 
vous connaissiez la realite des faits. De cette facon vous 
ne preterez pas Foreille aux nouvelles trompeuses, et vous 
repousserez les propos des agitateurs qui ne rendent 
aucun culte a Dieu et qui necherchentqu'a jeterle trouble 
dans les croyances et parmi les croyants. 

<c Salut. 

« Le 4 rabi* II de Tannee 1291. » 

Apres cela, le Sultan (Dieu le glorilie !) fit emprison- 
ner le gouverneur de Fes, Dris Esserr^ij, son fils, et 
deux autres chefs de la revoke. II les exila a Mornkkch et 
nomma gouverneur de Fes un de ses q&ids, le q^id 
Eldjil&ni ben Hamino Elbokh^ri. L'ordre fut ainsi retabli. 

Parmi les poesies composees sur cet evenement, est 
celle de notre ami le/Vy/A, le lettre delicat Abou 'Abdall&h 
Mohammed ben N^ser Harakdt EssMoui (Dieu le con- 
serve !). 

Apres cela, le Sultan (Dieu le glorifie !) se mit a former 



298 ARCHIVES MABOCAIXES 

Otto revolution siderale dura jusqu'a Faube. 

Le Sultan Dieu le glorifie \ f demeura dans cette region 
jusqu'a la fete de la rupture du jeune, qu'il celebra la 
avee mi eclat tout particulier. Les Beni Yzn^sen y assiste- 
rent, sous la conduite de leur chef Elhaddj Mohammed 
hen Elhachir hen Mes'oud, qui oflTrit au Sultan de nom- 
hreux presents et en recut le commandement de toutes 
les trihus du pays, y compris les Beni Yzn&sen. 

Le Sultan (Dieu le glorifie !) se remit en route pour ren- 
trer a Fes. Surpris par la mauvaise saison dans ces mon- 
tagneset cesplaines, ou le froid vif et la rarete des vivres 
firont perir un grand nomhre de soldats,et outoutle monde 
eut hcaucoup a souffrir, il fit preuve (Dieu le secoure !) 
d'uno sollicitude et d'un devouement dont le bruit se 
repandit au loin et dont on parla partout. Sa marche 
etait celle des humbles : il s'occupait des malades pour 
les fa ire soigner, veillait a rensevelissement des morts, 
faisait porter ceux qui ne pouvaient plus marcher, et 
fournissait de Taide a tous ceux dont la charge ou la 
bcUe tomhaient. Il en fut ainsi jusqu'a son arrivee a Fes, 
ou il arriva assez a temps pour y celebrer la fete des Sa- 
crifices. 

Il donna alors tous ses soins a l'infanterie, dont il tint a 
soccuper lui-meme. Il passa ces troupes en revue, ins- 
pecta les lisles de leur modna et de leur solde, et se ren- 
dil ainsi compte que les administrateurs avaient exagere 
les depenses d'une maniere fictive. Il infligea plusieurs 
punitions et ordonna des destitutions. Ensuite il fit em- 
prisonner le chef des troupes du Sous, Elhaddj Menno 
Elht\hi. Cet homme etait brave et courageux, mais sonor- 
gueil el les libertes qu'il prenait avec le gouvernement et 
ses chefs le rendaientsi intolerable qu'il fallait le punir. Il 
fut hatonnc et mis en prison ; son argent et ses biens furent 
eonfisques. 11 est encore en prison en ce moment. Plus 
tarcl il fut mis en liberie et alia habiter Morrdkch en 1305. 



302 ARCHIVES MAROCAINES 

rendre independant, comme l'avaient ete les habitants de 
cette montagne pendant sept cents ans. II se peut qu'il eut 
lui-m£me ces intentions. Ibn Khaldoun raconte que de son 
temps les gens de cette montagne vivaientdans cette con- 
dition. Ahmed ben M&lek demanda en m^me temps au 
Sultan Tautorisation de diriger une expedition contre oe 
Gount&fi. Sur Tordre du Sultan, il envoya contre hii un 
escadron du gu&icli qui fut taille en pieces. Les propos et 
les racontars des agitateurs ne firent qu'augmenter. Une 
seconde colonne, plus considerable que la premiere, fut 
ensuite envoyee par Ben Malek. ElgountAfi la defit aussi, 
et s'empara d'un certain nombre des gens qui la compo- 
saient. II rendit la liberte aux reguliers du Sultan pour 
temoigner de son obeissance, mais il trancha la t6te a 
tous ceux qui appartenaient aux tribus de son voisinage : 
ils etaient tres nombreux. Cette aflaire du GountAfi faisait 
deja scandale dans le Houz et peu s'en fallait qu'elle n'y 
provoqu&t des desordres. Elgount&fi envoya son filsaupres 
du Sultan a Fes, et lui ecrivit pour lui exposer son affaire, 
lui disant qu'il etait opprime par Ahmed ben M&lek, que 
c'etait dans 1'etat de legitime defense qu'il s'etait ainsi 
comporte avec la colonne ; mais qu'il n'avait pas tue un 
seul regulier. II multiplia les excuses, les intercessions, 
les objurgations et les immolations, si bien que le Sultan 
(Dieu le glorifie !) diflera sa decision. 

Moulay Elhasan quitta Fes le 15 ramad&n 1292 et arriva 
a Rib&t Elfeth, la veille de la fete de la rupture du jeune, 
dans la nuit 1 . 

Un fait curieux se produisit a ce moment-la. Une 
troupe de douze individus, dont le temoignage devait ser- 
vir a etablir un acte de notoriete, arriverent chez le q&di 
Aboti 'AbdallAh Mohammed ben Brahim (Dieu lui fasse 
misericorde !) dans la nuit du 28 au 29 ramadAn, et lui 

1. Texte arabe, IV* partie, p. 245. 



904 ARCHIVES MAROCAINES 

jour de doulqa'da, le territoire des Rhamna oil il avaitfait 
un sejour de seize jours. Son entree a MorrAkch fut une 
journee memorable. 

Le 4 doulheddja suivant, eut lieu Tarrestation de 280 no- 
tables des Ouldd Besseb£\ Cette tribu du Hoiiz s'etait 
livree a une de ces revokes qui lui sont habituelles : ses 
mefaits avaient ete considerables et s'etaient etendus tres 
loin. Insurges contre leur gouverneur Si 'Abdall&h ben 
BelYid, les Oul£d Besseba/ avaient attaque le q£id 
Abou Hafs 'Omar Elmtouggui. La guerre avait eclate 
entre eux et les partisans de leur gouverneur Ben BeTaid 
qui s'etait enfui a Fes aupres du Sultan. Celui-ci (Dieu le 
glorifie !) leur « rendit les renes » et leur donna comme 
gouverneur le qdi'd Abou 'Abdall&h Mohammed ben 
Zerou&l Errahm&ni : c'etait une feinte de sa part, pour les 
faire rentrer dans le calme et leur donner confiance. Ar- 
rive a Morr&kch, il imposa aux tribus du Hoiiz la fourni- 
ture de contingents : celui des Oulad Besseb&\ qui etait 
de 300 cavaliers, se rendit a la ville avec ses chevaux et 
ses armes. Le Sultan (Dieu le fortifie !) avait deja com- 
mence a passer en revue les contingents des tribus a Tin- 
terieur du Mechonan de Boulkhesisat. Quand ce fut le 
tour des Ouldd Besseb&\ les portes furent fermees, on 
les arreta, on leur enleva leurs armes et on les conduisit 
en prison : ils etaient 280, comme nous Tavons dit. Apres 
cela, le Sultan (Dieu le glorifie !) envoya dans leurs 
douars un peloton du guei'ch^ coinmande par le q&id 
El'arbi Errahm&ni, quiy reste campe pour leur faire ver- 
ser une amende de 60.000 douros, qu'ils payerent imme- 
diatement en vendant a vil prix leur betail. Le Sultan 
manda alors leur gouverneur 'Abdall&h ben Beraid, qui 
etait encore a Fes et, des son arrivee, le retablit comme 
gouverneur de cette tribu, qui rentra dans le calme et 
Tobeissance. 

Jusqu'aux derniers jours de safar del'annee 1293, le Sul- 



306 ARCHIVES MAROCA1NES 

et de son fils le sultan Sldi Mohammed, Dieu leur fasse 
misericorde ! Le Sultan acceda a sa demande et lui eerivit 
un dahir, dont voici le texte : 

« Louange a Dieu seul ! 

« Dieu prie pour Notre Seigneur et Maitre Mohammed 
et sur sa famille ! 

« Notre presente lettre (Dieu l'exalte et glorifie l'ordre 
qu'elle contient, etlacompte, pliee ou depliee, aunombre 
des bonnes oeuvres !) doit rester entre les mains de son 
beneficiaire, notre dijme serviteur le tdleb Mohammed 
ben Dris EljerrAri, pour faire connaitre que, gr<\ce a la 
puissance et la force de Dieu, nous lui avons concede le 
rang dont il a joui, lui et son pere, aupresde nosancetres 
genereux, que nous jetons sur lui, sur ses enfants et ses 
freres, un regard de consideration et de respect, qu'ils 
ne verront que dubien de la part de notre personne elevee 
en Dieu, parce qu'ils sontnos serviteurs et appartiennent 
a une famille aimante et devouee, que nous ne les aban- 
donnerons, ni ne les oublieronsetque nous ne leur ferons 
pas perdre le fruit de leurs services passes, et que nous 
ne leur enleverons rien de la consideration dont ils jouis- 
sent, avec Taide et la puissance de Dieu. 

« Salut. 

« Notre ordre glorifie en Dieu a ce sujet a ete edicte le 
9 rabi-' II de l'annee 1293. » 

Ayant tennine ce qu'ilavait a faire a Eljedida, le Sultan 
(Dieu le glorifie !) partit pour Azemmour. La population de 
cette ville le recut avec joie et allegresse. Emu de cet 
accueil, il se montra plein d'amabilite, fit des vupux pour 
elle et visita le mausolee du cheikli Hon Cha*ib et celui 
de Abou 'Abdall&h Mohammed Oua'doud (Dieu soit satis- 
fait d'eux !) devant lesquels il immola des victimes. II fit le 
tour des murs de la ville et des bordjs, et ordonna de 
consolider Tun d'eux, celui qui fait face au port. 

Ln ou deux jours apres, il quitta Azemmour et s'arr^ta 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 807 

dans la ville d'Anfa, oil il entra le 23 rabi* II. II retira le 
gouvernement de cette ville au qai'd Abou 'Abdallah Mo- 
hammed ben Dris Eljerr&ri et nomma a sa place Elhaddj 
Wbdallah ben Qasem Hassar Esslaoui. II ecrivit ensuite 
a Abou 'Ahdallah Eljerrari, pour lui annoncer qu'il etait 
nomine gouverneur d'Eljedida et de son 'amalat. Voici le 
texte de la lettre qu'il lui adressa : 

« A Notre digne serviteur, le tdleb Mohammed ben 
Dris Eljerrari, Dieu vous protege ! 

« Le salut soit sur nous, ainsi que la misericorde et les 
benedictions du Tres-Haut ! 

« Ensuite : 

« Nous vous avons retire le gouvernement d'Eddar 
Elbaida pour vous donner celui d'Eljedida. Ce n'est pas 
une destitution motivee par votre conduite ou par une 
negligence dans vos fonctions, mais une decision motivee 
par des considerations d'intertk general, pour mettre au 
premier rang les affaires les plus importantes. Vous etes 
des notres et vous nous appartenez. Votre famille est une 
famille de serviteurs, nous ne vous abandonnerons, ni ne 
vous neglige rons,ni ne vousamoindrirons]en quoi que cesoit. 

w Salut. 

« Le 23 rabf II de l'annee 1293. » 

Le gouverneur est un des gouverneurs les plus en vue, 
les plus intelligents, les plus habiles et les plus devoues 
du Sultan (Dieu le secoure !). Les trois souverains, Moulay 
l Abderrahmdn, son fils Sidi Mohammed et son petit-fils 
Moulay Elhasan (Dieu soit satisfait d'eux !), lui ont confie 
successivement les fonctions de 'amel, qu'il a toujours 
exercees, jusqu'a ce jour, avec competence et devouement 
et a la satisfaction de tous. Dieu nous conserve, ainsi que 
lui et tous les Musulmans ! Ainsi soit-il ! 

Arrive a Eddar Elbaidd, le Sultan (Dieu le glorifie !) ins- 
pecta les bordjs de la ville et ordonna aux artilleurs de pla- 
cersurla mer des cibles, appelees qribiyydt, sur lesquelles 



9110 ABCHIVE3 MAROCAEfES 

Le Sultan 'Dieu le glorifie ! quitta Ribat Elfeth le 
10 djoumada V f 1293, pour se rendre a Mekncs. II passa 
par le territoire des Zemmoiir Echchleuh, qui se rendirent 
hurnblement et modestementaupresde lui, et chercherent 
a gagner sa hienveillance parleurs presents et leur moAna. 
lis consentirent a payer le tribut et a fournir les contin- 
gents qu'il leur imposa. Le 18, il entra Dieu le glorifie !) 
a Meknes, ou il demeura quelques jours, puis se mit en 
route pour Fes. Apres un tres court sejourdans cette ville 
pour attendre la concentration des troupes, il en sortit le 
15 djoumAda II pour se rendre dans le pays d'Oujda etdes 
Beni Y/.nAsenou setrouvaitle chef de cette tribu, ElhAddj 
Mohammed ben Klbachfr ben Mes'oud. II passa par TAza, 
et laissant devant lui, aii sud-est, la chaine rocheuse appe- 
lrfe DrA' Ellou/., il etablit ses positions de combat contre la 
tribu de (layyAtsa. II leur imposa la motlna, qu'il fixa, dit- 
on, a 200 salt fa de ble et d'orge. lis ne consentirent a lui 
en livrer cpruno faible quantite, en declarant que jamais 
ils n'avaient fourni davantage aux souverains precedents. 
Cette tribu n'avait pas ete inquietee depuis fort longtemps. 
Kortiliee dans ses montagnes et ses vallees inaccessibles, 
elle en prolitait pour infliger toutes sortes de mauvais 
trnitemenlH aux habitants de TAza. Le Sultan (Dieu le glo- 
rifie !) decida done de la combattre. La lutte commenca 
dans les derniers jours du mois, un jeudi. Il penetra 
cfabord dans leur forteresse naturelle, appelee Echcheqqa; 
cVst un grand ravin, entre deux montagnes, au fond du- 
quel eoule line riviere dont les deux rives sont couvertes 
de constructions et de maisons. II incendia tout cela, le 
demolit, sVmpara de Forge, du ble, du beurre et de tout 
ce qui s\ trouvait, et (it couper quelques tetes. Le lende- 
muin. qui etait le vendredi 26, le Sultan v Dieu le fortifie !) 
se mit a la U x le de la m/jalla qui se trouvait reunie presque 
tout entiore, lit marcher les canons et les mortiers en avant, 
ot suivi des troupes, il penetra de nouveau dans Ech- 



312 ARCHIVES MAROCAINES 

ces ravins qui brillaient au soleil comme un abattoir. Le 
Sultan lui-m£me (Dieu le glorifie !) diit mettre pied a terre 
pour sortir de ces crevasses, puis remonta a cheval et ral- 
liases troupes qui se calmerent apres cette defaite. Les 
Gayy&tsa se replierent ensuite sur les sommets de leurs 
montagnes, abandonnant leurs villages et leurs vergers. 
Le Sultan, en deux ou trois jours, s'en empara, sans ren- 
contrer un seul homme de cette tribu, les saccagea, les 
incendia et les rasa si completement qu'on n'eut pu croire 
que la veille ils existaient encore. II envoya (Dieu le for- 
tifie !) des messages a ce sujet dans toutes les regions, 
disant que la cavalerie et Tinfanterie avaient rase le pays 
des 6ayy&tsa, qu'elles les avaient poursuivis de tous cotes, 
si bien qu'ils s'etaient refugies tout pres du territoire de 
leurs voisins. 

Le Sultan (Dieu le secoure !) continua jusqu'aOujda, ou 
il arriva dans les premiers jours de cha'b&n. Les Beni 
Yzn&sen vinrent le saluer, humbles et repentants. II leur 
pardonna parce qu'ils formaient un des remparts des Mu- 
sulmans et une cohorte toujours en reserve pour la de- 
fense de la religion ; seulement il destitua Ould Elbachir 
qu'il expedia prisonnier a Fes, leur donna comme gouver- 
neurs des hommes resolus et devoues choisis parmi eux, 
et leur imposa une somme d'argent raisonnable qu'ils 
commencerent a payer, en prenant Tengagement de verser 
toutes leurs contributions arrierees. Le bon ordre se re- 
tablit parmi eux, et la situation de toute cette region se 
trouva redressee. 

Ayant acheve la tAche qu'il s'etait imposee, le Sultan 
(Dieu le glorifie !) se remit en route pour retourner a 
Fes, ou il arriva dans la nuit du 27 ramad&n. II annonga 
ces evenements aux habitants des villes par la lettre sui- 
vante : 

« Nous vous ecrivons cette lettre, au retour de notre 
expedition fortunee. Nous sommes revenu a notre capi- 



314 ARCHIVES MAROCAIKES 

Le Sultan (Dieu le glorifie !) prolongea son sejour a Fes, 
et s'occupa activement de la construction de ses apparte- 
ments et de ses pavilions du Houston Amfm, a FesEljedid. 
II ecrivit (Dieu le fortifie !) a son esclave Ahmed ben Mdlek, 
q&i'd du gu&ich saisi d'Elmenchiya a Morr&kch, de cons- 
truire au-dessus de la porte du grand palais de cette ville, 
appelee H«1b Erreis, une qoubba magnifique, tres haute, 
tres belle et bien decoree. II se mit a l'ouvrage dans fe 
mois de chouw&l. J'etais alors charge des comptes de 
diverses constructions a Morr&kch, et notamment de celle- 
ci; il fut depense pour cette qoubba plus de 100.000 mits- 
qdls. A Meknes, le Sultan fit edifier la grande qoubba, qui 
s'eleve jusqu'au ciel et qui monte si haut dans les airs 
qu'elle domine toute la plaine de Sdi's qui Fenvironne. 
Elle est passee en proverbe pour sa hauteur et sa renom- 
mee. 11 fit b&tir aussi (Dieu le glorifie!) une superbe 
qoubba sur le mausolee du cheikh qui connut Dieu, Abou 
'Abdall&h Mohammed Ess&lah ben Elme'ti Echcherq£oui 
a Boulja'd et depensa pour cela plus de 30.000 mitsqdls : 
puisse son onivre etre agreee par Dieu ! 

Le 10 chouwftl, mourut le fqih tres docte, le pieux qddi 
de RibAt Elfeth Abou Zeid 'Abderrahm&n, fils du fqih tres 
docte Sidi Ahmed ben Ettah&mi Elbribri : il fut enterre 
dans cette ville dans la Zdouya de HansAla. Cetait un des 
qddis les plus remarquablesde Tepoque et de ceuxqui ne 
connaissent que la justice. II avait exerce les fonctions de 
qadi a Kib^t Elfeth pendant plus de vingtans, puis les avait 
abandonnees, mais sans avoir ete revoque. Retire chez lui, 
il ne quitta plus sa maison. Cette attitude fut toleree par 
le Sultan et la population qui avaient foi en lui. II ne 
sortit plus de sa maison jusqu'a sa mort. Dieu lui fasse 
misericorde, ainsi qu'a nous et a tous les Musulmans ! 

Le mardi 29 moharrem de l'annee 1294 ! , mourut le fqih 

1. Texte arabe, IV« partie, p. 253. 



314 Jk»CHITES KlBOCUXES 

\\**z\%. se refugi*-rent chez les Zemmour Echchleuh. Chacun 
croyait alors que le Sultan alia it razzier. cette annee-la. Jes 
Berbers des ruontagnes et du Sahara, mats ces craintes ne 
T& r*-ali>erent pas. 

Durant cette periode. plusieurs ambassadeurs etrangers 
se rendirent aupres du Sultan Dieu le glorifie !}„ entre 
autre* celui de France, celui d'Espagne et celui du Por- 
tugal. L'anibassadeur de France mit sur le tapis la ques- 
tion du cheuiin de fer et du t^legraphe et de leur etablis- 
senient dans le Magrib comme dans tous les autres pays 
kabiles. II pretendit quil en resulterait de grands avan- 
tages pour les Musulmans et les chretiens. Or. par Dieu ! 
rien nest plus dangereux; les chretiens ont experiment^ 
tous les pays : ils veulent aussi experimenter cette contree 
fortunee que Dieu a jusqu'ici preservee de leur souillure. 
Demaiidoris a Dieu de dejouer leurs stratagemes et de 
preserver les Musulmans de leurs bienfaits ! 

Le Sultan Dieu le secoure ! partit ensuite de Meknes 
vers le milieu de rejeb. a la tete d'une armee considerable 
et parfaitement armee. II passa par le pays des Zemmour 
Echchleuh. qui lui marquerent leur soumission et leur 
obeissance entiere. Des deputations de tous les points de 
cette tribu se rendirent aupres de lui. porta nt leurs eten- 
dards et les costumes qu ils revetent dans leurs mouse ms et 
leurs fetes. L'argent. la moiina, lesmets qu'ils apporterent 
etonnerent tout le monde par leur quantite. et il en fut 
beaucoup parle. 

De la. il se porta sur les 'Arabs Essehoul. de Y'amala de 
Sale, les reduisit, et leur deroute lit fuir ceux qui etaient 
derriere eux. Le Sultan Dieu le glorifie ! • ecrivit, le 
20 ram a dan dans toutes les contrees pour annoncer la 
victoire. le triomphe et le succes que Dieu lui avait ac- 
cordes. Tattitude pleine d'humilite des tribus berberes a 
son egard. leur empressement a lui obeir et a le servir, 
et le versement par eux dimpdts depassant de beaucoup 



DYNA8TIE ALAOUIE DU MAROC 317 

ce quails avaient donne a ses predecesseurs. « Ce resul- 
tat, ajoutait-il dans sa lettre, est du simplement aux faveurs 
de Dieu, a la bonne fortune et a une habile politique, sans 
coup ferir, sans effusion de sang. La tribu des Beni Hkim 
elle-meme, qui avait donne diverses manifestations d'ega- 
rement, a obei aux ordres de Dieu, leurs freres les Zem- 
mour s'etant charges de la faire revenir de cet egare- 
ment. » II poursuivait en disant que, pour les Schoul, il 
les avait rallies apres les avoir mis en deroute, et que, 
dans Tespoir qu'ils auraient profite du ch&timent recu, il 
avait juge bonde conceder Yamdn alamajorite d'entre eux 
afin de peupler leur pays. 

Dans la nuit du jeudi au vendredi 14 cha'b&n, il y eut 
une eclipse de lune totale : pendant pres de deux heures 
elle cessa de briller et fut si completement cachee qu'on 
n'en voyait plus rien. Puis elle reparutpetita petit et rede- 
vint pleine. 

Durant cette periode, les flods de cuivre devinrent trea- 
rares a Morr&kch : on faillit en manquer. Le douro euro- 
peen etait devenu tres cher a Morr^kch, tandis qu'il etait a 
bas prix a Fes : le change etait, a Morr^kch, a 63 oqiyas, 
tandis qu'a Fes il etait a 53 oqiyas. Les negociants de Fes 
faisaient done venir de Morr&kch des flods de cuivre etles 
changeaient en douros a Fes : ils gagnaient ainsi un mitsqdl 
environ par douro. Ils se mirent tous d'accord pour faire 
ces operations et s'y livrerent avec acharnement, si bien 
que les flods devinrent rares a Morr&kch, et que ceux qui en 
avaient les garderent a cause du benefice qu'ils pouvaient 
en tirer. La vie devint tres difficile pour les malheureux, 
et la population en subit un grave prejudice. Les gens 
faisaient le tour de tous les marches avec une peseta ou un 
douro sans trouver quelqu'un pour les changer; ils ne pou- 
vaient rien acheter pour leur nourriture, si le prix etait 
inferieur a une peseta. 

Informe de cette situation, le Sultan (Dieu le glorifie !) 



318 ARCHIVES MAROCAINES 

ecrivit danstoutes les contrees pour ordonner aux popu- 
lations de retablirle change dudouro a 3 milsqdls et quart. 
Cet ordre, qui fut crie dans les marches, fut execute. 
Mais les choses se retournerent eontre les negociants. 
Ceux-ci tenaient en reserve leurs douros et leurs pieces 
d'une peseta, les floAs envahirent tellement les marches 
que toutes les transactions se firent uniquement danscette 
monnaie. La baisse du douro causa aux negociants le 
meme prejudice que la rarete des flods aux pauvres gens, 
lis avaient achete leurs marchandises en douros chers, et 
etaient obliges de les vendre en monnaie de cuivre, avec 
perte, puisqu'en convertissant le douro en cette monnaie ils 
perdaient la moitie de sa valeur. Les negociants prefererent 
conserver leurs marchandises et ne pas vendre, et alors il 
fut presque impossible de se fournir du necessaire. Le 
Sultan ecrivit une nouvelle lettre pour diminuer de moi- 
tie les prix des marchandises et des aliments, afin de reta- 
blir la balance entre les prix et la valeur reelle des ar- 
ticles de commerce. Ces ordres provoquerent une grande 
emotion et en meme temps que de grandes pertes. Dieu 
ne voulut pas que la monnaie revint a son etat primitif . Nous 
avons deja dit d'ou vient le mal : les monnaies et les prix 
ne fcrontqu'augmenter tantque continueront les echanges 
avec les Europeens, s'accroissant et diminuant avec eux. 

Le mercredi 3 ramad&n, mourut le savant du Magrib, 
Sidi Elmehdi ben EttAleb l>en Souda Elfesi. C'etait un 
homme tres docle, d'un savoir solide et d'une diction par- 
faite. Il connaissait Tart d'enseigner et de faire de beaux 
exposes : a cet egard il a depasse tous ses contemporains. 
On dit qu'il a laisse des ouvrages, mais je n'en ai pas eu 
un seul entre les mains. Dieu lui fasse misericorde ! 

Quoique tresproche de IliMt Elfeth, le Sultan nV entra 
pas pour celebrer la fdte de la rupture du jeiine qu'il accom* 
plit a Zobeida dans le pays des Za'ir : il y recut les tribus 
du Magrib et les habitants des villes qui assisterent a la 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 31fr 

f£te avec lui, et leur fit, comme d'habitude, des cadeaux 
et des distributions de vetements. 

La fete terminee, il designa le gouverneur de RibAt 
Elfeth, le q&i'd Abort Mohammed 'Abdessel&m ben Mo- 
hammed Essortsi, Elh&ddj 'Abdelkerim Bricha Ettet&ouni, 
et Elh&ddj Mohammed ben Wbderrezz&q J>en Cheqrortn 
Elfesi pour se rendre en ambassade a Madrid, capitale de 
TEspagne, et rendre la visite que lui avait faite l'ambassa- 
deur de cette puissance, et dont nous avons deja parle. 
Cette ambassade ettectuee, ils revinrent a temps pour ce- 
lebrer a Morr&kch, aupres du Sultan (Dieu le glorifie!), la 
fete des Sacrifices. 

Apresla fete de la rupture du jeune, le Sultan leva son 

camp de Zobeida pour se rendre dans la region de Mor- 

rakch. II passa par TAdla et paciiia les tribus de ce pays. 

II razzia les Beni 'Omeir et leur fit plus de 400 prison- 

niers qui furent conduits en prison, couverts de chaines et 

de carcans. Les Beni Mousa s'enfuirent vers les sommets 

des montagnes : ils en descendirent quand le Sultan leur 

accorda Yamdn, vinrent se ranger sous son obeissance 

et s'engagerent a le servir. Puis il continua sa route 

vers Morr&kch, oil il arriva le 10 doiilheddja. La fete 

y fut celebree avec une pompe telle qu'on n'en avait pas 

vu de pareille depuis fort longtemps. Le Sultan ecrivit 

dans toutes les contrees pour annoncer aux populations 

le don que Dieu lui avait fait de la victoire, de Tafler- 

missement, du triompheetd'un surcroitde puissance. Son 

sejour dans cette ville fut, cette fois, tres long : il dura 

jusqu'au moment ou arriva ce que nous allons raconter. 

L'annee 1295 fut une des annees les plus mauvaises pour 

les Musulmans : elle fut signalee par toutes sortes de 

fleauxet de calamites. Que Dieu ne leur en ramene pas 

une pareille { ! 

1. Texte arabe, IV« partie, p. 255. 



326 ARCHIVES MAROCATNES 

A la fin de cette annee-la, il arriva une lettre du Sultan 
(Dieu le fortifie !) qui appelait notre ami Aboii Mohammed 
Abdalldh ben Khadra a la Cour pour recevoir lesfonctions 
de qa*<Ji de Morr£kch. Celui-ci ex^cuta cetordre et se ren- 
dit aupres du Prince des Croyants(Dieu perp^tue son eleva- 
tion !) dans sa capitale fortunee de Fes gardee par Dieu. Le 
Sultan l'ayant nomme qa*di de MorrAkch, il partit pour cette 
ville, ou il est encore aujourd'hui, remplissant ses fonctions 
a la satisfaction de tous. Dieu le dirige et le protege ! 

De nombreux eloges ont ete ecrits sur la personne de 
cet illustre souverain, de ce noble cherif. Les qasfdas qui 
expriment la hauteur de son rang et l'elevation de sa gloire 
et de son prestige sont celebres et importantes, principa- 
lement celles de nos amis de Sale, que nous avons citees, 
et celles que nous n'avons pas citees. Si nous n'avions 
pas craint des longueurs, nous aurions rapporte ici de 
quoi epuiser des flots d'encre et donner un enseignement 
et un exemple eloquents. Dieu recompense chacun suivant 
ses intentions et la sincerite de ses desirs. 

Dans le courant de Tannee 1298 1 , eutlieu le renouvelle- 
ment des traites entre le Sultan (Dieu le glorifie !) et les 
nations europeennes, en vue de raflermir la paix et de 
procurer des avantages au commerce. 1 1 fut stipule notam- 
ment que les Chretiens et leurs proteges seraient soumis, 
conime les sujets du Sultan, au paiement des taxes 
makhzeniennes, qui sont de six reaux par charge de t«He. 

Durant cette periode, qui correspond au milieu de Tan- 
nee precitee, le Sultan (Dieu le glorifie !) se livra aux 
preparatifs de harka, afin de quitter Mekn&set Ezzei'toun 
pour se rendre a Morr5kch-la-Rouge, ou, etant arrive vers 
la fin de Tannee, il celebra la fete des Sacrifices. 

Quand commenca Tannee 1299 2 , le Sultan (Dieu le glo- 



1. Tcxle arabe, IV" partie, p. 261. 

2. Ibidem. 



DYNASTIE ALAOUIE DU MA1K)C 327 

rifie!) prepara une expedition dans la region de l'Extreme- 
Sous. Prenant ses dispositions a cet effet, il ordonna aux 
tribus de Doukk&la et de T&mesna de transporter du ble, 
de l'orge et de la paille aux ports d'Eljedida et d'Edd&r 
Elbaidd, d'oii ils devaient £tre embarques a destination 
de la c6te de TExtreme-Sous pour servir d'approvisionne- 
ments a Tarmee. Le motif de cette decision etait le sui- 
vant : les Espagnols etaient tres desireux de prendre 
possession d'un port de la c6te du Sous a la suite du traite 
de paix conclu avec eux pour mettre fin a la guerre de 
Tetouan. Leurs navires de guerre et de commerce allaient 
et venaient sur cette c6te, pour t&cher de s'attacher ses 
habitants par des echanges commerciaux et des projets. 
On ignore si ceux-ci accepterent leurs propositions ou 
s'ils les repousserent. Le Sultan (Dieu le glorifie !) fit des 
representations aupres de leurs chefs, qui repondirent 
que la paix de Tetouan ayant stipule Touverture d'un port 
du Sous, ils avaient decide de proceder eux-m£mes a 
Texecution de cette clause, et que si on les en emp£chait, 
Tatfaire aurait les suites qu'elle comportait. Le Sultan 
(Dieu le glorifie!) jugea qu'ii etait de son devoir de se 
rendre dans ce pays poury traiter lui-meme cette question, 
d'autant plus que ses habitants n'etaient plus soumis 
depuis longtemps d'une facon reguliere a Tautorite impe- 
riale. II se mit done en route au mois de ramad&n. Arrive 
dans le voisinage de TOued Noul, il pacifia cette contree, 
y installa des q&dis et des gouverneurs, et etablit un port 
pour Pexportation et Timporlation, le port d'As&ka. II 
ecrivit a ce sujet aux gouverneurs du Magrib la lettre 
dont voici le texte : 

« Ensuite : 

« Nous sommes parti de Morr&kch, par la force et la 
puissance de Dieu, par sa vigueur victorieuse et son pou- 
voir. Les armees triomphantes de Dieu sont nombreuses, 
et ses troupes sont rangees en longues files. Leurs eten- 



330 ARCHIVES MAROCAINES 

ouvraient, nous avons encore, avec l'aide de Dieu, eleve 
leur prestige et nous avons consent! a maintenir leur 
situation, en renouvelant a chacun son dahir et en lui 
assurant la noblesse qui lui avait ete concedee. 

« Mais le but le plus important de ce voyage beni etait de 
proteger ces Musulmans et de defendre leur pays, leurs 
existences et leurs biens contre les convoitises de ceux 
qui jettent sur eux un regard d'espoir. Ce resultat devait 
etre assure par Touverture d'un port sur TOued Noul, a. 
un endroit appele As&ka, sur le territoire des deux tribus- 
des Tekna etdes Alt BA'AmrAn, qui devait avoir pour efl'ets 
de favoriser la defense et de faciliter aux habitants de cette 
region leurs achats et leurs ventes. II est certain, en eft'et, 
qu'il est formellement present de fermer les portes du 
mal et que la Loi Sainte ordonnc de conduire Tegare dans 
la bonne voie. Ces deux tribus se sont rendues avec 
empressement aupres de notre Haute Majeste quand nous 
eitmes franchi TOued Ou&lg&s, et nous nous somnies rendu 
dans leur pays avec les armees de Dieu, corame le mede- 
cin genereux. Elles ont recu notre etrier fortune dans 
tine localite appelee Amsa, dans le voisinage d'un port 
noninie Aglou, qui est a rextremite du pays des Ait 
BiVAmr&m appele Ess&hel. La distance entre Amsa et le 
port qifil s'agissait d'ouvrir est de deux etapes, e'est- 
a-dire de treize heures de route. 

« Venus avec leurs cherifs, leurs fqihs, leurs marabouts et 
leurs notables, et les chei'khs qui possedenl le commande- 
menl, les liabitants du pays recurent Taccueil reserve a 
leurs pareils et les egards qu'il convenait de leur temoi- 
gner. Apres leur avoir designe un certain nombre de gou- 
verneurs qui doivent ^tre, avec l'aide de Dieu, com me des 
armes dans ces regions, nous nous sommes entretenu avec 
eux de la question du port. Quand nous leur avons ordonne 
d'ouvrir ce port, ils ont obei comme celui qui du matin au 
soir travaille activemeut a etre agreable a Dieu et a son 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 331 

Prophete. Puis nous avons envoye sous leur conduite un 
detachement compose de notables eminents du gutfich 
auxquels nous avons adjoint des fqihs et des mouhendis 
experiments pour etablir ce port et en fixer le plan confor- 
mement aux regies etablies et aux principes de la science. 
Notre presence dans le pays et les circonstances obli- 
geaient a commencer par ces travaux, par egard pour les 
serviteurs de Dieu ; il en resulta que Dieu mena a bien 
cette affaire, en accorda la solution et la fit reussir. Vous 
ne voulez rien sans que Dieu le veuille ; dites m£me que 
la grAce est entre les mains de Dieu et que vous ne posse- 
dez rien qui ne vienne de Dieu. 

« Apres cela, nous avons continue a sojourner dans cette 
localite pour attendre le retour des envoyes, cars'ilsreve- 
naient apres avoir rempli leur mission avec succes, nous 
devions louer Dieu dont la bienveillance permet d'accom- 
plir les oeuvres pies ; si, au contraire, ils n'avaient pas 
reussi, notre intention etait, avec Taide de Dieu, de nous 
mettre en route pour gagner ce port et de parcourir cette 
region. 

« Nous avons alors etabli un qfti'd, choisi parmi les q&i'ds 
de notre gu&ich fortune et parmi ceux qui possedent un 
jugement droit, et nous lui avons fixe comme residence la 
qasba de Tiznit, ou residait autrefois le Makhzen, avec 
mission de preter son concours a tous les autres gouver- 
neurs du Sous, depuis TOued OuAlg&s, jusqu'aux confins 
de TOued Noul et de Goulimimim ; ces gouverneurs 
doivent s'entendre avec lui pour toutes les affaires impor- 
tantes qui surviendraient dans leur ressort, surtout 
lorsque le Makhzen sera eloigne de ces regions. D'autre 
part, nous avons fait connaitre aux habitants que ce q&id 
est la pour leur servir de conseiller et surveiller la reali- 
sation des projets en vtie desquels nous avons ouvert ce 
port. Cette decision leur a cause la joie qu'eprouve a se 
desalterer celui qui a soif, et a retrouver son chemin celui 



332 ARCHIVES MAR0CA1NES 

qui est egare. Temoignage a ete recueilli contre eux de 
Tacceptation de tout ce que nous avons decide, et un acte 
dans ce sens a ete dresse concernant ce que nous avons 
etabli. Ainsi a ete consommee Toeuvre que nous nous 
etions proposee. 

« Puisse Dieu Tres-Haut purifier cette oeuvre, et dans sa 
bienfaisance et sa generosite, considerer ce voyage beni 
comme un djihdd agree. II estbon, genereux, bienfaisant, 
riche et doux. 

« Salut. 

« Le dernier jour de cha'b£n de Tannee 1299. » 

Fin de la lettre du Sultan (Dieu le fortifie !). 

Dans les derniers jours du mois de safar 1302 ! , lescom- 
missaires espagnols quitterent les ports du Magrib, ou ils 
etaient demeures plus de vingt ans pour se faire payer la 
somme convenue pour la conclusion de la paix apres la 
guerre de Tetouan. Le chiflre de la somme totale etait de 
20 millions de piastres fortes ; le sultan Sidi Mohammed 
ben 'Abderrahm&n (Dieu lui fasse misericorde !) avait paye 
10 millions comptant, les 10 autres millions furent ceux 
que se firent payer les Espagnols pendant cette periode. 
Des commissaires espagnols s'etaient etablis dans les ports 
du Magrib avec les Ouman^ du Sultan, et chaque groupe 
encaissait la moitie des recettes jusqu'au moment ou tout 
fut verse. 

Dans la matinee du lundi 2 rabi* II de cette annee-la, 
expira le cheikh lumineux, qui se distingua par la fre- 
quence du nom de Dieu dans la bouche et par son humi- 
lite, Abou c AbdallAh Mohammed Elhdchim Ett^lbi, un des 
saints personnages de Sale. II mourut subitement. La veille 
au soir, il avait fait un diner leger suivant son habitude ; 
il s'etait retire ensuite dans sa chambre pour faire la priere 
du 'achd et reciter ses ouerds, comme il le faisait toujours. 

l.Texte arabe, IV- partie, p. 263. 



384 ARCHIVES MAR0CA1NES 

l'eiulroit appele Elqebdb. C'etait (Dieu lui fasse miseri- 
corile !) un savant jurisconsulte. Intransigeant, il disait la 
verite avec franchise, sans tenir compte du rang de celui 
a qui il la disait, ce qui lui attira dailleurs des rudes 
epreuves de la part du Sultan, mais sans qu'il changeit 
d'attitude ou se departit de son courage et de son impe- 
tuosite. 11 a laisse un certain nombre d'ouvrages, dontle 
plus reniarquable est unabrege de la Hdchia de Errehouni 
sur le Mokhtasar du chelkh Khelil (Que Dieu le couvre 
do nouvoau de sa misericorde !'/•. Ainsi soit-il. 

Nous sommes arrives a Tannee 1303 *. 

Hans la nuit du 29 safar, il y eut une pluie considerable 
dVtoiles qui furent lancees dans la direction de 1 est et de 
louosl. dans des conditions tout a fait inusites, qui me 
rappelerent la description de la guerre par Bech&r ben 
Herd Kla'ini. 

<* On out dit que des tourbillons de poussiere volaient 
sur nos totes et que notre pays etait la nuitdontles etoiles 
nous carossaient. v 

Co phenomene dura depuis le coucher du soleil jusqu a 
minuit. 

A cetto epoque eurout lieu, entre lhomme secouru de 
Dieu, qui avail souleve les contrces de l'Abyssinie el du 
Soudan, sous lo litre d Ehnahdi. et 1 armee anglaise. d'iin- 
portantes batailles, qui no faisaient que suivre d'autres 
combats aussi graves. Le Mahdi remporta alors sur les 
Anglais la viotoire la plus complete. Si parler de lui ne 
sortait pas du cadre de eel ouvrage. j aurais rapporle toutes 
sos actions qui sonl des plus surprenantes. 

Au milieu du mois de nib:* Y : de 1 annee susdite. fut 
publioo uno lettre du Sultan Dieu le fortifie ! ordonnant 
lubolitiou des taxes prelevees aux pc-rles des villes et des 
lnmr^ulos ot payees jusqu alors par la population sur les 

K IVvtc ac*l*^ IV* part*, f^ 3 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 335 

animaux charges de marchandises de toutes sortes. II ecri- 
vit a ce sujet au gouverneur de Sale a cette epoque la lettre 
<lont voici la teneur, venant apres la formule d'introduction 
et le sceau oil est inscrit le nom du Sultan (Dieu le for- 
tifie !) : 

« A notre serviteur integre Elh&ddj Mohammed ben 
Sa'id EssMoui (Dieu vous protege !). 

« Le salut soit sur vous, ainsi que la benediction de 
Dieu ! 

« Ensuite : 

« Dieu a dilate Notre coeur en Nous permettant d'abolir 
les taxes qui etaient exigees a toutes les portes des villes 
et des ports sur les marchandises qui y passaient a Tentree 
et a la sortie. Nous avons edi-cte a Yamin elmouslafdd de 
Sale, ainsi qu'a ses colleguesdes autres villes, notre ordre 
cherifien l'invitant a congedier les fermiers des portes de 
votre cite qui eflectuaient la perception des droits et 
s'occupaient de tout ce qui le concerne, a faire avec eux 
le compte de leur administration jusqu'au jour de la cessa- 
tion de leur exercice, et a envoyer une note de tout cela 
& Notre Majeste elevee en Dieu. 

« II n'y a rien de change en ce qui concerne les endroits 
^autres que les portes oii des taxes sont percues; c'est une 
question que nous nous reservons d'examiner, avec Taide 
-^le Dieu. 

« Nous vous avons avise de ce qui precede pour que 
^vous en soyez prevenu. 
« Salut. 

« Le2rabi c I er 1303. » 

La lecture de cette lettre fit plaisir a la population, qui, 
-^Ju fond de son coeur, fit des vceux pour la victoire et le 
^•enforcement du Sultan. Nous demandons a Dieu de mettre 
le comble a ses faveurs envers les Musulmans, en leur 
-accordant la levee des dernieres taxes imposees aux mar- 
chandises vendues sur les marches et en les delivrant de 



336 ARCHIVES MABOCAIXES 

cette calamite. car Hen nest plus malheureux pour un goo- 
vernement que ces meks Dieu nous en preserve ! . 

Le 10 djoumada II de la meme annee. le sultan Motilav 
Elhasan Dieu le fortifie ! quitta la capitate de Morrikch 
pour faire une expedition dans 1 Extreme-Sous et dans les 
pays situes au dela ou se trouvent les 'Arabs MaVjil et toutes 
les tribus du Sahara. II avait appris que les sujets de cette 
region etaient en ebullition et qu'ils s'etaient revoltes con- 
tre leurs gouverneurs. II avait ete informe egalement que 
des negociants anglais, debarques clandestinement dans 
un port de cette cote nomme Tarfaya. avaient noue des rela- 
tions commercials avec des tribus du pays et avaient 
Tintention d'elever des constructions dans cet endroit. Le 
Sultan partit done pour mettre un terme a ces desordres. 

Arrive au cofur du Sous, quand il eut ameliore la situa- 
tion de ce pays et retabli l'ordre dans diverses regions, le 
Sultan ecrivit aux gouverneurs du Magrib une lettre dans 
laquelle il disait apres la formule dintroduction : 

« Ensuite : 

<f Par la puissance de Dieu, le fort, Tassistant. qui ouvre 
ce quil a ferme quand il le veut. immediatementou au bout 
de quelque temps, qui par sa protection soutient son 
esclave partout on il va, partout oil il arrive, partout ou il 
se met en route, partout oil il se repose, nous vous ecri- 
vons cette lettre le jour de notre arrivee chez nos servi- 
teurs les tribus des Aft Ba'Amr&n. la plus importante des 
tribus de FExtreme-Soiis. Nous vousfaisons connaitre que 
par les succes ininterrompus, les victoires et les sourires 
de la bouche du temps, le Souverain Maitre a realise, dans 
cette expedition benie, les esperances que nous avions 
fondees dans le Sublime Bienfaiteur. Voussaurezainsi que 
Dieu peut tout, qu'il detient dans ses mains les affaires des 
cieux et de la terre, qu'il est le protecteur, le secourable, 
qu'il entend et voit tout. 

« Quant a ces tribus du Sous, ces populations du S&hel, 



DYNA8TIE ALAOUIE DU MAROC 337 

elles sont venues au-devant de notre etrier fortune en 
foules nombreuses, deployant en avant des cohortes de 
Dieu victorieuses les etendards de la joie, groupees cha- 
cune avec leurs notables et tous ceux que Ton remarque, 
leurs fqihs, leurs chorf& et leurs marabouts, sans qu'un 
seul d'entre eux manqu&t, temoignant, par leur docilite et 
leur soumission et a son Prophete, de leur desir de se 
concilier nos bonnes graces cherifiennes, deposant devant 
elles leurs presents, se faisant un rempart de leurs fils, de 
leurs freres et de leurs esclaves, tendant le cou de Tobeis- 
sance, et manifestant leur empressement a nous servir et 
a bien se conduire. Elles ont apporte leurs mo&nas en 
rapport avec leurs moyens. Elles ont aplani pour le pas- 
sage de Tarmee fortunee les parties mauvaises de leurs 
chemins qu'elles ont rendus praticables. Et nous, de notre 
cote, nous les avons traitees avec bienveillance, nous leur 
avons temoigne de la bonne humeur, et notre accueil a 
repondu a la joie qui les animait. 

« Et maintenant, gr&ce a Dieu, nous nous occupons de 
resoudre la question qui nous a amene a porter ici nos 
pas et qui a ete Inoccupation de nos pensees et de nos 
reflexions : Tetude de Touverture du port d'As&ka, qui est 
la clef des rivages de TOued Noiil, le point de rencontre 
des tribus arabes et berberes, le lieu ou viennent 
converger les habitants de toute cette region, et speciale- 
ment les deux tribus des B& 'Amr^n et des Tekna, pour 
lesquels il est une mere, line source d'ou sont issus ces 
deux freres jumeaux qui sucent le pur lait de ses mamelles, 
et, avec ces deux tribus, toutes les tribus des 'Arabs et 
des Berbers qui rayonnent autour d'elles, ou sont placees 
sous leur dependance pour avoir suce leur lait et s'en ^tre 
abreuvees. Mais nous ne realiserons ce projet que si ce 
port remplit les conditions requises, s'il doit etre avan- 
tageux pour les Musulmans et pour Tlsl^m. Puis, nous 
etudierons a plusieurs reprises le plan sur lequel il devra 

ARCH. MAROC. 22 



386 ARCHIVES MAflOCAlNES 

etre construit ; nous nous assurerons qu'il repond a tous 
les besoins (Tune facon apparente et reelle, et pour le mettre 
a -execution, avec l'aide de Dieu, nous rechercherons le 
moyen le plus sage et l'accord le plus parfait avec les 
coutumes de ces regions. Si ce port est le meilleur, nous 
realiserons notre projet ; sinon, nous y renoncerons pour 
en rechercher un autre. Le Tres-Hauta dit : « Quand nous 
« eflacerons ou oublierons quelque chose d'un verset, nous 
« le remplacerons par quelque chose de meilleur ou de 
« pareil. » Nous ne manquerons pas de vous faire part des 
resultats de cette question et de parervos oreillesde celui 
de ses secrets qu'il aura devoile. car toute entreprise 
aniene un resultat. 

m Dieu est le inaitre auquel il faut demander appui et 
qui conduit dans le droit cheinin. Quel excellent maitre ! 
<juel excellent mandataire! 

« Salut. 

« Le i* du mois beni de cha'ban 1303. ■• 

l>e rExtreme-Soiis. le Sultan Dieu le fortilie ! se 
rendit dans le Sahara deGoulimim. La il recut les cheikhs 
et les notables des 'Arabs Ma'aqiL qui vinrent expri- 
mer leur humble obeissance. La venue du Sultan dans 
lour pays leur procura une si grande joie. que Templace- 
ment oil etait plantee sa trnte est jusqu'a ce jour une 
mtztira* oil ils viennent se benir. Ni eux. ni leurs peres, 
n'avaient vu de Sultan sur leur territoire ou n'avaient 
entondu parler dun pareil evenenient. lis firent des 
courses de chevaux et de chameaux en sou honneur, et 
se livrerent au jeu de l& poudre. Les Arabs du Sahara 
font, en effet, desccmrsesdechanieauxcomme des courses 
tie chevaux. 

IV la, le Sultan Dieu le fortifcie! euvoya au port de 
\l\nrf Ay a une portion Je son gueidu qui detnolirent les cons- 
tructions vlevees par ces Chretiens anglais et en firent dis- 
paraitre toute trace, tandfs que les Chr eti e ns prenaientla 



DYNASTIE ALAOUIE DU MA ROC ftftp 

fuite vers leurs vaisseaux qui croisaient sur la cdte. II (it 
construire (Dieu le fortifie !) le port d'Asftka, qui dcvint un 
lieu d'importation et d'exportation, etablit un service do 
defense et de garde sur toute la cdte depuis AgAdfr jus- 
qu'a Goulimim, et annonea par lettre toutes ces disposi- 
tions aux gouverneurs du Magrib. 

Apres cela, il se mit en route pour revenir, et sur son 
passage ch&tia la tribu des Ida ou Tanfln qui habitant 
TExtreme-Sous. 

Voici comment finit TafFaire anglaise : les membres du 
Gouvernement anglais, d'abord tres emus, arrivArent, 
comme d'habitude, a se calmer par le tapage qu'ils fai- 
saient, puis consentirent quelques concessions; enfin Tin- 
cident fut regie a l'amiable moyennant unc somme d'ar- 
gent que le Sultan leur versa pour avoir la paix et ecarter 
un plus grand danger. Toutes choses appartiennent k Dieu 
seul ! 

Le mardi 24 djoumdda II de la m«*me annee, dans la 
soiree, le ciel se couvrit de nuages epais et noirs, h Mor- 
rakch et dans les environs. L'n vent d'une violence 
efiravante se mit a souffler et le tonnerre retentit avec 
fracas. Puis il tomba des gr£lons plus gros que des orufs, 
Un grand nombre de maisons torn be rent a MorrAkch et de 
nonibreuses personnes. plus d'une centaine a ere qu'on dit« 
succomberent sous les decornbres. Les gens firent leurs 
adieux a leurs parents et a leurs amis, et allerent se 
refugier dans les mausoleesdes saints, ou ils se mirent a 
demander pardon de leurs fautes et a adres<*er a Diem 
Tres-Haut d'humMes prieres. Deux heures apres, le ciel 
s'eclaircit. Dies soil lone d'avoir ete clement apres avoir 
su et d'avoir fait grace apres avoir decrete- 

Cette annee-la« les nations europeennes demanderent 
avec one novrelle insrstance une diminution de* larifs de 
douane* el soUieiterent do Sultan Dieu le fortifie " une 
diminution de* droits appliques aux fnarckandi^e^ d e*por- 



Utliou dont la sortie etait deja peraiiise. et la faculte d ex- 
ytfUtT de* merchandise* dont la sortie etait suspend ue. 
JIa brent de noinbreuses demarches a ce sujet et mani- 
featerent uue grande agitation. En presence de leur vive 
instance et de leur attitude comminatoire. le Sultan 
'fJieu le fortifie ! decida de demander par letire un conseil 
a nen HujeU. 

Void ce qu'il disait dans cette lettre apres les formules 
dintroduction : 

" Depuis de nombreusesannees. quelques representants 
de* Puissances a Tanger nous demandent dune facon 
pacifique et amicale le renouvellement des traites de com- 
rnerce et riotamment la libre exportation des grains de 
ton ten especes, du detail et des b£tes de somme, etc., et 
la reduction des droits d'exportation, en invoquant le 
profit qui en resultera pour le Tresor et les sujets. Depuis 
pre* de cinq ans, nous nous defendons, nous meltons des 
obstacles et nous temoignons de bonnes dispositions, sui- 
vant les circonstances et le moment, nous inspirant de 
cette parole du Prophete (Dieu prie pour lui et lui donne 
le salut'.j : « Dans les incidents et les affaires, montrez- 
» vous tour a tour intraitableset bien disposes, afin demain- 
« tenir ce qui existe. » On ne peut faire rien de moins, 
surtout dans le moment actuel auquel s'appliquent ces 
paroles du Prophete (Dieu prie pour lui et lui donne le 
saint!; : « In temps viendra oil les vivants passeront sur 
« les tombeaux des morts en disant : « Que ne suis-je a votre 
v place ! » 

« Dieu nous garde de vouloir attirer sur les Musul- 
uiaiiH la cherte des denrees ou de consentir a rien qui 
puissc leur faire du tort! Le temoignage de Dieu est 
siiflisant ! Comment, d'ailleurs, en serait-il autrement? 
Dieu a place les Musulmans sous notre responsabilite, 
el le Prophete (Dieu prie pour lui et lui donne le salut !) 
« dil : « Vous 6tes tous des bergers, et comme tout 



DTNASTiE ALAOC1E DC MAROC MI 

« berger tous avez la responsabilite de votre troupeau* * 
«< Mais leurs deniandes sont devenues pressantes* ils les 
soutiennent tous d'un commun accord et ne veil lent pas v 
renoncer. Dans ces conditions, comnie la situation mona- 
cal t d'entrainer des consequences qu'il faut redouter, nous 
axons estime qu'il ne nous restait plus qu % 4 en faire part 
et a demander conseil aux gens competents, et nousavons 
consulte tous ceux qui se distingucnt par la droiturt\ le 
merite, la piete, le bon sens, Intelligence et la sagosso, 
et se continent dans la religion et leur droiture. Leur avis 
n'a pas ete favorable a ces deniandes : ils ont etc unanimes 
a declarer qu'il n'y avait pas le moindre intenH & accorder 
Texportation et ont explique les dangers qui pourraient 
en resulter. Suivant eux, Texportation des animaux aurait 
pour premier eflet prejudiciable de les rendre tn>s chora 
pour les pauvres, et m£me d'entrainer leur extinction 
complete dans le pays, sans parler d'autres consequences 
qu'il serait trop long de mentionner ici. Une reduction des 
droits de douane entrainerait une diminution des recettes 
que le Makhzen emploie pour faire face a l'entretien du 
guei'ch et des soldats, et pour le bien general des Mustib 
mans ; ce qui Fobligerait a taxer ses sujets en doublant les 
meks et en etablissant des impdts fonciers pour renforcer 
le Tresor et Tarmee ; il en resulterait un aflaiblissement 
pour la population. Ils ont repondu, d'autre part, avec do 
longs details qu'une seule feuille ne pourrait contenir, en 
ce qui concerne les avantages financiers profitables a nos 
sujets fortunes, qui resulteraient, suivant les representants 
des Puissances, de Texportation qu'ils desirent obtenir. 

« Voyant que cette aflaire etait sur le point de prendre 
une tournure plus grave, nous avons cherche « k reparer 
« Taccroc en faisant une reprise ». Obeissant a cette parole 
de Dieu : « S'ils inclinent a la paix, tu t'y pr£teras aussi... », 
nous avons incline a la conciliation et nous avons opte 
pour celle des deux solutions qui presente les moindres 



346 ARCHIVES MAR0CA1NES 

quoi que ce soit aux infideles, sauf en ce qui concerne le 
QorAn, les Musulmans, et autres choses similaires, parce 
que leur force est arrivee a un point que personne n'aurait 
pu soupconner ni escompter. 

« Mais Dieu voudra nous reserver quelque chose qui 
nous dedommagera d'eux. II est en mesure de le faire, il 
ie peut, et nous Tattendons de lui. 

« Mais, me dira-t-on encore, il y a un autre danger a per- 
mettre la vente de ce que les chretiens ont demande. C'est 
de rendre difficile aux Musulmans leur subsistance et 
leurs benefices. Si les Chretiens se mettent a acheter les 
produits dont il s'agit, ceux-ci rencheriront et les prix 
monteront, ce qui causera un grand prejudice aux Musul- 
mans. C/est pourquoi les docteurs ont considere comine 
illicite Taccapareinent de tout ce qui est necessaire a 
rhomme, comme les aliments, les peaux et les vetements, 
et ils ne le permettent pour les aliments et les similaires 
que si, Tannee etant abondante, il ne peut nuire a per- 
sonne. 

« Je dirai a cela qu'aujourd'hui la population, gr&ce a 
Dieu, jouit de Tabondance, et que la gene que lui cause- 
rait pour sa nourriture et ses profits Texportation de ces 
produits par les chretiens est douteuse : elle peut se pro- 
duire et ne pas se produire. Or, au point de vue du Chera\ 
le doute est toujours rejete, tandis que Targument des 
dangers que nous aurions a redouter des chretiens en cas 
de refus et d'hostilites, est absolument decisif, quand on 
tient compte de sa vigueur et des usages. 

a Mais, dira-t-on, non seulement la misere n'est pas dou- 
teuse, mais, selon toutes probabilites, elle se produira. 

« Cela nest point probable, car nous voyons les chretiens 
embarquer depuis bien longtemps des produits nombreux, 
notamment des farinaces, et gr^ce a Dieu le bon marche 
se inaintient. D'ailleurs, il sagit la d'une chose inconnue: 
en pareille matiere, il n'appartient a personne de se pro- 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 347 

noncer pour le plus ou le moins cle probabilites, car tout 
jugement base sur des suppositions est un veritable pre- 
juge contre le Tres-Haut en ce qui concerne ses desseins 
secrets, et est illicite. De plus, quand ils nous acheteront 
quelque chose, les Chretiens en donneront un prix notable 
et paieront des droits de douane importants : les sujets 
eux-memes et le Sultan auront a y gagner ; et c'est la, il 
me semble, un avantage incontestable, d'autant plus que, 
comme nous l'avons dit, le rencherissement des denrees 
est douteux. 

« En resume, cette question donne matiere a de nom- 
breuses recherches et deductions : le peu que nous indi- 
quons suffira pour ceux qui examineront la chose avec 
perspicacite. Dieu les aidera* 

« Prenons maintenant la question sous son second aspect, <p 
e~ etudions-la au point de vue du bon sens et de la poli- 
tique, en nous inspirant forcement du droit, car toute 
politique qui ne s'eclaire pas de la lumiere de la Loi sainte 
est une erreur. 

« On sait qu'a Theure actuelle, les chretiens sont arrives 
aTapogee de la force et de la puissance, et qu*au contraire 
les Musulmans, Dieu les rassemble et repare leur deroute, 
sont aussi faibles et desordonnes que possible. Dans ces 
conditions, comment est-il possible, au point de vue du 
bon sens et de la politique, etmeme de la loi, que le faible 
se montre hostile au fort ou que celui qui est desarme 
livre combat a celui qui est arme de pied en cap ? Com- 
ment peut-on trouver naturel que celui qui est assis ren- 
verse celui qui est debout sur ses jambes ouadmettre que 
les moutons sans cornes combattent ceux qui en ont. 

« Si je le pouvais, je me preoccuperais de mettre a exe- 
cution mes resolutions ; mais la ceinture de sevrage a 
separe la chamelle de son petit. 

« Jamais politique, jamais loi n'a conseille la guerre dans 
de pareilles conditions. Aussi, quand le Prophete de 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 349 

lui une augmentation des rapports entre eux et nous. Cer- 
tes c'est un danger pour nous, et quel danger ! d'entrer 
en relations avec eux et de les frequenter, mais celui de 
leur faire la guerre est encore plus grand. II n'est ni sage 
ni politique de declarer la guerre a celui qui nous propose 
la paix, tant que celle-ci est possible. Le Prophete lui- 
meme nous en a donne Texemple le jour d'Elhodeibiya. 
Ses compagnons s'etaient irrites de cette paix et Tun d'eux 
lui ayant m£me dit : « Par Dieu ! ce n'est plus une vic- 
toire ! » il leur repondit : « Nous avons defendu les appro- 
ches de la maison sacree. (Test la plus grande victoire que 
nous puissions remporter : les idol&tres ont bien voulu 
vous eloigner joyeux de leur pays, vous demander votre 
sentence et solliciter Tainan... » 

« C'esta cela aussi qu'il est fait allusion dans cette parole 

<lu Tres-Haut : « S'ils inclinent a la paix, tu t'y preteras 

iiussi et tu mettras ta confiance en Dieu. » Dieu a dit ces 

juots, apres avoir dit: « Mettez done sur pied pour lutter 

contre eux toutes les forces dont vousdisposez et de forts 

-escadrons... » pour montrer que la paix est licite, m£me 

«Ians le cas ou les Musulmans ont pour eux la force et sont 

prcts a combattre, ainsi que le font remarquer certains 

<'oininentateurs. N'en sera-t-il pas de memequand ilsn'ont 

3ii la force ni la preparation, et qu'ils ne subsistent que par 

la generosite de Dieu ? Cependant les interpretateurs ne 

sont pas d'accord sur la question de savoir si le verset dont 

il s'agit n'est pas annule par un autre. L'opinion admise, 

«jue Ton trouve dans plusieurs ouvrages et notamment dans 

Je Kechchdf, estqu'en pareille matiere la decision appar- 

^tient a l'lmdm, qui est juge de l'utilite que presentent pour 

1' Islam et ses fideles la paix ou la guerre : sans qu'il soit 

^ormule qu'il faut combattre ou toujours faire la paix. 

« Je suis egalement cette doctrine, et en consequence 
je considere comme licite la treve, meme moyennant paie- 
inent d'argent, comme on Ta vu. 



' I>r verset prwifce proo^e. d ailleurs- «p** la pais rant 
fnieui <%%\* la guerre : e e>t oe qe admet. en effet le Chera 
et L» nature uieine de~ clKr****. En ce qui o>ncen*e le Chen 
la cfeo^e e«>t perinLse par ce Terset : par lanecdote dXlho- 
deibiva : par la parole de Dieu : • la paix rant mieux : 
par cette autre par->le : • et la revolte est plus grave que 
le riieurtre : par le> deux versets precites. qui. biea que 
reveles poor uo cas particular, peuvent servir d'argu- 
Hf-ftfe a \ appui de noire these, comme il pourrait servir 
pour d autre^. puisqu ils son! de ces sentences courantes 
pawnee* en piwerbes : par ces moU de Ali. Dieu soit sa- 
tisfait d* Iui ! quidit : Je n ai jamais provoque person ne 
an combat, et perxiune ne ma jamais provoque sans que 
j aie accepte . et qui ajouta. comme on iui marquait sou 
etonnement : Celui qui provoque a la guerre est un 
transgre^seur. et le transgresseur est tou jours terrasse. * 
Au point de vue de la nature mrme des choses, nous 
navous pas besoin de preuves. car tout homme raison- 
nabie sait que la paix est meilleure que la guerre. Cherik 
dit un jour a Mo'aouiya. Dieu soit satisfait deux ! au cours 
d'une discussion : ** Tu es un homme de guerre, mais la 
paix est meilleure que la guerre. .> Elhosain ben Namir 
EsseLoi'mi dit a Ibn Ezzoubefr. Dieu soit satisfait de lui ! 
le jour de la mort de Yazid. tils de Mo'aouiya: « Viens 
avec rnoi a Damas. pour que j invite la population a te 
preter serment de lidelite. car personne d autre que toi 
ne saurait etre appele au Khalifat. •• — •« Je n irai pas» 
si je ne dois pas tuer dix habitants de Damas pourchaque 
homme du Hedj&z qui sera tue »•. repondit Ibn Ezzoubeir, 
en criant. «* Je te parle en toute confidence •». Iui dit alors 
Elhosain. < et tu me reponds par des cris. Je t'invite a 
fa ire la paix et a prendre le Khalifat, et tu me provoques 
a la guerre et a la lutte. Ceux qui pretendent que tu es 
le Heau des Aral>es ont menti ! » On voit que ces reprc- 
ches lui etaient inspires par le bon sens. L'auteur du 



DYNASTIE ALAOUIE DU WAROC 351 

Kechchdf et d'autres ecrivains citent a proposde la parole 
de Dieu : « S^ils inclinent a la paix, tu l'y pr^teras... » ce 
vers d'E-l'abb&s ben Merd&s, Dieu soit satisfait de lui ! 

« La paix, tu peux en prendre ce qui te satisfait, mais la 
guerre, il te suffira d'en boire une gorgee. » 

« Dans le Kitdb Elfitan du Sahth d'ElbokhAri, il est dit 
que « les anciens s'eflbrcaient dans les resolutions de 
s'inspirer des vers suivants : 

« La guerre a son debut est line jeune fille qui cherche 
a gagner les ignorants par sa beaute. 

« Mais quand elle s'est allumee et que sa conflagration 
s'est repandue, elle n'est plus qu'une vieille femme qui 
ne trouve plusde mari, 

« Dont les cheveux grisonnants n'ont plus de couleur, 
qui est toute changee, et qu'on ne voudrait plus flairer ni 
embrasser. » 

« Cela signifie, au dired'Elqastal&ni, « qu'ils s^inspiraient 
de ces vers pour se representer ce qu'ils avaient vu et 
entendu des effets de la revoke, et qu'ils s'en souvenaient 
en les recitant. Ainsi ils renoneaient a y participer, pour 
ne pas se laisser tromper, des le debut, par ses appa- 
rencies . » 

« Et, en effet, vous verrez tou jours la canaille ignorante, 
qui n'a pas la pratique des guerres et qui n'a pas ete ins- 
truite par Texperience, prete, des qu'apparaissent des 
symptdmes de revoke (nous demandons la paix a Dieu !), 
a y participer et souhaiter le trouble qui Taccompagne. 
Vous entendrez menie ceux qui ont eu peur d'y prendre 
part dire que, s'ils avaient ete la, ils auraient fait telle et 
telle chose. Le Prophete, sur lui soient les prieres et le 
salut ! a dit : « Ne desirez pas aller au-devant de l'ennemi. » 
Elmoutanabbi decrit dans ce vers 1 etat d'esprit de ces 
poltrons : 

« PaTtout ou il y a un poltron, il veut frapper tout semi 
et charger r^ennemi. » 



Ce pays du Magrib. Dieu soutienne son dernier souffle ! 
est. comme vous le voyez. dans la faiblesse et la disorga- 
nisation la plus extreme. 11 ne conviendrait pas a ses habi- 
tants de courir a la guerre centre l'ennemi infidele. qui 
est au contraire extremement fort et puissant. La logique 
nous apprend quil ne peut y avoir opposition ou exclusion 
qu'entre des termes contraires ou identiques, mais pas 
entre des termes contradictoires. Ur. notre situation 
actuelle et celle de l'ennemi ne sont pas des termes con- 
traires. ni des termes identiques. mais des termes contra- 
dictoires. Tirez la conclusion. Ensupposant meme que les 
habitants du Magrib soient aujourd hui egaux a l'ennemi 
par la force et lorganisation. il ne leur conviendrait pas 
de faire la guerre. Ici. les preparatifs et le grand nombre 
des hommes et des combattants ne sont pas tant : il faut 
encore que tous >oient daccord pour obeir et ne ferment 
quun seulceur: il faut encore des reglements qui reu- 
nissent les hommes. des principes qui les dirigenL afin 
que toute la troupe ne forme quun >eul corps, qui se leve 
et sassoit duo seul bloc. Tel est dailleurs le sens com- 
munement admis du hadits ou se trouve cette parole du 
Prophete : * Le croyant doit etre p*»ur le croyant comme 
une construction bien cimentee dont t*_»us les elements se 
S'-utiennent I un 1 autre. S il n*y a pas de reglements et 
de principes. il faut l'autorite de 1 intelligence de la reli- 
gion, la force des convictions. lentente amicale entre les 
Mu^ulman-. l'amour jaloux de la patrie et des choses sa- 
crees. 1 esprit avi>e. 1 "experience de la guerre et des stra- 
tag^mes des idolatres. Or. a l'heure actuelle. sauf de rares 
exceptions, les habitants du Magrib sont depourvus de 
toutes ou a peu pres toutes ces conditions. Des genera- 
tions suecessives ont vecu dans la paix et la treve. et il y 
a longtemps- que leurs ancetres n\»nt pas fait la guerre, 
exp.'rimente ses angoisses. et eprouve lesennemis et leurs 
ruses, lis ne pensent qua manger, a boire et a shabiller, 



$• 



Savez-vous. omon frere, repondrai-je, ceque c'est que 
la gu-rre sainte conseillee par le Cher a et a laquelle est 
reservee la plus grande recompense ? Le d jihad consiste 
a faire la guerre aux idolatre** et aux impies, pour faire 
triornpher la parole du Clement et les amener a professer 
\'s religion de Dieu de gre ou de force, de fagon que la 
par^ie de Dieu soit celle qui reste victorieuse et celle du 
diable qui soit aneantie. Cette guerre doit etre inspiree 
par !a clairvoyance, la purete des intentions et 1 amour 
jal«.*:.x de la religion de Dieu. pi.urvu. et c'est une condi- 
tion essentielle. que les forces soient suffisantes ou peu 
s'en faut. La guerre qui ne serait pas conforine a un seul 
im'-me de ces principes ou conditions, serait plus proche 
de la revolte que du djihnd. Je dirai meme plus: ledjihdd 
legal est impossible depuis longtemps ; comment alors le 
vouloir aujourd'hui ? Provoquer la guerre par ignorance 
de la verite. ce serait vouloir allumer le flambeau de la 
revoke, donner prise a Tennemi sur nous, le mettre 
en possession de nos ports, lui fournir les nioyens de 
prendre nos femmes, notre argent et notre sang deman- 
dons a Dieu de nous en preserver ! a moins que nous ne 
sovons de ceux que Dieu a choisis, dans le cceur des- 
quels il a ecrit la foi. qu'il soutient de son souffle comme 
lespeuples de TAbyssinie et de la Xubie, dont nous enten- 
dons parler. et qui disputent aux soldats anglais les 
confms de la Haute-Kgypte. Ccux-la, nous le savons par 
des nouvelles consecutives et sures, le Gouvernement 
anglais a epnise ses ruses contreeux : il a eu beau envoyer 
d'Egypte a plusieurs reprises des soldats munis de toute 
la force et la puissance possible, ils les ont complete- 
inent aneantis, et cependant ils ne combattent le plus 
souvent qu'avec des lances, comme le font toujours les 
habitants du Soudan. La victoire est entre les mains de 
Dieu! 

« Etudions enfin la question sous son troisieme point de 



35T> -ARCHIVES MABOCAINES 

la connaitre. La d& termination prise par le Prince des 

Croyants sera la n<!> tre, et nous ratiherons ce qu'il aura 

ratifie. Dieu ne Fa— t-il pas habitue a ses bienfaits? « II 

<c peut se faire que c guelque chose vous repugne et qu'elle 

« soit cependant boL-nee pour vous. « La demande de ces 

nations peut etre aussi mauvaise pour elles, et au contraire 

nous convenir. N'at tendons pas autre chose du Tres-Haut; 

ce n'est pas trop pour lui. Les mesures preparees par eux 

tourneraient alors a leur perdition. Nous sentons deja 

soufiler, grace a Dieu! le vent qui dissipe nos soucis 

passes, puisse Dieu terminer son cruvre de bonte pour 

nous. Ainsi soit-il ! 

« De plus, en nous en remettant a lui de cette affaire, nous 
nous ailranchissons de la force et de la puissance, car la 
destinee nous ayant amene cette question, il convient que 
nous I'accueillions et Tadmettions, tandis que si nous y 
employions nos ruses et notre jugement, nous prendrions 
part a sa direction : or, il y a une difference entre remettre 
a un autre le soin de regler une affaire et la diriger. 
« Dieu conduit qui lui plait dans la voie droite. 
« Le salut soit sur vous ainsi que la misericorde de Dieu 
el ses benedictions. 

« Kcrit par Ahmed ben Kh&led Ennasiri (Dieu lui soit 
favorable !) le 10 cha'LnVn de l'annee 1303. » 

Apres cela, le Tres-Haut donna une belle marque de sa 
bienveillance et permit que la question fiit terminee 
inoyennant de legeres concessions sur la demande presen- 
tee : le Sultan (l)ieu le fortitie !) accorda aux nations Im- 
portation du hie et de Forge pendant trois ans, avecune 
reduction (Tun quart sur les droits de douane, et, gnicea 
Dieu il nVn resulta aucun dommage pour ses sujets. 

L'annee suivante (130/^ ! , le sultan Moulay Elhasan (Dieu 
le fortilie ! ecrivit aux 'Oulama de Fes pour leur demander 

]. Toxic nmlic, tV p partie, p. 270. 



356 ARCHIVES MAROCAINES 

mains du Makhzen et celle qui consisterait a en declarer la 
vente libre. La premiere solution est precisement celle 
que nous evitons, pour les raisons que nous avons indi- 
quees. Quant a la seconde, elle aurait pour resultat d'exci- 
ter la lie du peuple et les gens impudents a user de ces 
herbes d'autant plus que leur prix baisserait. Le fort et 
le faible pourraient done se les procurer. Ce serait leur 
permettre ce qui leur a ete precedemment interdit. lis 
deviendraient plus audacieux et ne redouteraient plus 
aucune surveillance. II en viendrait du pays des Chre- 
tiens des quantites illimitees, qui seraient taxees aux 
douanes comme les marchandises permises ; bref, il resul- 
terait de tout cela des maux plus graves que si le Makhzen 
detenait le monopole de la vente. Nous nous trouvons done 
tres embarrasse. 

« Nous vous invitons, en consequence, a nous indiquer, 
pour nous tirer d'embarras, un moyen conforme aux 
regies de la Loi sainte purifiee, etqui mette notre respon- 
sabilite a couvert ; cette question est tres grave. 

« Salut. 

« Le 23 moharrem 1304. » 

La reponse des 'Oulama de Fes (Dieu les rende plus 
nombreux!) fut longue. Elle disait, en resume, quel'usage 
et la vente de ces herbes etaient illicites, ce qui est la 
doctrine de tous les docteurs et so&fis (sur eux soit Tagre- 
ment de Dieu !). 

Comme le Sultan (Dieu le fortifie !) desirait avant tout 
un conseil sur le moyen de se degager de la responsabilite 
qu'il courait en autorisant la libre vente de ces produits, 
et de se preserver en meme temps contre les consequences 
nuisibles qui en resulteraient et qui sont indiquees dans 
la lettre cherifienne, un de mes amis de Fes m'ecrivit pour 
me parler de ce cas. Je lui repondis par cettre lettre : 

« La reponse faite par nos seigneurs les jurisconsultes 
de Fes, qui interdisent lusage de ces herbes illicites et 



DYNASTIE ALAOUIE D-U MAROC 359 

etablissent que le.Makhzen a le devoir de cesser d'en 
pratiquer la vente, est la veritable doctrine qu'il faut obser- 
ver entierement. Ces hcrbes ont piusieurs caracteres de 
nocuite, dont un seul serait suffisant pour en interdire 
peremptoirement lusage. Nous avons deja traite ce point 
suffisamment dans le KilCib Elisliqsd ; on peut s'y referer. 
La lettre cherifienne dit que l'avantage qui rosulterait de 
ce que le Makhzen saisit ces produits et en pratiquait seul 
la vente, serait d'en rendre Tacquisition difficile a ceux 
qui en usent et de le pennettre seulement a ceux qui 
peuvent en payer le prix, a Texclusion des pauvres. Cet 
avantage est douteux, peut-etre nieme irrealisable. Ainsi 
que nous Tavons declare peremptoirement, ceux qui font 
usage de ces herbes n'y sont portes que par leur noncha- 
lance, leur manque de dignite, leur peu de piete, la 
bassesse de leurs sentiments etleurs preoccupations viles, 
tandis que ceux qui s'en abstiennent sont retenus par leur 
dignite, leur piete solide, leurs sentiments nobles et leurs 
preoccupations elevees. Cette depcnse infime n'entre pas 
en ligne de compte, car ce sont les pauvres et les malheu- 
reux qui en usent le plus. Done, epmme vous pourrez le 
constater, il n'y a pas avantage a en rendre l'acquisition 
difficile par l'augmentation du prix. 

« Puisqu'il en est ainsi, il faut, au point de vue de la loi et 
de la dignite humaine, degager entierement du commerce 
de ces herbes l'lmamat islamique, le Khalifat prophetique 
qui est la source nieme des fonctions spirituelles et des 
charges judiciaires, et rempecher de se souiller a leur 
contact iinpur. Pareille chose est inconvenante pour le 
dernier des Musulmans, a plus forle raison pour le Prince 
des Croyants. De nieme, si Sa Majeste s'ingerait dans 
cette aflaire pour pratiquer le commerce de ces herbes et 
s'en reserver les benefices, Elle pousserait les gens du 
peuple a en faire usage, ainsi que Tont dit les 'OulamA 
de Fes (Dieu les protege !) et on aurait beau les en empfi- 



360 ARCHIVES MAROCAINES 

cher, ils ne se laisseraicnt pas convaincre, et diraient que 
si ces herbes etaient vraiment illicites, le Makhzen ne les 
prendrait pas pour lui et ne s'en reserverait pas les bene- 
fices. En eflet, c'est toujours la parole de celui qui prSche 
d'exemple qui est seule ecoutee ; c'est l'ordre de celui qui 
sait obeir qui est seul execute. Lorsque le Prophete de 
Dieu (Dieu prie pour lui et lui donne le salut !) conclut la 
paix avec la tribu de Qorei'ch au jour d'Elhodeibiya, il 
ordonna a ses compagnons d'enlever leurs vtkements et 
de se raser. Ceux-ci ne lui obeirent pas. II repeta cet 
ordre trois fois de suite, sans qu'un seul d'entre eux ne 
bouge&t. Alors il se leva lui-mdme, et, entrant chez la 
mere de Salama, il lui fit part de leur attitude. « Sors, 6 
« Prophete de Dieu ! lui dit la mere de Salama (Dieu soit 
« satisfait d'elle !) ne leur adresse pas la parole, decouvre-toi 
« le corps, appelle ton barbier et fais-toi raser. » Le Prophete 
(Dieu prie pour lui et lui donne le salut !) sortit et, sans 
dire un seul mot, il se decouvrit le corps et fit venir son 
barbier qui le rasa. Voyant cela, ses compagnons se 
leverent aussitdt, se deshabillerent et commencerent a se 
raser Pun Tautre, si bien qu'ils faillirent se battre. Voila 
pourquoi je dis que les gens du peuple, acharnes a suivre 
l'exemple du prince et des chefs qui ont du prestige, 
ainsi que Texpose Ibn Khaldoun dans son Histoire, au 
livre des CaracUres de la civilisation, s'ils voient leur 
prince faire quelque chose, le font aussi, et s'il s'en abstient, 
s'en abstiennent aussi. 

« Maintenant, la crainte que ces herbes soient importees 
du pays des chretiens, que ceux-ci se mettent a en faire le 
commerce sur les marches des Musulmans et etablissent 
des boutiques pour les vendre, ctqu'il en resulte des con- 
sequences nuisibles, celte crainte, dis-je, est detruite par 
les traites qui existent entre eux et nous, et notamment 
par les articles 2, 5 et 7 du traite de commerce conclu 
avec les Anglais, en particulier, et les autres puissances 



362 ARCHIVES MAROCMTfES 

c'est qu'il accorde a ses su jets des droits qu'il n'accorderait 
pas aux sujets strangers, ou qu'il fasse a quelques-uns de 
ces derniers des concessions qu'il ne ferait pas aux autres; 
mais, pour ce qui le concerne personnellement ou pource 
qui a trait aux avantages de son empire, il peut se reserver 
exclusivement les produils interdits comme il Pentend. 
Telles sont en resume les stipulations des traites. 

« Dans ces conditions, est-on fonde a craindre, qu'au 
moment ou le Sultan s'interdit de vendre ces herbes, en 
maintenant la meme interdiction a ses sujets, on en fasse 
venir du pays des chretiens, qu'on en fasse le commerce 
sur les marches musulmans, et quon etablisse des bou- 
tiques pour en operer la vente, etc. ? Une pareilie crainte 
n'a pas de raison d'etre. Elle serait plausible si, tout en 
s'interdisant a lui-meme de les vendre, le Sultan permet- 
tait a la population d'en faire le commerce et lui laissait 
toute liberte a ce sujet. Mais telle nest pas la pensee du 
Sultan, Dieu le fortifie ! malgre Tequivoque des termes de 
la lettre cherifienne ou il est dit: « II y a longtemps que 
nous faisons des pas en avant, puis en arriere en ce qui 
concerne la liberte du commerce de la saka... » 

« II est probable que le redacteurde cette lettre, ou que 
celui qui l'a dictee, n'a pas bien exprime la pensee du 
Sultan, Dieu le fortifie ! et a redige sa lettre sous cette 
forme qui laisse penser que le Prince des Croyants, Dieu 
le glorifie ! veut s'interdire de vendre ces herbes, dansun 
sentiment de degoiit et de mepris pour elles, et le permet 
a ses sujets musulmans ou autres. A Dieu ne plaise que 
ce soit la sa pensee ! Dieu le fortifie ! carc'est le souverain 
le plus scrupulcux, le plus respectueux de Dieu, trop atta- 
che a ses sujets, le plussoucieux dedevelopper leursinte- 
rets et d'ecarter ce qui peut leur nuire, et le plus penetre 
de ces paroles de son aieul, sur lui soient les prieres et le 
salut ! : « Ce n'est pas un crovant celui qui ne voudra pas 
pour son frere croyant ce qu'il veut pour lui-meme. » 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 367 

« On devra continuer a ecrire sur ce sujet eta s'y appli- 
quer pendant un temps egal au premier delai ou davan- 
tage, de sorte que le sentiment de la turpitude attachee a 
ces herbes grandisse dans Tesprit du peuple et que la 
majorite se detourne de cet usage. 

« Le Prince des Croyants ecrira ensuite aux gouverneurs 
des villes et des campagnes d'ordonner a leurs adminis- 
tres de s'abstenir de semer de ces herbes, d'en faire la 
moindre provision ou le moindre commerce. Apres avoir 
mene de la sorte ce programme a bonne fin, il cessera des 
ce moment de pratiquer la vente de ces produits, et ordon- 
nera de bruler ce qui en restera, de fermer les boutiques 
ou il s'en consomme et que Ton nomine couramment 
« qahaoui » (cafes) ; il sera interdit au peuple d'en faire 
usage dans les lieux publics de reunion, comme les mar- 
ches, etc. Ces mesures seront rigoureusement observees, 
et il sera publie dans tout TEmpire marocain que la regie 
etablie pour ces herbes est la meme que celle concernant 
les boissons fermentees. 

« Aussi, de meme que la consommation du vin ne se fait 
plus publiquement sur les marches, de m£me, Tusage de 
ces herbes nes'y exhibera plus ouvertement, etquiconque 
s'en rendra coupable recevra un ch&timent convenable 
dont la portee s'etendra aux autres. 

« Telle est la limite de ce que pourra faire le Sultan, et le 
secours de Dieu fera le reste ! 

« Si ce but est atteint en trois ans environ, cela aura ete 
peu de chose, et lorsque Dieu en aura facilite la realisa- 
tion, ce sera pour les Musulmans une bonne nouvelle et un 
trait caracteristique de la reconnaissance de leur religion. 
Par ma vie ! la passion des boissons fermentees etait pour- 
tant plus fortement enracinee chez les Arabes que celui 
des herbes soporifiques chez les gens d'aujourd'hui, et de 
beaucoup ! et le caractere suspect de ces boissons etait 
moins certain que celui de ces herbes. II est a presumer 



368 ARCHIVES MAROCAINES 

qu'il serait facile (Ten faire cesser Tusage et d'en purifier 
le pays et les serviteurs de Dieu. Cela n'est-il pas en effet 
une des choses desagreables a Dieu. 

« Ditetecrit par Ahmed ben KMled Enn&siri, Dieu le 
favorise ! le 15 rabi II, 1304. » 

Le Sultan detourna ensuite le commerce du trafic de ces 
herbes et fit bruler tout ce que le Makhzen avaient saisi; 
il defendit aux commercants etrangers d'en importer au 
Magrib une quantite superieure a celle de leur consom- 
mation particuliere, et encore cette quantite devait-elle 
6tre soumise au droit d'entree de 10 p. 100. II en limila 
Fintroduction au port de Tanger, a 1' exclusion de tous les 
autres ports marocains. 

Tel est le dernier etat de cette question a notre 
epoque. 

En 1305 i, le sultan Moulay Elhasan (Dieu le fortifie !) fit 
une expedition contre les Ait Ou M&lou, qui font partie 
du groupe des Berbers de F&zz&z et qui sont issus de la 
souche des Senhaja. lis se divisent en nombreuses 
branches, comme les Z&y&n, les Beni Mguild, les Chqiren, 
les Ait Sekhm&n, les Ait Isri, etc., et forment des popu- 
lations que seul leur createur pourrait compter. Depuis 
que les Berbers se sont empares du Magrib, de longs 
siecles avant risl&m, ils habitent les montagnes de F&iz&i 
dont ils remplissent les sommets et ou ils se sont fortifies 
dans les points inaccessibles. 

Le Sultan sortit de Mekn&set Ezzeitoun le 10 ramad&n 
de cette annee-la pour razzier ces tribus rebelles et etour- 
^W* ^ dir ces contrees, ou, clans les epoques de rel&chement du 
^^ pouvoir, les rois des dynasties du Magrib avaient du 
etablir leur autorite Tun apres Tautre, ainsi qu'on l'a deja 
vu dans ce recueil par leur histoire et par celle des autres 
tribus. Le Sultan atteignit ces montagnes qu'il soumit, 

1. Textearabe, IV partie, p. 274. 



DYNASTIE ALAOU1E DU MAROC 869 

puis arriva a la qasba d'Adekhs&n, Mtie jadis par Moulay 
Ism&'il (Dieu lui fasse misericorde !). Presque toutes ces 
tribus lui envoyerent la des deputations, pour marquer 
leur obeissance, temoigner de leur soumission et fournir 
des vivres a l'armee et des presents au Sultan. Toutefois, 
les Ait Sekhm£n, apres avoir commence par marquer leur 
obeissance, comme les autres tribus, demanderent au 
Sultan d'envoyer avec eux un certain nombre d'hommes 
du gu&'ich pour rapporter les vivres et les cadeaux qui leur 
avaient ete imposes. Le Sultan fit partir avec eux 200 cava- 
liers, sous le commandement de son cousin, le cherif ver- 
tueux et pieux Moulay Seroiir ben Dris ben Slim&n. (Le 
Slim&n, son grand-pere, dont il s'agit ici, est Moulay 
Slim£n, un des rois de cette dynastie Alaouie.) Quand 
cette troupe se trouva au ccrur du pays des Ait Sekhm&n, 
le soir, ceux-ci tinrent des conciliabules entre eux, et, 
Satan ne les quittant pas, ils deciderent d'un commun 
accord de faire tomber dans un guet-apens les gens du 
Sultan qu'ils avaient repartis par groupes dans leurs dchar 
et leurs douw&rs. Au moment du 'achd, sur un signal 
convenu entre eux, leurs divers groupes se rendirent 
aupres des soldats du Sultan qui etaient chez eux, tom- 
berent sur eux et en tuerent, dit-on, une vingtaine, tandis 
que les autres prenaient la fuite a grand' peine. Parmi les 
morts se trouvait le chef de la troupe, le cherif Moulay 
Serour, qui fut tue d'un coup de fusil, puis larde a coups 
de bai'onnette. C'etait une des meilleures personnes de 
l'entourage du Sultan (sur lui soit la misericorde de Dieu !). 
Ces actes honteux eurent lieu sur les conseils du chef des 
Ai't Sekhman, *Ali ben Elinekki, un des derniers survi- 
vants de la famille MhAouch, dont nous avons parle sous 
le regne de Moulay Sliman (Dieu lui fasse misericorde !). 
Apres cela, ils se mirent en route pendant la nuit et, le 
lendemain, ils s'etaient repandus en desordre chez les 
Ait Hadiddo, les Ait Merged et autres tribus berberes. II 

ARCH. MAROC. 24 



370 ARCHIVES MAROCAINES 

n'en resta, dit-on, qu'un tres petit nombre, qui furent 
arrives le lendemain et eurent la tdte tranchee. 

Un des temoins de cette aflaire m'a raconte qu'apr£s 
avoir comniis ces actes, ils s'enfuirent pendant la nuit, 
abandonnant leurs cultures et leurs biens dans leurs 
villages. Apprenant cela, le Sultan envoya a leur recherche 
un certain nombre de ses soldats auxquels il adjoignit les 
cavaliers de leurs contributes les Ait Chqiren, qui accom- 
pagnaient Tetrier du Sultan et feignaient la soumission. 
Les soldats pillerent ce qui appartenait aux Ait Sekhmdn, 
ravagerent leurs cultures, demolirent leurs constructions 
et incendierent leurs maisons, mais les cavaliers Chqiren 
se tinrent a distance pour ne point faire de mal a feurs 
contribules et par patriotisme berbere : aussi il est bien 
probable qu'ils avaient prevenu ces derniers de ce qui 
allait se passer ct leur avaient conseille de s'eloigner pour 
se mettre a Tabri. Quand il connut les secretes pensees 
des Chqiren, le Sultan donna l'ordre de piller leurs cam- 
pements et de mettre a mort tous les prisonniers qu'on 
pourrait leur enlever. L'armee du Sultan leur infligea une 
terrible attaque, (it un grand nombre de prisonniers, dont 
une Irenlaine eurent la tete coupee, etpilla leurs campe* 
ments ct leurs villages qui furent entierement saccages. 
Le lendemain, leurs femmes et leurs enfants vinrent cher- 
cher protection aupres des canons et implorerent Tassis* 
tance du Sultan. Celui-ci se montra bienveillant, leur 
accorda la liberte de leurs prisonniers, les habilla et leur 
pardonna. 

Apres cela, il se mit en route et arriva a Mekn&set 
Ezzeitoun dans les derniers jours de doulheddja, dernier 
niois de rannee. 

Au cours de rannee 130G 1 , le Sultan (it une expedition 
dans les montagnesdes Gourara. Il quittaFes le 10 chouwftl, 

1. Tcxlc arabe, IV* parlic, p. 274. 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 371 

parcourut ces montagnes et les soumit. II visita le tombeau 
du grand chei'kh Abou Mohammed 'AbdesseMm ben 
Mechich (Dieu soit satisfait de lui !). De la, il se rendit a 
la ville de Tetouan, ou il arriva le mercredi 8 moharrem 
de Pannee suivante (1307) *. Pendant son sejour qui dura 
une quinzaine de jours environ, il visita les saints person- 
nages et les principaux edifices de la ville ; les notables 
de la ville lui offrirent des presents et firent tout leur 
possible pour etre agreables a son entourage et a son 
armee. Cette attitude plut au Sultan et a son entourage : 
ils en furent recompenses par une somrae de 10.000 douros 
que leur accorda le Sultan pour la construction d'un pont 
qui devait leur etre tres utile pour franchir la riviere qui 
entoure la ville. MAis ce plan no put pas etre realise, la 
construction ne fut pas faite solidement et s'ecroula aussi- 
tdt, de sorte que cet argent fut perdu. 

De Tetouan, le Sultan alia a Tanger, puis a Erar&i'ch, et 
revint enfin a Fes, oil il arriva vers le milieu de chouw&l. 

Apres cela, il razzia les Ait Sekhm&n qui avaient mas- 
sacre son cousin Moiilay Seroiir, leur enleva quelques 
prisonniers, mais ne put les soumettre comme il aurait 
convenu. 

II se rendit de la a MorrAkch, ou il celebra les manages 
de plusieurs de ses fils et de ses filles. De toutes les con- 
trees du Magrib, des deputations lui apporterent leurs 
felicitations et lui offrirent des cadeaux et des presents. 
Le Sultan les traita a son tour avec la plus grande gene- 
rosite et leur fit beaucoup de largesses. 

II demeura dans cette ville (Dieu le fortifie !) assis sur 
le trdne de la royaute, sur le siege de sa puissance, jouis- 
sant du repos, tandis que le pays etait calme a cause de sa 
puissance et de ses victoires, etque ses sujets observaient 
scrupuleusement ses ordres et ses defenses. Mais les 

1. Texte arabe, IV" partie, p. 274. 



372 ARCHIVES MAROCA1NES 

representants des Puissances ne voulurent pas le laisser 
en repos : ils firent de nombreux voyages aupres de lui, 
Timportunant constamment et cherchant a le tromper tan- 
tdt par des conseils sans portee, tant6t par des reclama- 
tions imaginaires basees sur des preuves sans consis- 
tance, tantdt par des demandes tendant a la reduction des 
droits de douane ou a la levee des monopoles, et par bien 
d'autres choses extraordinaires qui souleveraient presque 
les montagnes les plus solides. Seul, sans etre seconde, 
sans avoir d'autre aide que celle de Dieu qui par lui for- 
tifie la religion et affermit risl&m et les Musulmans, il 
repoussait leurs sollicitations par son habilete. 

En 1310 S le sultan Moiilay Elhasan (Dieu le fortifie!) 
partit de Fes apres la fete des Sacrifices pour dinger une 
expedition contre les tribus du Sahdra de TAfilelt, et 
reussit a etablir la paix dans cette region dans les condi- 
tions necessaires. Apres ce succes, il ecrivit aux gouver- 
neurs du Magrib, pour leur annoncer ces resultats et leur 
rapporter les incidents survenus pendant les etapes de ce 
voyage. Dans cette lettre, apres les formules preliminaires 
et le sceau portant son nora beni, il disait : 

« Quand Dieu, par un simple eftet de sa bienveillance 
et de ses preferences, a appele son serviteur au pouvoir et 
lui a donne la terre en heritage pour faire regner la prospe- 
rite dans les contres et les demeures, notre seul soucia 
ete de travailler au bien des Musulmans, de retablir 
Tordre dans leurs affaires et de grouper tous les croyants 
autour de nous. Nous n'avons neglige aucun effort pour 
arriver a ce resultat, et Dieu nous a deja permis de nous 
rendre chez toutes les tribus de notre Empire fortune et 
de parcourir tous leurs territoires avec nos armees de 
Dieu qu'accompagne une protection toujours croissante, 
ne laissant de cdte que les regions sans importance, ou 

1. Texte arabe, IV e partie, p. 274. 



DYNASTIE ALA0U1E DU MAROG 373 

celles dont Faeces ne presentait que des difficultes et des 
dangers. Nous avons ainsi pu nous rendre compte des 
necessites de leur situation, et nous y avons etabli a Taller 
et au retour Pordre qui est agreable a Dieu. 

« Parmi les contrees qu'il nous restait a visiter, il y avait 

ces plaines sahariennes et ces forteresses berberes qui 

etaient auparavant reputees d'un acces difficile et depour- 

vues de tout moyen de penetration. Nous avons invoque 

Paide de Dieu, nous avons place notre confiance en lui, 

et nous avons remis entre ses mains le soin de realiser 

nos projets. Nous avons ainsi verifie que lorsque le Tres- 

Haut veut quelque chose, il en prepare les moyens et ouvre 

pour y conduire toutes les issues et toutes les portes. 

Tout vient de lui et tout va a lui, comme le dit dans son 

sage precepte Ibn Wtailldh : « S'il veut te temoigner sa 

« faveur, il cree une chose et te Pattribue : tu ne donneras 

« pas un souffle sans qu'il ne mette en toi le moyen de le 

« produire. » 

« Quittant notre glorieuse capitale de Fes la bien gardee, 
nous avons pris la direction de ces contrees berberes. 
Le secours et la victoire de Dieu ne cessaient de nous 
accompagner un seui instant, et de se renouveler comme le 
renouvellement du jour et de la nuit, tandis que les faveurs 
de Dieu se suivaient sans interruption et que les plans 
organises par sa noble puissance etaient solidement coor- 
donnes. Nous avons traverse le pays des Ait Mousa et celui 
des Beni Mguild*, que nous avons trouves dans la plus 
parfaite soumission et qui ont tendu a Notre Majeste elevee 
en Dieu le licol et la longe, pour montrer qu'ils obser- 
vaient nos prescriptions et nos defenses, sans qu'un seul 
d'entre eux n'ait montre la moindre resistance. Puis nous 
sommes alle, avec les troupes victorieuses de Dieu 
et ses armees innoinl)rables, au-devant de la tribu des 
Alt Izdeg, qui etait particulierement visee. La bonne direc- 
tion leur fut envoyee par Dieu, les etendards de Pegare- 



374 ARCHIVES MAROCAINES 

ment et de l'erreur qui flottaient sur eux furent replies, et 
ils nous recurent a lentree de leur territoire, craintifs, 
epouvantes et eflrayes par la puissance de Dieu. Nous nous 
sommes dispose a pardonner, par gout pour le pardon, 
pour eviter l'eflusion du sang et le combat, paregard pour 
les enfants, les vieillards et les malheureux, pour user de 
clemence envers ceux d'entre eux qui etaient tombes dans 
l'erreur et l'cgarement, et pour nous conformer enfin a la 
parole du Tres-Haut : « Le pardon se rapproche davantage 
« de la crainte de Dieu. » Quand nous fumes convaincusde 
leur repentir, en les voyant s'eflbrcer d'etre agreablesa 
Dieu et de nous satisfaire pour faire oublier leurs fautes 
et leurs crimes, reparer leurs mefaits par de bonnes 
actions et detourner le cluUiment qui les attendait, nous 
les avons traites de facon a dissiper leur crainte et leur 
terreur et efTacer leur frayeur. Ils furent remplis d'alle- 
gresse, accompagnerent notre noble etrier avec leurs 
beaux costumes et en troupes nombreuses, joyeux et con- 
tents, heureux de notre venue fortunee et nous condui- 
sirent jusqu'a Aout&t. La, ils nous donnerent les plus 
grandes marques de docilite et d'obeissance : ils rem- 
plirent leurs obligations envers la mhalla fortunee par 
leurs egards et leur bospitalite, et se mirent a verser 
immediatement toutes les sommes que nous leuravions 
imposees, sempressant meme d'efTectuer ce paiementet 
executant tout ce qui leur etait commande. De la, nous 
sommes alle camper dans le co»ur meme de leur pays, sur 
rOued Zi/ ; le conducteur de la l)onne fortune poussant 
toujours devant lui la victoire evidente et le triomplie 
glorieux, nous leur fimes payer le reliquat de la somme 
imposee et grace a la protection de Dieu nous avons obtenu 
d'eux ce que nous desirions. 

« Puis, accompagne d'un escadron nombreux fourni par 
cette tribu, et comprenant un nombre important de ses 
principaux cavaliers et de ses guerriers, nous avons leve 



DYNASTIE ALAOUIE DU MA ROC 375 

le camp et nous sommes arrive sur le territoire des Ait 
Merg&d. Ceux-ci sont venus avec soumission, humilite et 
docilite, au-devant de notre noble etrier, et ont temoigne 
de leur obeissance a tout ce qui leur a ete ordonne. lis 
ont apporte leurs impositions et leurs cadeaux, manifestant 
tout le plaisir que leur causait notre noble venue. 

« C'est Dieu qui a prepare ces resultats, qui les a diriges, 
conduits, soutenus, voulus et facilites. Jamais, dit le sage, 
une demande adressee a Dieu ne demeure sans succes, 
tandis que celle que tu t'adresses a toi-meme ne peut 
reussir. » 

« Nous avons use aussi d'une politique conforme a nos 
messages anterieurs, qui a retenu les epees dans leurs 
fourreaux. L'encre des plumes a evite Teffusion du sang 
et epargne les efforts, et les pourparlers ont rendu les 
blessures inutiles. C'est ainsi que nous avons reduit leur 
pays tout entier de fond en comble, malgre ses escarpe- 
ments et ses enormes montagnes qui semblent con- 
verses avec la lune et donner la main aux etoiles quand 
celles-ci commencent a briller. Louange a Dieu qui ma- 
nifesto sa grandeur et fait eclater Tevidence de son argu- 
ment! 

« C'est ainsi que nous sommes parvenus a Tadgoust, qui 
est la capitale de cette tribu et la residence de son chef le 
corrupteur *Ali ben YahyA Elmerg&di, qui depuis long- 
temps recevait des avertissements et doi^t 1'aspect disait ; 
« Gelui que tu proclames ne vivra pas. » Nous Tavone 
emprisonne et nous Tavons envoye enchaine a Morr^ikch, 
conformement a la loi de Dieu touchant ceux qui ont 
peche : il n'a pas tarde a jurer ses regrets et son remords. 
Dieu a debarrasse de lui ses serviteurs et a purifie le 
pays. 

« Auparavantnousavionsenvoyedesemissairespourfaire 
payer aux Alt Iladiddo les contributions qui leur avaient ete 
imposees et rapporter ce quils devaient. Mais ces envoyes 



DYNASTIE ALA0U1E DU MAROC 377 

« Nous avons quitte leur pays pour nous rendre a T&fi- 
lelt, ou nous voulions visiter notre grand aieul, le pdle 
evident, notre Maitre \Ali Echcherif, Dieu soit satisfait de 
lui et nous le rende profitable ! Les habitants de ce pays 
sont venus au-devant de nous, cherifs et gens du commun, 
hommes et femmes, enfants et vieillards, en foules consi- 
derables, ceux-ci en troupes, ceux-la isolement, d'autres 
deux par deux. Notre vue leur a cause uneprofonde alle- 
gresse, et notre venue les a remplis de joie et de bonheur. 
Les esprits se sont rejouis et les cocurs se sont dilates. Nous 
avons rempli nos devoirs envers tous nos parents, ce qui 
etait pour nous tres important ; et nous leur avons fait 
cadeau, comme a ceux de Mdagra, de 20.000 douros, que 
nous avons charge de leur porter et de leur donner comme 
present, nos fils Moulay 'Abdel'aziz et Moulay Belgai'ts, 
Dieu les conserve ! Nous sommes reste la dix-huit jours, 
afin de nous reposer, de faire de pieuses visites et de voir 
les souvenirs de nos ancetres, Dieu les sanctifie ! Peut-il y 
avoir de plus nobles souvenirs, de vestiges plus glorieux ? 
Nous avons examine les biens qu'ils possedent, et nous 
leur avons donne une attention qui leur a donne une nou- 
velle fertilite, et a augmente leur beaute et leur fecondite. 
Dieu soit loue au commencement et a la fin ! 

« Nous le remercions en premier et en dernier lieu. Nous 
lui demandons de considerer toute cette (puvre comme un 
pur hommage en son honneur, de lui reserver le meilleur 
accueil, de nous conduire a realiser pour le bien des Mu- 
sulmans tout ce que nous esperons, et de placer sous son 
obeissance ceux qui sont en mouvement et ceux qui sont 
en repos. Sa force et sa puissance sont le seul appui. 

« Enfin nous nous sommes mis en route pour notre capi- 
tale cherifienne de Morr&kch, demandant a Dieu son aide, 
sa force et la realisation des esperances. 

« Nous vous avons fait part de tout cela, pour que vous 
connaissiez la verite, et que vous vous rejouissiez de la 



378 ARCHIVES MAROCAINES 

faveur, de la victoire et du triomphe que Dieu nous a 
accordes dans les choses secretes et connues. G'est a lui 
de faire que la fin reponde au commencement et de nous 
assurer tout le bonheur que nous desirons. 

« Salut. 

« Le 15 djoum&da I er de Tannee 1311 » { . 

Le Sultan prit, pour rentrer a Morr&kch, la route d'El- 
f&i'ja. Au col d'Elgl&oui, il y avait beaucoup de neige, et il 
faisait tres froid. Tout le monde, etle Sultan lui-m£me, en 
souflrirent, mais on parvint a y echapper au prix des plus 
grandes difficultes. 

Pendant Tabsence du Sultan, une guerre feroce avait 
eclate entre les Zen&ta du Rif et les chretiens espagnols 
de Melilla et des villes voisines. Les Zen&ta avaient fait 
subir des pertes importantes aux Espagnols et les avaient 
repousses en leur tuant bon nombre d'hommes. Ces hos- 
tilites avaient ete provoquees par la cause suivante : 

Les Espagnols avaient, suivant leur habitude, impor- 
tune le Sultan de demandes reiterees et d'intrigues mul- 
tiples, pour obtenir une augmentation du territoire de 
Melilla. II avait cede et leur avait accorde la prolongation 
de leur frontiere jusqu'a une portee de fleche environ sur 
le territoire de Zen&ta, de telle sorte que la limite com- 
mune des deux territoires etait voisine du tombeau de 
Tami de Dieu, Sidi Ouari^ch. Ce saint jouit d'une grande 
veneration dans cette region, ou il est tres renomme. Les 
differentes tribus vont a tour de r6le en pelerinage a son 
tombeau, pour recueillir sa benediction, et y enterrent 
leurs morts. 

II n'etait pas possible aux chretiens de Melilla de cons- 
truire leurs portes de garde ailleurs que sur un terrain 
dominant le tombeau de ce saint, et d'ou on pouvait le 
voir a decouvert. Les Rifains leur avaient demande d'ele- 

1. Texte arabc, IV e partic, p. 277. 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 379 

ver leurs constructions sur un autre point, mais ils leur 
avaient oppose un refus persistant, et peut-etre m6me ils 
les avaient irrites en les blessant par ces mots penibles dont 
ils sont coutumiers. 

Depuis qu'ils ont ete victorieux dans la guerre de 
Tetouan, les Espagnols font beaucoup souffrir les habi- 
tants du Magrib par leurs observations et leurs accusa- 
tions injustes, ainsi que les paroles grossieres et les 
reproches non deguises, que leur font entendre surtout 
lesmauvais sujets et les gens du peuple. J'ai entendu de 
mes propres oreilles des choses qui serrent le coeur et 
que la langue refuse de prononcer. 

Quand on porte plainte a leurs autorites, elles ne veu- 
lent pas rendre justice et entrent dans des discussions 
vides de sens. Telle est leur maniere de faire, aussi est-ce 
a Dieu seul qu'il faut adresser ses plaintes, car il vous 
accorde ses favours pour vous agreer ensuite. II n'y a de 
force et de puissance qu'en lui ! 

Comme ils avaient pris cette attitude, ou peu s'en faut, 
vis-a-vis des gens du Rif, ceux-ci leur avaient fait eprou- 
ver qu'ils etaient en mesure, comme on le sait, de leur 
infliger un chatiment terrible et une punition doulou- 
reuse. 

Quand le Sultan, Dieu le fortifie ! fut de retour a Mor- 
r&kch, une ambassade espagnole alia lui demander justice 
contre les gens du Rif dans cctto aflairo. Elle apportait 
avec elle un certain nombre de pigeons qui emportent 
dans leur vol les correspondances et les nouvelles. Des 
negociations f urent entamees sur cette question entre eux 
et le Sultan, mais celui qui trancha le diflerend n'avait 
pas Texperience des affaires difficiles, car il ne vit rien ou 
fit semblant de ne rien voir. L'aflaire fut reglee moyennant 
le paiement par le Sultan d'une indemnite de quatre mil- 
lions de douros, comme prix du sang des Espagnols qui 
avaient ete tues, et la paix fut conclue sur cette clause. 



380 ARCHIVES MAROCA1NES 

Chaque fois qu'ils avaient une entrevue avec le Sultan au 
sujet de cette question, ils envoyaient la nouvelle par un 
pigeon aux membres de leur gouvernement a Madrid. Dieu 
fait ce qif il veut et decide ce qui lui plait. 

A la fin de cette annee survint la mort du sultan Moii- 
lay Elhasan ben Mohammed (Dieu lui fasse misericorde 
et Tagree !). II avait quitte Morr&kch le l er doiilqa'da avec 
Tintention de razzier les tribus berberes qui habitent les 
montagnes de Fezz&z, particulierement les Ait Sekhm£n, 
qui avaient trahi ses gens et son cousin, dans les condi- 
tions que nous venons de rapporter. 

Revenu de son expedition dans le Tstfilelt, atteint d'une 
maladie qui paraissait sans gravite, mais qui deja etait 
chronique, il avait tenu malgre cela a continuer de se 
montrer en public, de traiter les affaires, de recevoir les 
deputations et de les congedier, et d'accomplir tous les 
actes de gouvernement. A la date precitee, il etait done 
parti de Morr&kch, malgre cette maladie et la souffrance 
qu'elle lui occasionnait, etn'avait pas redouteces fatigues. 
Mais arrive a l'Oued El'abid, dans le pays de T£dla, il 
succomba le mercredi troisieme jour du mois sacre de 
doiilheddja, a 11 heures du soir. Il fut porte dans un cer- 
cueil jusqu'a RiMt Elfeth, ou il fut inhume a cdte de son 
ancetre glorieux, Sidi Mohammed ben *AbdallAh (Dieu 
leur fasse misericorde ! Ainsi soit-il ! Son regne avait dure 
vingt et un ans et cinq mois. Ce fut un des souverains 
'Alaouis les meilleurs et les plus remarquables, par la jus- 
tice qu'il fit regner, le bien qu'il fit pour ses sujets et les 
traces qu'il a laissees de son regne dans le Magrib et dans 
ses ports. Que le Tres-Haut adoucisse la peine causee aux 
Musulmans par sa perte, et qu'il les dedommage de ce 
malheur par une recompense ! Ainsi soit-il ! 

Les arbitres des destinees du pays preterent serment de 
fidelite a son fils agree et pieux, notre Maitre 'AbdePaziz, 
fils de notre Maitre Elhasan (que Dieu lui accorde un appui 



382 ARCHIVES MAROCAINES 

present et Pepoque qui Fa precede, et qu'on veuille les 
comparer Tun a Fautre, on constate qu'iln'existe entreeux 
aucun point de comparaison. La principale cause de cette 
situation est l'immixtion des Francs et des autres Euro- 
peens parmi la population, Faccroissement de leurs rela- 
tions avec elle et leur diffusion dans les contrees islami- 
ques, ou ce sont leurs maniereset leurs habitudes qui Tern- 
portent sur les ndtres et les absorbent d'une fagon violente. 
Je rapporterai a ce sujet un trait qui peut servir d'exemple 
et prouver l'enscmble des choses qu'il decouvre. Je cau- 
sais un jour avec un homme de ma generation sur cette 
question. « Je beneficie, me dit-il, d'une pension impe- 
riale mensuelle de 30 oqiyas. Vers 1260, le change de la 
peseta etant a 3 ofjiyas, je recevais chaque mois 10 pesetas. 
Apres 1260, la monnaie ayant commence a monter, je 
ne touchai plus que 9 pesetas et quelques flo&s. Deux ou 
trois ans apres, ce furent 8 pesetas et des flous, ensuite 
7 pesetas, et ainsi de suite, de telle sorte qu'aujourd'hui, 
dans les annees posterieures a 1290, je ne recois plus 
qu'une peseta et quelques floAs. » Qu'on medite cette 
immense difference qui caracterise l'epoque actuelle, et 
qui s'est produite en moins de trente ans, par le fait de 
la hausse d'environ 9 dixieines survenue sur la monnaie et 
sur les prix des marchandises. La cause de cela est celle 
que nous avons indiquee. Cette difference ne pourra que 
s'accentuer ou diminuer en raison directe du developpe- 
ment des relations avec les Europeens ou de leur dimi- 
nution. La preuve en est que les habitants du Magrib sont, 
parmi tous les peuples, ceux qui ontle moins de rapports 
avec les Europeens. Par suite, c'est chez eux que les prix 
sont les plus bas et les vivres a meilleur marche, et ce 
sont eux qui sont le plus eloignes des Europeens par leur 
costume et leurs usages. Aussi on sait les avantages qui 
en resultent pour la sauvegarde de leur religion. II n'en est 
pas de meme an Caire, a Damaset dans les autres grandes 



DYNASTIE ALAOUIE DU MAROC 383 

villes, d'ou nous reviennent sur les actes des Europeens des 
informations qui font se boucher les oreilles. Qu'on exa- 
mine done ce que nous avons dit et que Tony reconnaisse 
les desseins secrets de Dieu sur ses creatures. 

Apprenez aussi que, depuis ces dernieres annees, ces 
Europeens ont atteint une puissance odieuse et une pre- 
ponderance sans pareille. lis sont entres dans la voie du 
progres avec une progression aussi rapide que celle des 
grains de bledans les cases de rechiquier, etpeu s'enfaut 
meme que ce progres ne tourne a la corruption. Dieu, 
qui seul possede les secrets des choses cachees, en con- 
nait les resultats et les limites. 

« Je puis savoir ce qu'est aujourd'huict cequ'etaithier, 
mais ma science ne va pas jusqu'a connaitre ce que sera 
demain. » 

Ici finit ce que nous avons voulu reunir dans ce livre. 
Puisse Dieu nous avoir bien inspire ! O notre Maitre, nous 
nous sommes fait tort a nous-meme ; si tu ne nous par- 
donnes pas, et si tu n'as pas pitie de nous, nous resterons 
parmi les egares. 

Dieu prie pour notre Seigneur et Maitre Mohammed, 
pour sa famille et ses compagnons, et leur accorde son 
salut et ses benedictions ! Notre derniere priere sera : 
Louange a Dieu, Maitre des deux mondes ! 



FIN DU TOME SECOND 



f I 



I . 

: I 
t'w 

ii 

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i I 



INDEX 



Abar EssoultAn, I, 57. 

'AbbAsides, I, 140. 

«Abd ManAf ben Qasi, I, 173. 

€ Abda, I, 208, 266, 267, 269, 379; II, 1, 
2, 7, 14, 44, 49, 63, 183, 219. 

'AbdallAh (V. Mortlay 'AbdallAh), I, 
240. 

'AbdallAh A'arAs, I, 65 (V. Abort 
Mohammed 'AbdallAh A'aras). 

'AbdallAh ben IsmA'il, I, 176. 

'AbdallAh, Ills de Sidi Mohammed ben 
AbdallAh, I, 362. 

'AbdallAh ben Bel 'aid (V. Si AbdallAh 
ben Bel 'aid), II, 3<>1. 

'Abdallah ben Elachqar, I, 192. 

'AbdallAh ben ElkhAdir (qAid), II, 12. 

'AbdallAh ben ElkhAtfir(cheikh), 11,17. 

'AbdallAh ben Hamdoun Errortsi, I, 
70. 

'AbdallAh ben Ichcho, I, 220. 

'AbdallAh ben Sa'ortd(cheikh), II, 33. 

'AbdallAh ben Sa'ortd EIouahhAfi, 
II, 32. 

'AbdallAh Elhamri (V. Abort Moham- 
med 'AbdallAh Elhamri), 1, 191, 192. 

'AbdallAh ErrahmAni (V. 'Abdallah 
ben Mohammed ErrhamAni, 11,2. 

'AbdallAh Errortsi, qAid (V. 'Abdal- 
lah ben 'Hamdortn Errortsi), I, 70, 
71, 131, 131, 183. 

'Abdallah EsseOAni, qAid (V. Abort 
Mohammed 'AbdallAh EssefiAni), 
I, 224, 260. 

'AbdallAh Mohammed ElhAddj Ed- 
dilAi, I, 46. 

'AbdallAh Mohammed El'arbi ben 
Ahmed Bordala (ch6ikh), I, 155. 

'Abdel'aziz (Sultan de Constanti- 
nople), II, 269, 380. 

ARCH. MA ROC. 



'Abdel'aziz Mahbortba, II, 190. 
'AbdelbAqi EzzerqAni(chelkh). 1,383, 

399. 
'AbdelhAdi, I. 282. 
'Abdelhamid ben Ahmed, I, 339. 
'Abdelhamid (V. Abdelhamid ben 

Ahmed), sultan ottoman, I, 344, 

345, 347. 
'Abdelhaqq ben 'Abdel 'azlz Fennich 

(V. Abdelhaqq Fennich Esslaoui), 

I, 269, 270, 306. 

'Abdelhaqq ben Abort Sa'id Elmer- 

rini, I, 32. 
'Abdelhaqq Fennich, I, 282. 
'Abdelhaqq Kennich Esslaoui, I 305. 
'Abdelkerim ben 'AbdcsselAm ben 

'Ortda ElhArtsi EssefiAni, qAid, 

II, 248. 

'Abdelkerim ben 'Ali Errifi (qAid). 
I. 246, 258. 

'Abdelkerim Ellirini Elandalousi, I, 
26. 

'Abdelkerim (V. Bort Bkeur 'Abdel- 
kerim EchchebAni), I, 51. 

'Abdelkerim HAgortn Et tetAouni (reis), 
I, 309. 

'Abdelkerim ben Yahya (Cheikh Er- 
rekb) (V. Abort Mohammed Abdel- 
kerim ben Yahya), I, 344. 

'AbdelkhAleq 'Adeyyil, I, 233. 

'AbdelkhAleq ben 'AbdallAh Errortsi, 
I, 123. 

'AbdelkhAleq ben GrirAn Elharizi, II, 
90. 

'AbdelkhAleq ben Yortsef, I, 132. 

'AbdelmAlck ben Bort Chefra (qAid), 

I, 187. 

'AbdelmAlek ben Elhasan Elfdili 
Elhasani, I, 389. 

'Abdelmelik (V. Abort MerouAn 'Ab- 
delmelik ben Bihi ElhAhi, qAid), 

II, 10, 11. 

25 



386 



ARCHIVES MAROCAINE* 



Abdelmelik ben Bihi -qMi>. II. 81: 
V. AIm»u Merouan Abdelmelik 
ben Bihi Elhahi. 

*Abdelmoum*n. I. 337. 

'Abdelmoumen ben Wli. I. 21*. 

"Abdelouahed fils de Sidi Moham- 
med ben Abdallah . I. 3*2. 

Abdelouahhab Elvimmourt qdld . 

I, 224, 237. 

'Abdeiqader ■%'. Elbaddj Wlnletqider 
ben Mahi Eddin.. II. 1*;. 

\\b lelqader. fite de Sidi Moham- 
mad ben AlMJnllah. I. 3*2. 

"Abdeiqader ben Ahmed ben El'arbi 
I. on Cheqroun. I, 3m». 

'Abdeiqader ben Ahmed Elmahrouqi, 

II. 2V*. 

Wbdennebi ben 'Abiallah Errou-i. 

I. 181. 

'Ahdennebi Elnmebbehi <qaid . I. 
3 4-32*. 

'Abderrahrnan. 1. 131. 

'Abderrahrnan V. Wlnlerrahman ben 
Na*er Elabdi . II, *. 13. 14. 

'Abderrahman •'!]> de Sidi Moham- 
mad l>en 'Ab laliah . I. 3*2. 

\\b li*rra!ni:in l>en Echchiich V. *Ab»>! 
Zeid 'Ablerrahman henEchchhVh . 

II. :*•■. 

Wbder.ihnvin ben Hi- h.'im Moiilav . 

II, 133. 1**. 
'Ahderrahmann hen Fares. II. ■"•*. 
"Ab lerrahm.'tn ben Na*er Elabdi 

.pi j . II. 1. 2. 7. *. \*. 13. 
"AMerrahman ben *Ouf. II. *l. 
"Ahde^bJeq ben Ahmed ben *A!i 

Errifi, I. 2*2. 3"3. 
"A^ie^-el.'im ben "A!i Ou Wddi. I.2>2. 
*\ l » ie?*-»!;jrn fiS de Si li Mohammed 

ben 'Abdullah . I. 362. 
"Ai»de»>e ! am benllamdoun Gue>-«»us 

f.jih V. 'Abou "Abdesselaru, eic.-. 

I. !A». 
"ASde?*e:d::i b^n Mechioh mauso'ee 

■ i-i cheikh . 1.27.*.. .*•!. 531. 352.3*3. 

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2*.*. 2*9. 271. 272, SH). 2*1. 282, :'s3, 
2*0. 2*7. 2s>. 2*2. »». 3,»4. 303, 312, 
313. 314. 324. 327. 33*. 3». 330. 331, 
332. 3*9. 3i*. 349. 333. 361. 3-54, 368. 
37* 377. 3*1. 3*3, 36*. 391. 3."2: II. 
7. 9. 10, II. 13. 23. 29. 31. 53, 34. 
37. 63. c-4. *3. 73. 76. *2. *5. 112,113. 
113. 142. .43. 1«. 145. 211. 
Abid* E— Uui;ira. I. 2Sl«. 

"Abi-I* Fou '.'.in. I. 2fi6. 

Ab.iU Abiahah. 1. 11. 

Ab*u AbJaliah V. Abou WhdaUlh 
Sidi Mohammed El'arbi Eddcr- 
«|«1oui . II. 19. 2»». 

Abou Abdallah V Ab. Ab. Mohan- 
med l**n Bra him EddoukkAli , 11,66. 

Ah'Mi AbdanihAkensoustqaid . 1. 86, 
!••:». liU 1J3. l:*». 17". l!»: II. 110, 

r.i*. 12*. 173. :*i. i«ja. 2»<, 210,211, 

2*4. 27*. 
Ab>u Abddlah ben Dris (vizir. II, 

12«*. 13*. 1*2. 
AIh.u Abdallah ben Elmrabet Elmor- 

rakchi fqih>. II. 127. 
Abou Abtlallah ben Olsraan Elmek- 

n^-i. II, S. 
Abou Abdallah ben Sa id, II. 260 
V. Abou Abdallah Mohammed ben 

Sa'id E^sl^rtui'. 
A!»oti 'Abdallah Eddorqioui. II, «^, 

b^. »•>:». 115. 
Abou 'Abdallah Eddoudi, I. *7. 
Al»uu 'AMallah Eddridi. I. 26.33.46. 
Abou Ablall^h Elakermi. 1,9. 
AIh>u AbdallAh El'arbi E«^a*idi. 11.77. 
Abou Abdallah Erawachi. 1, 21.3*, 

*3. 

vl««Hi Abdallah Elbouharaidi (vizir, 

II. 176. 
Abou Abdallah ElboiVinani fqih. 

I. *3. 
Aboil 'Abdallah Elfesi (moufli^ 1,31. 
Al>ou 'Abdall.th Elgarbi, I. 357. 
Mkvu Abdallah Elhaddj Mohammed 

ben Oris ben Houmman Eljerrari 

q:Hd . II, 305. 



INDEX 



387 



Abort 'AbdallAh ElhAddj Mohammed 
ben ElhAddj EttAhar Ezzebdi Erre- 
bAti, II, 308. 
Abort 'AbdallAh ElljAddj Mohammed 

ben 'Omar ElouaqqAch, I, 252. 
Abou 'AbdallAh ElhakmAoui, II, 16. 
Abort 'AbdallAh Elhawouat (qAid), I, 

380. 
Abou 'Abdallah Elhezmiri (mausolee 

du cheikh , I, 341. 
Abou 'Abdallah EljAm'i (vizir), 11,205. 
Abou 'Abdallah Eljerrari (V. Abort 
Abdallah Elhaddj Mohammed ben 
Dris ben Hon naman Eljerrari), 11,307. 
Abou 'Abdallah Elkharraz, I, 7. 
Abou 'Abdallah Elkhetib EtlelAouni, 

II 232. 
Abort 'AbdallAh Ellouati (cheikh), 1, 40. 
Abort 'AbdallAh ElmeggAsi (qadi;, I, 

53, .63, 71, 92. 
Abort 'Abdallah ElmesnAoui (cheikh), 

I, 127, 218. 
Abort 'AbdallAh Elmesnaoui EddiUVi 

(cheikh), I, 126. 
Abort 'Abdallah Elmir, I, 357. 
Abort ' AbdallAh ElougA, I, 107. 
Abort 'AbdallAh Elqantari (fqih;, I, 37. 
Abort 'AbdallAh Elyefreni, I, 6e. 
Abort 'AbdallAh Errehortni, II, 18. 
Abort 'AbdallAh EsseffAr (vizir), II, 

210, 292. 
Abort 'AbdallAh EsseffAr EltetAouni, 

(fqih), II, 2< 5. 
Abort 'AbdallAh EttAoudi (mausolee 

du cheikh), I, 301, 360. 
Abort 'AbdallAh Garrit, II, 205. 
Abort 'AbdallAh Ilabib ben Hachem 

ben Djellortn Elfesi, II, 259. 
Abort 'AbdallAh Mhammed ben NAser 

Edder'i (imam), I, 57. 
Abort 'AbdallAh Mhammed ben SA- 

lah (mosquee du cheikh), I, 64. 
Abort 'AbdallAh Mhammed El'arbi 

Bordala (qAdi). I. 125. 
Abort 'AbdallAh Mhammed ElmrAbet 
ben Mhammed ben Bort Bkeur Ed- 
dilAi, I, 5S. 
Abort 'AbdallAh Mljammed Esslaoui 

(qaid;, I. 186: II, 42. 
Abort AbdallAh Mohammed (fqih) (Ills 
de Elhaddy Mohammed Essoba'ihi 
EsaJAoui), I, 151. 



Abort 'AbdallAh Mohammed (fqih) 
(His de I'imAm Sidi 'AbdallAh El- 
garbi ErrebAti), I, 340, 355. 

Abort 'AbdallAh Mohammed A'jali 
ElbA'amrAni (mrabet de la tribu 
dos Ait BA 'AmrAn'dOultita), II, 
128. 

Abort 'AbdallAh Mohammed Aken- 
sorts (auteur du Kitdb Ehijttch), II, 
77, 80 (Voir Abo A 'AbdallAh Moham- 
med ben Ahmed). 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben 'Ab- 
dallAh ben 'Ali ben TAhar Elhasani 
(cherif), 1, 38. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben 'Ab- 
dallAh Elguezoiili (fqih), I, HI. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben 'Ajj- 
dallAh EssalTAr EltetAouni (fqih), 
II, 182. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben 'Ab- 
dallAh Mellah EsslAoui, II, 125. 

Abort 'AbdallAh Mohammed hea Ab- 
del'azlz Mahbouba EsslAoui (fqik), 

I, 129; 11,254. 

Abort 'Abdallah Mohammed ben 'Ab- 

delhAdi Zniber, II, 184, 195. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 'Ato- 

delkerim Echchergui (qAid et am- 

bassadeur A Paris), II, 260. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 'Ab- 

delqAder Elfesi (cheikh, I, 60. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Ab- 

derrahmAn EddilAi (fqih>, II, 69. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 'Ab- 

dcrrahmAn ElfilAli Elfesi (fqih, II, 

204. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

'AbdessAdeq EttrAbe'lsi, I, 276. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben Ah- 
med (qAid), I, 292. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben Ali- 
ined Akensorts ElinorrAkchi < fqih 
et poelc, auteur du Kildb Edj&Tch), 

II, 314. 

'Abort 'AbdallAh Mohammed ben Ah- 
med Elfesi, I, 48. 

Abort 'AbdallAh Mol.iammed ben Ah- 
med ben Mohammed ben Yortsef 
ElhAddj Errhortni (fqih), II, 44. 

Abort 'AbdallAh MolLammed ben 'Ali 
Elfilali (cheikh), I, 60. 



388 



ARCHIVES MAROCA1NES 



Abort 'AbdallAh Mohammed ben *Ali 

ElhAhi EnneknAfl (fqih), II, 159. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

'Atiya Elortdeyi (qAid), I. 69. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

Bejja Errifl El'arelchi (fqih), 1,160. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Bort 

Hassortn, I, 53. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Bort 

f Azza (surnommS Bou Jmi'a), gou- 

verneur de Sale^, II, 80. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Bort 

Bkeur ben 'Abdelkerim ElyAzgi, 

II. G2. 
Abort 'Abdallah Mohammed ben BrA- 

him (moufti), II, 106. 
Abou 'AbdallAh Mohammed ben BrA- 

hlm (qAdi). II, 302. 
Abort 'AbdallAh, Mohammed ben 

BrAhim EddortkkAli(moufli), II, 66. 
Abort 'AbdallAh Mohammed bem BrA- 
him El'amri. I, 10. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Dris 

(vizir), IT, 119, 149, 159, 181. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Dris 

Elfesi, II, 66, 97, i07. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Dris 

ben HoummAn Eljerrari (qAid}, II, 

235, 306. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

ErhchAhed (qAid), 11,29. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben El- 

f amri ElyahyAoui (qATd\ II, 85. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben El- 
'arbi ben ElmoukhtAr ben 'Abdel- 

malek EljAm'i (vizir), II, 320. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

ElhAddj 'AbdallAh Elkhetib Ette- 

tAouni. 11,213. 
Abort AbdallAh Mohammed ben El - 

'avvAchi Elm£knesi, I, 75. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

Elhasan BennAni Elfesi (chei'kh), 

I, 3S3. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben El- 
hasan ElmeggAsi (fqih), 1,51. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben El- 

madain Guennortn (fqih , II, 333. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben 
Haddo EddortkAli (qAid), I, 292. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben 
Hassortn 'AououAd(fqih), 11,183,184. 



Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

Ichcho ElmAlki ETeuroui (qAid;, 

II, 113. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

MbArek Ezza'ri, I, 152. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

Merzortq, II, 122. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Mo- 
hammed ben HouseTn Fennich 

EsslAoui (bAcha),II, 78. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben NAser 

HarakAt EsslAoui 'fqih), II, 29$, 309. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben 

'Omar ElouaqqAch, I, 274. 
Abort AbdallAh Mohammed ben f 0l<- 

mAn ElmeknAsi, I, 343: II, 14. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben QA- 

sem ben Zerrortq Elhasani Elidrisi, 

I, 189. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben 
QAs6m Elidrfei ElvahvAoui Eljeb- 
bAri (fqih). I, 170. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben QA- 
s6m Gucssorts (ch^ikh), I, 276; 

II, 321. 

Abort AbdallAh Mohammed hen Said 

EsslAoui, 11,260." 
Abort AbdallAh Mohammed ben Ser- 

rAj, I, 9. 

Abort 'AbdallAh Mohammed ben Sli- 

mAn. II, 74. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben TA- 

her freis), I, 299. 
Abort 'AbdallAh Mohammed ben Ze- 

rouAl ErrahmAni, II, 304. 
Abort 'AbdallAh Mohammed Bort Me- 

dien (qAdi\ I, 99. 
Abort 'AbdallAh Mohammed Erarabi 

Eddib, I, 369. 
Abort 'AbdallAh Mohammed EParabi 

QAdorts (Efendi), I, 363. 
Abort 'AbdallAh Mohammed EVarbi 

ben Ahmed Ezzerhortni (fqih\ 

II, 69. 
Abort 'AbdallAh Mohammed El'arbi 

ben Ahmed ben Mansour (fqih et 

qAdi), 11,266, 274. 
Abort 'AbdallAh Mohammed El'arbi 

ben ElmoukhtAr EljAm'i. II, 174. 

182. 211. 
Abort 'AbdallAh Mohammed El'arbi 

ben Yortsef Elf&si (cheikh), 1,2. 



390 



ARCHIVES MAROCAINES 



Abort 'Ali Elhasan benRarhhAl Elma- 

'dAni, I, 137. 
Abort 'Ali Elhasan ben Timkflecht, 

II, 305. 
Abort 'Ali Elyousi (cheikh), I, 2, 60. 
Abort 'Ali Mortlay Elhasan ben Mo- 
hammed (fils du sultan Mohammed), 

II, 264. 
Abort 'AmrAn Mortsa ben Ahmed 

(vizir), II, 320. 
Abort 'AmrAn Mortsa Eljerrari (qA'id), 

I, 163, 184. 
Abort 'Aziz, H, 99. 
Abort Bekr, I, 60; II, 92, 93, C01, 252. 
Abort Derr, II, 93. 
Abort Djendal, II, 347. 
Abort Errabr Sidi Sliman, I, 31. 
Abort Ettayeb, I, 221. 
Abort Ettayeb Elmoutanabbi, 11,269. 
Abort Fires ben Errabi' ElgarnAli, I, 

10. 
Abort Hals (fqih), I, 205, 206. 
Abort Hafs ElouaqqAch. I, 281. 
Abort liafs 'Omar ben Bort Selta, II, 88. 
Abort Hafs 'Omar ben QAscmi Elmor- 

rakchi isuriiomme Alilich, secre- 
taire), 1, 75. 
Abort Hals 'Omar Elmtortggui, 11,301. 
Abort Hafs 'Omar ElouaqqAch (fqih), 

I, 157, 158, 159. 
Abort Hafs 'Omar Elfesi (cheikh), I, 

271, 276. 
Abort Hafs 'Omar Elouzireq, I, #43. 
Abort HAmed (cheikh). I, 278. 
Abort HAmed ElgazzAIi (imAm),I, 276, 

358. 
Abort Hanifa, I, 340, 355. 
Abort Haiiuno, I, 24. 
Abort Hasan 'Ali. II, 200. 
Abort Hassortn (mosquee d'), II, 208. 
Abort Hassoun EsscmlAli, I, 17, 19, 

20, 21* 
Abort Horcira, I, 175. 
Abort 'InAn, II, 178. 
Abort lshaq, I, 11. 
Abort lshaq BrAhim ben 'AbdclqAder 

Erriyahi iche'ikh), 11,31, 107. 
Abort lshaq BrAhim ben 'AbdelqAder 

ErriyAhi Ellortnsi (fqih), II, 41. 
Abort lshaq BrAhim ben IlilAl, I, 3. 
Abort IshAq BrAhim ben Mohammed 

Eljeriri iqAdi), II, 321. 



Abort IshAq BrAhhn ben Sa'id Elje- 

raoni (qAid>, II, 210, 301. 
Abort IshAq BrAhim Elouraotfi, 11,114. 
Abort IshAq BrAhim EzzeddAgi (fqih, 

qAdi), II, 36. 
Abort IshAq Echchatbi (cheikh), 

1, 351. 
Abort IshAq Elbelfiqi (mosquSe do 

cheikh), II, 208. 
Abort Isir. 1, 24. 
Abort MAlek 'AbdelouAhcd Elhamidi 

(qAdi), I, 342. 
Abort MerouAn 'AhdelrmMik ben Bihi 

ElhAhi (qAid), II, 9. 
Abort MerouAn 'Abdelmelik EttAdj- 

mortti, II, 56. 
Abort Mohammed (fqih; (V. Abort 

Mohammed 'AbdesselAm ben Ham- 

dortn Guessorts), I, 130. 
Abort Mohammed 'AbdallAh A'aiAs, 

I, 45, 56. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben Ab- 
delmalek ben Bihi ElhAhi (qAid), 

II, 266. 

Abort Mohammed 'Abdallahben Pri* 
Eltdrisi (cherif , I, 169. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben Oris- 
EljerrAri, II, 276. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben El- 
hAchmi ben Khadra (fqih), II, 309. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben El- 
hAchmi ben Khadra EsslAoui, II. 
322. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben 
Hamza El'ayyAchi, II, 56, 63. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben Has- 
soun (cheikh), II, 211. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben Kha- 
dra, II, 325. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben Mo- 
hammed ben El'arbi Fennich Ess- 
lAoui, II, 205. 

Abort Mohammed 'AbdallAh ben Mo- 
hammed ErrahmAni, II, 2. 

Abort Mohammed 'Abdallah Elhamsi 
(qA'id), I, 191, 209. 

Abort Mohammed 'AbdallAh Errousi, 
I, 128. 

Abou Mohammed 'AbdallAh EssciiAni 
(qA'id), i. 259. 

Abort Mohammed 'Abdelouahhab El- 
lAzi (mausolee du cheikh), 11, 103. 



INDEX 



3)1 



Abort Mohammed 'Abdelke>im ben 

Yahya (Cutfkh Errekb) (V. Abdel- 

kerim ben Yal?ya), 1, 343. 
Aboil Mohammed ( Abdelke>im ben 

Zakour (fqih), I, 275. 
Abort Mohammed 'Abdelmejid Elra- 

chamri (cherif-qASd), I, 202. 
Abort Mohammed WbdelouAhed ben 

Mohammed Echcherif Elbort'inAni 

imoufli), I, 99. 
Abort Mohammed 'AbdelouahhAb 

Elyimmouri (hajeb), I, 235, 279. 
Abort Mohammed 'Abdelqader ben 

'Ali Elfesi (ch6ikh), i, 60. 
Abort Mohammed Wbdelqader ben 

Cheqrortn, II, 5. 
Abort Mohammed Wbdelqader ben 

EJfeliti (moqaddem), II, 18, 19. 
Abort Mohammed Wbdelqader ben 

Elkhadir qAid), I, 306. 
Abort Mohammed 'AbdelqAder Bort 

Kberiii (qAdi., I, 276. 
A.bort Mohammed 'AbdelqAder Elfesi, 

1,2. 

Abort Mohammed 'AbdcsselAm ben 
Wbdelkerim ben 'Aouda ElhArlsi, 
II. 230. 
Abort Mohammod 'AbdcsselAm ben 
Ettavveb ElqAdiri (cherif), I, 103. 

Abort Mohammed 'AbdcsselAm ben 
Hamdortn Gucssous, I, 102, 128. 

Aboj Mohammed 'AbdessclAm ben 
Mchich (mausolee du cheikh, I, 207; 
II, 370. 

Abort Mohammed 'AbdesselAm ben 
Mohammed Essousi, II, 319. 

Abort Mohammed 'AbdcsselAm Cheq- 
chaq Elfesi, II, 111. 

Abort Mohammed 'AbdessclAm Elbort- 
'inAni (cherif), II, 140. 

Abort Mohammed 'AbdessclAm ElqA- 
diri, I, 2. 

Abort Mohammed ben El'abbas (fils 
d'Abortl'abbAs Echchcnadi), II, 87. 

Abou Mohammed ElgezouAni (mau- 
solee du cheikh), II, 270. 

Abort Mohammed Mortlay 'Abdes- 
selAm ben Mohammed ben 'Abdal- 
Iah (fqih), I, 271. 

Abort 'Obeida, II, 93. 

Abort 'Omar ben Mansour (qAdi), I, 
279. 



Abort 'Otsman Sa'id (mausolee du 

cheikh), J, 360. 
Abort 'Otsman Sa'id ben Bort Bekr 

(chdikh), I, 154. 
Abort *0:smAn Sa'id Echchlih El- 

guezouli, I, 313, 366. 
Abort 'Otsman Sa 'id Eltlemsani, 1, 42. 
Abort 'OlsmAn Sidi Sa'id AUensAI 

(zaouya du cheikh), I, 165. 
Abou SerhAn Sidi Mes'oud Joumort' 

Ellesi Esslaoui (cheikh), I, 151. 
Abort Temam, II, 183. 
Abort Ya'qoub Yortsef ben Bou 

'Irian (fqih), I, 210. 
Abort Ya'lA AmAra ben Mortsa (rci's). 

I, 299. 
Abort Ya'zzA(tombeaudu cheikh), 1,56. 
Abort Zeid (cheikh), I, 60. 
Abort Zeid 'AbderrahmAnbenElkamc; 

(qAdi), I, 341, 342. 
Abort Zeid 'AbdcrrahmAn (fqih rt 

qAdi), II, 314. 
Abort Zeid 'AbdcrrahmAn Ach'Ac'.; 

Ettelaouni (qAid), II, 25. 
Abort Zeid 'AbdcrrahmAn ben Ecl.- 

chlieh Ez/.enAri, II,' 299. 
Abort Zeid 'AbdcrrahmAn ben ElqAdi, 

1, 141. 
Abort Zeil 'AbdcrrahmAn ben Kha - 

dortn, I, 357. 
Abort Zeid 'AbderrahrnAn ben NAse. 

El' abidi vqaid), I, 383. 
Abort Zeid 'AbdcrrahmAn Bort Kheri.; 

(fqih), I, 340. 
Abort Zeid 'AbderrahrnAn EchchAna< 

(cheikh), I, 195, 196, 2>>3. 
Abort Zeid 'AbdcrrahmAn ElmcnzAri 

(ou Elmanzen) (vizir), I, 02, 80. 
Abort Zeid 'AbdcrrahmAn Elmendjra 

(fqih), I, 276. 
Abort Zeid 'AbderrahrnAn Ei roq'i, !, Si. 
Abort Zeid 'AbdcrrahmAn Errou.-i 

(qAid), I, 92. 
Abortl'abbAs (V. Abortl'abbAs Ahme.i 

ErrefA'i ErrebAti), II, 50. 
Abortl'abbAs tqAid) (V. Abortl'abbAs 

Ahmed ben Haddo Elbottorti), I. 

97, 98. 
Abortl'abbAs iqnid) (V. Abortl'abbAs 

Ahmed ben Ali Enilh, I, 15S. 
Abortl'abbAs Ahmed ben Mohammed 

ben Abdallah, II, 44. 



392 



ARCHIVES MAROCAINES 



AboOI'abbAs Ahmed (fqth) (flls d'A- 

boOlhasan 'Ali ElmorrAkchi, 1, 154. 
AboOI'abbAs Abmcd AcheqrAch,II,16. 
AboOI'abbAs Allied AderrAq, 1,324. 
AboOI'abbAs Ahmed Aniqtd Ette- 

tAouni, II, 77. 
AboOI'abbAs Ahmed ben 'AbdallAh 

Ma'n Klandulousi, I, 151. 
AboOI'abbAs Ahmed ben AbdelhAdi, 

I, 143. 
AboOI'abbAs Ahmed ben AboOlqAsem 

KiiHonm'f (eheikh), 1, 2. 
AboOI'abbAs Alimed ben 'Acher 

(chcjkhl, II, 21 i, 260. 
AboOI'abbAs Afomed ben 'Acher 

(mausolee d'), II, 149. 
AboOI'abbAs Ahmed ben 'Acher El- 

hall EsMaoui uheikh\ I, 152. 
AboOI'abbAs Alimed ben 'All Errffl 

(qAid), I. 10*. 157, 158, 206, 207, 208, 

210,211. 212, 216, 2l!». 
AboOI'abbAs Ahmed ben BelqAsem 

Eramiri, 1, 187. 
AboOI'abbAs Ahmed ben ElhAddj 

Elmekki EssedrAU E^slAoui ifqih}, 

I, 295; II, 161. 
Ahoril'ahhAs Alimed ben Elmehdi 

Kl&azzal. I, 293. 
AboOI'abbAs Alined ben Elmekki 

K/zouAoui < fqih). II. 77, UO. 
AboOI'abbAs Ahmed ben Haddo El- 

holloOi i q Aid > I, i»7. 
AloOl'ahhAs Alimed ben Ma'n Elan- 
da lou>i, 1, 2. 
AboOI'abbAs Ahmed ben Moham- 
med ben MaouAs. I. 9. 
Aboul 'AhhAs Ahmed l»en MoOsa 

Keehercui eheikh'. I, 224. 
Abo01'abbA> Ahmed ben Omar ben 

IUhi Setta r ImorrAkchi. II. 21o. 2> •. 
Ahoid'abbas Ahmed ben Sa id Elm- 

isuildi. I. 1-0. 
Ahoi:l ahba<» Ahmed ben SlimAn 

eheikh . I. l.V». 

Aboul 'Abbas Alimed ben ZidoOh. II, 
ltf«. 

Aboul ahl-a* V. med EchchAoui mau- 

>olee .in ohe:Kh . I, 2>T. 
AhoOl al»Ki> A:.med Elfcllous. II. 

74. 

AboOlabbas A!. med El*airM KAIeb -. 
l *»«* 



AboOI'abbAs Alimed Elmoursi 

(eheikh), I, 141. 
AboOI'abbAs Ahmed ElounnAn, I,3d2. 
AboOI'abbAs Ahmed Elqa'idi (qaid), 

1,203,206,211, 213. 
Aboul'abbasAhmed Elyahmedi Ifqih), 

1,74. 106. 
AboOI'abbAs Ahmed Elyimroodri, 

(qAid>, 11,17, 18. 
AboOI'abbAs Ahmed ErrefA'i Erre- 

bAti (surnomme ElqastAli. gourer- 

neur de Efes), II, 49. 
AboOI'abbAs Ahmed Esseddriti 

(fqih), 1,305, 316. 
AboOl' Abbas Ahmed Esslaoui. 1, 119. 
AboOI'abbAs Ahmed EtUjjAni (chdkbj, 

1,380, 11,12,38, 45. 
AboOil 'abbas Ahmed Eltlemsani;q*id) 

1,62. 

AboOI'abbAs Echcherradi icMftb). 
11,86. 

AboOI'abbAs Elgazzal, 1.317. 

Aboul'abbAs Elkhadir GeilAn Elgo- 

roni. I. 36. 
AboOI'abbAs Elvahmedi (fqih, I, 

86, 137. 
AboOI'abbAs Enneqsis. I. 4£. 
Aboul'abbAs Ahmed ben Mohammed 

ben Cheqroun ElmorrAkchi (aroin, 

II, 290. 
AboOI'abbAs Sidi Ahmed ben 'Abdel- 

qAder Etteslaouti eheikh . I, VA 

151. 152. 

AboOI'abbAs Sidi Ahmed l»en Mo- 
hammed ben NAser Edder'i cbtikhi, 
tils du eheikh Ben NAser. I, 151 
153. I.M. 

Aboul abba > Sidi Ahmed ben Ni?er 
Edderi. II. 57. 

AbouI'abKAs Sidi Ahmed Echched- 
dAdi fqih . I. 3*«. 

About abbas Sidi Ahmed HAjji. I. 

>4. nV 15u. 
At*our*bbis Sidi ElhAddj Afciwd 

ben Acher. I. Ss\ 
Aboul aiim SidiRahhAlElkcdch.IW. 
Aboul All Dris l*a Mohammed Elja- 

:<ii Esslikmi. II. 3U5. 
Aboulamiak MotUaT Echcherif bea 
Ah. 1. 17. 

Aboul axm Sidi Rahhal. I. 311. 
Al^i^AkfcjUedEuatKln fqilKU.TS. 



INDEX 



393 



AboulbaqA KhAled ben HammAd ben 

Mohammed Elk£bir F.nnAsiri fpere 

de l'auteur) II 247. 
Aboul'baqA l'ich EchchAoui (fqih), I, 

201. 
AboulbarakAt (V. Moulay 'Abderrah- 

man, Ills de Moulay Elhasan), I, 7. 
AboulbiqA El'ayyAchi ben Ezzoui'ar 

EzzirAri (qAid), I, 81. 
Aboulfadl 'AbbAs ben Ahmed Etta- 

oudi (fqih) (qAdi de Ffcs), II, 66. 
Aboulfadl El'abbAs Merino, I, 390. 
Aboulfadl El'abbAs ben KirAn (fqih, 

qAdi), II, 35. 
Aboulfatfl 'AbbAs EUAoudi (qAdi\ II, 

98. 
Aboulfaio' Hamdoun ben 'Abderrah- 

mAn Essoulami ElmerdAsi (V. Bel- 

hAddj), II, 49. 
Aboulftid Hamdoun ben ElhAddj 

(cheikh), II, 34. 
Aboiilfeld Hamdoun ElhAddj Elfesi 

(fqih), II, 41. 
Aboulfaraj Elisbahani, I, 356. 
Aboiil Hafs ElouaqqAch, I, 206. 
Aboulhasan, II, 11. 
Aboulhasan (mausol£e du chtfkh), II, 

103. 
Aboulhnsan (sultan), I, 190, 192. 
Aboulhasan *Ali (His de Sidi Moham- 
med ben 'AbdallAh), I, 362. 
Aboulhasan 'AH (qAid) (V. Bouch- 

chefrA), 1,69. 
Aboulhasan 'Ali ben 'AbdallAh Enifl 

(qAid), I, 76, 85, 89, 104, 134. 
Aboulhasan 'Ali ben 'AbdesselAm 

Medid6chEltesonli(fqih), II, 161,162. 
Aboulhasan 'Ali Baraka (mausole> 

du cheikh », II, 233. 
Aboulhasan Ali ben BrAhim (fqih), 

I, 93. 
Aboulhasan 'Ali ben Dris Eldjouli 

(cherif) I, 26. 
Aboulhasan 'Ali ben ElguenAoui 

(fqih), II, 167. 
Aboulhasan 'Ali ben Hamdouch 

(mausotec du cheikh), I, 328. 
Aboulhasan 'Ali ben Hirzihim (tom- 

beau du cheikh), 1,57, 292, 301. 
Aboulhasan 'Ali ben Ichcho, I, 107. 
Aboulhasan 'Ali ben Mohammed 

'AououAd (Khatib), II, 321. 



Aboulljasan 'Ali Echcherif, I, 9. 
Aboulhasan 'Ali ElmorrAkchi, 1, 154. 
Aboulhasan 'Ali MArsil (gouvemeur), 

I, 282. 
Aboulhasan 'Ali MArsil ErrebAli (rels), 

I, 300. 
Aboulhasan ben GAIeb, II, 202. 
Aboulhasan Elhaddy 'Ali ben El- 

'arousi EddoukkAli ElbouzirAri 

IqAId), 1, 307. 
Aboulhasan Elamiri (vizir), I, 209,216. 
Aboulhasan Moulay 'Ali (Ills de Mou- 

lay SlimAn), II, 139. 
Aboulhasan Moulay Echche>if, I, 10. 
Aboul'oulA Dris ben Elmehdi Elme- 

chchAt ElmonAh* (fqih), I, 173. 
Aboul'oulA Dris ben HoummAn El- 

jerrAri (V. Aboul'oulA Dris ben 

El'arbi Eloude\vi EljerrAri, II, 119. 
Aboul'oulA Dris ben Horn man Eljer- 
rAri, II, 133. 
Aboul'oulA Dris ben Hoummnn ben 

El'arbi Eloudtyi EljerrAri, II, 120. 
Aboul'oulA Diis ben Mohammed 

Elja'idi Esslnoui, II, 325. 
AboulqAs£m Essehilo (mausotee de 

l'lmAm), II, 314. 
Abounnasr Moulay IsmA'il ben Ech- 
cherif (V. Moiilav IsmA'il), I, 59. 
AbourrAbi' ElkoulAi', II, 245. 321. 
AbourrAbi * MoulAna SlimAn ( V. Moulay 

SlimAn et AbourrAbi' Moulay ben 

Mohammed), I, 387. 
AbourrAbi* Moulay ben Mohammed 

(V. Moulay SlimAn), I, 384. 
AbourrAbi SlimAn Ezzerhouni, I, 62. 
Abourrabi' SlimAn ben 'AbdelqAder 

Ezzerhouni (fqilr, I, 95. 
Abouspoiin Elmabjoub Elhadri, I, 29. 
Aboussourour 'AyyAd BoCi Chefra 

(qAid , II, 2, 13. 
Aboussourour 'AyyAd ben Bou Chefra 

ElouriOyi (qAid), II, 21. 
Aboutlayyib Elmoutanabbi, I, 58. 
Abraham, II, 40, 198. 
Abvssinie, II, 334, 354. 
A'chAch, II, 23. 
Achar, I, 220. 
Acheq QAr, II, 277. 
'AchourA (ttte d'), I, 107. 
AdSkhsAn, I, 77, 93, 94, 107, 109, 119, 

187, 322, 323, 324; 11,51. 



3B4 



ARCHIVES MAROCAINES 



Adekh-An |i|nshad'l. r, 76; li. 36». 
'Adeyvil. [, 217, 227, 285. 
'A ill iii ii, I, 'ii\. 

.Ubllkq. II, 321. 

Afrau, I, las. 

Agadir, I. 269, 2*2, 294 ; II, 10, 338. 
Agdal. I. 313, 3H0; II, 117, 118, 119, 

21)8. 2.VJ. 274. 275. 276. 
Aplej, I, 14. 
Agluii, 11,330, 
Ajmat. I. 341. 342, 356. 
Ajourai ((|&»ba), I, 15»: II. 5J, 323. 
Agrix 11, 47. 

AhlaC I, 2ri, 43, 1!)3, 194,302: U, 12,23. 
Abmar, 11, I, 2. 
Ahmed (V. AboOI'abbftS Abmed 'Ani- 

qid ElteLlounii, II. 78. 
Ahmed Nils de Mohammed Elh.lddj 

Eddilai , 1, 26. 
Ahmed limam'. I, 340. 355. 
Ahmed \V. Ahmed ben Mbareki, II. 



Abmed BAdia jprl 



dAlgcr 



II, 



Ahrar, 11, 48. 
Ah/.ab, II, 348. 
Aicba Mharka, I, 131, 189. 
'Aia Bou 'Oukkaz, II, 90. 
'Aln Chou a, I. 107, 108. 
'AIp Dada. II, 89. 
'Aln Eddalia, II, 215 

'Aln El'aiima, II, 190. 

'Ain Ellouh, 1, 88. 

1,27. 



7. 






i, II, ; 



Ahmed hen 'Abdallah. I. 78. 
Ahmed ben 'Abdesselam Errifl. II, 43. 
Ahmed lien 'All la Osar Beni , Ols- 

mnni. I. 22. 
Ahmed ben 'Ali H|AT<) iV. Aboiil'Ab- 

bns Ahmed ben "All), I, Hi5. 
Ahmed ben 'AH, I. 157, Ktl, 246. 
Ahmed ben 'Ali Errill. I. 181,201, 207, 

5111, 213. 2>2, 225. 22<i. 
Ahmed lien Daoud. II, 271. ; 

Ahmed ben El'arbi inaidl. 11. 16. 

Abmed ben I. 143. 

Abmed lien Eluuueddin Elfarji. II, 

Ahmed ben Ellaoudi, I. 389. 

Ahmed ben Ilu'ddu uiluli,]. *:,. 
Ahmed ben IPH M II. 37. 

Ahmed ben M HEsslnoui. 

I. Mv. xv; II, l.Y.1. 8M. 3«i7. 
Ahmed ben Malek, II, SOI. »e, 814. 
Ahmed ben Ml.arek , V Ytd; 11,21. 10. 

Ahmed ben Salah, I. 46. 

Ahmed Eliiazzal > \". Eleazzal et Abm"il- 

'abbils Ahaieel El-ia^al . I. 299. 
Ahmed Elk had) r, 1. 232. 
Abmed Errill. I, 22". 222. 223. 224, 



All A'Utb, II, 24. 1 

Ml 'Attn. 1, 80, 336, 333; II, 45. 46. 

49, 376. 
Alt 'Ayyach, 1, 52; II, 287, 321. 
Ait Avvat. II, 24. 
Ait Ba Amran. II, 128. 329, 330. Kfi. 

Ail Chcidrouchchen, I, 90. 

Ail llheKroussen. II. 28.-., 290, 321. 

Ail Chqiren, I, 306; II. 370. 

Ail Iladiddo, II. 36U, 375. 

Alt Ileli. II, 325. 

Ail Idrasen. I, 88, 107, 188. 217. 22". 
221. 254, 256. 261, 2.14. 283. 304, 32*, 
335, 367 : II, 17, 20, 27. 30, 32, 53, 72. 
1(19. 

Alt Ishai|. I, : 



Vtl l>i 



, 107, 



', 301. 321; II, 



Ail Izdejt, II. 373. 

All Herpud, II, 309. 371. 370. 

Ail MItauuch. I. 300; II. 57 

All Moiisa. II. 473. 

Ail Ouallan. II. 324. 

Ail On Maluu, I. 93. lo:>. 109, 119, is*, 

1S7, 192. 217, 289. 303. 321. 322. 313, 
324,325. 305. 371'. 31W : II. 16, 17. 25. 
20. 27. 30. 51, 73, 36*. 

AH Sa'ada, II. 252. 

ATI Sekhman. 11.57. 368. 369,371, 3sii. 

Ait SIbir, I. 251. 

Ail Sknlo, I, 2*9. 

Alt Vafelmdl, I, 103, 330. S3*: II. lira. 

All Viminoiir. I. 334. 335,381. 392: II, 

112, 113, 219. 
All Voil-i. I. 90. 261: II. 29. 30, W. 

2S7. 2*9. 321. 325. 
Ail Vzden. 11. 325. 
Ail Zemmofir, I, 107, 109. 161. 2ri, 

3H3.3.4; II. 74. 

ly.in b:i ll.ii. Ii, US . 



INDEX 



395 



H. 

Abort 'AbdaHah Aken- 

, 126, 137, 156, 264, 289; 

77,84, 110, 115,128,202, 

imetiere d), II, 48. 

iistrict d'), I, 15. 

90. 

13: II, 69. 

8: II (cherifs), 250, 380. 

116; II, 363. 
, 140: II, 40, 50, 203. 
>9, 30, 34, 35, 36, 51, 68, 
107, 317, 318, 345, 392, 

21, 46, 47, 50, 131, 132, 
>, 165, 223, 301, 303. 
II. 

120, 318, 345. 
29, 379; II, 2.^2, 280,350. 
jen Abou TAIebi. 
chem), I, 170. 
12. 

i (qasba de), II, 4. 
lallAh Krrill (V. Aboul- 

ben 'Abdallah Errill), 

u TAIeb, I, 3, 113, 117, 

kAt, I, 107, 109. 

, I, 3su. 

kki, II, 369. 

nida EzzirAri iqAi'd), I, 

rzihiin (mausolee du 

360. 

ho Elqehli. I, 107, 108, 

i, 157, 161, 162, 1S3. 

oliainincd EchchiAdini 

1. 

a ElmergAdi, II, 375. 

sef Ellemtuuui, II, 104. 

H, 
> # 

', I, 1 ; II, 1570. 
X: II. 17, 29, 127. 
•rakchi. I, 74,75, 120,129. 
Vbou Hafs 'Omar ben 
orrAkchi. 

s'oud iqAidL I. 274. 
II, 71. 



Almohades, I, 140, 265, 310. 

Alraoravides I, 140. 

Alzam ou Alzem, I, 209, 232. 

'Am Eddoleima, I, 151. 

'Amara ben Mousa, I, 317. 

'AmArna, I, 27. 

AmejjoiU, II, 270. 

'Amer, II, 102. 

Amina Elmcriniya (pare d'j, 11, 208 r 

299. 
Amln Essourra, I, 343, 344. 
Amsa, II, 330. 
AmsAl, II, 26. 
Andalous, I, 8, 9. 
Andalousie, I, 8,9, 12, 13, 96, 101, 218; 

II, 344. 
Andjcra, I, 282; 11,212,213, 214,215. 
Anfa, I, 332, 348, 359, 378; II, 3, 4, 5, 

305. 
AngAd, I, 26, 27, 41, 81, 82 : II, 82. 
Anglais, I, 89, 127; II, 130, 171, 197„ 

334, 360. 

Angletcrrc, 1,362; II, 131, 213. 

AnjAd, I, 55. 

AnouAr (El) essaniya I'imA bi-Sijil- 

mAsa min ennisbat elhasaniya, I r 

4, 14, 15. 
AnsAr, II, 84. 
Antiochc, I, 140. 
'AouAril clma'Aril (d'Enchrauonrdi;, 

11,321. 
AoutAt, I, 90; II, 374. 
'Aqbat Beht, I, 125. 
'Aqbat ElmsAjin, II, 145. 
•Aqil ben Abi TAleb ; II, 240. 
Aqqa, I, 70, 313. 
Arabe, I, 237: II. 245. 
Arabes ou 'Arabs, I, 24, 25, 27, 28, 

30, 33, 34, 3">, 36, 43. 55, 56, 01, 65,. 

79, 83, 131, 135, 140, 2(>4, 2(8. 222, 

224, 244, 259, 200,292. 290, 297, 319, 

335, 338 356, 363. 388; II, 10, 18, 
19, 20, 21, 30, 33, 45, 51, 52, 53, 108, 
120, 140, 109, 2*i4, 218, 222, 204, 337, 
338, 35U, 3J3, 364, 305, 367. 

'Arabs 'Aimi, II, 182, 204, 315. 
•Arabs AngAd, I, 40,39', 395 ; II, 121, 

171, 30(1. 
'Arabs Heni U*en, I, 244,302; 11,74. 

124. 
'Arabs Dekhisa, 11,323. 
'Arabs Djocln>in,I, ^. 



396 



ARCHIVES MAROCAINES 



'Arabs Doui Meni, I, 78. 
'Arabs Ela'chAch, 11,23. 
'Arabs ElahlAf, I, 39, 194 ; II, 296. 
'Arabs ElhayAina, 1,38, 44, 161, 211, 

224, 242:11,234. 
'Arabs Elkhlot.1,69, 392; 11,195. 
'Arabs ErrhAmna, I, 231, 265; II, 6, 

251 . 

'Arabs EssebAh, II, 45, 376. 

'Arab Essehoul, 11,3, 16. 

'Arabs Ma'qil, I, 27, 66, 68, 69 ; II, 86, 

335, 338. 
'Arabs Ourdiga, II, 25. 
'Arabs SePAn, II, 43,248. 
'Arabs Za'ir, II, 182. 
'Arabs ZirAra, 1,81. 
Arabic, 11,32,33,39. 
'Arafa, 1, 120. 

Aristote, 1,116; II, 195,363. 
Arjouza, I, 3, 4. 
Arko, 1,94. 
AroourAt,I,220. 
'Arsat Ben $Abah, 1,55. 
AsAka, 11,327,330,337,338. 
Aseila, I, 37, 47, 51, 103, 259, 260, 329, 

368.369,398; 11,80.103,122. 
Asfl, I, 266, 267, 283, 348, 359 ; II, 1, 2, 

8, 13, 14, 122, 125. 
Asmir, 11,218. 
'Asmiya, 1,399. 
Asrir, I, 22. 
'Atiya,II, 165. 
Autriche, 11,129. 
Autrichiens, II, 130. 
'AyyAd (V. Ahoussourour 'AyyAd ben 

Bou Cbefra Eloud^vi), 1,15; 11,21, 

28, 141,321. 

WvvAd (mauso!t ; e du qAdi), II, 273. 

'AyyAd (ponU de), II, 144*. 

Azeila (V. Aseila). 

Azcmniour, I. 253, 254, 332, 348; II, 7, 

10, 117. 124, 125, 280. 286, 306. 
AzgAr, 1,66, 319, 335; II, 128. 
AziAr, I, 69. 
Azrou, I, 39, 88: II, 29,30. 



B 



Ba Ahmed, I, XI. 

Ba 'AmrAn, II, 337. 

Ba •Aqil Essousi, II, 23. 



Ba 'Aziz ben Seddonq, I, 135. 

Ba IchchA Elqebli, I, 93. 107. 

BAb Ahsein. II, 184. 

BAb Ail An, II, 96. 

BAb Beni MsAfer, I, 182. 

RAb DoukkAIa (mosqu^e de), I, 359. 

BAb ElbejA, II, 144. 

BAb Elbetioui, I, 185. 

BAb Elfetbuh, I, 44, 173, 181, 190,242, 

II, 103. 147. 
BAb Elguisa, I, 46, 182, 201; II, 147. 
BAb Elguisa (mdersa de), I, 360. 
BAb Elhadid, I, 173. 182. 
BAb Elhejar, II, 250. 
BAb Eljedid, I, 285. 
BAb Elkhamis, II, 114. 
BAb Elmahrouq, I, 182, 205, 226, 246; 

II, 46. 
BAb ElmarsA, II, 307. 
BAb Elqasdir, I, 238, 240. 
BAb Erreis, II, 8, 314 
BAb ErrckhAm, I, 204. 
BAb Errih, I, 200, 211. 
BAb Errobb, II, 195, 314. 
BAb Ettouboul, II, 275. 
BAb H&lAna (mosqu£e de), I, 359. 
BAb llosein, II, 103. 
BAb Mansour El'eulj, I, 183. 
BAb Merah, I, 360. 
BAb Mesmonda, I, 201. 
BAb VaglA, I, 379. 
BAb-Yeloud. II, 292. 
Bades, I, 102; II, 15. 
BagdAd, I, 140. 
Baqi '<du Magrib), I, 5. 
Barbouch, I, 76. 
Baylen, I. 316. 

BdAoua, 1, 201, 222, 225. 

BcchAr ben Berd Ela'nii, II, 334. 

Bedi< (d Elmansour), I, 140; 11,259. 

Bedi' EzzamAn. II, 181. 

BekkAr ElingAfra (che'ikh), I, 76, 171, 

181, 190, 204, 212, 217. 
Bekriyin, I, 338. 
Bel'nbbAs benElmezouAr EddoukkAli 

ElbonzirAri (qAid), II, 81. 
Bel'abbAs Essebti (mausolGe du 

che'ikh), I, 359, 366 ; II, 2. 
Bel 'AbbAs Essebti (qoubba du 

cheikh), II, 208. 
Belgeits (V. Sidi 'AbdelouAhed), 1, 15. 
Bclgeitsi (cherif), I, 15. 



INDEX 



397 



Belgique, 11,308. 

BelfcefrAn, II, i87. 

Bellefqih (V. Abou IsfoAq BrAhim ben 

Mohammed Eljeriri), II, 321. 
BelqAsem El'amiri (qAdi), I, 98, 196, 

209, 216,241, 271. 
BelqAsem EzzayAni, I, 93, 322, 323, 

324, 337, 340, 347, 351, 352, 394. 
BelqAsem Ezzemmouri (qAid), I, 321, 

322, 325. 

Ben 'AbbAd, II, 61. 

Ben 'AbdelouahhAb (V. Mohammed 
ben 'Abdelouahhab), II, 33. 

Ben 'AbderrezAq (V.ElhAddy Moham- 
med ben 'AbderrezAq), II, 74. 

Ben 'AbdessAdeq (ousif, gouverneur 
de Fes), II, 24, 49. 

Ben 'AbdcssAdeq (V. ElhAddj Mo- 
hammed ben Wbdessadeq Elmseg- 
guin), II, 10, 11. 

Ben 'Acher (mausolee du cheikh), I, 
151, 297; II, 207. 

Ben 'Aq!l,.ll, 24. 

Ben 'Arbiya (V. Sidi Mohammed ben 
lsma'il}, I, 195, 196, 202. 

Ben Bel* aid (V. Si Abdallah ben 
Bel'aid). II, 304. 

Ben BrAhim ifqih), II, 95. 

Ben Cheqrofin ElncorrAkchi (amin) 
(V. Aboul'abbAs Ahmed ben Mo- 
hammed Ben Cheqroun ElmorrAk- 
chi), II, 61, 293. 

Ben DAoud (V. Ahmed ben DAoud 
(gouv. de Morr?kch), 11,272. 

Ben Djelloun (V.Abou 'AbdallAh Ha- 
bib ben IIAchem ben Djelloun EI- 
fesi), II, 61, 260. 

Ben Dris (V. Abou 'Abdallah Moham- 
med ben Dris), II, 127, 167, 195. 

Ben Echcherif (V. Abou Mohammed 
'AbdelqAder ben Echcherif Elfeliti), 
II, 19, 20,21. 

BenEchchlich (V. Abou Zeid 'Abder- 
rahman ben Echchlich EzzirrAri), 
II, 300. 

BenEddAoudi,II, 2. 

Ben Elachqar (qAid), I, 157, 161. 

Ben El'ayyAchi (V. Abou 'AbdallAh 

Mohammed ben El'ayyAchi Elmek- 

nesij, I, 76. 
Ben EldjilAli (V. Mohammed ben El- 



djiAbi Ould Mohammed Essegir 

Essergini), II, 64. 
Ben ElgAzi (V. ElhAddj Mohammed 

ben ElgAzi Ezzemmouri), II, 73, 

75, 108, 109, 114 115. 
Ben ElhAddj, I, 32. 
Ben ElmbArek, I, 342. 
Ben Elmoufti, 11,224. 
Ben Essegir, I, 46, 47. 
Ben EttAhar (V. EttAhar ben Mes- 

( oAd)' t 'lI, 142,143. 
Ben Ettayeb (V. Sldi Mohammed ben 

Ettayeb ben Mohammed ben 'Ab- 

dailAh), II, 117, 148. 
Ben Ferhoun (V. ElhAddj Moham- 
med ben Ferhoun), II, 144, 154. 
Ben gazi, II, 52. 
Ben Hamida, I, 350. 
Ben Hirzihim (mausolee du cheikh), 

I, 61. 

Ben 'Isa (mausolee du ch6ikh), 1,360. 

Ben KirAn, II, 60. 

Ben Mahrez(V. Moulay Aboul'abbAs 

Ahmed ben Mahrez), I, 61, 62, 65,66, 

67, 70, 83, 85,86, 91, 136. 
Ben MAlek (V. Ahmed ben MAlek), 

II, 302. 

Ben Mech'al, I, 40, 41, 43. 

Ben NAser (cheikh) (V. Sidi Ahmed 

ben NAser), I, 152. 
Ben 'OtsmAn(V. Abou 'AbdallAh ben 

'OtsmAn Elmeknesi. II, 8, 14, 15. 
Ben Ou'Azig, II, 72, 73, 143. 
Ben ' Ouda, II, 250 (V. 'Abdelkerim 

ben ' AbdesselAm ben 'Ouda ElhAr- 

tsi EsseHAni). 
Ben SAlah (V. Ahmed ben SAlah), 

I, 46. 

Ben SAlah (mausolee du cheikh), I, 

359. 
BenSa'oud (V. AbdallAh ben Sa'oud), 

II, 34, 35, 36. 
Ben SlimAn, II, 78. 

Ben SlimAn (V. Mohammed ben Sli- 
man Elfesi), II, 114. 

Ben TAhar (V. Moulay Abou Moham- 
med 'AbdallAh 'ben Ali ben TAhar 
Elhasani), I, 3. 

Ben Yousef (V. El'arbi ben Yousei 
Elmousoulmani), II, 86. 

Ben Yousef (ills de) I, 173. 

Ben Yousef (mosquGc de), II, 322. 



ARCHIVE! 



Ben Zerrouti, 1, 170. 

Ben Zivan, II, 72. 

Gen Zivan El'aouar, I, 305. 

Beni 'Amer. I. 33,35,78,85: ll.15S.175. 

Beni 'Amer ben Zopba, I. 27, 78. 

Beni Amg.tr imau*olcc desi, II, 305. 

Beni • Ayvftt, 11.24. 

Beni Boil Uueltoim, II. 296. 

Beni l!,.u Yahi. II, 16. 

Beni Brabim. I, 4. 

Beni Chcqran. II, 139. 

Beni Cbiban, (I. 10. 

Beni Drid ben Atsbadj. I, -16. 

Beni Ezzoubi. I. 16. 37. 

Beni fiorfet, I, 296. 398. 

Beni Itarch'an. 1. 398. 

Beni llkim. I. 93, 1(17. 10*, 217, 321, 
321. 325. ttlS: II, 72, 316. 

Beni ll-en. I. 7.".. 161, 20*. 208. 216. 
226. 227. 228, 221>. 2*t. 233. 234. 241, 
2**, 263, 265. 391. 307. 331. 332. 383, 
39": II, 29, 1)4. 65,85. M». I'"*. 287.288, 
31.1. 

Beni Ider. I, 398. 

Beni I.I rip-en, 336. 

Beni 1-nHI, 1.118: II. 132. 



liM.ilek ben Zoplin. 1.27: 11.295. 



324. Si;". 373. 
Beni Moiisa. II. 24. IS9. 271.319, 323. 
Beni Mrin. 1.63. 66.310. 
Beni Maaler iporle desi. II. 103. 
Beni Mur.I. 251, 367 : 1 1. 2s:>. 290, 315. 
Beni Mlite. 11.324. 
\ 11,319. 



lien 



218. 



Beni Ouaraln. I. 161. II. 296. 

Beni Saddein, I. 2S9 : II: 295.296. 

Beni Snous. I. 27. 32. 3S. 

Beni Ya qob. 1. 30. 

Beni Yazea. I. 206. 213: II. 103. 

Beni Yezid ben Zogba, I, 27. 

Beni YznAsen. I. 27. 41. 43. 81.82,85, 

131. 392, 395: II, 12, 121. 166, 169, 

298. 300. 310. 



Ben: ZemmoOr, II. II, 271. 

Beni Zeroual. I, 7. 48 : II. 370. 

Bennle (V. Elhaddj Mohammed ben 
Elmadani BennU). II. 61. 279, 280. 
291 , 292, 293. 

Berbers, I. 22, 21. 33. 35, 43. 4«. 47. 
62, 56. 63. 70, 87. 88, 90, 92, 83, 188, 
109, 156. |61, 162. 165. 166, 181. 187. 
191, 193, 197, 198, 199. 210, 206, SU8. 
212, 214. 22ii. 221, 222, 227,134. 235, 
236, 237. 218, 242, 243, 244, 245. 2*8, 
250, 252, 256, 263, 272. 289, 291. 324. 
335. 336, 337, 338, 350, 379, 385, 3.' 
392,395: II. 16,17,23, 26, 27, 28, I 
30, 46. 51, 52. 53, 5*. 56, 57. 68. ■ 
62. 63. 64.69, M'^V, 07,H 

109, 12n, 3: 

337, 368. Voir aUMi Briber. 

Berbers Ail 'Atta, II, 45. 

Berbers Ail Idrasen, II, 109. 

Berbers All Ouallal. I. 47. 

Berbers Beni Msulld, II, 287. 

Berbers Chra-a. I, S3. 

Berber* GuerouAn, II, 29. 

Berbers Senhaja, I, 70. 

Berbers Zemmoilr, II, 52, 33. 

Berrlma. 1. 83, 211. 

Berrima imosqueedei. I. 268, 359, 360. 

Bbalil, I. 14. 

Bil.ld Kldjerid. I. 13.". 



Bir. 



. 14. 



BUkra, I. 13*. 
Bnkhari. I, 163. 

Bordata (qadi V. AboO Abdallab 
la . I. 125. 

a 

Boln I, 48. 



1 'Ah. 



134, 



Bou 'All Elhasan ben 'Abdelkhaleq 
Erroilsi .qaidi. I, 129. 130. 131. 132, 
156. 168, 185. 190. 

BoO 'Aqba. 1.65. 

Bon Mia tqaiiji. I. 221, 224. 229. 

Bou \z/.a Elbabri. II. 295. 

Boii ' Azza ben Mohammed Ou 'Ariz, 
II, 17. 



Boii Bkeur ben Abdelkerim Ecbcbe- 

bani. I. 51. 
BoO Bkeur ben EI' arabi|hafid),I, 357. 



INDEX 



399 



Boti Bkeur ben El'arabi (mausolee du 
cheikh), I, 2G0. 

Boil Bkcur EttsAmli, I, 25. 

Boti Bkeur MhAouch, ills de Moham- 
med Ou NAser, II, 56, 57, 58, 73, 
108. 

BoO BrAhim. I, 6. 

Boa Brih, II, 112. 

Boa Cha'ib (mausolee du cheikh), 

I, 253, 254; II, 30.i. 

Boa 'Euchrin (V. Si Ettavcb Elva- 
mAni, ou : Abmi WbdallAh Moham- 
med Ettayeb ben YamAn), II, 169, 
270. 

Boa 'Eurif (qAid), I, 307. 

Boa FekrAn, I, 237, 238,240, 246, 248. 

Boa Hamara, I, XI. 

Bou Hassoan EssemlAli, I, 16, 17, 
18, 37, 53, 54. 

Boil 'InAn qAdi\ I, 19'>. 

Bou JeloOd, II, 103. 

Bou Jmi'a (V. Abort WbdallAh Mo- 
hammed ben Boa Wzza), II, 80. 

Boa Joum'a ben SAlem (qAid), II, 110. 

Boa KeddAn. II, 215. 

Boa lHf, I, 85. 

Bou Medien (qAdi), I, 60. 

Boa Medien (mausolee du cheikh), I, 
392. 

Boa Mohammed Sal Ah { cbeikb), II, 
125. 

Bo0 MzoOra, I, 47. 

Bou 'OukkAz (source), II, 275. 

Bou BiAla, II, 210, 220. 

Boa Bfqi, II, 278. 

Boa SeihAm (mausolec du cheikh), 

II, 247. 

Boa SeihAm ben GueddAr, I, 37. 
Boa SeihAm ElhaminAdi qAid), I, 
224. 

Boa Semgoan, I, 351: II, 12, 13. 

Boa SfihA, II, 234, 235. 

Boa ZiAra ben EchchAoui ElahlAfi 

(gouverneur de TAza), II, 121. 
Boa Zniqa (qasba de), 11,208. 
BouAn, II, 118. 
BoOchchefra, I, 68. 
Boaddechich (qAid), I, 131. 
Boul'avouAn (gue de), II, 175. 
Boaija'ad, II, 271. 
Boaija'd (mosquee de), I. 50, 104. 
Boaija'd (zaouya de), I, 346. 



Boaijelortd. II, 144, 147. 

Boulkhesinat, II, 270, 304. 

Boussckliotir Elkhomsi (V. Abort 
WbdallAh Mohammed El'arbi Elk- 
homsi), I, 280. 

BouslAn (V. ElboustAn), I, 16, 18, 19, 
60, 89, 93, 98, 99, 106, 120; 124, 134, 
138, 140, 170, 189, 198, 221, 256, 289, 
291, 301, 302. 307, 310, 322, 327, 328, 
338, 340, 349, 391, 392; II, II, 24, 69, 
100, 101, 338. 

BouslAn Amim, II, 313. 

BoustAn Elmserra, I, 140. 

BouslAn Ennii, II, 8. 

BrAber, 1. 93, 104, 105, 107, 108, 109; 
II, 315. 325. 

BrAber Ait Ou MAIou, I, 321. 

BrAber Chqiren, I, 289. 

BrAber GuerouAn, I, 319. 

BrAber SenhAdja, I, HH. 

BrAhim, Ills de Sidi Mohammed ben 
WbdallAh, I, 362. 

BrAhim ben Ahmed Elkhal (qAid), II, 
176. 

BrAhim ben Bczzortq «V. ElhAddj 

BrAhim ben Bezzouq], II, 82. 
BrAhim ben Yazid, II, 114. 
BrAhim Isemmour Elizdegui, II, 193. 
Bresil, I, 316. 
Brija, 1. 102. 



c 



Cairo, I, 140, 3^3: II, 35, 226, 382. 

Casablanca, II, 309. 

Ceuta, I. 32, 52, 89, 92, lol, 102, 101, 
105, 134, 135, 270, 281, 282, 377, 378, 
379: II, 15, 212, 213, 214, 217,229 
237. 

Cha'Abniva, I, 184. 

ChafA fdu qAdi WyyAd), II, 321. 

ChAker, I, 34i. 

ChAmil, II, 162. 

ChAoudiya, I, 52. 

ChAouiya, I, 288, 332. 

ChAouis, II, 4. 

ChAouya, 1,396; II, 3, 6, 81, 124. 

Charles II (roi dWngletcrre), I, 39. 

ChebAnAt, I, 51, 67, 68, 81 ; II, 69. 



400 



ARCHIVES MABOCA1NE9 



Cheddad, I, BO. 

Cbefchaoun, I, 280, 307, 

ClierchAouni, II, 66. 

Cheikh ElguezoUli, II, 14, 

Cheja', I, 56. 

Chemail (d'Ettarmedi), II, 321. 

Chenguit, I, 76. 

Chora' I, 129. 130; [1, 346, 319, 333. 

Cherarda, II, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 

101, 122, 123, 121, 125, 126, 127, 128, 

170, 176, 231, 250. 
Cherchell, I, 8G. 
Cherg, I, 26, 33, 41, 78, 83, 122, 123; 

11, 23, 121, 297. 

CherirslV. Sijilmflsisldrtsia, Djoulip, 
Hasania Mhammcdis, Sqallis, 'Ii'A- 
qia MM\, ranis Drlsis. 

Ctaerifs (cimetiere dca). I, 379. 

ChurlAHd'EI'Alam), I, 333. 

Cherlk, II, 350. 

Ohi'n, II, JO. 

Chiadma, II. 94, 124, 171. 

ChifS EliMlil, 1, 276. 

Chorfa -V. Clierifsj, I. 271. 

Chosroes. I. 140, 277. 

Choiichaoua, I, 334. 

Chqlrdn, 11,368, 870. 

Chragn, I, 54, 54. 217, 219, 220, 224 
2211, 2S9, 242, 243, 235, 291, 391 ; II, 

12, 29, 61, 144, 211, 287, 319. 
Cons Ian tine, 1. 31. 
Corwlonlimt|ile, I, 120, 140, 343, 347, 

348; II, 80, 104. 
Cordoue, I, 101. 
Cosmos IV. Ohosrotsl. 



Dabmna Elmenjad (clieikli), I, 180. 
Dabra. I, 67. 

Damns, I, 140; 11, 33, 181. 226, 330, 

382. 
Dane mark, I, 310, 311 ; II, 172. 
DaoJnli, II, 21. 

DAoud lien Soulei'man, II, 101. 
Dar 'Arbi, I, 330,331. 
Dar Bel Can, II, 189. 
Dar llen'Araar. 1, 221, 
Kilr Ben Chegra, I, 47, 63. 
Dar Ben El'amri, II, 288. 



Dar Ben Mcch'al, I. 85. 

Dar Eddo.liiliatt, I, 194, 216, 216, 217, 
220, 222, 229, 213, 244. 248. 249, 251, 
234, 253, 266, 239, 213, 286, 353; II. 
143. 

Par Eddiyaf, I. 243. 

DAr El'abbA*, I. 225, 22B, 228. 

DAr El 'i^^! I. 64- 

Dflr Elbbar [palais del, II, 101. 

Dflr Elgue'itoun, 1. 62. 

DAr ElhanA, M, 118, 274, 275. 

DAr Elmouse.m, II, 90. 

DArErrekhA. 1,286. 

Ddr Ellerna. I, 90, 

DarMarlll.il, 220. 

Deldou.l, 62. 

Deliian, II, 102. 

II, 192. 

DcmnAt, I, 39, 231, 332. 

Derb Edderv, II, 87. 

KerqAou>-a,'ll,19. 

DerrAs ben UmA'il (mausoliie du 
cbeikhi,l, 360. 

Deux-Itires. I, 136, 266, 28:-}, 293, 343: 
11,130, 184, 187, 239,242, 286,295, 
303, 309, 311, 322, 3;)3. 

phnr Elmenres, 11,71. 

l>har Erremka.l, 25. 

hbar Ezznoilva. 1.217. 

DilaU, 1,37, 39,16,48,70. 

Dlr, 1,74.73. 267,271; 11, 7. 

nja'arru. 1,27. 

DjaTAn. I. 32. 
[IjAloiit. I. 24. 

Djebel. I, 101, 210, 219, 225, 213, 290, 
301.332,309, 383,392. 397,398: II, 
25, 43, 76, 222. 228. 

Djebel lieni 'Ajvicb, I, 22. 

Djebel Keren, I, 80, 9". 

Djobel El'alam (chArifs du), T, 301. 

Djebel El'svvnchi, 1.8*, 90. 

Djebel Kzzeblb, 1,21 222, 392. 

Ujebel FtwAz, I, 92, i05, 192; 11,58, 

Djebel UAclied, I, 27,31. 

Djebel SAgro, I, 80:11,49. 

Djebel Selfal.l, 331, 391; II. 113,163. 

Djebel Tg«. I. 213. ■■ 

Djebel TInmellel, II, 301. 

Itji'ddn, 11.203. 

Djeich, I, 98, 106; 11,8, 14, 36, 37,1", 

48, 53, 53. 
Djeman Hamriya, I, 110, 202. 



INDEX 



401 



DjemAn RidouAn, II. 264. 

DjennAt ElmenAra, II, 118. 

Djerid, I, 30. 

Djobtfr ben Mout'im, II, 240. 

Djoulaq, I, 50. 

Djoutis (cherifs), I, 2. 

Dkhisa, 1,27, 78; II, 74. 

Dlim. 1,76. 

Dorr (Ed-) essami fiman bi-Fes min 

Ennasabi-Ehasani, 1,2. 
Douair.il. 138, 140, 142, 158. 
Doueirat Elkoutoub (bibliotheque 

IsmA ' ilienne a Meknes), 1, 290. 
Doni B1AI, I, 334 : II, 86, 94. 
DoukkAla, I, 76, 93, 208, 229, 230, 231, 

232, 258, 268, 292, 303, 317, 326. 332, 

379; II, 1, 2, 7, 10, 14, 44, 49, 64, 

114, 116, 124, 147, 175, 183, 219, 309, 

315, 326. 
Dourrat Essoulouh, I, 271. 
DrA\ I, 6, 20, 21, 36, 122, 123, 124, 

131 : II, 16, 18, 49, 123. 
DrA 'Ellouz, I, 310. 
Dris (qaid)(V. Aboul'oulA Dris ben 

HoummAn ben El'arbi Eloudey El- 

jerrAri), II, 121, 136, 138, 140, 142, 

H6. 147, 449. 150. 
Dris ben 'AbderrahmAn EsserrAj, II, 

291,294. 
Dris ben ElmahjoubElbokhAri (qAid), 

II. 141. 
Oris ben Elmehdi ElmechchAt. 1, 177. 
Dris ben HAchem Elhasani Eljouii, 

I, 389. 

Dris ben HoummAn EljerrAri (qAid), 

II, 142. 145, 148. 
Dris Elouddyi, II, 143. 
Drisis (cherifs), I, 369. 



E 



Ebn Mohammed (V. El'arbi ben 

Mohammed Echchergui), II, 176, 

324. 
EchchAJi^d (qA v d), I, 327. 
EchchAouiva, «, 93, 233, 265, 269 ; II, 

3, 4, 64. 114. 
EchchebAnAt. I, 66, 81, 332. 
EchcheJkhinted'Elmansour Essa'di), 

I, 97. 

ARCH. M>ROC. 



Echcheikh (qAid), I, 329. 

Echch6ikh Mogfir, I, 22. 

Echcheqqa, II, 296, 310. 

EchcherAbliyin (mosqu6e . d'j, II, 103. 

Echche>if, I, 176. 

Echcherif (V. Moulay, 'Ali, His de 
Moulay Elhasanj, I, 7. 

Echcherif (chef des revoltes), I, 48. 

EchchiAdma, II, 1, 44, 49,63, 267. 

Echchott, I, 57. 

Eddaola'(V. OstmAn Pacha). I, 28. 

EddAr ElbaidA, I 360; 11,3, 118, 238, 
268, 276, 307, 308, 326. 

EddAr Elkoubra, I. 268. 

Eddehebi (V. Moulay Aboul 'abbAs 
Ahmed ben IsmA'il), I, 156. 

EddeqqAqin (souq), II, 208. 

EddilA, I, ^2, 26, 38, 39, 46, 49. 

EddiouAn (mosquec d'), II, 102. 

Edos?mA, I, 332. 

Eddouair. II, 156. 

Eddoudi, I. 69. 

Eddouh, I, 201. 

Eddoula, 11,296. 

Eddridi (V. Abort 'AbdallAh Eddridi), 
I, 46. 

Efendi(V. Abou AbdallAh Moham- 
med El'arabi QAdous), I, 363. 

Egypte, I, xui, 136, 140, 186, 312; II, 
34, 41, 135, 182, 203, 255, 3i>4. 

Ehl Sous, I. 66, 67. 224 : II, 276. 

El'abbAs (qAid). I. 332, 367, 368. 

El'abbAsben MerdAs, II, 350. 

El'abbAs ben RahhAl, I, 209. 

El'abbAs ElboukhAri (qAid), I, 353, 
366. 

El'abbAs Merino (V. Aboulfadl El'ab- 
bAs Merino), I, 390, 391. 

Elsabi, II, 135. 

El 'abid (nueich), II, 46, 124. 

Elabiod, I, 53. 

Elabtah, I, 117. 

Elach'ari (imAm), I, 357. 

Fl'Afia, II, 113. 

EP acuid, I, 48. 

ElahlAf, I, 82; 11,29. 

ElahrAr, II, 19. 

El'ain Elmqabonwa, I, 221. 

El'akAksa, I. 103. 

El'alam, I, 353. 

El 'alem (V. Moulay Mohammed), I, 
122. 

26 



ARCHIVES MAROi:AINKS 



171. 
El'aralri (V. Belyasein El'amiri), I. 99. 
E'amlri (qfldi), I. 210. 
El'andalous. II, 66. 
Elandnlous Imosquee), II, 333. 
Elaou.liya. II, 261, 252. 
El'aoLJuAL. II, 111. 
Elans* [ma«|u*o|, 11,39. 
Klarha'a, II. 249. 
El'ardi Errahmani. II, 301. 
El'nrbi l>en Moliainmed Echchergui, 

II, 324. 
El'nrb; ben Mohammed EsKeffAr, I, 



II, P0. 

El'nroll-h, I, 97, 9S. V.l, 100, 102. 103, 

108, 158, 225, US, 270, 37ii, 282, 293, 

2!i.'., 296. 2!»7. 30*1, 301, 302. 803, 308. 

329. 3*1, :(S I, 3:12. SIR, 300. *i9. 377, 
37S. SUM; II. 74. 81,82, 122, 129, 130. 

IAS. 172. IWi, 371. 

Elu'i'pj (V. Mortlay nboi'ilha=an 'Ali 

lion Isina'il), I, 189. 
El'fi-sill, I, 219. 
I-l'.-ivvi^chi (lianli.il. I, 280. 

Bl'avjflchi (qaid| I V. Aboulbiqa El- 

'nvvachii, I, HI. 82. 
El'nyvAchi (znouya U'), II, 311. 
Ela/har. I. 8B0. 
Elazhar Ennailiya, I. 8, 164. 

KlAzmi (fqihl, II. 95. 
Elhali Eljedhi. II. 103. 
Klhnelia (mosquee d"), II, 227. 

Elhadfsi, I. 181. 

Elbahirn, I. 07. 

Elh.il. ml, 1,27; II, 31. 

Elbc.lt ijialais). I, 128. 

Elliehnii.nl. I. 21. 

Elb.-rda'iyln, I. 300. 

Elhlldn, II. Ml. 

ElbonoOrl. II, MB. 

Elbokhari ou El-Boukhari, I, 73, 78, 

95. 1611.173, 399; 11,211,259,280,321. 

350. 

ElbokhAri (ffue'ich), II, 82. 
Elbonni, I, 32. 

Elbcnslan (V. Boustrtn {FA}), 1, 38, 73, 
78, 84, 90, 133, 137, 



Elbouvout. II. 215. 
Elbonzirari Eljabri, I, 292. 
Elbranes. II, 175. 
Elbilja. I, 104: II, 117. 
El broil; , I, 187; II, 279. 

Eldjelcb, II, 91, 98, 113. 
Elljezlrn, II. 114. 
Eldjllali Errahmani Ell.i 

El. 



II. 



Ijilani ben Ilammo Elboukhari 

Iqfll.li, II, 294. 
Eldjmilivin, I, 201. 
ElVloii, I, 154. 

Eiraijii, I, 80, 338: II, 10, 18. 19, 37*. 
ElfaU.i ben khaqan, II, 181. 
Ellenldaq II. 210, 217, 236. 
EINi-hlali. 1,312, 343. 350. 
Eirran-saoui (V. Elha.ldj Mohammed 

bun El'arbi Elqahbdj Elfesi 1 . II. 

Eb>AIib billah EawTdi, I. 314 

Kli^iTiali, 1, id. 
Elgarraq, II, i«2. 
El«n«ml, I, 31. 

U-;.-.-;lb. I. 98. 

KlgA'i l»-n Elmatlani Elmzamzi. II. 0. 
Klua/.zaL lauleur du Itihlai. I, 105, 
291. 2!P5. 290.299. 31*. 320. 

Elftnzxftli 1, II, 321,361. 

Kluenimi (f|ik"id), I, 396. 397. 3HS. 

Elio/.ouani ben Ziiloul.i. II, 271, 

ElKlaoiil. I. 80. 339: II. 378. 

Eluounlafi !V. Aboil Abdallflh Mo- 
hammed ElgoiitiMIK II, 301. 302. 

Klfroor. I, 83: II, 82. 

Eix'iezoOli (mausolee du cbeikhj. I. 
359. 

Elfiuezzar (V. Sidi Ahmed HaJJl). I. 
151. 

Elcuezzarin (mosquee d"). II. 103, 

Elhahlb (V. Ilablb Elmalki;. I. 30H. 

Elhal.ll) ImrAbet , 11.89. 

Elhabri |V. Bou'Azza Elbabri, II, 
2%. 297. 

Elbahl, I, 62, 150. 158, 2H9, 383. 335, 
S91." 

Klhnchcm, I, 78. 

Elhar-timi. I, 10. 

Elhachini |V. Abotl 'Abdallali Moham- 
med Elhachmi Esseflflnil. I, 333. 

Elhachini ben 'Abbas Ezzavani. II, 
111. 



INDEX 



408 



ElhAddj 'AbdallAh, I, 324. 

ElhAddj 'AbdallAh ben OAs^m Haftsar 

E<*IAoui, II, 306. 
EUiAddj 'Abdelkerim RAgoun<V.Ab- 
delkeim RAgortn EttetAouni), I. 305. 
ElhAddj Abdelkerim' (amini. flls 
d'ElhAddj Ahmed Errezini Ette- 
tAouni, II, 156. 
EUiAddj 'Abdelkerim Bricha Ette- 
tAouni, II. 311). 
ElhAddj 'Abdelkerim ben ElhAddj 

Ahmed Errezini, II, 198. 
ElhAddj 'AbdelkhAleq 'Adeyyil, 1,139, 

210, 217. 
ElhAddj WbdelqAder ben Mahi Eddln 
ElmoukhtAri). II. 154, 155, 156, 157, 
158, 159, 161, 106, 167, 168, 169, 1"-'. 
175, 176, 177, 178, 181, 231. 
ElhAddj 'AbderrahmAn BArgAch 

(rtfsi.ll, 129. 
ElhAddj AbderrahmAn Brital treis:, 

II, 129. 
ElhAddj AbderrahmAn ben 'Ali Ach- 

'Ach, 11,76. 
ElhAddj Abort AbdallAh Mohammed 

Esseflar, II, 50. 
ElhAddj Aboulhasan 'Ali Es^laoui, 

I, 180. 

ElhAddj Ahmed ben Ali Ab'ir, 11,222, 

232. 
ElhAddj Ahmed Bortdi, I, 190. 
EUiAddj Ahmed Essousi. 1,216. 
ElhAddj Ahmed ElhArtsi, II, 66. 
ElhAddj Ahmed Errezini EttetAouni, 

II, 198. 

ElhAddj Bou DjenAnElbArortdi, 11,200. 
ElhAddj Bou Tida BarrAda, 1, 199. 
ElhAddj BrAhimben Rezzouq, II, 82. 
ElhAddj Elarbi ben Heqiya Elbouzi- 

rAri. II, 81. 
ElhAddj Elhabib Ould Elmouhr Elmn- 

'a^keri, II, 157, 158. 
ElhAddj ElkhayyAt 'Adeyyil (amini. 

I, 213, 29o. 
ElhAddj Elma'ti ben Mohammed 

ElhAddj, 11,81. 
ElhAddj EtlahAmi Mdouwar ErrebAli 

<reis». I. 292. 
ElhAddj EttAhar Baddo Elmeknesi 

(amini, II. 19. 
ElhAddj EttAleb ben Djellortn, 11,72, 

73, 83, 106, 147. 



ElhAddj EttAteb ben Djellortn Elfeni 

<amln)ll,"l58. 
ElhAddj HommAn El'abdi, II, 81. 
ElhAddj Menno ElhAhi, 11,298. 
ElhAddj Mohammed Ab'ir, II, 225. 
ElhAddj Mohammed Atmim, I. 252. 
ElhAddj Mohammed ben AbdallAh 

Ma'nind, II, 77. 
ElhAddj Mohammed ben AbderrezzAq 

lien Cheqroun Elfesi. II, 71, 319. 
ElhAddj Mohammed ben 'AbdespAdeq 

(Amel), II, 44. 
ElhAddj Mohammed ben AbdessA- 

deq Elmsegguin, II, 9. 
ElhAddj Mohammed ben Elarbi El- 
qabbAdv Elfesi (surnomme Elfran- 
sAouil, "il, 269. 
ElhAddj Mohammed ben Elbacbir ben 

Mes'ortd,II. 298, 310. 
ElhAddj Mohammed ben ElgAzi, II, 

52, 53. 72. 
ElhAddj Mohammed ben ElyAzi Ez- 

zemmouri. II, 108, 115. 
ElhAddj Mohammed ben ElhAddj Et- 
tahar Ezzebdi ErrcbAti, II. 1:3.214. 
ElhAddj Mohammed ben ElhAddj 

Mohammed Es^ousi, II. 173. 
ElhAddj Mohammed ben Elmr.dani 

Bemiis, II, 279, 282. 
ElhAddj Mohammed ben EttAhar, II, 

$9, 143. 148, 149, 153. 
EUiAddj Mohammed hen EttAhar El- 
mKafri El'aqili, 11,89, 141^142, 143. 
US, H9, 153. 
EUiAddj Mohammed ben Ferhortn 

EljcnAn, II, 141, 144, 119. 
ElhAddj Mohammed ben i^a'id Eg- 

slAoui, II, 263, 334. 
ElhAddj Mohammed Bou InAn ElbA- 

roudi EttlemeAni, II, 198. 
ElhAddj Mohammed Errezini, II, 200, 

202. 
ElhAddj Mohammed Es^efTAr'gouver- 
neur de Yk* , I, 288, 290,305 ; II, 59. 
ElhAddj Mohammed Essoba'ihi E*s- 

louAi, I, 151. 
EllhAddj 'Omar, I, 153. 
ElhAddj SlimAn Ettourki, I, 317. 
ElhAddja Zouida, II, 153. 
ElhaddjAdj, I, 237. 
ElhafTArin, I, 201. 
ElhAj^b, I, 198, 238; II, 289, 323. 



401 



ARCHIVES HAROO__-F_S 



Elh.-ijj.1j ben Youwr. I. 125. 
Elharaidi (V. Aboii Malek 'Abdeloua- 

bed Elhamidi. qadi . I. 343. 
Ell.iaiinfl.iin Elqedim .bains., II. 276. 
Elba ram mosque* , II, 3*. 
Elbarils. I. 27. 

Elharils hen Oiif, II. 347. 34*. 
Elhasan .filsde _= id i Mohammed ben 

WbdaUah.. I, aa. 
Elha-in -V. Moulsv l.lhasa.i ben 

Mohammed ben Abderrahmani II. 

MO. 
Eiha-an 111 .tie Mohammed Ou Naser . 

II, .>. 
ElhaT-an ben Ham mo Ou 'Aziz Elm- 

tiri. II. 53. 7*. 109. 143. 
EJhasan Elha$ri. I. 115. 
. ». 

139. 15."., 173 
Eltjejar Elouaqef. I, 391 : II. t«. 
Elbil.l. I. 3*. 47: II, 63. 
Elhikam El'atalrva. 11. 42. 
Elbodeibiva. I, 125: II. 317, 348. 349. 

360. 
Elhr.-jtm l>en Namir E-sekouoi. II. 

330. 
El'inaniva .mdersa . II. I«3. 
El'inaniva mosquee-, II. 292. 
Eljama' Klakhedar ■ mo^q.iee , 1. 71. 

Eljebahrs. I. 2*3. 

Eljedi.ii- I. «3. 341, 3.13, 9»7. 314. 313. 
3*1 : It. 117. 13-% 27*. *.«. »«. 3>>7. 

3v. 2_tf. 
Eljeraom. V. Abou Ishaq Bra him be d 

Said Eljeraoui, II. 3»1. 
Eljezira. II. 17. 
Eljezouani mausolee du cheikb . I. 



I, 47. 51. «2, 92.239. 

IS W. 190. 1«. 

I. If.'. 

Elkhha'vvat ben Man'our. I. 131. 

Elkhazen. II. 3.J4, 

I.lkii.-rn.i- .V. Elkhraas . 

Elkhenei.. II, 4?. 

Elkh.-ri.At. II, IS. 47. 

Elkbelin <V. AboO AbJallab Moham- 
med hen EHiaddj Abdallab EJLbe- 
lib Elletaouni , II. 202. 214. 232. 



I Elkhlot. I. 23. W. K5. 243. 245. 332. 
Eikbmas. I. 280.397, 3*. K». 
Elkboblzi. II. 1*3. 

1 Elki.nthi.in .mosqure d"i. II. M- 

21u. 
J Eliehl.adi, II. 224. 

Elliriui -.(aid . I, 166. 
' Ellouali iV. AboO 'Abdallab Ellouali 
.cheTkh.. I. 40. 
Elma'adi. I. 1-3. 
Elron aria. I. 2*3. 
Elmaqatnat. I. A3. 

Elmahdi. II. 334. 
Elmabjoub 'Ou*if.. I. 313. 
Elmahjoub .qaidi. I. 313. 
Elmahjoub El'eulj .qatd . I. 13ft. 
Elma'la. II. 234. 

Elmamoun lif- de Sidi Mohammed 
ben Abdallab.. I. 3.12. 

ElmamoOn Es-a'di. I. 102. 
Elmarooiin Ezzirari qald . II. 211. 
Etma'moura. I. *3. t4. 
HlmaiW'iir. I, SIS. 
Elm-in-Hir -Kedi'd' . II. 259. 
Elman-H)iir .miiT-quee d'.. I. 359. 379 : 

II. **. 
El man-oil r ipalaisdY I, 72. 140, 2B8. 
Elmansour V. Eliuansoiir E*&a'dii. 

11. 343. 
Elman-oi'ir E*sadi. I. 67. 69. 74. 97. 

9«. 121. IS. 13*. 195. 342. 356. 
Elman-ouriva. 1. 329. 332. 360: II. 

133. 
Elmaouahih Eiladaniva. II, 3$. 



Elm 



"i ':■'". 



. II. : 



Elma'ti Elhamri .qald . II. 81. 
Elmehachel. II. 139. 
Elmcbamn. 1. Si.O. 
Elmebare. i. i"7_ 
Eimeh.ii. a. II. IS*. 
Elmecblebi. I. 32$. 
F_lm.-j.iin. I. If). 
Elmediq. II. 219. »>. 
Eluieha.j " 



Elmebdi imam 



Eli 



II.: 



bdi i--n Mohammed .fii~ d'Abou 
.„•"« ben Elabbasi. II. 87.W. 

Mohammed Eebeher- 
radi Ezzirari. II. 122. 123. 124. IK 



Elmehres, I, 172. 

Elmcjdoub (V. Sidi 'Abderrahman 

Elmejdoob) (mausolee du cheVikh), 

I, 64. 137, 154. 
Elmekki Elqabbadj Elftsi, It. 1B3. 
Elmekki Frtj (V. Aboil 'Abdallah 

Mohammed Elmekki ben El'nrbi 

Kreji. I. 390. 
Elmenaza (source), II, 275. 
Elmenchiya. II, 270. 314. 
Elmenzeh, I. 22r>. 
Elmcnzel {tnosquee d'), II, 103. 
Elmeslah, I, 6. 
Elmerfl'a, I. 2. 
Elmesnaoui (V. Aboil 'Abdallah El- 

mesnaouil, I. 126. 
Elmezouar (qai.li). I, 51. 

76. 

Elmhalla, 1,75,76,77,94,95, 172. 195.263. 

Elmhaya, I. 78, 82. 

Elinlili llqlh). I, 209. 

Elinohalleb. (I, 102. 

ElniokhHya, 1, 26, 151. 

Elmoqni, I. 3. 

Elniostaijfa. I. 278. 

Elmoslaf'a Eddoukkflli ben Eldjilani 

Errehali. II. 183. 
Elmo'tamid, ou Elmou'tamid. 11.239, 

299. 
Elmolanabbi on Elmoutanabi, I. 24 : 

11.351. 
Elmo'lasim ben Errechld Et'abha<4i, 

I, 78, 9.i. 
Elmouflq, I, 9. 

Elmouasln |moaquee|. II, 270. 
868. 
, 50. 
I. 154. 
Elmoullezem, II, 201. 
Elmouglnfa ben Ism.Vll, 11, 158. 

■JB-abldi, I, 136. 
Elmoustaqa (jardin d'), II, 208. 
Elmseira, 1, 56. 
El'obbad, I. 392. 
El'odoua, 1,201; II. 66. 
ElodonaUVin. 1, 310, 385, 390. 
Et'omoilr, I, 78. 
Elouaqqach (V. Aboil Haf« 'Omar 

Elouaqqach, fijlbl, I, 158, 206, 275. 
Eiouchqoubiva (monnaiei, I, 51. 
Eloudc'ya, I, 66, 187; II, 40, 51, 53, 88, 

148, 153. 



Eloued (mdersa d"), II. 103. 
Elouelja Ettouila, II, 74, 113. 
ElouHji (mosijuee d'), II, 208. 
Elouzlr(V. Abou 'Abdallah), I, 107. 
El'ovoiln, I, 82. 
Elqa'a, I, 22, 60. 
Elqa'da Elhamra, II, 175. 
Elqadiri, I, 87. 
Elqallalin, II, 219, 221. 
Elqanariya Imosquee d'), II, 208. 
Elqanlara, II. 4. 
Elqarouiyin Imosquee d'), I, 52, 172 

289: II, 192, 259. 
Elqarouiyin (Univt-raiLe d'). I. r>8. 
Elqasialani. II, 351, 
Elqebah. II, 333. 
ElqenAdsa, I. 352. 
Elqirfln, II. 344, 345, 
Elqobiliat. I. 98. 
Elqoli'a, II, 207. 
Elqonl'o, I. 78. 
Elqsabi, 1, !M1 ; [|, 48. 
E , I. 81. Ml, 170, 225, 301, 306 ; 

202. 
Elqsar Eljedld, I, 7. 
Elqsar Elkebir. 1. 211. 
Klqsoiir {quarlier du Morrakrbi. II, 

270. 
Elyahmedi (V. Abou'ahhAe Ahmed 

Klyahmedi), I, 106. 
Elyefreni, I. 7, 8. 16, 63. 58, 128 

138. 
Elyoi'isi fcWikb), I, 48, 49, 50, 51, 53, 

58, 110, 121. 
Elyorisi (zaouya du chelkti), I, 287. 
F.nnalada, 1,63. 
Ennaqsls, I. 62. 85, 92. 
Ennegro, II, 217. 
Fnnkhila, 1. 256. 
Ennil (pare), I, 268; 11.273. 
Erradi Elourdlgi (qa'id), I, 307. 
Errahba (mosquee de). I, 359; II. 104. 
Errahmani (V. Qasem Errahmani), II, 

89. 
Errebal. II, 332. 
Errechld (V. Moulay Errechld ben 

Echcherlf), I, 47. 
Errechld Elabbasi, 1, 171. 
Errefat, II. 151. 
Errahmorin, I, 160. 
Errehotlni. II, 334. 
Erre'isani, 1, 360. 



406 



ARCHIVES MAROCAINES 



Erremel, I, 189. 

Erremila, II, 251. 

Erresif (mosqu6e d'), II, 59, 102. 

Erresif (pont d'), I. 53, 173 ; II, 103. 

Erreteb, I, 283, 352 ; II, 18, 48. 

Errezini, II, 224. 

ErrhAmna, I, 208; II, 6, 63. 

Enhouni, I, 383. 

ErribAt, II, 191. 

Emfl (famille), I, 85. 

ErnTi (V. Aboul 'abbas Afcmcd ben 

'AJi Errifi (qAid), I, 206, 207, 211, 

2.'0, 221, 222, 223, 224, 226, 227. 
ErriyAd, I, 68, 69. 
Errod elyani 'elfaih fi mandqib ech- 

cheikh Abou WbdallAh EssAliU, I, 

152. 
Erroua, I, 328. 
Errougui (V. EljilAni Errougui;, II, 

249, 250, 251. 
Espagne, 1,52, 252, 297, 298, 317,318, 

319, 320, 345, 351), 378; II, 15, 214, 

216, 227, 316, 139. 
Espagnol, I, 363. 
Espagnols, I, 52, 83, 97, 103, 127, 128, 

134, 135, 318, 377, 378; II, 212, 213. 

214, 219, 220, 221, 232, 237, 251, 327, 

332, 378, 379. 
EssAhOI, II, 330. 
Essahrij (mdersa), I, 360. 
Essalha, II, 118. 
Essania, I, 328. 
Essehraouardi, II, 321. 
Esseddrati. I. 296. 
EssefAf'a, II, 108, 28S. 
EssefTAr (V. ElhAddj Mohammed Es- 

sefTAr, gouverneur de Fes), II, 59, 

60, 61, 62. 
EssefTAiin, I, 169. 
EssefiAni (V. Mohammed ben QAsem 

EssehAni Ollodchi), II, 74. 
EssefiAni (V. Abou Moliammed 'Ab- 

dallAh EssefiAni (qAid;, I, 2G0. 
EssefsAfa, 1,272,286. 
Essegir, 1, 160. 
Essegir (V. Abou 'AbdallAh Mol.iam- 

med), I, 326. 
Essayina, II, 277. 
EssekhirAt (qasba d'), II, 208. 
Essenotisi, I, 80. 
EsseqAla Eljedida, II, 175. 
EsserAgna, II, 63. 



Esseridi (V. QAsem Esserldi), I, 398. 

Essiddiq, 11,67. 

Essiddiq Delfqih El'omrAni (qAid^, II, 

81. 
Essira, II, 39. 

Essira Ennabaouiyya, II, 42. 
Esslouqiya, I, 272. 
Essnousi (imAm), I, 45. 
Essobaihi (V. Ell.iAddj Mohammed 

Essobaihi EsslAoui), 1, 151. 
Essokhra, II, 11. 
EssouAne, I, 31. 
Essoueiqa, I, 155. 
Essoueira, I, 293, 294, 300, 307, 320, 

332, 339, 341, 348, 259 ; II, 9, 10, 11, 

44, 79, 80, 93, 94, 104, 106, 115, 123, 

149, 208. 
Essounna (mosquSe), I, 360. 
Essousi (V. ElhAddj Mohammed ben 

ElhAddj Mohammed Essousi), II, 

174. 
Essousi (gueich), II, 210. 
Essouyotiti, I, 32. 
Estados, I, 253. 
EttAhar ben Wbdelhaqq Fennich 

(reis), I, 347. 
EttAhar ben Mes'oud Elmgafri EIIki- 

sAni, II, 88, 141, 142, 143, 14.«, 149, 

i53. 
EUAoudi ben Souda (cheikh). I. 276, 

383. 

EttaribAt EchchAfiya, II, 32, 33. 

Eltarmcdi, II, 321. 

Ettayeb ElbeyyAz, II, 78. 

Ettayyebffils de Sidi Mohammed ben 

'AbdAUAh), I, 362. 

Ettayeb Eloudini Elbokhari (qAid;, II, 

142, 174. 
EtlcbbA (mausolee du cheikh), I, 

359. 
EtlijjAni (V. AbourabbAs Ahmed 

EltijjAni, cheikh), II, 13. 
EttorjemAn Elmo'arib, I: XV. 
EttouAzil, II, 108. 
EttsAmbli (V. Boil Bkeur;, 1,16. 
Euphrate, I, 58, 117. 
Europe, I, x, 127 ; II, 30S. 
Europeen, I, x. 

Europcenne, I, 362. 

Europeens, II, 46, 47, 130, 258, 331, 

382. 
Extreme-Magrib, I, 55 ; II, ^62. 



INDEX 



407 



Extreme- Sous, II, 326, 335, 336, 338, 
339. 

Evas, II, 102. 

Eyyoub, I. 90. 

Ezzahra, II, 118. 

Ezza'ri, I, 390. 

Ezzayani (V. Belqas6m Ezzavani), I, 
121, 324, 337, 348, 362, 35*3, 395. 

Ezzebdi (V, Elfoaddj Molnmmed ben 
Elhaddy Ettahar Ezzebdi Errebati), 
II, 174, 214. 

Ezzemala, II, 156. 

Ezzemmouri (V. Belqasdm Ezzem- 
mouri), I, 322. 

Ezzerhouniya, I, 324. 

Ezziyani, I,* 269. 

Ezzijati, I, 206. 

Ezzohra, II, 299. 



Fahrasa, I, 98. 99. 

Fahs, I, 37, 84, 210, 213, 219, 225, 232, 
246, 398 ; II, 29, 183. 

Faraji (qaid). II, 90, 153, 182. 

FAleh ben Ennouini iqdid), I, 219, 
222. 

Fatimn, ou Falmn. 1,1, 110, 159; 11,280. 

FAzzaz, II, 368, 380. 

Fdala, I, 360. 

Feddoul ben HommAn, II, 81. 

FeiUU riviere), II, 275. 

FellAhs d'Egyple. I, 132. 

Fennich, I, 269. 306, 317, 378. 

FergAla, II. 125. 

Ferkla, I, 22, 108; II, 18. 

Fertolo, I. 100. 

Fes, I, x, xi, 7, 9, 21, 25, 26, 37, 38, 
39, 40, 44, 45, 4«, 47, 48, 49, 51, 52, 
53, 54, 55, 56, 57. 58, 59, 61, 62, «;3, 
64, 65, 69, 71, 75, 79, 80, 81, 83, 84, 
90, 92, 99, 104, 106, 107, 119, 120, 
123, 124. 128, 129, 131, 132, 134, 143. 
151, 155, 156, 157, 159, 162, 163, 164, 
166, 168, 169, 170, 171, 172, 173, 178, 
179, 180, 181. 182, 183, 185, 18'I, 188, 
189, 190, 191, 194, 195, 196, 197, 199, 
201, 202, 203, 204, 205, 209, 210, 212, 
21H, 214, 215, 216. 217, 218, 219, 222, 
223, 224. 225, 226, 227, 229, 233, 234, 
240, 241, 242, 243, 244, 245, 246. 247, 



248, 250, 251, 253, 254, 258, 200, 261, 
266, 271, 272, 275, 280, 285, 2<6, 288, 
289, 290, 291, 292, 299. 300. 301, 302, 
303, 304, 305, 310, 319, 332. 333. 314, 
347, 349, 351, 355, 360. 367, 368, 369, 
376, 380, 381, 382, 384, 385, 390, 391, 
392, 394, 395, 396. 399 ; II, 3, 4, 6, 
11, 12, 13, 14, 15, 17, 18, 23, 24, 28, 
31, 32, 34, 40, 44, 46, 49, 50, 59, 60, 
62, 63, 64, 65, 66, 69, 70, 71, 72, 73, 
74, 75, 7fi, 77, 78, 79, 82, 83, 84, 85, 
87, 94, 95, 98, 9 ), 102, 103, 106, 109, 
110, 111. 112, 114, 124, 128, 133, 142, 
145, 148, 153, 155, 159, 171, 174, 175, 
176, 182, 183, 186, 189, 192, 204, 206, 
207, 208, 210, 211, 219, 220, 226. 242. 
243, 259, 260, 272, 279, 280, 287, 290, 
291, 292, 294, 295, 297, 298, 299, 301, 
302. 304, 310, 313, 314, 315, 317, 321, 
325, 333, 356, 258, 359, 370, 371, 373, 
380. 

Fes Elbali, I, 25, 173. 

Fes Eljedid, I, 26, 37, 38, 39, 46, 47, 
53, 60, 62, 63, 67, 69, 70, 81, 87, 105, 
124, 162. 173, 180, 182, 183, 184, 189, 
194. 196, 197, 203, 212, 214, 217. 229, 
240, 241, 243, 246, 256, 271, 273, 283, 
284, 28(J, 287, 288, 301, 302, 334, 367, 
376, 377, 385 : II, 65, 72, 77, 78, 90, 
103, 110, 144, 146, 147, 148, 151, 163, 
162, 182, 291, 292, 299, 313. 

Fes El'oulia, I, 367. 

Fe«-!c-Vieux, I, 287 ; II, 144. 

Fesi, II, 71. 

Fesiyin, I, 338. 

FdzzAz, I, 48, 88, 92, 105, 10G, 107, 110, 

119, 185, 186; II, 379. 
FichtAla, I, 55, 349. 
Figuig, II, 23. 
FilAla, I, 85. 

Foumin Elgucz6yira, II, 221, 222. 
Founim Elklieniq, II, 289. 
Fouram El'Olliq, I, 220. 
Fondaq Ennejjarin, 1, 243. 
Frangais, I, 127, 308; II, 131, 132, 156, 

157, 158, 159, 165, 166, 167, 169, 171, 

172, 175, 177, 178, 181, 184, 185, 186, 

223, 238. 

France, I, IX, 362; II, 131, 132, 184, 

262, 308, 316. 
Francs, II, 381. 
Frej, I, 391. 



406 



ARCHIVES MAROCAINES 



Frendj. I. 340. 

Fumery. I, x, xi. xii.xm. xiv. xv 

Fz4za ? 1. 56. 



G 



Gal'iyA, II. 16.42. 

GamdAn. II. 118. 

GAnem ElhAddji (qAId>. I, 191. 205. 

Garb, I. 11. 12. 13. 22, 24, 25, 46, 47. 
48, 59. 75. 102, 159, 161. 208, 210. 
211, 216, 224, 229, 242. 243. 244, 245, 
257, 265, 272, 274. 2*2, 288. 289. 291. 
296, 301, 302. 308. 331. 334, 335. 336, 
339, 361. 370. 385. 396 ; II, 9. 18, 25. 
29. 44, 50. 51, 65. 69. 74, 80, 89. 113, 
145, 147. 183. 315, 324. 

GAnH, I. 43, 301 ; II, 43. 

Gatafan, II, 348. 

(iayyatsa, I, 161, 289 ; II. 82, 296, 310, 
311, 312. 

GAzi ben ChAgra, I, 135. 

Gdima, I, 27. 

GeilAn (V. Elkhadir Gellan), 1,47, ICO . 

Geris. I, 22, 108; II, 18. 

Gibraltar I, 127, 299; II. 46. 

Gomara. I, 89, 280. 300, 397; II, 112. 

GouAtem, II. 252. 

Goiilfmimim, 11,331, 338. 

GountAHiV. Abou 'AbdallAh Moham- 
med EluountAfi), II, 302. 

GouiAra, II. 370. 

GourUra plaine de), 1,322,367. 

Grece. I, 140. 

Grccs, 1,73, HO. 

Grenade. I, 8, 9, 12. 

Griran Elhaiizi (qa'id), II, 44, 116. 

GtAia, I, 334. 

Guebgueb. II, 145. 

Guerniz, I. 204. 

Gucrouan, I, 119, 217, 224, 251, 254, 
255, 256, 261, 2K4, 285, 301, 322, 328, 
335, 336, 365, 366; II, 17, 26, 27, 29, 
52, 58, 109. 

GuerouAni, I, 119. 

Gucrs, I, 8. 

GzA Ben 'Amer(Odouat Elqarouiyin), 
1,7, 173. 

GzAoua, I, 397. 



H 



Habib ElmAlki IqAId), I, 242. 243-244. 

245. 296. 308. 
HAbra. II. 295. 
HAcha. II. 18. 
HAchem. I. 176. 257. 
HAchia. I. 383; 11,394. 
Hadar. II, 154. 
Hadaris. 11.20. 21. 

Iladjer du Magrib. I. 5. 

IIAbA. 1. 267. 271, 332; II. 1. 7, 9, 10. 

11. 63. 278. 
HajAoua, I, 185. 
Halima. I. 15. 
Hamdoun ben 'AbdallAh Erroiisi, 1,71, 

123, 131, 132, 134.173, 181, 182. 183. 
HamiyAn. I. 27. 31. 78. 82: II, 139. 
Hammo ben Rekka, I. 138. 
Hammo OassAra. I, 132. 
HammoQda BAcha 6mir), I, 3^3. 
IlarnmoOda BAcha (reis), II, 31. 
Hamza, I, 321. 
Hanbalis, II. 37. 
HansAla. II, 314. 
Haoz (V. Houz . 
HarrAtin. I, 76. 129. 283; II, 48. 
Hasan. II. 280. 

Hasanis Idrisis (cherifs), I, 2. 
Hasanis M hammed is leherifs). I, 2. 
HassAn. II. 276. 
IIAlem, I. 257. 
Ilaule Einpte. II, 3H. 
HayAina ou HayAvna, 1, 38, 44. 45.211, 

2*17, 219. 220.*229, 242, 289, 291, 332, 

349. 392. II. 17, 82. 
Havvoun, I, 90. 
Hchem. II. 154. 155, 156. 
Hechtouka. II, 124. 
HeddAj, I, 31. 
HedjAz. I. 3, 56. 131, 181, 209. 312, 

336, 313, 344, 360: II, 32, 33, 34, 35, 

40, 182. 197. 198, 254, 35u. 
HediAch, I, 241, 360. 
Heslouka. I, 54. 
Hicham. Ills de Sidi Mohammed ben 

'AbdallAh (V. Moiilay HichAm ben 

Mohammed), I, 362. 
Hida Ettouiri, I, 65. 
HilAlis, "l. 46. 
HilAIien, II, 295. 



INDEX 



409 



Hilali, I, 160. 

Hmar, I, 266. 267. 

Honein, II, 280. 

Horm, I, 205. 

Hosain, I, 27. 

Hoseinis (che>ifs), I, 2. 

Hous6in. ills de Sidi Mohammed 
ben *Abdallah(V. Moulay Housein), 
I, 351. 

Houz, I, 68, 69, 75, 81, 208, 230, 231, 
233, 234, 258, 267, 268, 269, 271, 272, 
291, 302, 304, 314, 326, 328, 334. 3'Jl, 
370, 378, 379, 383, 395, 396; II, 1, 2, 3, 
6, 7, 9, 10, 29, 44, 49, 63, 64, 69, 76. 
79, 80. 81, 82, 85, 86, 88, 111, 112, 123, 
147. 183, 210, 251, 302, 304, 309, 324, 

Houziya, II, 82. 

Howara, I, 55, 362. 

Howanya, I, 362. 



I 



Ibn 'Abbas, I, 173. 

Ibn 'Abdoun, I, 63. 

Ibn *Arafa, I, 356. 

Ibn \\sem, II, 162. 

Ibn 'AtAillah, II, 373. 

Ibn ChibAb, II. 102. 

Ibn Doreid, I, 359. 

Ibn El'assal II, 168. 

Ibn Elatsir II, 104. 

Ibn Elkhatib, I, 63. 

Ibn Elmoudallaq, II, 42. 

Ibn Ennabas, II, 245. 

Ibn ElqAsSm, II, 102. 

Ibu Ezzoubeir, II, 350. 

Ibn GAzi, I, 9. 

Ibn tfajar, I, 190. 

Ibn Idris, II, 102. 

Ibn JshAq, II, 39. 

Ibn IshAq Ecbcbatibi, II, 40. 

Ibn Khaldoun, II, 217, 302, 360. 

Ibn Kballikan. I, 136. 

Ibn 'Oqba, I, 175. 

Ibn Rouchd, I, 9, 

Ida, II. 339. 

Idris, I, 5; II, 293. 

Idrtei (sanctuaire), I, 170; II, 290, 

295. 
Idrisi (cherif), II, 295. 



Idrisis (che>ifs), I, 2; II, 249. 

Ifriqiya, I, 140; II, 107. 

Ibya (d'EIgazzAli), II. 321. 

Ijrna\ II, 345. 

Ikhlef, I, 70. 

Ilig, I, 63, 54. 

'Ilrn Elkalam, I, 357. 

Inde, II, 60, 299. 

*Iraq, II, 3*, 41. 

'Iraqi, II, 66. 

'Iraqis (cherifs), I, 2. 

Irni, II, 183. 

Isaba, I, 190. 

Isabelle II, II, 216. 

Isli (y?) II, 165, 168, 171, 175, 231,238. 

IsmA 'il (V. Moulay IsmA'il flls d'Ech- 

cherif;, I, 110, 176; II, 31, 39, 40. 
IstabI (de Meknes), I, 360. 
Italic, II, 308. 



Jalmn, I, 11. 

Jama' Kllena, II, 250, 255. 
Jama' Elhout. I. 173. 
Jama' Essounna (mosquee), II. 276. 
Jebbour. I. 285. 
Jema'a, II. 176, 
Jerrar, 1, 76. 
Jerusalem, I, 344. 
Josepb, I, 136, 

Juan VI (roi de Portugal), I, 39. 
JuiC, I, 117. 

Juifs, I, 85, 204, 369; II, 65, 98, 103, 
171, 257. 



Kebdana, II, 16. 
KechchVI. II, 349, 250. 
Keiser, II. 279,280. 
Kelkh, I, 311, 312. 
Kerroum Elhaddy, I, 81. 
Khaibcr, II. 321. 
Kbames, I. 214. 

Khelil (auteur du Mokhtasar), I, 
356, 383, II, 45,205, 334. 

KhenAtsn (ElmgAfriya, fllle de Bek- 
kAr), I, 76, 171, 181, 190, 201, 210, 
212, 217. 



410 



ARCHIVES MAROCMnES 



KherAdj, I, 31. 

KhmAs, I, 398. 

KhOlAn, II, 103. 

KitAb ElagAni, I, 356. 

KitAb ElihiA, I, 358. 

KitAb Eldjeich. II, 5S, 77. 

KitAb EMtan, 11.350. 

KitAb Elfourouq, II, 344. 

KitAb ElihkAm Hirarqi be/ina elfat&oui 

ou£l-akhAm, II, 345. 
KitAb EliktirAd'Abourrabi' Elkoula'i, 

II, 245,321. 
KitAb ElistiqsA. I, xiv ; II, 358, 365. 
KitAb Kljtich (V. KitAb Eldj&ch). 
Kondiat-Elmetfa*, II, 228. 
KitAb EssenA'men elahya, II, 364. 
KitAd MasAnid Ela'immati l'arba'a, 

I. 355. 
Khlot (V. Elkhlot), I, 66, 67. 
Koudiat Moulay IsmA 'il. II, 74, 110. 
Kourougli*, II, 20, 22,138, 140, 154. 
Kourt, II, 24S. 



LagouAt, 1, 27, 35. 

LAlla FAima (fille de SlimAn ben 

IsmA il)', I, 362; II, 147. 
Lalla Solia, II, 6. 
Lemta, I. 286. 
Lemtivin. II, 66, 71. 
Le in toil ii. I, 55. 

LisAn Eddin Ibn Elkhatib, II, 178. 
Lisbonnc. 1, 52, 315, 316. 
Londres, II, 2<>5, 255. 
LoqmAn. II, 198. 
Louis XIV, I, 97. 
Luiz (Maria), 1,253, 254, 314, 316,381. 



M 



Ma'Ani. II, 195. 

Ma'aqil. 1, 66, 76. 

Machrn' Errcmel, I, 228. 

Maiirid, II. 319, 379. 

MAgrbA. I. 55. 

Maghreb ou Magrib, I, xm, 2. 3. 4, 5, 
7, 8, 9, 16, 17, 20, 21, 23, 24, 26, 28, 32, 
35, 43, 45, 50, 60, 63, 64, 69, 72, 77, 79. 
104, 105, 106. 121, 122, 126, 132, 133, 



138, 139, 140. 143, 147, 162, 155. 170, 
201, 202, 218, 223, 270. 271, 281, 29u. 
293, 300, 30 i, 312, 314, 332, 333, 334, 
341, 345, 346, 349, 355, 359, 3<i0, 361, 
364, 380, S81, 382, 383; II, 11, 13, 14. 
21, 22, 29, 34, 35. 40, 42, 50, 56, 94, 
97, 102, 106, 107, 108, 110, 112, 117, 
118, 122, 124, 129, 147, 154, 158, 159, 
166, 167, 168, 171, 172, 173, 175, 194, 
195, 204, 207, 213, 217, 218, 231, 237, 
238, 255, 256, 257, 260, 261, 265, 266, 
269, 272, 274, 281, 2*6, 289, 295, 297, 
299, 303, 316, 318, 322, 327, 332, 333, 
336, 338, 351, 352, 368, 371, 372, 378, 
380, 382. 

Magrihin, I, 4. 

Ma^ribins, I, 99, 318, 361. 

Mahdi, II, 334. 

Mahi Eddin WbdelqAder ElmoukhtAri 
(fqih), II. 154 155. 

Mahmoud. 1, 31. 

Mahmoud' (sultan ottoman), II. 132. 

Mahmoud Echchenguiti icheikh). I, 
289. 

MahsA, II, 191. 

Makhrama ben Manfel, II, 240. 

Makhzcn, I, 760. 

Makhzeniya, II, 328. 

MAIek, 11,96, 102, 161. 

MAlek nmdm) I, 58, 

Malte, II, 110. 

Mansour El'euldj, II, 51. 

Mansour ben ErrAmi (qAid), I, 83. 

Mantiq, I, 380. 

Manuel I, 97 ; II, 50 130. 171, 185, 234. 

Manuel le Ca-lillan, I, 39, 377. 

MaqAm, II, 201. 

Ma'qiliV. Ma'aqil). 

Marhab,I, 11. 

MAristAn, I, 200,360, 380. 

Maroc I, ix, xi, xn, xiv, 1, 3, 39, 73, 
377. 

Marocains, I, 273. 

Marrakech. 1, xi- 

Martel, 1, 281 ; II, 82, 220. 

Mascara, I, 28, 122 ; II, 139. 

MAssa, I, 115. 

Mazouna, I, 31. 

MchAchel, II, 154. 

MchArga, I, 55. 

Mu\i*ra, I, 27, 32; II, 18, 48, 376, 377. 

Mdersa 'InAniya, 11,72. 



Mdersat EchcherrAUn, I, 64, 
Mecbonan [de Bou-1-KhestsAI, II. 301. 
MechouAr 1, 87, 286, 361 ; II, 113, 148. 
MechouAr (de BoulkhesUah, II 270. 
Mechra' Ben Haraa. II, 123. 
Mecbra' Errahail, II, 178. 
Meclira* Erremla, I, 75,77, 94, IS), 

185, 187, 211, 213, 214, 229, 240, 241, 

862. 263. 
Medina. II, 103. 
Hedlnat Erriyad, 1. 183, 184. 
Medine, I, 152, .41!, 343, 344 ; II, 84, 

3W, 203,201, 254, 348. 
Mediouoa, I. 56, 90; II, 4, 114. 
MedjAz ElhesA, II, 216. 
Mcliili |des AlmohadcB), II. 901. 
Meimouii EssahrAoui (mau&olee de 

chtVikh), I, 359. 
MejjAI, I. 334; II, 289, 315, 323, 324. 
Me j jilt i. I, 153. 
Mekke (La). 1,312. 313. 343.369, 393: 

II. 39, 99. 2Q2, 203. 

Meknasa, I, 5. 

Meknasel Ez/.eiloun, I, 59, 63. 08, 71, 
7!'. 99, 152, 133; II, 121, 183.190. 
2S8, 289. 826. 368. 370. 

Heknes, I. 21. 40, 47. 48,5 9, 61. 63, 
64. 65. 68. 69, 71, 73, 76, 76. 77, 79, 
80, 81, BS, 84, 86. 87, 88. 89, 91, 33, 
93, 94. 99. 105, 106. 123. 124, 125. 128. 
129, 137. 139, 140. 151), 156, 162, 163. 
164. 166. 167, 168. 169, 170, 171. 172, 
177, 178, 180, 181, 183, 184, 186, 187. 

188, 189, 190, 191, 193, 194, 195, 196. 
197. 198, 199, 203, 206. 207, 208. 209. 
210. 211. 212. 213.214. 215, 216. 225. 
228. 229. 233. 234, 237. 238, 240. 241, 
247, 248. 249, 260. 251, 252. 263, 255. 
263, 261. 26*. 269. 271, 272, 275, 280. 
25i), 281. 282. 283, 284, 285, 286, 287, .- 
288. 289. 290. 291. 292, 302, 303, 305. 
306, 310, 314. 319, 321. 922. 324. 325. -: 
328. 329. 330. 331, 385, 337. 349, 350. 
351, 360. 366. 367. 368, 37n, 376. 377. 
378, 381. 382. 385. 391 ; II, B. 6, 11, 13, 
14. 26. 27. 29. 40, 50, 55, 56, 69. 62. 
63. 64, 65, 73. 77. 103, 112, 113, 122, 
123. 127, 128. 182. 133. 145, 147, 148. 

189. 196. 19s, 206. 210, 211, 213, 216, 
221. 239. 286, 289, 290. 293, 309, 310, 
314, 315. 316, 323. 324. 

Melilla, I, 319 ; 11, 15, 378. 



ex 411 

Mellah. 1,46; II, 77. 

Mclouiva. I, 21, 44, 82, 88, 90, 182 ; It, 

17, 18. 
Menahll EssafA. I, 342, 356. 
Mensek, I, 3. 
Merfl'a (El:. I, 2. 
Merinide. I, G. 
Merinides, I, 140. 
Merino. I, 331. 
Mcrjana. II. 116. 
Mermoilcha, I. 161, 292. 
Mer Rouge, 11, 203. 
MesbAh, I, 301. 
Me»bah E*sari. II, 24). 
Me-.flou.l, I, 231. 232, 258, 266, 290, 

291 ; II, 118, I1U. 
Mcsjid Ehl Fes imosquie), II, 276. 
Mesmoilda. I. 200. 
Mesncd, t. 340, 335. 
Mes'oud, I. 132, 191. 
Mes'oild Erroilsi, I. 189, 190, 131. 
Mesrour. I, 323. 
MgAfra. I, 19, 67, 188, 286, 287 ; II, 

143, 144, 150. 152, 153. 

Ml.mmmcd ElhAddj EddilAl. I, 47. 
Mliamnied Easlaoui ElbokhAri(<(Aid). 

II. 25, 30, 43. 
Mhammedis, I, 7. 
Mhaoucli |V, Boil Bkeut' MhAouehl, 

II, S6, 57, 58, 53. 
Mliaouch [V. Mohammed Ou Nftaer), 

1.319, 370. 
Mliaouch (famille), I, 339 ; II, 369. 
MbAuucti ul.-jjAli. 11, 27. 
Mial Bir. II. 14. 
Mina. 11.84. 
Mneblii, I, si. 
Mo'aouivn. II, 360. 
Mogador, II. 10, 18, 154. 
MohadarAl. I. 48, 52. 
MohAdjir, II, 84. 
Mohammed (Propliete), 1, 14, 174, 178, 

371, 376. 385. 388 ; II, 32. 33, 36, 60, 
95, 99. 139. 186, 198, 252, 28J, 306, 



Mohammed Iflls de Mohammed El- 
hAddj Eddilai), 1. 26. 

Mohammed (Ills de Mohammed Ou 
Naser). II, 58. 



412 



ARCHIVES MABOCAINES 



Mohammed Wbdelmejid Elmchamri, 

I, 202. 

Mohammed BAcha, I 395. 

Mohammed ben 'AbdallAh (V. Sidi 
Mohammed ben 'Abdallah), I, 280. 

Mohammed ben 'AbdelhAdi Znibe> 
(V. Abou Abdallah Mohammed ben 
'Abdelhadi Znibe>. II, 186. 

Mohammed ben Abdelkerim Ech- 
chergui (Ebn Mohammed, qAid), 

II, 176, 177. 

Mohammed ben 'Abdelmalek (qAid), 
I, 3U5, 329. 

Mohammed ben 'Abdelmejid Elfesi, 
I, 389. 

Mohammed ben 'Abdelouahhab ben 
SlimAn, II, 33. 

Mohammed ben 'AbderrahmAn (Sul- 
tan). II, 252. 262. 

Mohammed ben 'AbdesselAm Elfesi, 

I. 389. 

Mohammed ben 'Abdesselam Elk- 

homsi Zeitan, I, 397. 
Mohammed ben Ahmed Elbouzirari 

(qAid), I, 326, 327. 
Mohammed ben Ahmed Bennis, I, 

389. 

Mohammed ben 'AH ben Ichcho Ez- 
zemmonri Elqebli, I. 162, 185, 186, 
188, 138, 196. 

Mohammed Ben Bou Sella, II, 90, 91. 

Mohammed ben Brahim. I, 389. 

Mohammed ben Dris Eljerrari (V. 
Abou 'AbdallAh ElhAddj Mohammed 
ben Dris ben Horn m An EljerrAri), 

II, 306, 307. 

Mohammed ben EchchAhed ElbokhAri 
(qAid), II. 127. 

Mohammed ben Elachhab. I, 182. 

Mohammed ben El'amri (qAid). II, 89. 

Mohammed ben EldjilAbi Ould Mo- 
hammed Ese£gir (qAid), II, 64. 

Mohammed ben ElhAddj Mohammed 
Bou Smi'a, II, 138. 

Mohammed ben Elmoueddin, II, 286. 

Mohammed ben Haddo EddoukkAli 
iqAid}. I, 307. 

Mohammed ben Hadida Elbou'azizi 
(qAid), II, 81. 

Mohammed ben Ichcho (qAid), 11,74. 

Mohammed ben Khadda Echchergui 
(qAid), II, 12, 16. 



Mohammed ben Mes'oud EltrenbAti, 
1,389. 

Mohammed ben Mohammed Ou'Aziz 
(qAid), I, 367. 368: II, 17. 

Mohammed ben Naser, I, 317. 

Mohammed ben 'Omar ElouaqqAch, 
I. 270. 

Mohammed ben 'OLsman (bey). II. 12. 

Mohammed ben Q4s6m Essefiani 
Elloucbi, II, 74. 

Mohammed ben SlimAn (V. Abou 
'AbdallAh Mohammed ben SlimAn), 
I, 26; II, 75. 

Mohammed ben SlimAn Elfesi, II. 114. 

Mohammed ben Zerrouq, I, 190. 

Mohammed Echcheikh Essa'di, 1,66. 

Mohammed Echchergui (V. Abou 
'AbdallAh Mohammed ben 'Abdel- 
kerim Echchergui). II, 262. 

Mohammed EchchiAdmi (qAid). II, 94. 

Mohammed El'arbi, II. 315. 

Mohammed ElhAchmi ben El'arousi 
(qAid), II, 1. 

Mohammed ElhAchmi, I. 102. 

Mohammed ElhAddj EddilAi. I. 21, 
22. 25, 26, 49, 52. 

Mohammed ElhAdi ben Zein El'Abidin 
El'irAqi Elhouselni, I. 385. 

Mohammed FJkhetib (tAleb). II. 202. 

Mohammed Ennefs Ezzakiva. I, 1. 

Mohammed Esseridi, II. 27. 

Mohammed Esslaoui (qAidl. I. 255. 

Mohammed EttahAmi TAhar Elhasani 
I. 389. 

Mohammed EtlAoudi ben EttAleb ben 
Souda Elmourri. I. 389. 

Mohammed Guessous (V. Abou Mo- 
hammed 'AbdesselAm ben Ham- 
doun), fqih. I, 129. 

Mohammed MellAh (V. Abou 'Abdal- 
lAh MellAh Esslaoui. II, 128. 

Mohammed Ou'Aziz (qAid), I. 234, 
235, 236, 237. 240, 242, 243, 244. 246, 
250, 254. 284, 370; II. 25. 27, 28. 

Mohammed Ou lhAddj Elyimmouri, 

I, 335. 

Mohammed Ou NAser, I, 319 ; II, 57, 
5s. 

Mohammed Pacha (bey), II, 12. 

Mokhazni, I, X. 

Mokhtasar, I, 356, 357, 380, 383. 399; 

II, 45, 205, 344, 348. 



INDEX 



413 



Mokhtar, I, 324. 

Mordjan (qald) (V. Mordjan Elkebtr). 
I, 161. 

MordjAn Elkebir (qaid), I, 157. 

Morrakch, I, 15, 51, 54, 56, 57, 59, 61, 
66, 66, 67, 68, 70, 74, 75, 77, 85, 86, 
106, 122, 124, 128, 132, 135, 142, 149, 
155, 188. 207, 208, 216, 229, 232, 233, 
249, 250, 251, 252, 258, 260, 265, 266, 
267, 268, 269, 272, 274, 275, 280, 281, 
282, 283, 286, 287, 238, 289, 290, 291, 
292, 293, 300, 301, 304, 306, 310, 311, 

313, 314, 327, 328, 329, 330, 332, 334, 
336, 338, 339, 340, 342, 346, 354, 355, 
359, 360, 364, 366, 367, 368, 370, 374, 
378, 379, 382, 383, 395 ; II, 1, 2, 7, 8, 
9, 11, 14, 15, 18, 28, 39, 44, 49, 50, 
61, 64, 69, 70, 72, 74, 76, 86, 87, 
88, 90, 91, 92, 96, 101, 109, 110, 111, 
112, 113, 114, 115, 117. 118, 122, 123, 
125, 132, 148. 149, 151, 153, 155, 159, 
171, 175, 182, 189, 190, 192, 194, 195, 
204, 205, 206, 208, 209, 210, 211, 239, 
242, 243, 250, 251, 252, 255, 256, 264, 
270, 271, 272, 273, 274, 275, 277, 278, 
279, 294, 295, 298, 303, 304, 304, 305, 

314, 315, 317, 319, 321, 322, 323. 325, 
327, 335, 339, 371, 375, 377, 378, 379, 
380. 

Morrakch (qasba de), I, 379. 

Morrakch-la-Rouge, II, 326. 

Moscovites, I, 3(51 ; II, 24. 

Moslama (Ms de Sidi Mohammed ben 
'Abdallah, I, 302. 

Moslim, I. 174, 175, 372; II, 135. 

Moslim ben Eloualid. II, 10. 

Mostafa ben 'Abdelhamid, II, 24. 

Mostafa ben Ahmed, II, 24. 

Mostaganem, I, 31. 

Mou'add, I, 371. 

Moujahidin, I. 89, 103. 

Moulana 'Abdallah (V. Moulay 'Abdal- 
lah), I, 387. 

Moulana Echcherir (V. Moulay Ech- 
cherif), I, 387. 

Moulana Isma'il (V. Moulay Ismail), 
I, 387. 

Moulana Mohammed (V. Sidi Moham- 
med ben 'Abdallah), I, 387. 

Moulat FAlma (fille de Sliman), I, 300. 

Moulat Habiba, I, 352. 



Moulay 'Abbas (flls de Moulay Ech- 
cherif), I, 16. 

Moulay 'Abdallah (famille de), II, 48. 

Moulay 'Abdallah ben 'Abderrahman, 
II 197 198 200 

Mou'lav 'Abdallah ben 'Ali (cherif), 
I, 351. 

Moulay 'Abdallah ben Isma'il, I, 76, 
171, 172, 173, 176, 177, 179, 181, 182, 
183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190, 
192, 193, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 
200, 202, 205, 206, 207, 208, 209, 210, 
211, 212. 213, 214, 215, 216, 217, 218, 
219, 220, 221,222, 223, 224, 225,226, 
227, 2*8, 229, 230. 232. 234, 240, 242, 
252, 243, 244, 246, 247, 248, 249, 250, 
251, 254, 25», 256, 258, 259, 260, 263, 
264, 265, 270, 274, 275, 284, 285, 291, 
305, 307, 308, 373 ; II, 69, 93. 

Moulay 'Abdallah Mohammed Elgah 
Elidrisi (cherif), I, 218. 

Moulay 'Abdel'aziz, flls du sultan 
M. Elhasan, II, 376, 377, 380. 

Moulay 'Abdelkebir ben 'Abderrah- 
man ben Sliman, II, 287. 

Moulay 'Abdelmalek (Ills de Moulay 
Isma'il), I, 107, 122,132, 135, 135, 163, 
168, 169, 170, 171, 172, 18*, 264, 292. 

Moulay 'Abdelmalek (ch6ikh errekb), 

I, 344. 

Moulay 'Abdelmalek ben Dris ben 
Elmontasir, I, 343, 457; II, 3, 4, 
5, 6. 

Moulay 'Abdelmalek Eddarir (fqih), 

II, 291. 

Moulay AbdclouAmM (V. Moulay 
Abdelouahed ben Sliman, II, Ul. 

Moulay 'Abdelouahed ben Slim&n, 
II, 110, 111. 

Moulay 'Abdelqader, II, 16. 

Moulay 'AbdelqAder ben 'Abderrah- 
mAn, II, 183. 

Moulay 'Abderrahman (flls de Mou- 
lay Elhasan, I, 7. 

Moulav 'Abderrahman* (flls de Sidi 
Mohammed ben 'Abdallah), I. 367. 

Moulay 'Abderrahman ben Hichdm, 
I, 69, 311;II, 5, 79, 80, 81, 83, 85, 
90. 92, 93, 94, 96, 104, 105, 106, 107, 
108, 109. 110, 112, 114, 115, 116, 117, 
119, 122, 129, 130, 132, 139, 141, 146, 
148, 155, 156, 158, 162, 166, 168. 172, 



414 



ARCHIVES MAROCAINES 



197, 198, 198, 205, 206, 207, 212, 213, 

231, 305, 307. 
Moulay 'Abderrahman ben Slfman 

ben Mohammed, II, 14, 211. 
Moulay 'Abderrahman EIm6ndjra, 

(imam), I, 271. 
Moulay 'Abdesselam ifils de Sidi 

Mohammed ben 'Abdallahi, I, 312. 

335, 343. 
Moulay 'Abdessesselam (ills du sul- 
tan Moulay Sliman), II, 110. 
Moulay 'Abdesselam ben Mohammed 

(sultan), II, 6. 
Moulay Abou "All Elhasan ben 

Mohammed ben 'Abderrahman, II, 

277. 

Moulay Abou Hafs 'Omar Elmadani, 
I, 205. 

Moulay Abou Ishaq Brahim ben Sli- 
man, II, 34. 

Moulay Abou Merouan 'Abdelmalek 
ben Ismail, I, 164, 165, 166, 167. 

Moulay Abou Mohammed ben 'Ali ben 
Tahar Elhasani, 1,3, 17. 

Moulay Aboul'abbas Ahmed ben 
IsmAil (V. Moulay Aboul'abbas 
Ahmed Eddehebi), I, 156. 

Moulay Aboul'abbas Ahmed ben 
Mahez ben Echcherif. h 60, 61,62. 

Moulay Aboul'abbas Ahmed Ed- 
dehebi, I, 167. 

Moulay Abou 'lmahasin Yeusef (Ills 
de Moulay 'All, I, 14, 15. 

Moulay Aboulhasan 'Ali ben IsmAil 
Ela'iej), I, 131, 181), 193, 194, 255, 
256. 

Moulay 'Aboul'oula Mahn>z (fils du 

Moulay Isma'il), I, 605. 
Moulay Aboulyamm Elmamoun (fils 

de Moiilay Isma'il) I, 106. 
Moulay Ahmed (Tqih), II, 95. 
Moulay Ahmed (fils de Moulay Ech- 

cherif, ben'Ali), I, 16, 80. 
Moulay Ahmed ben 'Abdallah, I, 293. 
Moulay Ahmed ben 'Abdelmelik 

(eherif qadi), II, 106. 
Moulay Ahmed ben 'AbderrahmAn, II, 

221 

Moulay Ahmed ben Dris (che>if), I, 

62. 
Moulay Ahmed ben Etta web Eloua- 

zzani (cheikh baraka), I, 3S3. 



Moulay Aljmcd ben Isma'il 
dehebi (V. Moulay Aboul'abbas^, 
ined ben Isma'il), I, 132, 130. ^ 
156, 157, 158, 161, 163, 164, 165, ^ 
167, 168, 169, 171, 172, 173, 188, ^3 
251, 256, 264. 265, 266. 

Moulay Ahmed ben Mahrdz, 1, 65 > ;,, 
84, 85, 91. 

Moulay Afcmcd Elhaddj 'Abdelqader, 
II, 177. 

Moulay Ahmed Elmekhlod, I, 171. 

Moulay Ahmed Tadla (tils de Moulav 
Isma'il), I, 122. 

Moulay 'Ali (II), I, 15, 16. 

Moulay 'Ali (tilsde Moulav Elhasan, 
I. 7, 8, 9. 

Moulay 'Ali ben 'Abderrahman, II, 
197, 198, 299. 

Moulay 'Ali ben Moulay Ahmed Elou- 
azzani tche>if), II, 41. 

Moulay 'Ali (fils de Sidi Mohammed 
ben 'Abdallah), I, 189, 190, 191, 193, 
255, 293, 300, 312, 335, 337, 367. 

Moiilay 'Ali ben Sliman, II, 41), 5o, 
59, 61, 70, 71, 136, 137, 138, 154. 

Moulay 'Ali benElfdil, I. 313. 

Moulay 'Ali Echcherif(mausol£ede), 

I, 344, 359, 360: II, 48, »6, 273. 
Moulay 'Ali Echcherif Elmorrakchi 

(fils de Mohammed), I, 7, 14, 15, 16, 
17, 337, 351. 

Moulay 'Arafa (frerc du SullaniJI. 
311." 

Moulay Belgaits (fils du sultan Moil- 
lay Elhasan). II, 377. 

Moulav Bennaserben 'AbderrAhnutn, 

II, 91. 

Moulav Bennaser ben Isma'il, 1. 1& 

131/ 
Moulay Bou Bkeur ben 'Abdelouah^ 

ben Mohammed ben 'Abdallah. H. 

197. 198. 
Moulay Bouchcheta (mausoleedesl, 

349. * 
Moulav Bou Merouan (tils de Moulay 

Ismail), I, 131, 132. 
Moulav Boil Zakaria (fils de Moi'ila* 

'Ali)", I, 16. 
Moulav Braiiim ben 'Abderrahman. 

II. 197,198,203. 
Moulay Brahim ben Ahmed Elamg*n 

(mausol6e de), II, 7. 



INDEX 



415 



Moulay BrAhim ben Yazid, 1,31)9, II, 

69, 72, 73, 74, 75, 76. 77, 108. 
Moulay BrAhim ben SlimAn, II, 35,36, 

40,43, 45,46. 51, 52, 55. 
Moulav DjaTar ben 'AbderralimAn, 

II, 197, 198, 203. 
Moulay Echche>if (frcre de Mouhy 

Mohammed EPal6m), I, 127. 
Moulay Echche>ii (fils de Moulay 'AH), 

I, 16, 17, 18. 37, 79, M). 

Moulay Echcherif (Ills de Moulay 
IsmA'il), I, 124. 

Moulay El'abbAs ben 'AbderrahmAn 
(fqih), II, 210, 215, 216, 220, 221, 222, 
228, 232, 233, 234, 235, 236, 237. 

Moulay Elamin ben 'AbderrahmAn, 

II, 315. 

Moulay Elamin ben Dja'far Elhasani 
Errelbi (fqih, cherif), II, 35. 

Moulay EParbi EdderqAoui, II, 270. 

Moulay ElhAchem ben Mellouk Elbe- 
giti, II. III. 

Moulav Elhafid (01s de Moulav, Wli), 
1, 16. 

Moulav ElhasAn (fils de Moulav Eeh- 
cher'if berrAli), 1, 16,70. 71,80^91,92. 

Moulay Elhasan (fils du sultan Mou- 
lav SlimAni. II, 63. 

Moulay Elhasan (fils de Moulay Mo- 
hammed, fils de Moulay Hasan) I. 
x, xv, 7, 283. 

Moulay Elhasan ben Moljammed ben 
'AbderrahmAn, II, 12", 272, 277, 27S, 
279, 281, 286, 302, 307, 335, 355, '356, 
368. 372, H7S», 380. 

Moulay Elhasan ben QAsem, I, 3,4, 5. 

Moulay Eli?asan EddAkhil, I, 6. 

Moulay Elhasan Essegir, II, 315. 

Moulay Elkebir (fils dc Moulay Ech- 
cherif), I, 16. 

Moulay ElmAmoun (V. Moulay Aboul- 
yamn ElmAmoun), I. 106. 

Moulay Elmamoun (fils de Moulay 
IsmA'il), I, 122, 123, 124, 137. 

Moulay ElmAmoun bon Mohammed, 
II, 8. 

Moulay Elmamoun ben Echcherif, 
II, 167. 

Moulay ElmAmoun ben HichAm, II, 
114, 122, 123, 124, 126, 127, 129. 

Moulay Elmosladi ben IsmA'il, 1, 162, 
200, 202, 203, 205, 206, 207, 208, 209, 



210, 212, 213, 216, 217, 219, 220, 221, 
222, 223, 224, 227, 228, 229, 230, 2*1 , 
2 *2, 233, 244, 246, 252, 258, 259, 260, 
261,265,283, 2J1, 307. 

Moulay Elmouhladi, I, 194. 

Moulay ElouAlid ben IsmA'il, I, 199. 

Moulay EnnAser, 1,208, 229, 232. 

Moulay Errechld (b. AbderrahmAn), 
II, 182, 249, 252. 

Moulay Errechid, (fils de Moulay, 
Echcherif), 1, 15, 16, 36, 38, 39, 40, 
41. 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 51, 
52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 69, 60, 61, 
64, 79, 83, 95, 114, 135, 149. 

Moulay EttahAmi (cherif), 1, 261. 

Moulay Ettayytb (fils de Sidi Mo- 
hammed'ben 'AbdallAh), I, 390, 396, 
398; 11,3, 4, 11, 14. 

Moulay Ettayeb (fils de Moulay Sli- 
mAn) II," 77. 

Moulay Ettayy^b ben Mohammed 
ElouazzAni (ch6ikh), 1, 166. 

Moulay Ettayyeb ben Mohammed 
EIouAzzAni i cherif baraka), I, 382. 

Moulav Fdil, Ills de Moulay 'Ali, 1, 16. 

Moulay Habib ben WbdefhAdi, 11.18. 

Moulay llAchem |iils de Moulay Ech- 
cherif ben 'Ali), I, 16, 80. 

Moulay Hafid (fils de Moulay IsmA'il', 
I. 12*, 124. 

Moulay Hafid ben Dris, I, 62. 

Moulay HajjAj (fils de Moulay 'AH), 

I, 16. 

Moulav IlammAda (fils de Moulay 

Echcherif), I, 16, 70. 
Moulay HAroun (fils de Moulay *Ali), 

1,6. 
Moulay Hasan ben IsmA'il (cherif), I, 

336, 337. 
Moulay Hasan ben QAs6m, I, 7. 
Moulay Hasan ben Yazid, I, 392. 
Moulay HirhAm ben Mohammed 

ben 'AbdallAh, I, 347, 378, 379, 3S3, 

395; II, 1,2,6,7, 8, 9, 14, 139. 
Moulay Houston ben Mohammed, I, 

337 ; II, 2, 6, 14. 
Moulay Idris, I, 368; 11,72, 81. 
Moulay Idris (mausolSe de), I, 26, 167, 

172, 173, 180, 217, 260, 301, 344, 385; 

II, 8:i, 111. 

Moulay Idris(sanctuaire), II, 207, 279, 
282, 283, 290. 



416 



ARCHIVES MAROCAINES 



Moulay ldris (zaouya de), II, 250. 

Moulay ldris Yaint (imAm), I, 133, 134. 

Moiilay ldris l'ain6 (mausolcc de), I, 
328, 367; II, 289. 

Moulav ldris le jeune (imAm), I, 133, 
134.* 

Moulav IsmA'il ben Mohammed ben 
'AbderrahmAn, II, 287. 

Moulav ldris ben Elmonlasir, I, 260, 
261.290. 

Moulav ldris Elakbar (mausol6e de), 
I, 12*3: II, 249. 

Moulav ldris Ould MAmi, I, 205. 

Moulav IsmA'il (fils de Moulav Ech- 
cherif), I : xiv, 16, 19, 49, *52, 53, 
54, 59. 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66. 67, 
68, 611. 70, 71, 73, 74, 76, 77, 78, 81, 
84. 86. 89, 91. 93, 95, 96. 97, 101, 105, 
106, 109, 110, 120, 121, 122, 123, 128, 
129, 131, 133, 134, 135. 136, 137, 138, 
139, 140, 141, 153, 156, 158, 165, 173, 
176, 183. 184, 190, 204, 261, 262, 264, 
266. 2S1, 283, 284, 373 ; II, 23, 45, 
138, 207, 368. 

Moulay IsmA'il (mausolee de), 11,206. 

Moulav Mahrez (fils de Moulav 'Alii, 
I. 16. 

Moulav MahrOz (fils de Moulav Ech- 
cherifi, I, 16. 

Moulav MahrOz (fils de Moulav IsmA- 
'il). I, 137. 

Moulay MbArek (fils de Moulay 'AH 
ben Mohammed), I, 16, II, 111, 112, 
114. 

Moulay Mehdi (fils de Moulay Ech- 
cherif). I, 16, 19. 

Moulay Mhammed (Ills d'Echcherif, 
fils de 'Ali Echcherif ElmorrAkchi, 
etc., etc.), I, 1, 16, 18, 19, 20, 21, 22, 
25, 26, 27, 28, 29, 34, 35, 35, 36, 37, 
38. 39, 41,42, 79. 

Moulav Mhammed ben IsmA'il, I 
128. 

Moulay Mhammed ben Mhammed, I, 

56. 

Moulay Mhammed Essegir (fils de 
Moulav Mhammed ben Echcherif), 
I, 42, 44, 51. 

Moulay Mohammed, I,x. 

Moulay Mohammed ZeidAn, I, 105. 

Moulay Mohammed ben 'AbdallAh, 
I, 69, 78, 138, 140, 181, 188, 250, 264. 



Mo Ala v Mohammed ben 'Arbiva <V. 

Sidi Mohammed ben'Arbiya), I, 195, 

196, 197, 198, 199, 200, 202* 203, 205. 
Moulay Mohammed (fils de Moulay 

Hasan). I, 7. 
Moulay Mohammed (Mhammed) (El- 

'alem) (fils de Moulav IsmA'il), I, 

92, 122, 123, 125, 126, 127, 128, 136, 

137, 138, 196, 338. 
Moulay Mohammed ben MbArek 1,24. 
Moulav Moslama, I. 353, 383, 385, 390, 

391, 393, 392, 395. 
Moulav Mousa ben Mohammed, II, 111. 
Moulay 'Omar (fils du sultan Moulav 

SlimAn), II, 49, 50. 
Moulay 'OtsmAn ben Mohammed, II, 

315. 
Moulay £>As6m ben Mohammed, I, 6. 
Moulay Said (fils de Moulav 'Ali), 

I, 16. 

Moulay Sa'id ben YAzid, II. 75, 76, 
77, 78. 85. 

Moulav Serour ben Oris ben SlimAn 
(che'rif). II, 368, 369,371. 

Moulay SlimAn (fils de Sidi Moham- 
med* ben 'AbdallAh), I, 69, 106, 130, 
137. 138, 140, 337, 347, 352, 357, 370. 
384, 385, 390, 391, 392, 393, 394, 395. 
396, 397, 399; II, 2, 3, 5, 6. 7, 8, 
9, 11, 12, 13. 14, 15, 18, 19, 20, 21, 22, 
23, 24, 28, 29, 32, 34. 39. 40. 42. 44, 
51, 53, 57, 58, 64, 69, 76, 79, 81, 85, 
86, 87. 92, 94, 97, 100, 101, 102, 105, 
106, 107, 108, 110, 113, 115, 119, 122, 
123, 124, 126, 127, 129, 139, 141. 14.*, 
206, 231. 368, 369. 

Moulav SlimAn ben AbderrahmAn ; II, 
182,*201. 

Moulay Yazitl ben Mohammed ben 
'AbdallAh, I, 78, 288. 302, 319. 327, 
328, 329, 330, 336, 343, 344, 345, 349, 
351, 352, 353, 354, 362, 364, 3s«, 367. 
368, 369, 370, 373, 376, 377, 378, 379. 
383, 334, 385, 391, 39 J, 397 : II, 1, 2, 
58, 102. 

Moulay Voiisef (fils de Moulav Ech- 
cherif), I, 126. 

Moulav Yousef (fils de Moulav IsmA- 
'il), I, 122. 

Moulay Yousef (palais de), I, 204. 

Moulav ZeidAn (fils de Moulay IsmA- 
'il), I, 106, 119, 122, 123, 12*, 127. 



INDEX 



417 



Moulay Zin El'abidin ben Israa'tl, I, 
206, 208, 212, 218, 2U, 215. 

Mod loOd, 1, 87, 252. 

Mououatta, II, 161. 

Mousa (Ms de Sidi Mohammed ben 
( AbdaIlah), I, 362. 

Mousa ben Yousef, I, 80. 

Moushaf El'oqbani, I, 218. 

Moushaf El'otsmani, I, 218. 

Moustafa hen Ahmed El'otsmani (Sul- 
tan de Constantinople), I, 120, 123, 
290, 300, 309. 

Mouwahhidin, I, 63. 

Mrabet, II, 56. 

Mrabel(deGerisetd'Ouargiya), 11,139. 

Mranis (cherifs), I, 15. 

MsAhel (bacha), I. 107, 170, 262. 

Msahel (qaid), I, 109. 

Msakhrin. I, 211, 286,332. 

Msalld, I, 178. 

Msegguinya, II, 10. 

Msi'ida (gue de), I, 331, 332; II, 86. 

Mta, I, 76. 

Mtalsa, II, 16. 

Muebbat, I, 27. 

N 

Nachr Elmatsani, I, 37, 40, 58, 60, 70, 
84. 103. 106, 125, 136, 180, 193, 200, 
202, 223,225, 381; II, 87. 

Naperiai (Autriche), II, 129. 

Naples, I, 345. 

Napoleon III, II, 181, 262, 268, 270. 

Nasir Eddaola, I, 127. 

Nedjet, II, 32, 33. 

Nedrouma, I, 27, 392. 

Nekour, II, 15. 

Nesr, II, 39. 

Nouvelle-Mazagan, I, 316. 

Nozha, I, 14, 17, 45, 46, 51, 60, 84, 89, 
97, 98, 128, 138, 343. 

Nozhet Elhadi, I, xv. 

Nubie, II, 354. 

'Abada ben Essamet, I, 126. 

o 

Occident, I, 361. 

ODonnell, II, 216, 223, 224, 227, 228, 

232, 233, 234, 236, 237. 
'Odoua, II, 59. 

'Odouat Elandalous, I, 46; II, 71, 87. 
'Odouat Elqarouiyin, II, 71. 

ARCH. MAROC. 



'Omar, I, 30, 101, 117, 159,160; 11,67, 

84, 92, 93, 104, 106, 201, 252. 
f Omar (V. Kelkh). I, 311. 
'Omar (flls de Sidi Mohammed ben 

'Abdallah), I, I, 362. 
'Omar ben 'Abdel'aztz, II, 96,104, 246. 
'Omar ben Bou Selham Elmzabi,I,326. 
f Omar ben Bou Setta (V. Abou Hafs 
'Omar ben Boa Sella), II, 88, 89, 
90, 91, 109. 
'Omar ben Elkhattab, I, 4, 175, II, 

104, 210. 
'Omar ben Haddo Elbottoui (qaid), 

I, 84, 85. 
'Omar Elbeloui (cheikh), I, 65. 
Om6yvades, I. 140. 
'Oqba ben NAH 'Elflhri, I, 218, 341. 
Oran, 1. 128, 393, 3P5 ; II, 12, 19, 20, 

140, 155, 156. 
Orient, I, 121, 132, 181, 351, 355, 361, 

369, 393, 394. 
Orientaux, I, 361. 
Ottoman, II, 60. 
'Otsman, I, 35; II, 252. 
'Otsman ben Mohammed (hey), II, 12. 
'Otsman Bey, I, 122. 
Otsman Pacha, I. 28, 30. 
Ou 'Aziz (V. Mohammed Ou'Aziz), I, 

242. 
Ou'Aziz (V. Elhasan ben Hammo Ou 

'Aziz, 11,53. 
Ou'Aziz (les trois), II, 17. 
Ouadi, I, 68, 76. 
Ouahhabis. II, 33, 35. 
Ouarga, I, 55 ; II, fc5. 
Ouargiva, II, 139. 
Ouasit, I, 237. 
Ouattasis, I, 84. 
OuAzzan, I, 397; II, 122. 
Ouazzan (mosquee d'), 11,103. 
Oudeva, I, 19, 66, 67,69, 105,156, 162, 
163," 169, 172, 184, 191, 194, 196, 199, 
206, 209, 210, 211, 212, 214, 215, 216, 
217, 220, 221, 222, 223, 224, 228, 229, 
239, 240, 242, 243, 244, 245, 246, 247, 
248, 250. 251, 252,.2. R 4, 255, 256, 271, 
272, 281,283, 284, 285,286, 287, 299, 
304. 314, 317, 327, 366, 368, 276, 379, 
H85, 391, 392 ; II, 12, 13, 29, 65, 66, 
71, 73, 74, 77,78, 79, 82, 85, 95, 107, 
108, 141, 142, 143, 144, 145, 147, 150, 
152, 153,168. 

27 



418 



ARCHIVES MAftOCAINES 



Oued AgrAz, II, 236. 

Oued A»z6ra. I. 208. 

Oued Asmir, II, 218. 

Oued Beht, I, 124, 163. 

Oued Bou LkherAreb, I, 185. 

Oued Bou Sfiha. II, 79, 234. 

Oued Chelif. I, 78. 

Oued El'abid, I, 65. 107, 182 ; II, 380. 

Oued Edderdar, I, 302. 

Oued Enneiifeh. I, 329: II, 153. 

Oued Ennegro, II, 218. 

Oued EnnejA, II, 6J, 290. 324. 

Oued Erreteb, I, 7. 

Oued KzzAt, I, 231. 

Oued Fes, I, 47, 56, 200, 285. 

Oued Gourigra. I, 319. 

Oued Guigo. I, 90. 

Oued Hassar, II, 104. 

Oued Isli. II, 168. 

Oued KeUir, I, 352. 

Oued Kigui, I, 231. 

Oued Loukkos. 225. 

Ouad Mekkes, II, 196. 

Oued Melouiya, I, 43, 62, 198; II, 23, 

47, 178. 
Oued Mesoun, I, 82. 
Oued Neffis, I, 311, 342 ; II, 275. 
Oued Noul, I, 132, 188, 189, 193; II, 

327. 330, 331, 337. 
Oued OuAlgA*, 11,330, 331. 
Oued Ouaya, I. 224. 
Oued Ouislen, I, 202, 285. 
Oued Oumm, I, 187. 
Oued Oumm Errabi\ I, 192, 321, 322 ; 

II, 13, 44, 104. 
Oued Sbou, I, 45, 52, 81, 194, 224,331, 

II, 83, 86, 103. 
Oued Sekkoura, I, 90. 
Oued Sidi HerAzem, II, 103. 
Oued TAchouAkt, I, 90. 
Oued Tafna, I, 79. 
Oued Tansift, II, 104, 204. 
Oued Taqbalt, I, 325. 
Oued Za, I, 78, 82, 83. 
Oued Ziz, I, 119; II, 374. 
Oujeh 'Arous. I. 76, 93, 262. 
Oujda, I, 26, 27, 28, 30, 31, 41, 67, 79, 

81, 82, 131, 132, 135, 349. 367, 368, 

394, 395; II, 12, 17, 23, 117, 119, 120. 

121, 132, 142, 165, 166, 167, 168, 182, 

295, 300, 310, 312. 
OulAd 'Ali, I, 27; II, 12. 



Oulad Ben 'Aqila. I, 4. 

Oulad Besseba', II. 304. 

Oulad Bou Ahmed, I, 283. 

Oulad Bou 'Atiyya, II. 6. 

Oulad Bou Houmeid, I, 7. 

OulAd Bou Rze*. II. * : . 

OulAd Bou Sella. II, 91. 

OulAd Delim, I. 131 ; II, 86. 

OulAd DjamA', I, 54, 217, 219, 220, 224, 

229: II. 29. 
OulAd Djerir, I. 78. 
OulAd El Bacbir, I, 4. 
OulAd ElbaqqAl, II. 83, 
OulAd ElmenzAri. I, 4. 
OulAd Elmo'tasim I, 4. 
OulAd Ezzohra, II. 48. 
OulAd Hariz, 11,6, 116. 
OulAd'Isa, I, 22, 224. 
OulAd JerrAr, I, 66. 
OulAd Mhammed, I, 14. 
OulAd MtA\ I. 66. 67. 
OulAd Noseir. II, 74 
OulAd Noseir, II, 323. 
OulAd Sidi Ahmed Ezzaouya, II, 89. 
OulAd TAlha, I, 31. 
OulAd Yahva, II. 28S. 
OulAd Zekri, I, 27; II, 12. 
OuldElbachir(V. ElhAddj Mohammed 

ben Ebachir ben Mes'oud;, II, 299, 

300, 312. 
Ould ElmjAliya (qAid), I, 307. 
Ould EssahrAoui. I. 132. 
Ould Mhammed ElhAddj. I, 48. 
Ould Mohammed Ou'Aziz, 1,323, 324, 

325. 
Ouled BessebA', I, 334. 
Ouled Bou 'Atiya, I, 32d. 
Ouled Bod Hzeg, I, 326. 
OulhAsa, I. 27. 
Oullia, II, 128. 

OumanA, II, 26,291.320,322, 332, 355. 
OumanA EssAir, II, 315. 
Oumm Errabi', II, 5, 6. 
'Ouq Eldjemel, II, 142. 



Paris, 260, 261, 268, 270. 
Petros. I, 316. 
Pharaons, I, 140. 
Portugais, I, 52, 84, 316. 
Portugal, I, 314, 325; II, 316. 



Qabilas, II. Itt. 

Qaddour ben 'Amer F.ljrtm'i. II, 71. 

Oaddoilr ben Elkhadir fqajd), I, 287, 
; II, 152. 
mqarrar, 11, 66. 

Qadem, I, 90. 

Qadiriyln, I, 338. 

Qatd El'askar. II, 29. 

Qa'id Elmechouar, 1, 396. 

Qairouan, I. 218, 219. 

Qal'iva. I. 115. 

Qantaral Eldjelah, II, 4. 

Qarmim, II. 189,303. 

Carotin. I, 227. 

Caaba, I. 243. 

Qasbat Ad^khsan, I, 322. 

Qasbat Alzam. I, 232, 233. 

Qasbat Bou Fekran. 1, 195. 1%, 234,235. 

Qasbat Boill'arouan, I, 230. 

Qasbat g II. 153. 

Qasba la), 11,103. 

QBHbnt Eljedk 

Qasbat Elkhamis, I. 85. 

Qasbat El'nvoiln. I. 39.1. 

Qasbat Selnuan, II. 297. 

Qa«bat Tadla, I, 324; II, 271. 

Oasbal Temara, II, 153. 

Caaem.'-N'le rt'Elbasan, niede Moham- 
med, flls d'Abdallah Elachter,!, 2. 

Casern hen Elkhadir, II, 85. 

Qasem ben.KelsoOn, I. 186. 

Qaaem RoO 'Eurif, 1, 228. 

Qasem Eehcheradi, II, 87. 

Qaaem Errabmani, II, 88. 89, 91. 

Casern Eaxertdi fqMd), I, 397. 

Qasida El'aqtqiya, I. 42. 

Qalf K7-.oul101.1r. II, 181. 

Qibla. I, 10, 318. 

Qiraat, I. 142. 

Qorelch, I, 371. 373, 386; I], 33, 84, 
210, 3(i0. 

Qsar Beni Miir, I, 90. 108, 

Qsar Beni 'Oteman, I, 22. 

Qeer Elakhdor. I, 2'i8. 

Qoubbat Elkhayyailn, I, 365. 

"oubbat Essouelra Mohanimediya, 
II, 265. 



Qsar EsaoOq, I, 22. 
Qaar Haltma, I. 22. 
Qsar Ketama, I, 37. 47, 24B. 269. 332 ; 

"I, 63, 74, 76, 77. 80, 98, 110, 227. 



Rabat ElfeLh. on Ribat Elfelh, I, xi, 
XII. 1M, 155,233, 2(15.2(16, 2(19,282,283, 
292, 307. 310, 313, 327, 329. 330, 331, 
346, 354, 350, 362. 385, 390, 391, 395. 
396 ; II, 4, fi, 8. 9, 63, 64, Tfi, 78, 79, 
80, 104, 109. Ill, 112. 113,114, 124, 
128. 129, 136, 149. 153, 167. 171, 173, 
174, 182. 184, 189, 102. 207, 249. 259. 
26.1, 272, 274, 276, 286. 3I>2, 309, 314, 
315, 318, 380. 

Rahamne (V. 'Arabs Errabamna). 

Ralsana, II, 77. 

Raja ben Illoua, II, 104. 

Raqqada, I, 81. 

Ras El'aln. II, 12. 

Ras Elma. I, 182, 212. 213, 251 ; II. 7«, 
100,211. 

Rdal, II. 122. 

Rechtdiya (monnaie). I, 52. 

Regraga. I, 339. 

Rets Atioi'i 'Abdallah Mohammed El- 
haddj Eddilai, I, 21. 

Rejez, 1. 9. 

Revolt, I, \. 

Rfala, 11,24. 

Rhamna, I, 267, 269, 374. 379 ; II. 1, 7, 
70, 81, 88.90, 91. 210, 251 , 253,276, 303. 

Ribat fde Tit), II, 306. 

Ribai Chaker, I, 341, 359. 

Ribat Elfelh (V. Rabat Elfelh). 

Plf, (, 43. 46, 84, 99, 104. 159, 210, 219, 
223, 225, 300, 301, 392, 341 ; II, 16, 
26, 42, 43, 82, 166, 313, 378, 379. 

Rifaine. 1, 92. 105, 160. 223, 234, 246, 
258, 282, 305, 329, 348 ; II, 378. 

RIM. I, 219. 

Kigali. I, 31. 

Kihnri, II. 121. 

Rihla, I, 4, 105, 295. 

Riaala, I, 356. 

Romains, I, 140. 

Rome, 1, MO; 11,261. 

Rothschild, II, 255. 

Roild Elqartas, I. *v. 

Rougui (V. Eljllani ErroAgui). II 4*8. 



420 



ARCHIVES MAROCAINES 



Saadiens, I, 46, 55. 140. 265. 

Sad ben Ibada, II. 348. 

Sad ben Ma'ad, II, 348. 

§addina, I, 55. 

Sa'doun kjAId;, I. 206. 

Safl, I, 383. 

Sahara, I, 10. 21, 22, 26, 27. 29, 61. 62, 
66, 68, 70, 71. 75. 71), 80, 139, 283, 
334. 336, 337, 350.370.38'> ; 11.13, 18, 
23,24. 27, 45, 47. 82, 86, 117, 180, 193, 
297, 315, 325, 335, 338, 372. 

§abara de Figuig, I, 292. 

$al?eb Echcherbil. I, 221. 

$abeb EttAba ('Elmzdbij, I, 326. 

Sabel. 1.54,76,296,339,348; 11,130, 336. 

§abib (d'Elbokhari), I, 77. 126 : II, b9, 

84, 259,286,321,360. 
$al?ih de Moslim), II, 321. 

Said <V. Moulav Said ben Yazid), 

II, 83. 
Sa'id ben Ahmed Echchegroussni 

(cherif>. II, 295. 
Said ben El'avvAchilqAidi, I, 270, 331. 
Sa'id El'euldv, II. 78. 
Saint-Hene Tallandier, I, xf, xii. 
SAis, I, 70. 81, 88, 244, 246, 249, 256; 

II, 298, 323. 
SAka, II, 362. 
SAIah, I, 269, 294. 
ftalah ben Abmed, I, 46. 
Salah ben Krradi Elourdigi, I, 319, 

320. 

SalAh Eddin ben Evyoub Elkourdi, I, 
338. 

Salama, II, 360. 

Sale, I, 21, 56, 75, 83, 151, 155, 241, 
263, 2i'»8, 269, 270, 282, 295, 29K, 297. 
305, 310. 317, 328, 360, 378, 380, 381, 
385 ; II, 76, 77. 78, 80, 100, 103, 129, 
138, 149, 162, 174, 175, 182, 183, 184, 
185, 188, 189, 192, 195, 205, 207, 211, 
259, 260, 264, 265, 266, 274, 301>. 316, 
320, 326, 332, 333, 334. 

Salem, I, 193. 

Salem EddoukkAli, I, 170, 193, 195 

Sardaignc. II, 115. 

Sbou, I, 53, 55, 335, 360, 391 ; II, 77, 

85, 175. 
Schoul, II, 317. 
SebbAh, I, 108. 



Sebou. I. 302. 

Sefian. I. 66, 224. 330, 331. 332. 335 : II, 

82. 85. 110. 124, 196. 247, 249. 250. 
Sefrou. I. 8. 44, i!0, 189. 196. 198. 202, 

213. 260, 261. 287, 301 : 11.27, 56. 103. 
Sejouna. II, 12. 

Self Eddaola ben HamdAn. I. 127. 
Selfat. 303. 304. 335. 
SelouAn, II, 176. 
Sema'Ia. 11.271. 
Seraket. I. 334. 
Senhadja. I. 52: II. 51. 368. 
Seragna, I, 231, 326, 332; II, 81, 210, 

276, 279. 
Serour(cherir), I, 312, 344. 
Seville, II, 299. 
Sevvid Hasan, I, 4. 
Seyyid Mohammed ben Bou Bkeurben 

Sidi Eloujjari Ezzemmouri, I. 22. 
Sgouna, 1,27, 65, 78, 82. 
Si'AbdallAh ben Bel'aid, II. 304. 
Si'Abdallah Ennefzi (fqih), I, 34. 
Si'Abdallah Essousi (imam), I, 271. 
SI'Abdelkerim ben Slim&n, I. xi. 
Si' Abdelqader Bou Kheris (qAdi-1- 

jamA'a de Fes), I, 271. 
Si'AbderrahmAn ben ElkAmel Elmor- 

rAkchi, 1,340. 
Si Abou 'Omar 'OlsmAn EUouAli 

(fqih), I, 381. 
Si Aboul'abbAs Ahmed Echcheddadi 

I, 209. 
Si Abou Zeid 'AbderrahmAn Bou 

Kheris (fqih), I, 355. 
Si Ahmed ElgazzAl Elfesi, I, 340. 
Si Ahmed ben 'OlsmAn Elmeknesi, 

I, 340. 

SI BelqAsem EzzayAni (fqih), II, 70. 
Si BennAser ben Si ElhAddj Ahmed 

GannAni ErrebAli, II, 308. 
Si Bou Medien Eltesi, I, 271. 
Si Bou SelhAm ben f Ali Aztot (fqih), 

II, 172. 

Si BrAhim Agbil Essousi, I, 340. 

Si Dris ben HommAn EljerrAri (V. 
AbouTouIA Dris ben HommAn (ou 
HoummAn) EljerrAri, II, 136, 139. 

Si ElhAddj Ahmed ben Mohammed 
ben ElhAchmi 'Aououad, II, 102. 

SiElhaddjKrarbiKssahli(fqih), 11,101. 

St ElhAddj EttAleb ben Djelloun El- 
fesi (amin), II, 71. 



INDEX 



421 



Si Elbaddj Mohammed ben f Ali Elha- 

dri Elmezgenndi, I, 34. 
SI Elma'ti MrinoErrebAti(amin), 11.48. 
SI Elmetidi Elfcakkak ElmorrAkchi, 

I. 340. 
Si Elmoukhtar ben 'Abdelnrilik El- 

jam'i (fqih et vizir), II, 149. 
Si EUaharben 'AbdesselAm EsslAoui, 

I, 300. 309, 340. 
Si Ettdhar Bennani ErrebAti (fqih), I. 

290, 300, 309, 340. 
Si EttAoudi ben Souda Elmouni 

lcheikb>, I. 271. 
Si Ettayeb ben Elvamani Bou 'Eu- 

chrin (fqih), II, 169. 
Si Ham do On ElmezouArlqA^i do Fes), 

I, 47. 
Si Mohammed (V. Abou Mohammed 

ben El'abbasj, II, 87. 
Si Mohammed ben BrAhim Eddoti- 

kali (fqih. moufli), II, 70. 
Si Mobamraed ben Elgenimi, II, 81. 
St Mohammed ben ElhAddj Moham- 
med Ettdzi ErrebAti (amin), II, 321. 
Si Mohammed ben Qasem (iucssous 

(cheikh eljamA'a de Fes), I. 271. 
Si Mohammed hen Mohammed ben 

Qasem ben Zerrouq Elhasani Eli- 

drisi Eljebbari (fqih), II, 159. 
Si Mobammed ben SlimAn, II, 71. 
Si Mobammed Skirej Elfesi, I. 340. 
Si Sa'ld El'amtri (qAtfi-1-jarnA'a do 

Meknes), I, 271. 
Si Sa'id Echchllh ElguezzoOli, I, 340. 
Sidi 'Abdallahfffls de Moulay Mobam- 
med), I, 14. 
Sldi VAbdalldh ben HAmed (cimeliere 

de), I, 152. 
Sidi 'AbdallAh ElbaqqAl (mail sol ee 

de), II, 227. 
Sidi'AbdallAh Elgarbi ErrebAti (fqih), 

I, 340. 

Sidi Abmed ben 'AbdclqAdcr Ettes- 

taouti (zAouya du cheikh}, II, 184. 

Sidi Abmed ben EUahAmi Elbribri 

II, 314. 

Sidi Abmed ben NAser Edder'i 

(cheikh), II, 86. 
Sidi Abmed ben SoOda (fqih), II, 198. 
Sidi Abmed Elhabib (zAou va de), 1 1, 48. 
Sidi 'AbdelkhAleq (flls de Sidi 'Abdcl- 

qader), 1, 155. 






Sidi 'Abdelmejid Elmchamri (qAid), 

I, 203. 
Sidi 'AbdelouAhed (flls de Moulay 

Yousef), I, 15. 
Sidi 'AbdelqAder, flls de Sidi Mo- 
bammed Echcharqi (cheikh), I, 155. 
Sidi 'AbdelqAder Elfesi (zaouya de), 

I, 234. 
Sidi 'Abderrabman (flls de Moulav 

Yousef), I, 15. 
Sidi 'AbderrahmAn Elmejdoub (mau- 

solde du cheikh), 1, 154. 
Sidi Ahou 'Ali (lombeau du cheikh), 

I, 301. 
Sidi Abou Mohammed 'AbdallAh, fils 

de Sidi Ahmed HAjji (ElguezzAr;, 

I, 151. 
Sidi Aboul'oulA Dris El'irAqi (imAm, 

bafid), I, 271. 
Sidi Ahmed (flls de Moulay Yousef), 

I, 15. 
Sidi Ahmed ben NAser (chSikh), I, 

153, 154. 

Sidi Ahmed ben Sa'id, I, 118. 

Sidi Abmed HAjji ElguezzAr (zA- 
ouya du cheikh), I, 151. 

Sidi 'Ali (flls de Moulay Mohammed), 
I, 14. 

Sidi 'Ali (flls de Moulay Yousef), 1, 15. 

Sidi 'Ali ben BrAhim, I, 94. 

Sidi WIlAl ElbahrAoui, II, 189. 

Sidi 'Ameira, I, 214. 

Sidi ben \Ycher, II, 187. 

Sidi Bou Bkcur ben c Ali Elfarji El- 

morrAkchi EsslAoui, I, 155. 
Sidi Boil Bkeur ben Mohammed 

'Aououad (qAdi et fqih), II, 206, 

309, 320. 
Sidi BoO Bkeur ben 'Omar (zAouva 

de), II, 48. 
Sidi BoO BrAhim, I, 4. 
Sidi BoO Ettayyeb, II, 183. 
Sidi BoO Sergin(mausol6e du chd'ikh), 

I, 287, 301. 

Sidi El'arbi (V. Abou 'AbdallAh Sidi 
Mohammed El'arbi), 1, 346, 347. 

Sidi El'arbi (cheikh, flls de Sidi 
Elma'ti ben EssAlAh EchcherqAoui!, 

II, 50. 

Sidi ElgAzi (zAouya du cheikh), II, 48. 
Sidi ElhAddj 'AbdesselAm ben El'arbi 
Elouczzftni (cherif), II, 213. 



422 



ARCHIVES MAROCAINES 



Sldi Elbaddj Abmed ben AcheMci- 
metif-re de». I, 3*1 ; II. 161. 

Sldi Elbaddj El'arbi ben *AIi Elouez- 
zani <cherif>, II. 73. 83. 140. 

Sidi Elbaddj Kk'uezouani ben Elbag- 
dadi (fqlht. I, 380. 

Sldi Elbaddj Mobammed ben El'arbi 
Eddilai Errebati, II, 268. 

Sldi Elbasan (Ills de Moulay Mobam- 
med}, I, 14. 

Sldi Elbasan (flls de Moulay Yousef), 
I, 15. 

Sldi Elbousein (flls de Moulay You- 
sef}, I, 15. 

Sldi Elma'ti ben Essalah (cheikh), I. 
346. 

Sldi Elma'ti ben Espial? Echcher- 
qdoui, II, 50. 

Sidi Elmehdi ben Souda (fqih), II, 

200, 201. 
Sldi Elmehdi ben Ettaleb ben Sou da 

ElrnouiTiEIfesHrqYh), II, 198,286,318. 
Sldi Elmofadcjal Afilal (cherif), II, 

225. 
Sldi Essa'idi (maueolee de), II, 227. 
Sldi Ettaoudi ben Souda Elmorri 

Elfesi (imam), I, 399. 
Sldi Ettavveb (Ills de Moulay Yousef), 

I, 15,22.* 
Sldi Hachem (fllsde Moulay 'Ali),1, 15. 
Sldi 'Isa ben Elhasan ElmcsbAhi 

(mausolec de), II, 82. 
Sidi Mafcrdz (flls de Moiilav 'All), 1, 15. 
Sldi Mk6H», I, 155, 380. 
Sldi Mohammed Ms de Moulay 'Ali), 

I, 15. 
Sldi Mofyammcd (flls d'Elmostadi), I, 

223. 
Sldi Mobammed (flls de Moulay Ahoft- 

Imahasin Yousef), I, 15. 
Sldi Mohammed (V. Sidi Mobammed 

ben Etlnye-b ben Mobammed ben 

•Abdall/ih), II, lift. 
Sldi Mobammed (sultan), II, 113, 117, 

305, 3o7. 
Sidi Mobammed ben WbdallAh, I, 

Xiv, 181, 221, 222, 232, 233, 248, 249, 

250, 251, 252, 260, 261, 265, 266, 267, 

268, 269, 270, 271, 272, 274, 275, 281, 

283, 284, 285, 288, 290, 291, 292, 293, 

297, 302, 303, 304, 306, 307, 308, 309, 



310, 312. 313. 314, 316, 317. 319. 321, 
326, 327. 330, 334, 336, 339, 341. 343. 
346, 347, 348. 354, 357, 358. 362. 363. 
364. 369. 373. 383 ; II. 4, 15. 55, 57, 

58. 86. 93. 119. 129. 165, 380. 
Sidi Mobammed ben Brahim Elmeg- 

gdsi, I, 153, 154. 
Sidi Mohammed ben 'Abdallah <mos- 

quee de), II, 259. 
Sidi Mobammed ben 'Abdeljelil 

Elouezzam (cherif), II, 91. 
Sidi Mohammed ben WbderrAhman, 
II, 148, 149, 153, 162, 163, 168. 249, 
251, 332. 
Sidi Mohammed ben Elbabil, II, 311. 
Sidi Mobammed ben Elhasan, I, 118. 
Sidi Mobammed ben Ettahar Elfilalt 

(fqih et cherif), II, 70. 
Sidi Mohammed Ettayyeb ben 'Abdel- 
mejid ben 'Abdesselam ben Kirati 
Elfesi (cheikh), II, 42. 
Sidi Mobammed ben Ettayyeb ben 
'Abdesselam ElqAdiri (fqih), I, 2<»2. 
Sidi Mohammed ben Ettayeb ben 
Mobammed ben Wbdaliah, II, 110, 
115, 116, 117, 120, 147. 
Sidi Mohammed ben Isma'il ben 'Ar- 

biya, I, 195. 
Sidi Mobammed ben Merzouk (mej- 

doub), II, 80. 
Sidi Mohammed 'Aououdd (qadi), II, 

266, 321. 
Sidi Mobammed Echcharqi, I, 155,380. 
Sidi Mohammed Elayyachi, I, 25, 37. 
Sidi Mohammed Elma'ti (cheikh, flls 

de Sidi 'Abdelkhaleq), I, 155. 
Sidi Mohammed Essalah (cheikh, 
flls de Sidi Mobammed Elma'ti, 
cheikh), I, 155. 
Sidi Ouariach, II, 378. 
Sidi Qasem ^fils de Moulay Mobam- 
med), I, 14, 332. 
Sidi Yousef, I, 165. 
Siehe, II, 251. 

Sijilmasa, I, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 15, 16, 
17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 25, 28, 29, 
30, 35, 36, 37, 38, 41, 42, 44, 45, 61, 
119, 122, 138, 139, 164, 166, 167, 168, 
169, 172, 189, 203, 213, 256, 261, 336, 
337, 338, 339, 351, 360, 368, 370, 384, 
393, 394; II, 17. 
Sijilmasis (seigneurs), I, 1, 2. 



INDEX 



423 



Sindad, I, 50. 

SirAj clmoulouk, II, 245. 

SirAt, I, 321. 

SlimAn (flls de Sidi Mohammed ben 
'AbdallAh), I, 362; II, 32, 369. 

Sliman (faqir), II, 32. 

SlimAn ben Abmed ElflchtAli, I, 389. 

SlimAn ben El'asri (c|A"idi, I, 255. 

SlimAn ben IsmA'il, I, 362. 

Sofian, I, 242; II, 102, 236. 

Soheib, II, 93. 

Soudan, I, 14, 76, 138, 186 ; II, 334, 354. 

Soueid, I, 27, 31 ; II. 295. 

SouleimanbenV\bdelmelik,II,96,104. 

Souq EchcheinmA'in, II, 192. 

Souq Elarba'a, I, 331 ; II, 82. 

Souq Elbad d'Elgarbiya, II, 80. 

Souq Elkhamis (de Fes), I, 162. 

Souq Elkhamis (d'Ugour], II, 82. 

Souq Elkhamis ideMorrakch), II, 251 

Sous, I, 11, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 37, 
53, 54, 56, 61, 68, 70, 76, 83, 84, 85, 
86, 92, 122, 123, 124, 126, 131, 132, 
163, 171,172, 183, 188, 193, 208. 269, 
271, 294, 313. 314, 335, 334, 341, 343, 
362, 368, 374 ; II, 6, 7, 14, 15, 16, 18, 
49, 63, 91, 124, 126, 128, 12J,144, 150, 
326, 327, 331, 336. 

Sousi, I, 16; II, 301. 

Sqallis (cherifs), I, 2. 

Suede, I, 292, 311, II, 172. 

Syrie, I, ix, 186, 312 ; II, 33, 34, 41, 135. 



Tababoust, I, 90. 

TaboiTasamt, I, 16, 17, 18, 19, 37, 42. 

Tachawouf, I, 341. 

TAddArt, II, 114. 

Tadgoust, II, 375. 

Tadla, I, 65, 67, 70, 107, 132, 136, 173, 
181, 182, 183, 188, 193, 195, 234, 289, 
292, 303, 307, 319. 321, 324, 325, 326, 
332, 331, 335, 346; 11,11, 24,25, 
51, 64, 104, 108, 189, 271, 319, 322, 380. 

Tafilelt, I, 2, 28, 51, 56, 80, 139, 164, 
194, 195, 202, 206, 247, 255, 261, 273, 
283, 336, 337, 314, 349, 351,360, 370; 
II, 17, 48, 79, 93, 106, 110, 111, 193, 
198, 291, 372, 376, 380. 

Tafna, 1, 36. 

Tafratast, I, 56. 



Tagrarl, I, 63. 

Tatruaout, I, 302. 

Tahallit, II, 139. 

Tahamiyin, I, 390. 

Tahira, I, 15. 

TAl'a, I, 155, 201, 308 ; II, 71, 292. 

Tamdart, I, 332. 

Tamema, I, 258. 

Tamesna, I, 76, 292, 307, 326; 11,3, 4, 

6, 44, 104, 116, 147, 279, 280, 309, 

315, 326. 
Tamzazit, I, 220. 
Tanan, II, 338. 
Tanger, I, ix, x, xi, xn, xm ; II, 14, 38, 

56, 81, 89, 102,158,206, 207,208,212. 

213, 223, 224, 226, 227, 228, 232, 234, 
244, 246. 258, 259, 270, 281, 282, 305. 
307, 327, 329, 330,331, 332, 348, 350. 
360, 361, 368, 369, 377, 378, 398, 399 : 
II, 24, 40, 50, 74, 77, 78, 79, 80, 103, 
114, 122, 171, 172, 197, 282, 207, 213, 

214, 215, 222, 277, 368, 371 . 
TAnout, I, 262. 

Taourirt, 82. 

Taqi Eddin ben Teniime, II, 37. 

Tarfava, II, 335, 338. 

Tarkf, II, 275. 

TAroudAnt, I, 53, 54, 86, 91, 92. 95, 

124, 127, 135, 171, 269, 332, 313, 368; 

II, 91, 142. 
TasMiiakt, I, 322, 323, 324 ; II, 29. 
Tasoultant, II, lib. 
Tassint, 1,76. 
Tata, I, 76, 313. 
f Aza, II, 39. 40, 44, 45, 47, 53, 62, 82, 

83, 107. 194, 242, 292, 300, 360 ; II, 

17, 43, 82, 121, 142, 145, 239, 296, 297, 

300, 310. 
Tazkourl, I, 379. 
Tefsir. I, 92. 
Tehdib, I, 356. 
Tekna, I, 334 ; II, 86, 329. 
Tenzil, II, 218. 
Tessoul, II, 175. 
TcstAout, II, 276. 
TetouAn, I, 48, 62, 71, 76, 92, 114, 157, 

158, 201, 206, 207, 213, 226, 246, 252, 

255, 259, 270, 274, 275, 2X1, 282, 300. 

320, 348, 350, 369, 398, 399 ; II, 73. 

74, 75, 76, 77, 78, 79,82, 85, 86, 103. 

122, 195, 212, 214, 216, 217, 219, 220, 

221, 222, 223, 224, 225, 226, 227, 228, 



424 



A11CII 1 VKS M A ItOCA I \ ES 



232. 233. 234, 235, 237. 23*. 249. 251. 
255. 320, 327, 332, 370, 371. 378. 

Tichit, I, 313. 

Tifell, II. 1*9, 191. 

TipourArin, II, 24. 

TijAllin. I, 107. 109. 

TijjAniva (riiiirrurif). I, 380 : II, 13, 45, 

Tiqit, I*. 322. 

Tit, I, 31*, 359 : II, 7. 10, 305. 

Tit Ellllr, I. 332. 

Ti/.. II, 4*. 

Tiz.iicm, I, 122: II. 4*. 

Tizgni, II. 120. 

Tiznil, II, 331. 

Tleinsen. I. 2H. 27, 2S, 31. 34, 49. 52. 

55, 78. *5, 119. 122, 13*. 30*, 392, 393. 

395; II. 12. 19, 2', 21, 00, 132. 133, 

136, 137. 140, HI, 142, 145, 151. 155, 

ISIS, 15s. 101. li;5. 106, 223, 231. 
Tli>. I. 225, 213. 215, 332. 
Tohfa ulr Ilin 'As.'-mi. II. 102. 
Tobfat rl-ahbAr-bii>araib v\ akbbAr 
relation tin vavauf d«» I'ambagsadc 

marocaiiit" c»n Kurnpc ,11, 30*. 
TouAt, II. 24. 
Tuuilj.-i. I. 39. lo*: II, is. 
Tou l.i It I. I. 357. 
TrAra. I, 27. 32. 
Trlfa, I, 82. 
Tripoli. 1. 312. 

Tunis, I, ISO, 393: II, 31, 31. 5n. 
Turr>, 1, 27, 32. 31. 35. 55. 73, 7*. 79, 

81, 85, 90, 1O0. lo7. 119. 123. 128. 110. 

345: II, 12, 13, 19. 2<», 21, 22, 12o. 

132, 105. 



YaC'OOl*, II. 39. 

Yah) A ben Klmrlidi KcliHiefcbAonni 

Klbasani, I. 3*9. 
Yah\Anui\a, II. 2**. 
Ya'oriq, II. 3:». 

Ya'qonb ben 'AlxiallAh Klmerini. I, 1. 
Ya/.M 'V. Moulay Y.izid), II, 82. *3 

94, I«h;. 108, 35n. 
Y.i z id ben Me/.id lien /.aula. II. lo. 
YrirrhOriva, 1. 317, 320. 
Yrim-ri. I. 312. 343. 311. 30') : II, On. 



. Yen bo'. V. ri-apre*. 

1 Yenboii* Knnkhal. I, 3. 4, 201. 



Yonselben TAcbtin, I, 93: II. til. 
j Yorisef Ihmi Yn'qoub ben 'Abdelhaqq 
i Klineiini, I. x2. 
! Yoimrf Ksm'IIAIi. I, 209. 

Ysar Ks**uiif|. II. 370. 



z 



Za'bonl iqAid). 1, 255. 
Za'ir. I, 332; II, 04. 108. 318. 
ZAoiivatKrbrherrAdi.I, 359; II, 8. 8C, 

91,'l22, 125, 127, 128. 
ZAonyAt Ben SAsi, II. 251, 303. 
ZAonyat LddilA on KddilAiyo, I, 17, 

42. 17. 49, 70, 93, 322, 324. 
ZAou\at KlmrAni. I. 15. 
ZayAn. I, 324 : II, 51, 52, 04, 70, 101. 

107. lOS. 119, 231, 368. 
Zbeida. I. 230. 
Zpinpita. 11. 190. 
Zoid, I. 3o, lu], 159; II. 100. 
Zeidan iqAi'd , I, 61. 07. 
ZeidAnben Obid Kl'Ainri qAidi.1,50.61. 
Zeilan <\'. Mohammed ben 'Abdeggc- 

lAin Klkhoiiisi), I, 397, 39*. 39t». 
Zemmonr, I, 93, 107, ION, 217, 321, 324, 

325, 335, 330 : II, 52, 72. 103, 189, 1U0, 

2O0. 317. 
Zciiiiiioiir Krhcblcuh, 1. 291 : II, 162, 

1*9. 205, 2i.ri. 309, 815. 31(5. 
Zeinran, 1. 231.334 : II. 03. 270. 303. 
Zenata (on Mil , II. 378. 
Zeq.'iq Klbejar. II. 71. 
j ZeqAqiya, f. 399; ll. 102. 
I Zerboiin, I. 12.*. 134. 181. 1*8. 194, 195, 

219. 32*, 329, 314, 307. 30*. 370, 380, 
. 3*1, 391 : II, 113, 219, 249. 
Zin IM'abidin, I. 212. 
ZirarA. 1,00,1.*. 81. 82, 91, 224 ; II, SO, ill. 
Ziva'idn. II. 3o:». 
Zi/.. II, 1*. 

Zmala. II. 138. 140, 142, 158. 
ZnAla, II. I. 

Znibir. l. ::<>:;. 

Zobeida, I. 67: 11,318, 319. 
Zralina. I. I'd. 



2M0-U0. — Tours*, imp. K. Aiirai lt el O.